Il y a environ 7 millions de juifs aux États-Unis, sur une population de 350 millions d’Américains, soit 2% de la population (contre 500,000 en France sur une population de 70 millions, soit 0.7%), très concentrés dans certaines villes comme New York, Miami, Los Angeles ou Chicago.
La communauté juive américaine a particulièrement grossi entre 1880 et 1900 (de 200,000 personnes à 1.0 million, puis de 1.0 million à 4.0 millions entre 1900 et 1930 (pogroms en Europe de l’Est), et enfin de 6.0 millions à 7.0 millions depuis 1990 et la chute de l’URSS.
41 % des Juifs évitent désormais de porter des signes visibles de leur identité, contre 26 % seulement en 2023. Environ 40 % craignent d’être victimes d’une attaque antisémite dans l’année à venir.
Le sentiment d’insécurité atteint un niveau alarmant au sein de la communauté juive américaine. Selon une vaste enquête publiée mardi par l’American Jewish Committee (AJC), 91 % des Juifs aux États-Unis déclarent se sentir aujourd’hui moins en sécurité qu’auparavant, dans un contexte marqué par une recrudescence des actes antisémites au cours de l’année 2025.
L’étude met en lumière un chiffre particulièrement frappant : 17 % des Juifs américains, soit près d’un sur six, disent avoir sérieusement envisagé de quitter les États-Unis en raison de la montée de la haine antisémite.
Ce niveau d’inquiétude est étroitement lié à une série d’attaques violentes très médiatisées, notamment l’attentat contre le musée juif de Washington, une attaque antisémite dans le Colorado, ainsi que l’incendie criminel visant le domicile du gouverneur juif de Pennsylvanie.
« Le public américain doit prendre la mesure de la réalité vécue par ses concitoyens juifs », a déclaré Ted Deutch, directeur général mondial de l’AJC. Il souligne qu’aux États-Unis, la participation à un office religieux ou à un événement communautaire juif se fait désormais presque systématiquement sous protection armée et derrière des portiques de sécurité.
« Personne ne devrait avoir à modifier son comportement en raison de sa foi. Pourtant, c’est la réalité quotidienne des Juifs américains », a-t-il insisté.
Cette insécurité a des conséquences concrètes sur la vie quotidienne.
Plus de la moitié des personnes interrogées (55 %) affirment avoir changé leur comportement dans l’espace public au cours de l’année écoulée.
Ainsi, 41 % évitent désormais de porter des signes visibles de leur identité juive, contre 26 % seulement en 2023. Environ 40 % craignent d’être victimes d’une attaque antisémite dans l’année à venir.
La situation est jugée particulièrement préoccupante chez les jeunes adultes. Parmi les étudiants juifs, 42 % disent avoir été confrontés à des actes ou propos antisémites sur les campus universitaires, et 28 % affirment ne pas s’y sentir en sécurité.
Malgré ce climat, l’attachement à Israël demeure fort : 77 % des sondés estiment que leur lien avec Israël constitue un élément essentiel de leur identité juive.
L’enquête révèle également une méconnaissance inquiétante de l’antisémitisme dans la société américaine au sens large.
Près d’un tiers des Américains interrogés déclarent ne pas savoir ce que recouvre le terme « antisémitisme ». Parmi ceux qui ont été témoins d’incidents antisémites au cours de l’année écoulée, 74 % n’ont entrepris aucune démarche, ni signalement ni réaction publique.
Le sondage montre enfin que de nombreuses personnes ne perçoivent pas certains slogans ou la négation du droit à l’existence d’Israël comme des expressions antisémites.
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