Cas de conscience

Un génocide commis contre des communautés ethniques non arabes

Ça se passe au Darfour où plus de 300 000 femmes et enfants risquent de mourir de faim.

Selon un rapport de l’ONG Human Rights Watch, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) et les milices alliées « ont mené une campagne systématique visant à se débarrasser, y compris par le meurtre, des habitants de l’ethnie massalit ».

Une série d’attaques menées par les forces paramilitaires soudanaises dans la région occidentale du Darfour « soulève la possibilité » d’un « génocide » commis contre des communautés ethniques non arabes, affirme l’ONG Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié jeudi 9 mai.

Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ainsi que les milices alliées ont été largement accusées de nettoyage ethnique, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre dans leur conflit contre l’armée régulière, qui a débuté en avril 2023.

Emblème du FSR…

La guerre a tué des dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles des experts de l’ONU ont découvert jusqu’à 15 000 personnes dans la ville d’Al-Geneina, au Darfour occidental – le noyau de ce que HRW a appelé « une campagne de nettoyage ethnique contre l’ethnie massalit et d’autres populations non arabes de la région ».


Le rapport de 186 pages documente comment, de fin avril à début novembre 2023, les FSR et les milices alliées « ont mené une campagne systématique visant à se débarrasser, y compris par le meurtre, des habitants de l’ethnie massalit ».

Les violences, qui comprennent des tortures de masse, des viols et des pillages, ont culminé à la mi-juin, lorsque des milliers de personnes ont été tuées en quelques jours, et ont de nouveau augmenté en novembre.

Des avocats locaux spécialisés dans les droits humains ont déclaré que les combattants s’en prenaient en premier lieu à « des membres éminents de la communauté massalit », notamment des médecins, des défenseurs des droits humains, des dirigeants locaux et des représentants du gouvernement. HRW ajoute que les assaillants « ont méthodiquement détruit les infrastructures civiles vitales » dans les communautés déplacées.

« Nettoyage ethnique »

Des images satellites montrent que depuis juin, les quartiers majoritairement massalit de la ville ont été « systématiquement démantelés, beaucoup à l’aide de bulldozers, empêchant les civils qui ont fui de rentrer chez eux ».


Selon l’ONG, « l’objectif apparent » des attaques était « au moins de les pousser à quitter définitivement la région », ce qui « constitue un nettoyage ethnique ».

HRW souligne que le contexte des meurtres « soulève la possibilité que les FSR et leurs alliés avaient l’intention de détruire tout ou une partie des Massalit au moins dans l’ouest du Darfour, ce qui indiquerait qu’un génocide a été et/ou est en train d’être commis là-bas ».

HRW a appelé à une enquête sur l’intention génocidaire et à des sanctions ciblées contre les responsables et a exhorté les Nations unies à « élargir l’embargo sur les armes imposé au Darfour pour couvrir l’ensemble du Soudan ».

La Cour pénale internationale (CPI), qui enquête actuellement sur les meurtres à caractère ethnique commis principalement par les FSR au Darfour, affirme avoir des « raisons de croire » que ces paramilitaires, de même que l’armée, commettent des crimes qui s’apparentent au génocide, aux crimes contre l’humanité et aux crimes de guerre.

Plus de 500 000 Soudanais ont fui les violences du Darfour vers le Tchad, selon les derniers chiffres de l’ONU. Fin octobre, 75 % de ceux qui traversaient la frontière étaient originaires d’Al-Geneina, a précisé HRW.

Tous les regards sont actuellement tournés vers El-Fasher (Darfour du Nord), seule capitale des cinq Etats du Darfour à ne pas être aux mains des FSR.

« Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU et les gouvernements prennent conscience du désastre imminent à El-Fasher, les atrocités à grande échelle commises à Al-Geneina devraient être considérées comme un rappel des atrocités qui pourraient survenir en l’absence d’une action concertée », a souligné Tirana Hassan, directrice exécutive de HRW.

Le Monde avec AFP


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