Mystères

Toutes les civilisations anciennes nous ont légué le même message

La carte a toujours été complète. Nous lisions les fragments séparément. Pourtant, ils nous ont tous laissé les mêmes coordonnées.

Il y a un problème avec la manière dont les anomalies sont étudiées. Chacun arrive dans son propre emballage.

Les preuves de l’érosion hydrique du Sphinx sont documentées en géologie. Les gravures de Göbekli Tepe sont documentées en archéologie. La carte de Piri Reis est documentée en cartographie. La tradition orale des Pléiades, vieille de 100 000 ans, est documentée en archéoastronomie. Le motif du Maître des animaux est documenté en histoire de l’art. L’hypothèse de l’impact du Dryas récent est documentée en climatologie.

Chaque domaine examine sa propre anomalie. Chaque domaine propose sa propre explication. Chaque domaine ignore en grande partie que les autres domaines examinent des anomalies dont les caractéristiques spécifiques, une fois mises en regard, cessent d’être un ensemble d’énigmes sans lien apparent et prennent une forme reconnaissable.


Une carte n’est lisible que lorsque toutes ses sections sont assemblées. Une carte dont les sections sont réparties dans douze archives différentes, cataloguées sous douze rubriques différentes, examinées par douze disciplines universitaires différentes qui ne communiquent pas régulièrement, n’est une carte que personne n’a lue. Ce sont douze morceaux de papier qui ressemblent chacun à un territoire local.

Cette pièce assemble les différentes sections.

Ce qui suit n’est pas une spéculation sur les civilisations antérieures à la chronologie conventionnelle. Il s’agit d’un recueil documenté de sources primaires issues de douze disciplines indépendantes, organisées non par catégorie académique, mais selon ce que révèlent collectivement ces sources lorsque les sections sont juxtaposées et correctement orientées.

La forme qui se dessine est spécifique. Elle possède des coordonnées. Elle a une chronologie. Elle présente une cohérence interne, par-delà les séparations culturelles et géographiques, ce qui exclut la coïncidence comme explication et fait du contact l’hypothèse la moins parcimonieuse parmi les alternatives possibles.


Quelque chose a laissé cela. La question que soulèvent les preuves est celle de savoir ce qui a laissé cela. Les preuves elles-mêmes sont documentées.

La fenêtre

Tout dans cet article s’articule autour d’une période spécifique dont l’existence n’est pas contestée : le Dryas récent, l’intervalle documenté entre environ 12 900 et 11 700 ans avant notre ère, durant lequel les températures mondiales ont chuté de près de 15 degrés Celsius en quelques décennies, des conditions glaciaires sont réapparues dans tout l’hémisphère nord et l’extinction documentée d’environ 35 genres de grands mammifères s’est produite en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Europe et en Australie au cours d’une période géologiquement brève.

Le Dryas récent est attesté dans les carottes de glace du Groenland et de l’Antarctique, dans les archives sédimentaires des fonds lacustres et océaniques de plusieurs continents, dans les archives polliniques qui montrent l’effondrement documenté des écosystèmes forestiers dans tout l’hémisphère nord, et dans les archives d’extinction de la mégafaune dont la disparition à ce moment précis a suscité un débat soutenu dans la littérature paléontologique.

Les causes du Dryas récent restent une question précise à laquelle les preuves documentées n’ont pas permis de répondre. L’explication classique, une perturbation de la circulation méridienne de retournement atlantique causée par un afflux massif d’eau douce provenant de la fonte des glaciers, rend compte de certaines caractéristiques documentées de cet événement. Elle n’explique cependant pas entièrement la soudaineté de son apparition, attestée dans les carottes de glace du Groenland comme s’étant produite en quelques années plutôt qu’en quelques décennies, ni la répartition et le calendrier précis des extinctions de la mégafaune.

