Secrets révélés

La coalition des Inutiles

Les quatre principaux États européens prévoient une mission navale pour sécuriser le détroit d'Ormuz.

Les quatre principales puissances européennes prévoient une mission navale pour sécuriser le détroit d’Ormuz. Une chose est sûre : la phase aiguë du conflit semble terminée et les acteurs clés ont déjà agi.

La perte de puissance géopolitique de l’Europe est le récit du déclin qui caractérise notre époque.

En tant qu’Européens, nous sommes condamnés à assister malgré nous à la décadence du continent. Et nulle part ailleurs en politique ce mélange toxique d’écosocialisme, d’arrogance des élites et d’infantilisme débridé n’est aussi flagrant qu’au sein de l’Union européenne.


Ce à quoi nous assistons à Bruxelles et dans les principales capitales de l’UE, ce sont des tentatives désespérées de mise en œuvre d’une politique étrangère coordonnée – et la prise de conscience que la coopération d’entités individuelles impuissantes ne conduit pas nécessairement à de meilleurs résultats qu’une coopération bilatérale.

Que cette prise de conscience ait atteint les plus hautes sphères de la politique européenne s’est confirmé en fin de semaine. Les quatre grandes puissances – l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l’Italie – ont appelé à une alliance maritime et à la protection du détroit d’Ormuz.

Cinquante États supplémentaires devraient rejoindre l’alliance européenne, selon les instigateurs de cette manœuvre politique pour le moins singulière. Les anciennes puissances maritimes, la Grande-Bretagne et la France, revendiquent naturellement le leadership, surtout la France, dont le porte-avions Charles de Gaulle pourrait bien être le dernier symbole de la grande tradition navale européenne au cœur de ces activités – si tant est que l’on puisse encore accéder au golfe Persique.

La situation demeure fragile : le cessez-le-feu, actuellement stable, prend fin mercredi. Les négociations entre les États-Unis, Israël et l’Iran entrent dans leur phase finale. Du point de vue européen, nos hypothèses se confirment : l’UE et son partenaire britannique, qui se rapproche lentement, se livrent à une véritable mascarade politique. Dans un premier temps, ils ont adopté une attitude attentiste, attendant que les Américains et Israël tranchent militairement la situation. Parallèlement, certains membres de l’OTAN ont refusé de coopérer avec les États-Unis, pour maintenant, une fois le sort du pays scellé, tenter de se placer à l’avant-garde des forces politiques cherchant à garantir la sécurité du détroit d’Ormuz.


À force de surmédiatiser, Starmer, Macron, Meloni et Merz se présentent comme les maîtres de l’actualité – c’est leur période faste, ils récoltent des dividendes publics à bon compte. Mais est-ce vraiment le cas ? Croient-ils sérieusement que la majorité des Européens ignorent tout de la situation ? Que la puissance européenne n’est qu’un produit de la magie médiatique – une propagande permanente enrobée d’excès de moralité ? L’ombre d’une grandeur passée, réduite à une quasi-impuissance, se dissolvant finalement dans ce même théâtre médiatique que nous, Européens honteux, sommes contraints de subir au quotidien.

La  contribution allemande à la mission, annoncée par le chancelier Friedrich Merz, est, comme prévu, modeste : huit chasseurs de mines disponibles, un navire de ravitaillement et deux avions de reconnaissance P-8 Poseidon. Pas de frégates, car elles sont engagées dans un déploiement de l’OTAN dans l’Atlantique Nord. L’Allemagne dispose certes d’un budget de défense supérieur de plusieurs milliards à celui de tous les autres pays européens, mais même cet argent semble se perdre dans les méandres de la bureaucratie et atterrir dans les caisses des entreprises d’armement, qui sabrent le champagne grâce aux dépenses publiques excessives, alimentées par la dette, dans un contexte de multiples scénarios de conflit.

Voilà qui met fin aux spéculations sur une éventuelle contribution allemande. Mais comme indiqué précédemment, la mise en œuvre effective d’un déploiement militaire reste incertaine. L’Europe subit déjà les conséquences de sa dépendance énergétique et de sa politique écosocialiste, qui l’ont frappée de plein fouet. Pourtant, cela n’empêche pas les décideurs politiques de persister à ignorer le vide géopolitique et de s’efforcer, par la voie diplomatique, de recoller les morceaux de ce qu’ils ont détruit ces dernières années, notamment dans leurs relations avec les États-Unis et la Russie.

