Cas de conscience

Heureux comme un antisémite en Belgique

par Joël Rubinfeld sur X

L’an dernier, la ville de Gand interdisait aux jeunes athlètes israéliens de participer au championnat d’Europe d’Ultimate Frisbee U17, organisé dans la métropole flamande. (x.com/joelrubinfeld/)

Il y a six mois, le tribunal correctionnel de Gand acquittait le chroniqueur Herman Brusselmans, poursuivi pour avoir écrit dans l’hebdomadaire Humo:

“Je suis tellement en colère que j’ai envie d’enfoncer un couteau pointu dans la gorge de chaque Juif que je rencontre.”

(x.com/joelrubinfeld/)


Ce 10 septembre, Gand a écrit une nouvelle page de son Livre noir de l’antisémitisme en annulant le concert de l’Orchestre philharmonique de Munich, programmé au Gent Festival van Vlaanderen. Motif: Lahav Shani, son chef, est juif — pardon, israélien — et donc complice présumé du “régime génocidaire de Tel Aviv”, selon les termes du communiqué du festival (gentfestival.be/nl/event/munch)

Aux manettes de cette mise au ban ethnique: la ministre flamande de la Culture Caroline Gennez (voir photo), les autorités communales et le secteur culturel gantois.

Gand collabore, l’Allemagne résiste

En Allemagne, le ministre de la Culture Wolfram Weimer a fustigé cette infamie:

“Un grand orchestre allemand et son chef d’orchestre juif sont désinvités — c’est une honte pour l’Europe. C’est de l’antisémitisme pur et dur.”

(x.com/BundesKultur/s)


Suite au tollé international et à l’embarras national provoqués par le boycott de Lahav Shani, les organisateurs du festival ont tenté d’éteindre l’incendie… mais leurs déclarations, président comme directeur artistique, n’ont fait qu’attiser les flammes.

Ex-député démocrate-chrétien, Jan Briers préside le festival depuis 2017. À l’image de l’Inquisition, l’apprenti Torquemada a sommé l’hérétique d’abjurer pour échapper au bannissement:

“Si le chef d’orchestre israélien fait une déclaration d’ici lundi, le concert pourra tout de même avoir lieu.”

(standaard.be/media-en-cultu)

Quant à Jan Van den Bossche, directeur artistique du festival, il incarne l’esprit de soumission qui prévaut en Belgique face à la meute antisioniste:

“De toute façon, le concert aurait été perturbé par des protestations.”

(nieuwsblad.be/binnenland/fes)

Une atmosphère de début d’Occupation

Le boycott de Lahav Shani vient grossir la liste européenne de Juifs et/ou Israéliens pourchassés cet été pour ce qu’ils sont ou pensent, par une meute se piquant d’être du “bon côté de l’Histoire”…

Quelques exemples:

  • les appels au boycott d’Amir aux Francofolies de Spa;
  • la DJ belge La Dame éjectée de la webradio bruxelloise Kiosk Radio;
  • le chroniqueur Alain Kupchik viré de la chaîne d’info LN24;
  • le DJ israélien Skazi déprogrammé du festival Tomorrowland;
  • les deux humoristes juifs cancellés du Edinburgh Festival Fringe, au Royaume-Uni, et les façades d’une école maternelle et de quatre synagogues souillées par des excréments et de l’urine à Londres;
  • l’affiche “JUDEN haben hier Hausverbot!” (“JUIFS interdits d’entrée ici!”) placardée sur la devanture d’un commerce à Flensburg, en Allemagne;
  • la cinquantaine d’ados français débarqués d’un vol Vueling, en Espagne, et les cyclistes de l’équipe Israël-Premier Tech traqués sur la Vuelta;
  • le chanteur Enrico Macias interdit de se produire à Istanbul, en Turquie;
  • le philosophe Raphaël Enthoven désinvité (puis rétabli) d’un festival littéraire à Besançon, en France, et les 150 enfants israéliens barrés d’accès à un parc de loisirs des Pyrénées-Orientales;
  • la représentation israélienne bannie du salon international du tourisme de Rimini, en Italie;
  • l’exclusion d’Israël de l’Eurovision exigée par l’Irlande, l’Espagne, la Slovénie, l’Islande et les Pays-Bas;
  • les touristes israéliens chassés de restaurants, refoulés d’hôtels et repoussés au large en mer Égée, tels des pestiférés.

Le constat est brutal : trois générations européennes biberonnées au “Plus jamais ça” n’auront servi à rien. Pire — ce slogan est perverti par ceux qui nazifient l’État juif pour légitimer leurs “Juden raus!” articulés dans la langue des droits de l’homme.

Le Grand Soir

Depuis le 7 octobre 2023, les antisémites qui vivent parmi nous avancent à grands pas, secondés par une armée de militants et d’idiots utiles officiant dans les sphères médiatique, politique, universitaire, judiciaire, artistique et associative.

Sans oublier la kyrielle de têtes blondes et cheveux bleus que l’on voit défiler dans les cortèges pro-Hamas, tel un troupeau progressant vers l’abîme.

Résultat : en Belgique, neuf des douze formations politiques — dont trois des cinq au pouvoir — endossent la plus grande imposture antisémite de ce siècle qu’est le “génocide de Gaza”.

Des médias mainstream se muent en ventriloques du Hamas.

Le Conseil de déontologie journalistique entrave la liberté d’expression de Radio Judaïca, tandis que son pendant néerlandophone, le Raad voor de Journalistiek, absout Herman Brusselmans de sa diatribe antisémite.

Les diplômés en droit de l’Université libre de Bruxelles baptisent leur promotion du nom d’une séditieuse justifiant les pogroms du 7 octobre. Des tombes juives, dont celle de Jean Gol, sont profanées. Des Pavés de Mémoire sont souillés au nom de “Gaza”. Des mezouzot sont arrachées aux portes d’appartements.

À Bruxelles, une voiture circule avec la plaque personnalisée 7-OKTOBR. La place de la Bourse et la gare du Midi prennent des allures de territoires occupés. Un chauffeur Uber refuse de déposer sa passagère au cimetière juif de Dilbeek. À Anvers, un ex-animateur de la radio publique flamande jette un verre de vin sur un Juif religieux et sa fille en pleine rue, les insulte de “salopes génocidaires” et martèle des “Fuck Israël”. Etc.

Autant de petites mains et grandes gueules du totalitarisme islamogauchiste qui conquiert progressivement la Belgique — chaque drapeau palestinien planté sur les façades de maisons communales ou le toit du Parti socialiste, scotché aux fenêtres ou tagué sur les murs du royaume, est là pour nous le rappeler.

Ainsi va la Belgique, laboratoire d’une Europe où les leçons de l’Histoire s’effacent au profit d’un antisémitisme qui se monnaye dans les urnes, s’exhibe dans les médias, s’éructe dans la rue, s’exalte sur les campus… et se normalise jusque dans l’esprit des gens de bien — ceux dont l’inaction, disait Edmund Burke, permet au mal de triompher.


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