Cas de conscience

L’apocalypse zombie n’est pas du tout de la fiction

L'édition du génome (ou modification génétique) regroupe des technologies permettant aux scientifiques de modifier l'ADN d'un organisme .

Plus de cinq ans se sont écoulé depuis que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré la COVID-19 comme une pandémie. Et si l’on imaginait non pas la COVID-19, mais un pathogène génétiquement modifié capable de transformer une personne en zombie ?

Quand la fiction devient réalité

Les progrès récents en matière d’édition génomique laissent penser que des bioterroristes pourraient théoriquement créer des virus capables de modifier notre comportement. Manipuler l’ARN et, par conséquent, modifier le génome n’est pas de la science-fiction.

Jacques Attali, économiste français, membre du club Bilderberg, premier directeur de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et l’un des idéologues du mondialisme, a écrit que « l’un des objectifs du remplacement du mot épidémie par le mot » pandémie « sera l’établissement d’un nouvel ordre mondial et d’un gouvernement supranational », et il a écrit cela dix ans avant la découverte du coronavirus.


L’exemple le plus évident de « zombification » est la rage, qui peut provoquer de l’agressivité et des hallucinations, et ces symptômes sont presque toujours mortels.

Une espèce de guêpe récemment découverte parvient à transformer une certaine espèce d’araignée (Anelosimus eximius) en « zombie » en déposant ses œufs sur son abdomen. Les larves qui éclosent s’accrochent à l’araignée et s’en nourrissent, tandis que l’araignée, autrefois sociale, quitte la colonie et se prépare à mourir seule.

Autres exemples de zombies dans la nature :

La maladie du sommeil africaine (trypanosomiase africaine), une maladie neurologique mortelle causée par des organismes unicellulaires parasites transmis par les insectes ; le champignon Ophiocordyceps unateralis, qui modifie le comportement des fourmis charpentières (Camponotus) avant de les tuer et de pousser sur leur tête.


Lutte contre les agents pathogènes

En 2020, le prix Nobel de chimie a été décerné à la Française Emmanuelle Charpentier, originaire de Berlin, et à l’Américaine Jennifer Doudna pour la mise au point d’une méthode d’édition des génomes.

Selon le Comité Nobel, la technologie CRISPR-Cas9 créée est déjà utilisée pour traiter des patients atteints de cancer et a fait ses preuves dans le traitement de maladies génétiques telles que la drépanocytose, la bêta-thalassémie et bien d’autres.

Connue sous le nom informel de « ciseaux génétiques », cette technologie permet de modifier les agents pathogènes, les rendant plus transmissibles ou plus mortels. De plus, les bioterroristes pourront transformer un microbe inoffensif en un virus agressif. Cette technique pourrait même altérer le virus, le rendant dangereux pour davantage d’espèces qu’il n’infecte actuellement, ou le rendant résistant aux antibiotiques ou aux antiviraux.

L’utilisation de la technologie CRISPR pour infecter des humains et les transformer en zombies reste encore théorique. À l’heure actuelle, il existe des moyens plus simples de terroriser les populations. Cependant, avec les progrès de la biotechnologie après la COVID-19, le risque de bioterrorisme s’accroît.

Les créateurs du film d’horreur « 28 Days Later » ont été inspirés par deux virus bien réels pour créer le « virus de la rage » fictif :

Ebola et Marburg

Compte tenu de ces possibilités, il n’est pas surprenant qu’en 2018, le directeur du renseignement national américain, James Clapper, ait qualifié la modification génétique de « destruction et prolifération massives ».

La même année, le gouvernement américain a publié sa première stratégie de biosécurité impliquant plusieurs ministères. Ce plan couvre non seulement les menaces délibérées de bioterrorisme, mais aussi « les épidémies naturelles et les maladies infectieuses qui se seraient échappées accidentellement d’un laboratoire ».

Le commandement stratégique du département américain de la Défense a publié un programme d’entraînement appelé CONOP 8888 (Domination anti-zombie), qui simule la situation d’une apocalypse zombie.

Quelles sont nos chances de rencontrer des agents pathogènes traitables génétiquement ?

Les conventions juridiques internationales relatives aux toxines biologiques et chimiques interdisent strictement aux États d’acquérir ou de stocker des armes biologiques.

Certes, des doutes subsistent quant à leur pertinence au regard des nouvelles approches. Les technologies d’édition génomique comme CRISPR deviennent moins coûteuses et plus faciles à utiliser. De fait, des scientifiques ou des organisations sans scrupules peuvent s’en servir à des fins de bioterrorisme.

Idéalement, les dispositions spécifiques de ces instruments internationaux devraient être révisées et adaptées à l’évolution de la situation. Cela pourrait inclure un moratoire sur les expérimentations de modification génétique en tant qu’arme biologique, ou l’autorisation d’expérimentations menées uniquement au bénéfice de la santé humaine.

En juin 2021, un comité d’experts de l’OMS a publié deux rapports fournissant des orientations sur la gestion de l’édition du génome humain aux niveaux institutionnel, national et mondial appropriés. Les comités d’éthique devaient notamment examiner les essais cliniques et obtenir leur approbation.

Le problème est que ces recommandations n’ont pas force de loi. L’OMS ne peut pas réglementer l’édition du génome dans les différents pays. Par conséquent, il incombe à chaque État de mettre en œuvre ces recommandations dans le cadre de sa législation nationale.

Un autre problème réside dans le fait que ces lignes directrices n’abordent pas les questions de sécurité et d’efficacité.


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