Secrets révélés

Cette idée à la con de vouloir différencier la Charia de l’Islam

La charia est l'islam. Pourquoi l'Occident se trompe-t-il systématiquement ?

La charia n’est pas un ajout personnel ou facultatif à l’islam, mais l’islam lui-même — un système divin complet et obligatoire de lois, de gouvernance et d’ordre social que tout musulman croyant est religieusement tenu de s’efforcer d’appliquer où qu’il vive, rendant toute acceptation permanente du droit séculier doctrinalement impossible.

La plupart des Occidentaux considèrent instinctivement l’« islam » et la « charia » comme deux choses distinctes.

Ils supposent qu’un musulman pratiquant peut être comme un juif ou un chrétien pratiquant : religieux dans sa vie privée, mais parfaitement capable de vivre sous le régime de la loi laïque sans chercher à la remplacer.


Après tout, un Juif pratiquant peut suivre la Halakha chez lui tout en acceptant le droit civil américain, canadien ou britannique. Un chrétien pratiquant peut suivre le droit canonique à l’église tout en acceptant le Code pénal. Alors pourquoi, se demandent-ils, les musulmans ne pourraient-ils pas faire de même avec la charia ?

Cette supposition est une erreur de catégorie. C’est la fausse dichotomie qui est au cœur de la confusion occidentale concernant l’islam.

Dans une conférence contemporaine intitulée « La charia : barbare ou parfaite ? » , le Dr Haitham al-Haddad – l’un des plus éminents juristes islamiques du monde anglophone – a expliqué la position islamique orthodoxe avec une clarté et une honnêteté inhabituelles.

Il n’a pas présenté d’opinion personnelle. Il a exposé la position classique, pleinement conforme au Coran, à la Sunna, aux principaux tafsirs (commentaires) et au consensus des savants (ijma) à travers les siècles. Elle est également conforme aux sermons islamiques actuels en Occident et à l’histoire islamique.


À ce stade, il est essentiel d’examiner attentivement ses qualifications. Nous ne pouvons pas nous fier à la parole d’un imam lambda qui aurait tiré ses qualifications d’une bande dessinée.

Cheikh Dr. Haitham al-Haddad

  • Doctorat en jurisprudence islamique (fiqh) des minorités musulmanes de SOAS, Université de Londres (thèse soumise vers 2010, axée sur l’application du droit islamique classique dans des contextes occidentaux contemporains comme la Grande-Bretagne).
  • Licence en droit et charia de l’Université d’Omdurman, Soudan.
  • Études complémentaires en ingénierie (Université du Roi Fahd du Pétrole et des Minéraux, Arabie Saoudite) et en sciences islamiques classiques.
  • Formé en Arabie Saoudite, notamment auprès d’éminents érudits (par exemple, associé à des élèves de personnalités majeures comme Ibn Baz).
  • Il possède de nombreuses ijāzāt (autorisations/licences) traditionnelles en Coran, en Hadith et dans d’autres sciences islamiques.
  • Rôle principal actuel : Présidente du Comité des fatwas du Conseil islamique d’Europe .
    Juge/conseiller de longue date auprès du Conseil islamique de la charia (Royaume-Uni et Irlande) — plus de 15 à 20 ans d’expérience dans le traitement de cas concrets.
  • Spécialisé en fiqh (jurisprudence islamique), en usul al-fiqh (principes de jurisprudence) et en application de la charia aux contextes modernes/minoritaires.
  • Conférencier régulier, présentateur de télévision, auteur et intervenant lors de conférences dans le monde musulman, il dirige ou participe à diverses initiatives éducatives au Royaume-Uni.

Il s’agit incontestablement d’une voix faisant autorité en matière d’islam, une personne plus que légitime pour représenter la foi, mais respectée surtout pour expliquer ce qu’est réellement l’islam à ses coreligionnaires musulmans.

Nous devrions l’écouter.

Son discours d’ouverture n’aurait pas pu être plus direct :

« La charia, c’est tout simplement l’islam. La charia est l’islam. L’islam est la charia. Les deux sont identiques… Parler de charia, c’est parler d’islam. Parler d’islam, c’est parler de charia. C’est la même chose. »

Il ne s’agit pas d’une métaphore. Ce n’est ni « culturel », ni « extrême ». C’est le fondement doctrinal.

En islam, la charia n’est pas un code moral personnel que l’on peut appliquer dans sa vie privée tout en acceptant un gouvernement laïc. La charia est le système complet de lois, de gouvernance, d’éthique et d’ordre social qu’Allah a prescrit à l’humanité. Accepter l’islam, c’est accepter l’obligation de travailler à la suprématie de ce système.

C’est pourquoi l’islam fonctionne, tout comme le communisme, comme un système de pensée entièrement différent – ​​et non pas simplement comme une autre vision déformée de la même réalité.

Par conséquent, tenter de comprendre l’islam comme une menace, ou même sa compatibilité avec la civilisation occidentale à travers le prisme des concepts occidentaux, est suicidaire.

L’extrait ci-dessous en est une excellente illustration. Dans ce que l’on pourrait appeler la pensée judéo-chrétienne et gréco-romaine, les concepts de l’au-delà sont traités de manière relativement indépendante du sentiment d’identité personnelle ou nationale d’un individu, voire de sa propre religiosité. La plupart de ces concepts sont souvent perçus comme des métaphores, ou tout simplement niés.

En islam, la doctrine fondamentale, la pensée centrale, porte sur la manière d’envisager cette vie par rapport à la « vie après la mort » selon une échelle mesurée.

