Un petit lac a été découvert dans les montagnes canadiennes au début du siècle dernier. Alimenté par la fonte des glaciers, il ne s’assèche quasiment jamais grâce à l’air froid provenant de ces mêmes glaciers.
Le lac ne mesure que 230 mètres de diamètre, mais sa profondeur atteint 40 mètres en son centre, ce qui est considérable pour un lac d’altitude. Plusieurs expéditions y ont été menées, chacune rapportant des résultats insolites et surprenants.
En 1928, des explorateurs foulèrent pour la première fois ses rives. L’eau du réservoir est d’une clarté remarquable, ce qui lui vaut le surnom officieux de « Lac des Larmes ». Pratiquement dépourvu de micro-organismes, il abrite une espèce de poisson endémique, que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Ce poisson se nourrit de petits crustacés et de larves d’insectes, qui survivent à plusieurs stades de développement dans l’eau avant de devenir adultes.
Grâce au climat relativement frais, les insectes ne pondent des œufs qu’une fois tous les deux ou trois ans, mais en très grand nombre. Les larves constituent une nourriture abondante pour le poisson.
En 1949, une seconde expédition visita le Lac des Larmes. C’était le printemps, et le lac était encore entièrement gelé. Pourtant, les chercheurs purent déceler un phénomène inhabituel : une lueur verte si intense qu’elle transperçait près d’un mètre de glace.
D’après les témoins, la source lumineuse était en mouvement constant, sans jamais s’immobiliser. Elle se déplaçait à une vitesse assez élevée, en vacillant sans cesse. Soit elle s’enfonçait plus profondément, rendant la lumière moins visible à travers la glace, soit la source vacillait réellement, s’intensifiant puis s’estompant par moments.
À l’époque, on supposait que cette lueur intense était due à des crustacés ou des micro-organismes inconnus présents dans l’eau. Cependant, des recherches ultérieures n’ont révélé aucune trace de tels organismes chez les habitants du lac. L’origine de cette mystérieuse lumière verte émanant des profondeurs du lac demeurait incertaine.
L’expédition suivante eut lieu durant l’été 1956. Pendant cinq jours, l’eau fut surveillée jour et nuit. Une faible lueur fut détectée. Malheureusement, elle ne s’intensifia pas et il fut impossible d’en déterminer la cause. La tentative suivante dut attendre 1976. Les chercheurs se rendirent alors en bateau au milieu du réservoir et commencèrent des sondages à l’aide d’échosondeurs.
Malheureusement, la puissance du moteur était insuffisante pour une plongée profonde et, en raison de la faible température de l’eau (environ 5 degrés Celsius), les plongeurs ont renoncé à plonger. L’expédition est donc revenue bredouille, malgré quelques tentatives.
Finalement, en 1999, grâce à des équipements et des instruments plus performants, la source de la lueur du Lac des Larmes fut découverte. Le 20 août, une expédition dirigée par Rudolf Miles effectua un balayage approfondi à l’aide de sondeurs japonais. À 22 mètres de profondeur, un objet inexplicable de 8 mètres fut mis au jour. Il s’agissait de la source de la lumière. S’il avait été un amas d’invertébrés, le sondeur ne l’aurait pas détecté, ce qui signifie que ce « corps » était constitué d’une seule structure.
Un peu plus tard, en 2004, grâce à un équipement encore plus précis, on a découvert que cet objet, ou un objet similaire à celui découvert en 1999, se déplaçait à grande vitesse. Il effectuait des manœuvres inexplicables et, plus étrange encore, il coulait presque instantanément à une profondeur de 10 à 12 mètres ou remontait à la surface à la même profondeur, sans jamais dépasser cette valeur. Sa lumière était d’une teinte vert acide.
L’équipement a détecté des ondes électromagnétiques, des infrasons et des ondes radio, autant d’éléments qui suggèrent fortement une origine humaine.
En août 2017, alors que la température de l’eau atteignait près de 10 degrés Celsius, un groupe de six plongeurs décida d’explorer le lac. Ils nagèrent aussi loin que possible, descendant jusqu’à 30 mètres de profondeur, sans rien observer d’inhabituel. Aucune lueur, aucune trace d’objet de plusieurs mètres de long. Une publication parut simultanément, affirmant que le lac de montagne ne recelait plus aucun mystère ni secret.
Un an plus tard, une autre expédition arriva sur les rives du réservoir. Ils comptaient plonger à nouveau dans le lac, mais durent y renoncer. Une hécatombe de poissons avait eu lieu, laissant un film nauséabond à la surface de l’eau. Les chercheurs ramassèrent autant de poissons morts que possible et les enterrèrent non loin de là, sur la rive. Aucune lueur verte ne fut détectée durant leur séjour.
Ce mystère demeure entier à ce jour. Si une source de lumière vive émanait des profondeurs du lac, elle semble l’avoir quitté.
On ignore si la mortalité massive de poissons est liée à cette disparition. Au Canada, aux États-Unis et dans d’autres pays, des lueurs inexpliquées sont observées périodiquement dans les lacs. Elles sont parfois attribuées à la présence d’habitants locaux ou à des phénomènes de réfraction de la lumière, mais dans de nombreux cas, comme celui décrit dans cette publication, elles restent inexpliquées.
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