Au poker, on sait que ceux qui bluffent systématiquement à la même table avec une main vide et se font démasquer seront éliminés aux tours suivants. Un  retrait américain de l’OTAN  signifierait probablement aussi un retrait total du conflit ukrainien. Cette décision exposerait à la fois la fragilité des finances européennes et l’absence d’infrastructures de sécurité adéquates. L’UE est confrontée à des problèmes économiques et géopolitiques qu’elle ne peut résoudre seule.

Du point de vue européen, les options sont limitées. À ceux qui prônent un rapprochement avec la Chine : la Chine considère l’Europe avant tout comme un dépotoir pour ses excédents de production issus de son secteur exportateur, dont les intérêts sont politiquement orientés. L’Europe pourrait subir des pressions à tout moment, notamment par le biais de restrictions à l’exportation de terres rares ou de microprocesseurs. Cette solution n’est pas envisageable.

La réintégration de la Russie dans une coopération eurasienne plus large serait un élément naturel et évident. La tentative d’imposer un changement de régime à Moscou a échoué. L’idée, attribuée à Kaja Kallas, haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, de fragmenter la Russie en composantes ethniques afin de maintenir une influence et de contrôler l’accès aux matières premières et aux ressources énergétiques demeure le fantasme d’Européens hystériques, prisonniers de leur vision mondialiste du monde.

Les États-Unis demeurent, avec leur président de plus en plus détesté en Europe, Donald Trump. Il crée des faits établis et détruit les illusions européennes. Il met en œuvre un programme politique qui permet aux États-Unis de dominer l’hémisphère occidental sur le long terme. Le fait que les Américains projettent leur puissance dans les points de passage maritimes stratégiques du monde – le canal de Panama, le détroit d’Ormuz et, suite à l’accord avec l’Indonésie, le détroit de Malacca – montre que Washington se prépare à la lutte d’influence avec la Chine.

Si les Européens pensent que les deux géants ne parviendront jamais à un accord, ils se trompent probablement. Les États-Unis et la Chine œuvrent activement à consolider leurs sphères d’influence, réorganisant les systèmes financiers et les marchés des matières premières en fonction de leurs besoins industriels spécifiques. De plus, le coût d’une escalade du conflit entre les deux serait prohibitif. Il est donc logique de diviser le monde en zones d’influence et d’en faire supporter les coûts à d’autres.

Pour les Européens, le constat inévitable est lourd : l’accès à l’énergie et sa distribution sont redevenus des instruments de pouvoir. Le pétrole et le gaz dominent, et les énergies que l’on croyait obsolètes survivent plus longtemps que jamais. La dépendance de l’Europe est frappante : jusqu’à 60 % de sa demande en énergie primaire doit être satisfaite par des importations.

Ceux qui ne tirent pas de cette simple observation la conclusion que le temps est venu de recourir à la diplomatie et à des négociations équitables avec les partenaires – et que l’époque où l’on donnait des leçons au monde entier pour imposer un régime climatique zéro émission nette est révolue – ont tout simplement été rattrapés par la réalité.

La stratégie de Bruxelles visant à imposer un régime climatique européen au monde a échoué dès l’instant où Donald Trump a enterré la politique climatique européenne mise en place par son prédécesseur, Barack Obama.

Le fait que des personnalités politiques telles que Friedrich Merz, Lars Klingbeil et Ursula von der Leyen persistent à s’accrocher à la doctrine climatique, au marché du carbone et au programme de transition est tragique pour l’Europe. Nos économies sont aujourd’hui à bout de souffle, et la réalité économique – hausse des prix de l’énergie, chômage croissant et crise de la dette souveraine naissante – contraindra le pays à un changement politique radical.

Thomas Kolbe | 19 avril 2026


Que pensez-vous de cet article ? Partagez autant que possible. L'info doit circuler.



Aidez Elishean à survivre. Merci


ELISHEAN 777

Bouton retour en haut de la page