L’hypothèse de l’impact du Dryas récent, proposée en 2007 dans un article des Proceedings of the National Academy of Sciences par une équipe de chercheurs dirigée par Richard Firestone, suggère que le Dryas récent a été déclenché par un impact cosmique ou une explosion aérienne. Cette hypothèse s’appuie sur une couche de preuves spécifique découverte sur des sites archéologiques documentés à travers plusieurs continents : une fine strate contenant des nanodiamants, des microsphérules, de l’iridium et du platine, dont la combinaison particulière constitue la signature documentée d’impacts cosmiques, datés du début du Dryas récent, il y a environ 12 900 ans.

L’hypothèse reste controversée. La présence de cette couche de preuves a été confirmée sur plusieurs sites par des groupes de recherche indépendants, et contestée sur d’autres. Un article paru en 2018 dans le Journal of Geology, portant sur des données provenant de 50 sites répartis dans 12 pays, a documenté la présence de cette couche de signature d’impact à la limite du Dryas récent avec un niveau de cohérence que les auteurs ont qualifié d’extraordinaire.

L’origine cosmique du Dryas récent reste une question scientifique, étayée par les documents d’archives sans pour autant la trancher. Ce qui est incontestable, c’est que le Dryas récent a eu lieu, qu’il a eu des conséquences catastrophiques sur les écosystèmes mondiaux et les populations humaines, et qu’il s’est terminé, il y a environ 11 700 ans, aussi rapidement qu’il avait commencé.

La carte commence avec la période qui a suivi le Dryas récent.

Göbekli Tepe et le temple le plus ancien

Le site de Göbekli Tepe, dans le sud-est de la Turquie, a fait l’objet de fouilles débutées en 1994 par Klaus Schmidt, de l’Institut archéologique allemand. Les découvertes qui y ont été faites ont fondamentalement bouleversé la chronologie conventionnelle de la civilisation humaine.

Le site se compose de plusieurs anneaux de piliers calcaires en forme de T, pesant chacun entre 10 et 20 tonnes, ornés de bas-reliefs représentant des renards, des serpents, des sangliers, des grues, des vautours, des aurochs, ainsi que le sac à main récurrent mentionné dans l’œuvre intitulée « Le Maître des Animaux ». Les piliers sont disposés en enclos circulaires, suivant un programme architectural cohérent à travers les différentes phases de construction.

Le site a été délibérément enfoui sous des milliers de tonnes de remblai après sa première utilisation ; cet acte de dissimulation intentionnel, attesté par des documents archéologiques, reste cependant inexpliqué quant à son but et sa chronologie.

La datation documentée de Göbekli Tepe situe sa construction il y a environ 11 500 ans, immédiatement après la fin du Dryas récent. Le site est antérieur au développement de l’agriculture, de la poterie, de la vie villageoise sédentaire et de tout autre marqueur archéologique que le récit conventionnel utilise pour identifier les conditions préalables à une construction complexe.

Selon la version officielle, les bâtisseurs de Göbekli Tepe étaient des chasseurs-cueilleurs. Toujours selon cette version, ils ont construit le complexe de temples en pierre le plus vaste et le plus complexe jamais réalisé dans l’histoire de l’humanité, avec notamment des piliers dont la sculpture spécifique a nécessité un travail soutenu, coordonné et techniquement sophistiqué, dont l’organisation témoigne d’une grande complexité institutionnelle.

La réponse habituelle à cette contradiction spécifique a consisté à réviser le récit traditionnel : Göbekli Tepe prouverait que l’organisation rituelle et architecturale complexe a précédé l’agriculture, et non l’inverse. Cette révision est juste dans une certaine mesure.

Elle n’aborde pas la question plus précise : d’où provenaient les connaissances organisationnelles, techniques et architecturales nécessaires à la construction de Göbekli Tepe au sein d’une population que le récit traditionnel décrit comme n’ayant aucune tradition antérieure de construction monumentale ?

Les sculptures des piliers apportent un élément de réponse, dont le contenu précis n’a pas encore été pleinement exploré par la littérature archéologique. Le chercheur Andrew Collins et le mathématicien Rodney Hale ont publié en 2013 une analyse documentée démontrant que les enceintes de Göbekli Tepe sont orientées vers des points astronomiques spécifiques. L’orientation précise des piliers centraux de l’enceinte D correspond au lever de Deneb, l‘étoile la plus brillante de la constellation du Cygne, à l’horizon en 10 000 avant notre ère. Le site n’est pas orienté de manière aléatoire ; son orientation est calibrée astronomiquement à une date précise située après le Dryas récent.

