Secrets révélés

Lorsque la violence devient une routine

Le Pakistan en tête de l'indice mondial du terrorisme. Quand il n'y a pas de juifs à trucider, ils se massacrent entre eux !

Au Pakistan, la violence est devenue monnaie courante, une normalisation sinistre qui reflète une réalité plus profonde et plus dangereuse : la situation sécuritaire du pays s’est fortement dégradée, marquant la sixième année consécutive de recrudescence du terrorisme.  

L’Indice mondial du terrorisme 2026, publié par l’Institut pour l’économie et la paix, met en lumière cette tendance avec une clarté saisissante.

Alors que le monde dans son ensemble a enregistré une baisse substantielle des décès liés au terrorisme (de 28 %) et des attaques (de près de 22 %), le Pakistan a évolué dans la direction opposée. Pour la première fois, il s’est classé premier de ce classement, avec 1 139 décès liés au terrorisme en 2025, soit une augmentation de 6 % par rapport à l’année précédente.


Cette forte augmentation s’inscrit dans la continuité d’une longue et inquiétante évolution.

Au Pakistan, le nombre de décès liés au terrorisme a augmenté chaque année pendant six ans, et la dernière hausse enregistrée est la plus importante de la décennie. Le nombre d’attaques a plus que doublé, passant de 517 en 2023 à 1 099 en 2024, avant de connaître une légère baisse en 2025, tout en restant à des niveaux historiquement élevés. Les indicateurs du rapport, qui comprennent les incidents, les décès, les blessés et les prises d’otages, dressent le portrait d’un pays où la violence des groupes armés est non seulement persistante, mais aussi en constante évolution, mettant à rude épreuve la capacité de l’État à y faire face.

Le rapport identifie plusieurs facteurs à l’origine de cette recrudescence.

Les relations tendues entre le Pakistan et l’Afghanistan, notamment depuis le retour au pouvoir des talibans, ont créé un terreau fertile pour le militantisme transfrontalier. Le Tehreek-i-Taliban Pakistan (TTP), organisation interdite, est devenu le groupe le plus meurtrier opérant dans le pays et le troisième au niveau mondial.


Depuis 2009, les attaques du TTP représentent plus de 67 % des actes terroristes perpétrés au Pakistan. Ce groupe a commis cinq fois plus d’attentats que la deuxième organisation la plus active, l’Armée de libération du Baloutchistan (BLA). Rien qu’en 2025, les incidents liés au TTP ont augmenté de 24 %, tous les attentats ayant eu lieu au Pakistan, principalement dans la province de Khyber Pakhtunkhwa, près de la frontière afghane.

La présence de deux des organisations terroristes les plus meurtrières au monde – l’État islamique (EI) et le TTP – complexifie la situation. Leurs opérations, leurs réseaux et leur influence idéologique s’entrecroisent de telle sorte que le Pakistan est l’un des théâtres d’opérations terroristes les plus complexes au monde.

Le bilan humain de ces violences est effarant. Le pays a connu une augmentation dramatique des prises d’otages, passant de 101 en 2024 à 655 en 2025. Cette hausse est en grande partie imputable à l’ attaque du Jaffar Express, au cours de laquelle 442 passagers ont été pris en otage. Sans cet incident, le nombre de prises d’otages dans le monde aurait diminué de 30 %.

Le Khyber Pakhtunkhwa et le Baloutchistan restent les épicentres de la violence, représentant plus de 74 % des attaques et 67 % des décès en 2025. Ces régions, longtemps négligées en matière de gouvernance et de développement, continuent de subir de plein fouet les conséquences du conflit interne du Pakistan.

L’État a réagi avec force. Les opérations antiterroristes se sont intensifiées, entraînant la neutralisation de plus de 1 000 militants. Pourtant, le paradoxe est difficile à ignorer : malgré des centaines d’opérations, les attaques continuent d’augmenter.

