L’homme, né à Beyrouth le 19 janvier 1890, est un nationaliste arabe d’origine turkmène qui servit dans l’armée ottomane. Formé d’abord en 1912 à l’académie militaire d’Istanbul, puis à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, il est officier de renseignement pour la France après 1918.
Il rejoint pourtant la révolution syrienne (1925-27) contre le mandat français – il est condamné à mort par les Français – puis se réfugie dans le Hedjaz, où il est conseiller militaire du roi Ibn Saoud. Il sert ensuite dans l’armée irakienne jusqu’en 1936, puis combat contre les Britanniques en Palestine de 1936 à 1939.
Durant la Première Guerre mondiale, il a combattu au sein de l’armée coloniale turque, tentant de maintenir Beer Sheva dans l’empire ottoman.
En 1941, il s’installa en Allemagne où il rejoignit la Wehrmacht nazie et devint colonel. Il épousa l’Allemande Anneliese Müller et ils eurent un fils. Plus tard, à la mort subite de ce dernier, al-Qawuqji crut qu’il avait été empoisonné par les nazis, ce qui était fort probable.
Il a combattu aux côtés des nazis jusqu’à la fin tragique, lorsqu’il a été capturé par les Soviétiques en 1945.
Il est choisi par la Ligue arabe fin 1947 pour diriger sur le terrain les volontaires de l’Armée de libération arabe. Il opère sous les ordres du général irakien Ismail Safwat.
En 1947, il menaça :
« Si le plan de partage de la Palestine prévoyant une solution à deux États est adopté, nous devrons déclencher une guerre totale. Nous tuerons, détruirons et ruinerons tout ce qui se dresse sur notre chemin, qu’il soit anglais, américain ou juif. »
Fawzi al-Qawuqji entre en Palestine en janvier 1948 à la tête de plusieurs régiments totalisant environ 4000 hommes.
Entre son arrivée en janvier 1948 et l’entrée en guerre des armées arabes le 15 mai 1948, la seule bataille qu’il livre, au kibboutz Mishmar Ha’emek, sur la route Jénine-Tel-Aviv se termine en débâcle pour lui et l’Armée de libération arabe. Il déclara mensongèrement au monde arabe avoir conquis le kibboutz.
Les provocations militaires d’al-Qawuqji et ses violations répétées du cessez-le-feu de l’ONU ont conduit le jeune État d’Israël à l’attaquer, lui et son poste, et à s’emparer d’une grande partie de la Galilée du Nord.
Après sa défaite face au jeune État juif, al-Qawuqji s’enfuit au Liban.
Son histoire résume en grande partie l’histoire du nationalisme palestinien :
- le manque de lien avec la terre,
- l’alliance avec l’Allemagne nazie,
- le refus d’accepter une solution à deux États
- et la violation des cessez-le-feu et du droit international.
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