Cas de conscience

Emmanuel Macron a participé à la légitimation et au financement du Djihad

par Faraj Alexandre Rifai

Quand je vous dis que Emmanuel Macron a participé à l’introduction en Occident, à la légitimation et au financement d’un nouveau pouvoir djihadiste en Syrie, croyez-moi.

Ne croyez pas les “arabisants de salon” qui vous jurent que Joulani et son régime seraient des “modérés”.

Aujourd’hui en Syrie, notamment sur la côte alaouite, des scènes inimaginables il y a encore quelques années se déroulent sous nos yeux.


À Lattaquié, des partisans djihadistes du nouveau pouvoir paradent dans les rues en scandant des slogans religieux et guerriers pour terroriser la population alaouite. Exactement comme les milices pro-Assad intimidaient autrefois les villes opposantes. La mentalité est la même : domination, peur, humiliation communautaire.

Sans oublier les rapts des femmes alaouites par les djihadistes les obligeant à se convertir ou devenir esclaves sexuelles parce que considérées des kouffars.

Plus glaçant encore : le retour des fameuses “voitures de la repentance”, ces véhicules que l’État islamique Daech utilisait autrefois à Raqqa ou Deir ez-Zor pour diffuser à travers haut-parleurs les discours de jihad, d’excommunication religieuse et d’appel à la “repentance”.

Aujourd’hui, des véhicules similaires circulent dans les villes syriennes sous l’autorité du nouveau pouvoir de Damas.


Oui, vous avez bien lu.

C’est à l’achat de ces véhicules que l’aide européenne sert aujourd’hui ?

Le même imaginaire islamiste, les mêmes méthodes d’intimidation religieuse, la même atmosphère de califat… mais cette fois sous un gouvernement reconnu diplomatiquement et financé par des pays occidentaux.

Autrement dit, ceux que l’Occident combattait hier — État islamique, Daech et ce qu’il en reste — Emmanuel Macron, l’Europe et même l’Amérique sont aujourd’hui en train de les renforcer, de les légitimer et de les financer.

 

 

La Syrie est en train de devenir un nouvel Afghanistan aux portes de l’Europe.

Un nouvel eldorado pour les djihadistes. Et tout cela avec l’aide de dirigeants occidentaux qui prétendaient hier encore lutter contre le terrorisme.

Comme avec les mollahs iraniens hier, l’Occident nourrit aujourd’hui un monstre qu’il prétendra demain découvrir avec stupeur.

Et c’est précisément ce que j’explique dans mon livre L’Islamisme reconditionné : l’islamisme n’a pas disparu. Il se recycle, se reconditionne, change de visage et de vocabulaire pour redevenir fréquentable aux yeux d’un Occident naïf ou cynique. Mais derrière le costume et les discours rassurants, la barbe reste, et la matrice idéologique reste la même : haine de l’Occident.

Bravo Emmanuel Macron.

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Peut-on transformer un islamiste en homme d’État par un simple changement de discours, de costume ou de vocabulaire ?

Depuis la chute du régime d’Assad, une partie des dirigeants, diplomates et experts occidentaux s’emploie à présenter Ahmed al-Sharaa — ancien chef jihadiste — comme un dirigeant pragmatique, fréquentable, capable d’incarner une Syrie « stabilisée ».

Le récit est séduisant. La promesse, rassurante.

Cet essai observe méthodiquement cette construction.

Il analyse les mécanismes par lesquels l’islamisme politique se reconditionne lorsqu’il cherche l’accès au pouvoir étatique et surtout la reconnaissance internationale : continuité idéologique derrière la rupture de façade, renoncements proclamés mais jamais assumés doctrinalement, stratégies de légitimation internes et externes, instrumentalisation du langage de l’État et de la stabilité.

La Syrie apparaît alors comme un laboratoire politique : celui d’un islamisme institutionnalisé, normalisé, reconnu par la communauté internationale sans conditions claires, au prix du silence sur les minorités, de l’effacement du politique au profit du religieux, et d’un réalisme diplomatique aux conséquences lourdes.

Ce livre n’est ni un pamphlet ni une fiction. C’est une analyse exigeante et rigoleuse d’un phénomène que l’Occident persiste à sous-estimer.

Faraj Alexandre Rifai est écrivain, essayiste et analyste géopolitique franco-syrien.

Auteur de Un Syrien en Israël, il s’intéresse aux mécanismes de l’islamisme politique, à ses mutations contemporaines et à ses stratégies de légitimation sur la scène internationale.


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