Un édifice construit au début de la période post-Dryas récent fut aligné avec une précision astronomique sur une date spécifique. Cet alignement nécessitait la connaissance de la précession, le cycle de 25 920 ans de l’oscillation de l’axe terrestre qui modifie la position des étoiles à l’horizon au fil des millénaires. La connaissance de la précession exige des siècles d’observation astronomique continue pour être détectée et des millénaires pour être quantifiée avec la précision requise pour un alignement architectural intentionnel.

Les bâtisseurs de Göbekli Tepe possédaient ce savoir. Le récit traditionnel ne s’appuie sur aucune tradition antérieure pour le tenir.

Le Sphinx et son horloge

Le Grand Sphinx de Gizeh est orienté plein est, son regard fixé sur l’horizon. Ce fait est avéré. Son altération géologique constitue l’anomalie spécifique dont les implications sont développées dans l’œuvre conservée à la bibliothèque.

Robert Schoch, géologue à l’Université de Boston, a publié son analyse de l’altération du Sphinx en 1992 dans une communication présentée à la Société géologique d’Amérique. Ses conclusions : le schéma d’altération du corps du Sphinx est compatible avec une érosion pluviale prolongée plutôt qu’avec une érosion éolienne. La nature spécifique de cette érosion, des fissures verticales profondes dans la roche calcaire au lieu de l’érosion laminaire horizontale produite par le vent, est la signature d’un ruissellement d’eau sur la pierre pendant une période prolongée.

La dernière période où l’Égypte a connu des précipitations suffisantes pour engendrer ce type d’érosion remonte approximativement à 9000-7000 avant notre ère, durant la période humide africaine qui a suivi le Dryas récent. La datation classique du Sphinx, située aux alentours de 2500 avant notre ère, situe sa construction durant une période de sécheresse avérée, où l’érosion hydrique de cette nature n’existait pas.

La validité de l’analyse de Schoch fait l’objet de débats entre les communautés géologique et égyptologique depuis trente ans. La réponse égyptologique s’appuie sur les documents étayant la datation conventionnelle, le contexte de l’Ancien Empire, l’origine pharaonique attribuée et l’analyse logistique des méthodes de construction. La réponse géologique, quant à elle, se concentre sur les observations de la pierre elle-même. Or, la pierre présente des traces d’érosion hydrique.

Si le Sphinx a été construit ou, à tout le moins, considérablement modifié pendant une période d’érosion hydrique, sa construction est antérieure à la date conventionnelle d’au moins plusieurs milliers d’années, ce qui la situe pendant ou immédiatement après la période du Dryas récent.

L’analyse astronomique documentée de Robert Bauval, élaborée en collaboration avec Graham Hancock, apporte la dimension spécifique de la précession. Le Sphinx est orienté vers l’est. Vers 10 500 avant notre ère, la position de précession du ciel équinoxial plaçait la constellation du Lion directement à l’horizon oriental à l’aube de l’équinoxe de printemps. Le Sphinx, dont le corps est celui d’un lion, était alors face à son homologue céleste à cette date précise.

La convergence des preuves géologiques d’érosion hydrique et de l’alignement astronomique de précession à la même date approximative, entre 10 500 et 9 000 avant notre ère, place le Sphinx dans la fenêtre post-Dryas récent, aux côtés de Göbekli Tepe.

La confirmation de Piri Reis

La carte de Piri Reis, dessinée en 1513 par l’amiral ottoman Piri Reis et documentée comme ayant été compilée à partir de cartes sources plus anciennes, notamment des sources de la bibliothèque d’Alexandrie, montre le littoral de l’Antarctique sans glace.

