Secrets révélés

Analyse des raisons pour lesquelles l’Europe pourrait ne pas s’en sortir

par Drieu Godefridi

En 2024, 24 % des naissances dans l’UE concernaient des enfants de mères nées à l’étranger. Ce chiffre dépasse les 30 % en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en Autriche et dans d’autres pays, et atteint 68 % au Luxembourg. D’ici cinq à dix ans, le Luxembourg cessera d’être un pays promouvant les valeurs occidentales.

L’Europe telle que nous la connaissons depuis des siècles — une civilisation fondée sur une population majoritaire autochtone, une culture commune, la prospérité industrielle et une certaine conception de la liberté et de la propriété — semble vouée à disparaître.

Cela ne se produira pas lors d’un cataclysme spectaculaire, mais par une érosion lente et inexorable, rendue inévitable par des tendances structurelles désormais trop puissantes pour être inversées dans le temps nécessaire pour les arrêter.

Même si, dans les années à venir, plusieurs pays européens portaient au pouvoir des coalitions dites « de droite » n’ayant jamais gouverné auparavant, cela ne pourrait plus modifier fondamentalement le destin collectif de l’Europe.


Le problème n’est plus seulement politique ; il est démographique, énergétique, économique et institutionnel. Ces quatre processus s’entremêlent et se renforcent mutuellement au sein d’un mécanisme aussi sinistre que terriblement efficace.

1. L’effondrement de la base démographique autochtone

En 2024, le taux de fécondité total de l’Union européenne, migrants compris, s’élevait à 1,34 enfant par femme, bien en dessous du seuil de remplacement de 2,1.

Dans presque tous les pays, les Européens de souche affichent des taux de fécondité encore plus faibles. La population âgée croît rapidement, le nombre de personnes en âge de travailler diminue tandis que celui des retraités explose. Il ne s’agit pas d’un simple « défi » à relever par un peu plus d’immigration ; c’est le fondement même de la société qui s’effondre. Moins d’enfants européens signifient moins de futurs contribuables, moins d’innovateurs, moins de soldats et moins de parents pour élever la génération suivante. C’est un suicide démographique lent, multifactoriel et implacable .

Prenons l’exemple des Pays-Bas. Ce pays, au nom de la préservation de la nature, a interdit toute construction sur la quasi-totalité de son territoire. Parallèlement, les Pays-Bas ont ouvert les vannes à une immigration massive en provenance du tiers monde. Résultat : un bungalow à moitié délabré se vend à un million d’euros. Ce prix rend l’accession à la propriété – et souvent même la location d’un logement décent – ​​strictement impossible pour l’immense majorité des jeunes Néerlandais de souche, alors même que c’est censé être une condition pour avoir des enfants. On n’a pas d’enfants à 30 ans en vivant encore chez ses parents ou dans un studio hors de prix. Aux Pays-Bas, une étude de l’Institut interdisciplinaire de démographie des Pays-Bas attribue jusqu’à un quart de la baisse du taux de natalité à cette crise du logement, elle-même aggravée par l’immigration massive et les restrictions environnementales en matière de construction.


2. Tiers-mondisation démographique

Parallèlement, l’immigration massive en provenance d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie du Sud « compense », comme aime à le dire la gauche, le faible taux de natalité des populations autochtones – mais seulement partiellement. En 2023, près de 6 millions de personnes ont immigré dans l’UE, dont 4,9 millions en provenance de pays du tiers monde.

En 2025, environ 64 millions de personnes nées hors de l’UE y résidaient , soit environ 14 % de la population totale.

En 2024, 24 % des naissances dans l’UE concernaient des enfants de mères nées à l’étranger. Ce chiffre dépasse les 30 % en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en Autriche et dans d’autres pays, et atteint 68 % au Luxembourg. D’ici cinq à dix ans, le Luxembourg cessera d’être un pays promouvant les valeurs occidentales.

L’assimilation des immigrés n’a pas eu lieu. Au contraire, dans plusieurs pays, on observe des phénomènes de ségrégation, des revendications identitaires parallèles (principalement islamistes, mais pas seulement) et une montée des tensions culturelles et sécuritaires. L’Europe ne se contente pas d’échouer à se « renouveler » : elle se transforme, mute, se métamorphose en quelque chose de radicalement différent, de moins européen, de moins productif à long terme et de moins cohérent.

