La candidature de Zohran Mamdani est un test de clarté morale pour New York. Elle s’inscrit dans une lutte mondiale pour la survie des valeurs démocratiques et de la vérité. La ville récompensera-t-elle un homme dont la carrière politique est nourrie par l’hostilité envers les Juifs et leur État ?
Dans un monde fracturé par la désinformation, l’opportunisme politique et la normalisation d’une rhétorique extrémiste, un fait demeure limpide : la campagne de Zohran Mamdani pour la mairie de New York ne porte pas sur les subventions aux transports, l’accessibilité au logement ou « l’égalité socialiste ». Elle porte, comme James Pogue de Vanity Fair l’a documenté avec une précision troublante, sur Israël – et sur la délégitimation du seul État juif au monde.
Pour ceux qui espéraient encore que l’hostilité de Mamdani envers Israël n’était qu’un élément parmi d’autres de son programme, le profil de Pogue rend la vérité sans équivoque : toute l’identité politique de Mamdani repose sur une animosité obsessionnelle envers l’État juif. Ce n’est pas un simple élément de son discours de campagne. C’est son « enjeu fondateur ». C’est le moteur de son attrait auprès de certains segments de la gauche militante. Et c’est le critère décisif à l’aune duquel il juge sa propre légitimité en tant que leader politique.
Les preuves sont partout. Comme le rapporte Vanity Fair, Mamdani affirme ouvertement qu’Israël incarne les « hypocrisies » des valeurs occidentales. Il qualifie de « génocide » la guerre menée par l’État juif contre le Hamas – une guerre qui a débuté lorsque des terroristes du Hamas ont franchi la frontière le 7 octobre, tuant 1 200 innocents lors du pire massacre de Juifs depuis l’Holocauste.
Il insiste sur le fait qu’Israël est en quelque sorte le seul mal au monde à éradiquer.
Ce n’est pas le langage du débat raisonné. C’est le vocabulaire de la haine.
La campagne de Mamdani s’inscrit dans une tendance plus vaste et profondément inquiétante : l’appropriation de la cause arabe palestinienne comme cri de ralliement central d’un mouvement d’extrême gauche déterminé à détruire les institutions démocratiques occidentales.
Comme le souligne Pogue, la « Palestine » est en train de devenir, pour cette génération de militants anti-système, ce que le Vietnam était pour la gauche radicale dans les années 1960 : une cause totémique, un symbole autour duquel s’organisent le ressentiment, la révolution et la ferveur idéologique.
Mais soyons honnêtes : l’indignation sélective de Mamdani trahit ses véritables motivations.
Si les droits humains universels étaient son principe directeur, ses discours résonneraient du nom des Ouïghours de Chine, qui croupissent dans des camps de concentration sous la politique génocidaire de Pékin. Il pleurerait les chrétiens et les juifs du Moyen-Orient, chassés de leurs communautés ancestrales par la persécution islamiste. Il s’indignerait contre les lois draconiennes de l’Ouganda qui criminalisent l’homosexualité et la condamnent à la prison à vie, voire à la peine de mort.
Pourtant, Mamdani ne dit que peu de choses sur ces atrocités. Il réserve sa fureur et ses accusations de « génocide » uniquement à Israël, seule démocratie libérale du Moyen-Orient, seul État de la région à protéger les droits des musulmans, des chrétiens, des juifs, des femmes et des citoyens LGBTQ+.
Pourquoi ?
Parce qu’au fond, la croisade de Mamdani ne vise pas les droits universels. Elle vise les Juifs.
Qualifier de « génocide » la guerre défensive menée par Israël contre le Hamas est non seulement un outrage moral, mais aussi une perversion historique. Le génocide est celui perpétré par les nazis contre le peuple juif pendant l’Holocauste – une tentative industrielle d’éradiquer un peuple entier, qui a entraîné le massacre de six millions de personnes. Le génocide est celui qui s’est produit au Rwanda en 1994, lorsque 800 000 Tutsis ont été massacrés en 100 jours. Le génocide est celui que le Parti communiste chinois inflige aux Ouïghours.
En revanche, la campagne militaire d’Israël vise à démanteler le Hamas, une organisation terroriste djihadiste qui cache délibérément ses combattants et ses armes dans des zones civiles, s’assurant cyniquement que les civils arabes palestiniens souffriront afin de produire de la propagande.