Un fait avéré concernant l’Antarctique : son littoral sous la glace a été cartographié par levés sismiques au XXe siècle. La côte sud de la carte de Piri Reis correspond à la topographie sous-glaciaire de l’Antarctique avec une précision que la littérature cartographique peine à expliquer au regard des connaissances cartographiques conventionnelles disponibles en 1513.

L’Antarctique est recouvert de glace depuis environ 6 000 ans. Le littoral figurant sur la carte de Piri Reis n’a pu être cartographié que durant une période où la glace était absente ou fortement réduite, ce qui situe le relevé avant environ 4 000 avant notre ère.

La question de savoir si la carte représente fidèlement le littoral libre de glace de l’Antarctique fait débat dans la littérature cartographique et géographique depuis l’analyse documentée de Charles Hapgood en 1966. La correspondance de la carte avec la topographie sous-glaciaire est suffisamment précise dans de nombreuses régions pour dépasser le simple hasard, mais suffisamment ambiguë dans d’autres pour permettre des interprétations alternatives.

Ce qui est incontestable, c’est l’affirmation documentée selon laquelle Piri Reis a compilé la carte à partir de cartes sources plus anciennes. La question de savoir qui a réalisé ces cartes sources, quand et avec quels moyens topographiques, est précisément celle que soulève le tracé apparent du littoral antarctique sur la carte.

L’étude des côtes libres de glace de l’Antarctique exigeait des compétences maritimes, des connaissances en navigation et une précision topographique que le récit traditionnel de la civilisation préclassique ne prend pas en compte. Quelqu’un possédait ces compétences. Cette personne a laissé une carte. Cette carte a été conservée grâce à la tradition des bibliothèques d’Alexandrie et figure dans un recueil d’un amiral ottoman datant de 1513.

Le Maître des Animaux et le Sac à Main

L’œuvre intitulée « Maître des animaux » déjà présente dans la bibliothèque documente le motif triadique spécifique à travers six civilisations indépendantes : la déesse assise de Catalhöyük flanquée de léopards datant de 6000 avant notre ère, les sceaux-cylindres mésopotamiens à partir de 4000 avant notre ère, le sceau de Pashupati de la vallée de l’Indus à 2350 avant notre ère, le couteau égyptien de Gebel el-Arak à 3200 avant notre ère, les médaillons d’or minoens à 1700 avant notre ère et le chaudron de Gundestrup à 100 avant notre ère.

L’objet en forme de sac à main que portent des personnages dans de multiples traditions indépendantes, documenté à Göbekli Tepe vers 11 500 avant notre ère, dans des figurines sumériennes d’Apkallu vers 3 000 avant notre ère, et dans des sculptures mésoaméricaines à Tula et La Venta vers 900 avant notre ère, est l’élément trans-traditionnel spécifique dont la distribution géographique et temporelle est la plus difficile à expliquer par la diffusion ou l’invention indépendante.

Le sac à main de Göbekli Tepe est antérieur à la tradition sumérienne d’Apkallu d’environ 8 500 ans. Si l’on considère la diffusion comme l’explication, elle s’effectue dans le sens inverse de celui prédit par la chronologie conventionnelle. Le savoir s’est propagé à partir de la période postérieure au Dryas récent, et non depuis les débuts de la civilisation.

Les éléments spécifiques et constants présents dans tous les exemplaires du sac à main – la forme du seau, la configuration de la poignée, la position précise de la main de la personne qui le tient – ​​constituent ce que l’analyse du signal appelle un message à haute entropie : un motif trop spécifique pour être du bruit et trop constant pour être une coïncidence.

Quelqu’un a transporté cet objet. Plusieurs civilisations anciennes, indépendantes, l’ont jugé suffisamment important pour le faire sculpter en relief sur leurs monuments les plus significatifs. Les sculpteurs ne représentent pas le même objet parce qu’ils ont vu les sculptures des uns et des autres ; ils le représentent parce qu’ils savaient tous de quel objet il s’agissait.