Le nombre de viols en Europe explose. Les statistiques criminelles ventilées par pays d’origine révèlent toutes une surreprésentation massive de certaines populations du tiers monde parmi les auteurs de viols. Importer le tiers monde, c’est s’y intégrer soi-même.

3. Une politique énergétique insensée

Sous l’influence de l’idéologie écologiste et d’engagements politiques européens tels que le Pacte vert et la taxe carbone, l’Europe a volontairement saboté ses marchés de l’énergie. L’exemple le plus flagrant reste l’Allemagne et sa transition énergétique (Energiewende ) : fermeture des centrales nucléaires, déploiement massif de l’énergie solaire et éolienne, flambée des prix de l’électricité et accélération de la désindustrialisation. Les prix de l’énergie resteront donc structurellement plus élevés en Europe qu’en Asie ou dans la majeure partie des États-Unis. On ne peut impunément maintenir et financer deux réseaux de production d’électricité parallèles : un réseau intermittent pour satisfaire les idéologues, et un réseau permanent pour permettre aux citoyens d’avoir accès à l’électricité et au chauffage.

L’industrie lourde — chimie, sidérurgie, automobile, verrerie — a perdu sa compétitivité. Les entreprises délocalisent ou ferment leurs portes. Cette politique n’est pas seulement coûteuse ; elle est fondamentalement idéologique et autodestructrice. Elle fragilise le socle productif qui finance l’ensemble du système. Les États-Unis inventent, la Chine copie, l’Europe légifère : une évidence , certes , mais terriblement juste. Malheureusement, cette évidence a un prix : l’effondrement relatif de l’économie européenne dans un monde en croissance.

En Belgique, par exemple, l’électricité coûte trois fois plus cher que la moyenne américaine, et le gaz naturel cinq fois plus cher. Aucun secteur industriel ne peut rivaliser efficacement sur les marchés mondiaux avec un tel fardeau. L’accès à une énergie bon marché est une condition sine qua non. En Europe, nous l’avons oublié. Il est peut-être déjà trop tard.

4. Effondrement économique

La dette publique est déjà hors de contrôle dans plusieurs grands pays, dont la France . Le coût des retraites publiques pour une population vieillissante, de la couverture santé universelle et des aides sociales aux migrants explose et continuera d’exploser au cours des prochaines décennies. Les rapports du FMI soulignent que les pressions budgétaires liées au vieillissement de la population pèseront lourdement sur les finances publiques.

Le système de retraite par répartition, fondé sur le ratio entre actifs et retraités, devient mathématiquement intenable avec l’effondrement de la population autochtone et le poids des immigrés qui, bien que bénéficiant de prestations et de services publics, ne contribuent pas à la croissance économique. Le calcul est simple. Les gouvernements sont confrontés à un choix impossible : réduire drastiquement les pensions ou augmenter massivement les impôts et les cotisations sociales, confisquant ainsi davantage de biens privés. Telle est la « solution » préconisée par de prétendus « économistes » à la Thomas Piketty, et elle a toujours été, en tout lieu et en toute histoire économique, le prélude à un effondrement collectif. Le capitalisme sans capital est une de ces illusions de la théorie française.

5. L’UE, le verrou ultime

L’Union européenne n’est pas un marché commun ; c’est un système supranational non élu, opaque et irresponsable qui impose des politiques rigides à tous les États membres. Le « marché commun » est partiel , fragile et truffé d’exceptions. Un entrepreneur belge souhaitant développer son activité en France devra surmonter une multitude de complications juridiques et administratives qui le dissuaderont ; c’est d’ailleurs la raison même de leur existence : empêcher la réussite privée. En réalité, le marché européen n’est pas « commun » ; seules les innombrables réglementations européennes le sont.

Les règles relatives à la migration, à l’asile, à l’énergie, au climat, à la concurrence et aux aides d’État limitent considérablement la marge de manœuvre des États membres. Même un gouvernement national déterminé à reprendre le contrôle de ses frontières, à relancer le nucléaire ou à réduire drastiquement les dépenses sociales se heurtera aux traités, aux directives, à la Cour de justice de l’Union européenne et à la menace de sanctions financières.

L’UE agit donc comme un mécanisme de blocage permanent contre les réformes radicales dont on a si urgemment besoin.

