Il fut un temps où le mot « martyr » signifiait exactement ce qu’il devait signifier : une personne tuée à cause de sa foi, et non une personne qui tue en son nom.
C’est le sens originel du terme dans le christianisme, le judaïsme, l’islam primitif et même dans l’histoire laïque des droits de l’homme.
Un martyr était une victime de persécution, quelqu’un qui avait préservé sa dignité face à la violence, et non quelqu’un qui avait infligé des violences à des civils innocents.
Mais aujourd’hui, les mouvements extrémistes ont perverti ce terme au point de le rendre méconnaissable.
Les groupes islamistes modernes instrumentalisent le terme « martyr » pour glorifier les kamikazes, les auteurs d’attentats contre des bus, les agresseurs à l’arme blanche et les tireurs qui ciblent délibérément des civils.
Ils leur promettent des récompenses divines et présentent les massacres comme des actes d’héroïsme spirituel.
Il ne s’agit pas d’une tradition ancestrale, mais d’une invention du XXe siècle, fortement influencée par la propagande politique des Frères musulmans, du Hamas, d’Al-Qaïda, de Daech et de l’idéologie révolutionnaire iranienne.
Historiquement ?
L’islam primitif considérait le suicide comme strictement interdit.
Les érudits classiques ne célébraient pas le meurtre de non-combattants. Le terme « shahid » désignait les croyants morts en se défendant ou victimes d’une injustice, et non ceux qui recherchaient la mort en assassinant autrui.
Ce changement n’était pas d’ordre théologique ; il était stratégique.
- Qualifier un terroriste de « martyr » transforme la tragédie en argument marketing.
- Elle transforme des bombes humaines en affiches de recrutement.
- Elle dissimule un meurtre derrière un mot sacré qui symbolisait autrefois la dignité, le sacrifice et la retenue.
Le résultat ?
- Des générations de jeunes ont appris qu’il était plus noble de faire sauter un café que de construire sa vie.
- Des mères qui font l’éloge de la mort de leurs fils au lieu de les pleurer.
- Des enfants qui reçoivent des cartes à collectionner de kamikazes au lieu de modèles à suivre.
Tout cela parce qu’un terme censé honorer les persécutés a été détourné pour sanctifier les auteurs de ces actes.
S’il y a une chose qu’il convient de dire clairement, c’est celle-ci :
Restaurer le véritable sens du mot « martyr » n’est pas un débat religieux. C’est une nécessité morale.
Les mots ont un sens.
Et laisser les extrémistes les redéfinir, c’est ainsi que les sociétés glissent vers la célébration de la mort au lieu de la protection de la vie.
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