Le fil des Pléiades

Le document de la bibliothèque sur les Pléiades présente l’analyse du télescope Gaia de Barnaby Norris et Ray Norris, établissant que la mythologie des sept sœurs, le récit spécifique de sept étoiles des Pléiades dont une manque et un chasseur dans Orion à leur poursuite, est antérieur à la séparation géographique des populations aborigènes australiennes et eurasiennes selon la chronologie des migrations documentées.

D’après les données de Gaia sur le mouvement des étoiles, cette mythologie est vieille de 100 000 ans. Elle a été transmise le long de toutes les routes migratoires humaines, de l’Afrique à l’Australie, à l’Europe et aux Amériques. Elle a survécu à 100 000 ans de transmission orale avec une fidélité telle que des cultures indépendantes, séparées par 50 000 ans d’isolement, racontent des histoires structurellement identiques à propos des mêmes étoiles.

Il s’agit du plus ancien témoignage documenté de l’humanité dans les archives archéologiques et astronomiques. Il a été préservé sous une forme spécifique qui le rend vérifiable : un fait astronomique dont la mécanique stellaire permet de confirmer la datation par télescope plutôt que par interprétation textuelle.

La tradition des Pléiades ne date pas de la période postérieure au Dryas récent. Elle trouve son origine en Afrique, avant les grandes migrations, il y a 100 000 ans. Cependant, elle est rattachée à la période postérieure au Dryas récent par un lien précis et documenté : les Pléiades revêtent une importance astronomique dans de nombreuses traditions postérieures au Dryas récent, notamment les traditions sumérienne, égyptienne, grecque et mésoaméricaine. Cette tradition millénaire a été transmise et enrichie par les civilisations qui ont émergé de la catastrophe du Dryas récent.

Ce fil conducteur s’étend sans interruption de la savane africaine de 100 000 avant notre ère, à travers chaque migration humaine, jusqu’à chaque civilisation postérieure au Dryas récent. Il relie les plus anciens savoirs humains documentés aux civilisations qui ont érigé les premières constructions monumentales. Ce qui traverse ce fil, c’est la question spécifique que soulève son existence même.

Le Sérapéum et l’ingénierie impossible

Le Sérapéum de Saqqara renferme 24 sarcophages en granit, pesant chacun environ 70 tonnes, taillés dans des blocs uniques de granit. Leurs surfaces intérieures présentent une planéité et un parallélisme tels que Petrie les a mesurés au XIXe siècle, avec une tolérance de 0,00025 pouce. Cette précision attestée dépasse les capacités des ingénieurs du XIXe siècle, même avec les meilleurs outils disponibles.

Les sarcophages sont vides. Leurs couvercles, pesant chacun environ 27 tonnes, ne portent aucune trace du mécanisme qui a servi à les mettre en place. La galerie souterraine du Sérapéum a été creusée dans du calcaire massif à une profondeur et à une échelle telles que la logistique, même avec des équipements modernes, constituerait un projet d’ingénierie considérable.

L’explication classique et documentée attribue le Sérapéum au culte des taureaux Apis durant le Nouvel Empire et les périodes ultérieures, les sarcophages servant de contenants funéraires pour ces taureaux sacrés. La précision technique de ces sarcophages dépasse largement toute fonction documentée qu’aurait pu exiger l’inhumation de taureaux Apis. Un contenant destiné à un taureau ne requiert pas des tolérances de surface intérieure mesurables en dix-millièmes de pouce.

Le Sérapéum s’inscrit dans un schéma plus large non pas par sa datation, qui le situe conventionnellement au Nouvel Empire, mais par sa signature technique : un niveau de précision dont la réalisation nécessite soit une technologie d’outils non attestée dans les archives archéologiques, soit une connaissance des matériaux et des méthodes dont l’origine est la même question que soulèvent Göbekli Tepe, le Sphinx et la carte de Piri Reis.

La falaise colombienne et les derniers témoins

Les 75 000 peintures rupestres de la Serranía de la Lindosa, en Amazonie colombienne, documentées dans l’ouvrage qui leur est consacré à la bibliothèque, représentent des mastodontes, des paléolamas, des paresseux géants et des chevaux de l’ère glaciaire dont l’extinction en Amérique du Sud est datée d’environ 12 000 ans, au début du Dryas récent.