Ce que les victoires de la « droite » vont — et ne vont pas — changer

Dans les années à venir, nous pourrions assister à des victoires électorales lors des élections nationales pour des partis plus intransigeants sur l’immigration et plus sceptiques face à la transition énergétique forcée. Ces victoires sont déjà en cours dans plusieurs pays. Mais que pourront réellement faire ces partis face à des millions de retraités supplémentaires à financer avec une base de cotisations en baisse ? Ou face à des engagements financiers déjà contractés ? Ou encore face à des réglementations européennes qui interdisent de nombreuses solutions ?

La réponse est simple : ils seront contraints, comme les autres, d’accroître la pression économique sur ceux qui travaillent et épargnent encore – par le biais de l’impôt sur le revenu, de l’impôt sur la fortune, des droits de succession, de prélèvements divers et d’une inflation rampante. Prenons l’exemple des plus-values : d’abord, la transaction boursière est imposée. Ensuite, les plus-values ​​réalisées. Aux Pays-Bas , même les plus-values ​​latentes sont imposées – c’est-à-dire des gains qui n’existent même pas et qui pourraient se transformer en pertes. Au final, il ne reste qu’un contribuable qui, pour sauver ce qui peut encore l’être, s’en va. Il découvre alors les joies de la taxe de sortie , qui le laissera partir, mais seulement après avoir ponctionné une part importante de son patrimoine.

Ces nouveaux partis « de droite » pourraient également, on l’espère, accélérer la simplification des formalités administratives, éliminer les réglementations inutiles, baisser les impôts et offrir des incitations à la croissance économique.

En attendant, tout cela équivaut à une forme de confiscation progressive de la propriété privée, la seule variable d’ajustement restante lorsqu’on refuse de toucher aux tabous démographiques, migratoires et énergétiques.

Le précédent romain classique

La civilisation romaine classique ne s’est pas effondrée dans un cataclysme spectaculaire : elle s’est dissoute lentement, imperceptiblement, par épuisement. À partir du IIe siècle, les Romains de souche ont vu leur fertilité chuter – mariages tardifs, avortements, infanticides et célibat chez les élites – malgré les lois natalistes radicales d’Auguste et de ses successeurs.

Alors que son cœur démographique se vidait, l’Empire romain ouvrit ses portes aux populations extérieures, d’abord invitées comme alliées, colons et soldats, puis installées par des tribus entières dotées de leurs propres chefs et lois. L’assimilation, d’abord partielle, échoua finalement ; les nouveaux arrivants conservèrent leurs identités, fragmentant irrémédiablement le tissu culturel et ethnique de l’Occident romain.

Parallèlement, la machine productive commença à se gripper : désindustrialisation relative , déforestation massive, hausse des coûts de l’énergie, désertion des villas, perte de compétitivité au profit des périphéries. Pour financer les retraites, l’armée et la distribution des céréales, Rome choisit la voie classique des empires en déclin : impôts écrasants, dévaluation monétaire, réquisitions et lois contraignantes liant l’homme à la terre.

Ainsi, sans une seule grande bataille décisive — hormis quelques épisodes symboliques comme 476 —, l’Occident romain ne fut pas conquis : il se transforma lentement de l’intérieur en une mosaïque de royaumes romano-barbares. La civilisation classique mourut, remplacée par autre chose. Le haut Moyen Âge n’était pas la continuation de Rome, mais son héritière sur ses ruines. Le féodalisme n’avait rien de romain, si ce n’est les décombres sur lesquels il naquit.

L’Europe telle que nous la connaissons — cette civilisation dont est née l’Amérique — ne semble pas, à l’heure actuelle, pouvoir s’en sortir.

Elle cède la place à autre chose : une société plus fragmentée, plus pauvre, plus dépendante de l’État, moins libre et moins européenne . Dès lors, les puissances voisines ne résisteront pas à la tentation de s’emparer du butin : le Maghreb, qui dispose déjà d’une véritable armée sur le sol européen ; la Turquie impérialiste et islamiste ; la Russie, empire millénaire ; et enfin les États-Unis, qui ne pourront se permettre de laisser les armes nucléaires françaises et britanniques tomber entre les mains de dirigeants islamistes. 

Le cauchemar de Michel Houellebecq — un président islamiste en France — deviendra très probablement réalité ; ce n’est qu’une question de temps.

Il s’agit moins d’une prédiction que d’un constat. Les tendances sont là, documentées, et les mécanismes de blocage institutionnels sont en place. Le reste n’est que théâtre politique.

L’Europe du XXIe siècle ressemble de plus en plus à ce que fut la Belgique au XIXe siècle : le champ de bataille des puissances qui l’entourent.

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