Ceci est incontestable en Islam. C’est un principe fondamental de l’Islam et un aspect de la charia. Si vous ne croyez pas à la vie après la mort telle que définie par l’Islam, ni au Jour du Jugement dernier, vous êtes un infidèle. Si vous étiez musulman et que vous avez renié ces croyances, vous êtes un apostat et pouvez légalement être exécuté pour ce kufr, ou manque de foi.

Dans le cadre de la perspective islamique, il explique que l’issue (l’au-delà) est présentée comme certaine : rejeter ou retarder la charia, c’est risquer le Feu.

Le même schéma se répète lorsqu’il souligne le double standard occidental en matière de violence ; un point légitime concernant l’incohérence, mais qui ne change rien à la réalité doctrinale selon laquelle l’expansion islamique s’est historiquement produite par la conquête ou la tromperie, et non parce que les populations l’ont librement choisie comme un mode de vie supérieur pour elles-mêmes.

En d’autres termes, quelle que soit la véracité de sa critique de la culture occidentale, cela ne nie pas le fait manifeste que l’islam est pire sur tous les plans en matière de droits individuels.

Ses affirmations :

  • Cette vie est une épreuve dont les véritables conséquences se manifestent dans la vie éternelle après la mort.
  • La charia est le seul système qui parvienne à un juste équilibre entre les deux.
  • Par conséquent, tout musulman croyant a l’obligation religieuse de s’efforcer de son application où qu’il réside.
  • La neutralité ou l’acceptation permanente du droit séculier ne sont pas une option ; elles constituent un acte de désobéissance.
  • La désobéissance a de graves conséquences.

Le communisme, autre ensemble de conceptions fondamentales de la réalité, fondamentalement différent, ne se considère pas comme une option politique parmi d’autres ; il se perçoit comme le remplacement scientifique et inévitable de l’ancien ordre.

De même, l’islam ne se considère pas comme une religion parmi d’autres ; il se perçoit comme l’ordre final, complet et obligatoire pour toute l’humanité.

On ne peut prédire ni comprendre avec précision les actions et les intentions à long terme des musulmans (ou des communistes) convaincus sans saisir au préalable l’épistémologie, c’est-à-dire l’ensemble des croyances fondamentales qui constituent le cœur même de ce système.

Le Dr al-Haddad revient sans cesse sur ce point tout au long de sa conférence.

La charia n’est pas « réservée aux musulmans des pays musulmans ». Elle est la loi du Créateur, édictée par le seul législateur véritablement neutre et parfaitement qualifié. Tout système créé par l’homme (y compris la démocratie) est, par définition, biaisé en faveur des intérêts de celui qui détient le pouvoir. Seule la charia, parce qu’elle émane d’Allah, est exempte de ce défaut.

Il est tout aussi direct quant aux implications pour les croyants.

L’extrait suivant illustre parfaitement ce genre de sophisme islamique. Il établit des comparaisons fallacieuses entre certains défauts légitimes de certaines formes de démocratie et l’islam, affirmant que la charia islamique est une création d’Allah, le créateur de toute chose, et qu’elle est donc supérieure au droit humain.

Il s’agit d’un sophisme car, bien que sa critique des systèmes de vote et de leurs implications dans les « démocraties » soit fondée, son alternative ne repose sur aucune preuve étayant l’affirmation selon laquelle la loi islamique serait divine et parfaite. C’est une prétention à la perfection purement inventée, destinée à opposer un système réel, mais imparfait. Une fois encore, il s’agit d’une tactique dialectique typiquement communiste. Les socialistes comparent souvent les résultats imparfaits des systèmes non communistes à des systèmes utopiques que les communistes présentent comme devant être la norme.

Mais ce sophisme, bien qu’il constitue une erreur logique, n’est pas sans conséquences graves.

Il ne s’agit pas d’une piété personnelle facultative. Elle est obligatoire.

C’est pourquoi al-Haddad peut affirmer, sans hésitation, qu’aucun musulman croyant ne peut finalement se satisfaire d’un ordre laïc permanent.

Les Occidentaux continuent de mal interpréter l’islam car ils y projettent sans cesse leurs propres expériences religieuses et culturelles.

Le judaïsme et le christianisme, tels qu’ils sont pratiqués depuis des siècles en Occident, ont accepté l’idée que la loi religieuse puisse coexister avec (voire se soumettre à) un gouvernement laïque. L’islam, quant à lui, ne l’a jamais fait et ne le peut pas, selon son dogme fondamental.

La charia n’est pas un accessoire de l’islam. Elle est l’islam.

« C’est une vérité dérangeante mais nécessaire », a déclaré sans ambages le Dr Haitham al-Haddad. Tant que les Occidentaux n’auront pas compris que l’islam opère sur un plan épistémique fondamentalement différent, non pas comme une autre forme de « religion », mais comme un système complet et obligatoire qui rejette la légitimité du droit séculier, ainsi que de tout autre cadre religieux, ils continueront, à terme, de mal interpréter le problème et la réponse nécessaire.

Laisser une place à l’islam dans un espace non islamique revient à laisser une place à la charia.

Il est essentiel de regarder cette conférence dans son intégralité, car elle lève toute ambiguïté. Pour une fois, une autorité islamique de haut rang n’a pas édulcoré son message pour plaire aux Occidentaux.

Elle a simplement expliqué le système tel qu’il existe réellement dans la pensée islamique orthodoxe. Et ce système ne laisse aucune place à l’idée occidentale simpliste selon laquelle « Islam » et « Charia » pourraient être facilement dissociés.

La conférence complète.


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