Ces peintures ont été réalisées par des personnes ayant aperçu ces animaux. Ces derniers sont morts durant la période du Dryas récent. Elles constituent donc le témoignage visuel des derniers témoins humains du monde antérieur au Dryas récent.

Le contenu précis des peintures ne se limite pas à la mégafaune. La paroi rocheuse colombienne présente des figures humaines, les bras tendus vers les animaux, selon la tradition picturale du Maître des Animaux, documentée dans six civilisations distinctes et présentée dans l’ouvrage qui lui est consacré à la bibliothèque. Les peintures rupestres amazoniennes constituent le plus ancien exemple documenté de cette tradition picturale dans l’hémisphère occidental ; elles furent réalisées par des populations qui assistaient à la disparition de leur monde lors de l’extinction du Dryas récent.

La tradition du Maître des Animaux apparaît dès les premières traces écrites en Amazonie, avant le Dryas récent, et se perpétue à travers six civilisations indépendantes après cette période. La continuité de cette tradition, malgré la période catastrophique du Dryas récent, est un fait avéré que les pièces individuelles, examinées séparément, ne révèlent pas.

La Table d’Émeraude et la revendication de transmission

La traduction secrète et documentée de la Table d’Émeraude par Isaac Newton, découverte dans ses papiers privés à Cambridge et conservée aujourd’hui au King’s College, contient l’interprétation spécifique de Newton quant à l’affirmation du texte concernant sa propre origine : elle aurait été écrite par Hermès Trismégiste, figure légendaire qui combinait l’Hermès grec et le Thot égyptien, et dont la tradition hermétique atteste qu’il a transmis un savoir antérieur à la civilisation égyptienne d’une période indéterminée.

La question de la véracité de l’affirmation de transmission de la Table d’Émeraude n’est pas celle que soulève la traduction documentée de Newton. Elle porte plutôt sur les raisons pour lesquelles Newton, qui a consacré davantage de temps, comme en témoignent ses écrits, à la tradition hermétique et alchimique qu’à la physique pour laquelle il est resté célèbre, a jugé cette affirmation digne d’intérêt.

L’analyse documentée par Newton du contenu de la Tablette, et notamment son interprétation de la phrase « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » comme une affirmation de la relation holographique entre les lois physiques macroscopiques et microscopiques, a précédé de trois siècles le principe holographique en physique. Son interprétation du texte a permis d’établir un cadre de compréhension de la relation entre les échelles cosmique et atomique, cadre que la physique documentée du XXe siècle a confirmé.

Que Newton ait tiré ce cadre théorique du texte hermétique ou qu’il y soit parvenu indépendamment grâce au langage du texte, les sources écrites ne permettent pas de trancher cette question. Ce que ces sources montrent, c’est que la tradition hermétique a préservé un cadre dont le contenu précis a été confirmé par la physique du XXe siècle, et que cette tradition prétendait avoir transmis ce cadre avant les civilisations qui l’ont développé ultérieurement.

Les coordonnées

Lorsque les anomalies documentées sont placées sur une seule chronologie plutôt que dans des cadres académiques distincts, un schéma spécifique se dégage, dont les éléments individuels ne révèlent pas la nature.

La limite du Dryas récent, il y a environ 12 900 ans : les peintures rupestres colombiennes témoignent des derniers vestiges de la mégafaune d’avant la catastrophe. La couche portant la signature d’impacts apparaît à cette limite sur 50 sites documentés répartis sur plusieurs continents.

La fin du Dryas récent, il y a environ 11 700 ans, marque le début de la construction de Göbekli Tepe, aligné astronomiquement sur le ciel post-Dryas récent, construit par une population pour laquelle le récit conventionnel ne peut fournir de tradition de connaissances.