Ce déséquilibre révèle un problème structurel plus profond. La stratégie antiterroriste du Pakistan reste fortement orientée vers les opérations cinétiques (raids, représailles et frappes ciblées), tandis que les piliers non cinétiques de la lutte contre l’extrémisme demeurent faibles, fragmentés, voire totalement inexistants.

L’un des symptômes les plus flagrants de cette faiblesse est l’absence d’une base de données antiterroriste crédible et vérifiable. Les organisations internationales s’appuient sur des rapports transparents et étayés par des preuves, or les forces de l’ordre pakistanaises s’attendent souvent à ce que la communauté internationale accepte leurs affirmations sans aucun document.

L’Autorité nationale de lutte contre le terrorisme (NACTA), chargée de coordonner la politique antiterroriste et de gérer les données nationales, ne propose guère plus qu’une liste d’organisations interdites. Son site web ne contient ni statistiques détaillées, ni ventilation des incidents, ni rapports d’analyse. Les forces de police provinciales publient parfois des chiffres, mais ceux-ci sont incohérents et manquent de clarté méthodologique. L’ISPR, organe de communication de l’armée, fournit fréquemment des chiffres, mais rarement les informations précises nécessaires à une vérification indépendante ou à une évaluation des politiques.

Ce manque de données a des conséquences. Il nuit à la crédibilité du Pakistan dans les évaluations internationales, contribue à son classement élevé dans les indices internationaux et, plus important encore, empêche l’État de saisir pleinement l’ampleur de la menace à laquelle il est confronté. Sans données précises, la politique devient réactive plutôt que stratégique, guidée par la crise plutôt que par la prévoyance.

Parallèlement, la nature même de la menace évolue.

L’Institut pakistanais d’études sur la paix, qui suit l’activité terroriste depuis 2005, a signalé une forte recrudescence de la violence en 2025 : 699 attentats terroristes ont été recensés dans tout le pays, soit une augmentation de 34 % par rapport à l’année précédente. Ces attentats ont fait au moins 1 034 morts et 1 366 blessés.

Le changement le plus frappant concerne les cibles.

Les forces de sécurité représentent désormais une part importante des victimes. Les commissariats, les patrouilles et les points de contrôle sont la cible d’attaques répétées. Les unités militaires ont subi des pertes considérables.

Le retour des attentats-suicides après une période de relatif déclin témoigne d’une capacité d’organisation renouvelée au sein des groupes armés. Les opérations suicides nécessitent une planification, une logistique, un endoctrinement idéologique et une grande maîtrise opérationnelle. Leur résurgence suggère non pas le désespoir, mais une consolidation du groupe.

Il est dangereux d’accepter cette situation comme une nouvelle norme. Si le nombre de victimes civiles a légèrement diminué, la violence contre l’État s’intensifie. Cette évolution doit servir d’avertissement. Une politique de sécurité fondée principalement sur la force ne peut instaurer une paix durable tant que le militantisme idéologique, les sanctuaires transfrontaliers, l’instabilité politique et les carences de gouvernance demeurent sans réponse.

Pour rompre ce cycle, il faut bien plus que de la force militaire. Il est indispensable de mettre en place une politique claire, une gouvernance civile stable dans les régions touchées par le conflit et une diplomatie régionale sérieuse, notamment avec l’Afghanistan. Il faut des réformes policières qui renforcent les forces de l’ordre locales au lieu de les marginaliser. Il faut un partage de renseignements entre les agences qui opèrent souvent de manière cloisonnée. Et il faut des réformes judiciaires qui garantissent que les militants soient poursuivis efficacement au lieu d’être réintégrés dans le conflit.

Cet article a été écrit par Fatima El Hashimi, une chercheuse et journaliste marocaine spécialisée en géopolitique et relations internationales.

Ce que nous constatons c’est que malgré le silence pesant de la communauté internationale, il est évident que les islamistes se massacrent entre eux…

Au Pakistan, à Gaza, partout où ils n’ont plus de juifs à tuer, ils se trouvent de bonnes raisons pour exprimer leur violence congénitale, contre leur frères, fussent-ils musulmans comme eux.


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