La période post-Dryas récent, entre 11 700 et 9 000 ans avant notre ère : le Sphinx présente des traces d’érosion hydrique compatibles avec les précipitations de la période humide africaine. Les cartes sources de Piri Reis montrent le littoral antarctique libre de glace, ce qui a nécessité des relevés topographiques durant cette période ou avant. La figure du Maître des animaux de Çatalhöyük est sculptée.

Durant la période civilisationnelle ancienne, entre 5000 et 3000 avant notre ère, le motif du Maître des Animaux apparaît indépendamment en Mésopotamie, en Égypte et dans la vallée de l’Indus. Les figurines sumériennes d’Apkallu portent le sac à main. Les sarcophages du Sérapéum sont taillés avec une précision dépassant les capacités des outils connus.

Le fil conducteur des Pléiades traverse tout cela, de 100 000 avant notre ère à travers chaque migration et chaque civilisation, reliant le monde pré-Dryas récent à tout ce qui a suivi.

Ces coordonnées ne correspondent pas à un lieu unique. Elles représentent une période temporelle précise, celle qui a suivi le Dryas récent, entre 11 700 et 9 000 ans avant notre ère, et une répartition géographique spécifique, englobant simultanément tous les continents habités. Leur combinaison ne décrit pas une civilisation unique, mais un événement unique dont les effets ont été mondiaux.

Quelque chose s’est achevé au Dryas récent. Avant cela, il est resté une trace, transmise à travers toutes les cultures qui ont suivi. Cette trace n’était pas un document unique, voué à la destruction par le feu ou l’enfouissement. Elle était inscrite dans les traditions astronomiques, les orientations architecturales, les programmes iconographiques et les connaissances techniques de chaque civilisation ultérieure. Sa redondance était voulue.

Un message encodé sous forme redondante sur plusieurs supports indépendants est un message conçu pour survivre à la perte d’un seul support.

La carte était conçue pour résister à la catastrophe. Elle a résisté. Nous avons retrouvé les fragments dans douze archives différentes. Personne ne les avait assemblés jusqu’à présent.

Ce que la carte montre

Les preuves rassemblées ne démontrent pas l’existence d’une civilisation antérieure au Dryas récent d’une complexité comparable à celle des civilisations sumérienne ou égyptienne. Les documents sont incomplets à cet égard. Ce qu’ils attestent est toutefois plus précis et plus significatif que la simple affirmation de son existence.

Ce document démontre que les connaissances nécessaires à la construction de Göbekli Tepe, à l’orientation du Sphinx selon la précession des équinoxes, à l’arpentage du littoral libre de glace de l’Antarctique, à la sculpture de sarcophages de granit avec une précision au dix-millième de pouce et à l’intégration du même programme iconographique dans six civilisations indépendantes postérieures au Dryas récent, sont antérieures à toutes les civilisations que le récit conventionnel présente comme source de ces connaissances.

Ce document atteste que la limite du Dryas récent constitue le seuil temporel précis par lequel ce savoir a été transmis. Avant cette limite : les peintures rupestres colombiennes en témoignent. Après cette limite : Göbekli Tepe illustre cette transmission sous forme architecturale.

Ce document atteste que la transmission était intentionnelle. Un message codé dans des alignements astronomiques, dans des programmes iconographiques, dans des traditions orales perpétuées depuis 100 000 ans, dans des prouesses d’ingénierie dont la précision dépasse les capacités documentées, est un message dont la redondance sur plusieurs supports indépendants reflète un choix de conception précis : le rendre pérenne.

Le Dryas récent anéantit la civilisation qui avait créé la carte. Celle-ci survécut dans les traditions de toutes les civilisations qui lui succédèrent, car elle était trop profondément ancrée et trop présente pour disparaître avec ses créateurs.

Depuis deux siècles, nous lisons ces textes dans des pièces séparées. L’égyptologue dans une pièce, l’archéastronome dans une autre, le géologue dans une troisième, l’historien de l’art dans une quatrième et le climatologue dans une cinquième.

Aucun d’eux ne pouvait voir la carte depuis sa chambre.

La carte est complète. Elle l’a toujours été. Les pièces ont toujours été disponibles.

Voici ce que révèlent leurs lectures conjointes.

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