Qualifier les actions d’Israël de « génocide » est non seulement faux, mais aussi diffamatoire. C’est une inversion de l’histoire qui rejette la faute sur les victimes tout en absolvant les auteurs. Elle transforme l’État juif, autrefois refuge né des cendres de l’Holocauste, en héritier supposé de la barbarie nazie. Ce n’est pas une critique de politique. C’est de l’antisémitisme à l’état brut.
Le danger ne se limite pas à Mamdani lui-même.
Un récent sondage New York Times/Siena montre que la sympathie pour les Arabes palestiniens dépasse désormais légèrement celle pour les Israéliens parmi les Américains, 35 % d’entre eux se rangeant du côté des Arabes palestiniens contre 34 % du côté des Israéliens. Ce changement, au lendemain des atrocités du 7 octobre, ne reflète pas une réévaluation objective des faits, mais le triomphe de la propagande sur les réseaux sociaux, dans le milieu universitaire et dans le militantisme politique.
C’est précisément sur ce terrain que Mamdani prospère. Sa campagne se nourrit de la colère de ceux qui ont été conditionnés à considérer Israël non pas comme une démocratie dynamique se défendant contre le terrorisme, mais comme un « État d’apartheid » coupable de génocides fantomatiques.
De ce point de vue, Mamdani n’est pas seulement un candidat politique local. Il incarne un mouvement croissant qui cherche à banaliser l’antisémitisme sous couvert de politiques progressistes.
Pour comprendre l’indécence pure et simple de la rhétorique de Mamdani, il faut se souvenir de l’histoire juive.
Pendant 2 000 ans, les Juifs ont été apatrides et vulnérables. Ils ont été expulsés d’Angleterre, de France et d’Espagne. Ils ont subi des pogroms en Russie et des massacres dans toute l’Europe. Ils ont été diabolisés en terre d’islam, considérés comme des dhimmis – des citoyens de seconde zone. Finalement, au XXe siècle, ils ont subi l’Holocauste, l’extermination systématique d’un tiers de leur peuple.
L’État d’Israël est la réponse juive à cette histoire : une nation souveraine où les Juifs peuvent se défendre, où leur sécurité ne dépendra plus jamais de la bonne volonté d’autrui. Exiger qu’Israël cesse d’exister « en tant qu’État juif », comme le fait Mamdani, revient à exiger du peuple juif qu’il renonce à son seul rempart contre l’anéantissement.
C’est pourquoi sa position ne peut être rejetée comme une simple « critique de la politique israélienne ». C’est la définition même de l’antisémitisme : nier au peuple juif le droit à l’autodétermination.
New York abrite la plus grande communauté juive hors d’Israël.
C’est une ville bâtie, en grande partie, par des immigrants juifs arrivés sans ressources et qui ont contribué de manière inestimable à sa vie culturelle, économique et civique. Élire un maire dont le principal enjeu est l’hostilité envers Israël – qui répète l’accusation de « génocide » et remet ouvertement en question la légitimité de l’État juif – serait une trahison envers ces citoyens.
Cela enverrait un message glaçant aux New-Yorkais juifs : leur sécurité, leur histoire, leur identité même sont des cibles faciles pour l’exploitation politique. Cela normaliserait l’antisémitisme au plus haut niveau de la municipalité. Et cela encouragerait les extrémistes qui scandent déjà « mondialisons l’Intifada » dans nos rues.
La menace posée par l’ascension de Mamdani dépasse New York.
Elle s’inscrit dans une lutte mondiale pour la survie des valeurs démocratiques. Si le seul État juif au monde peut être qualifié de génocidaire pour s’être défendu contre le terrorisme, alors la vérité elle-même perd tout son sens. Si des politiciens peuvent bâtir leur carrière en diabolisant les Juifs tout en se drapant dans le manteau du « progressisme », alors les leçons de l’Holocauste sont déjà oubliées.
C’est pourquoi sa campagne doit être combattue, non seulement par les Juifs, mais par tous ceux qui se soucient de démocratie, de vérité et de justice. La lutte contre l’antisémitisme n’est pas une préoccupation juive isolée. C’est la première ligne de défense de la civilisation contre les forces de la haine qui, une fois déchaînées, ne se limitent jamais à une seule cible.
La candidature de Zohran Mamdani est un test de lucidité morale pour New York. La ville récompensera-t-elle un homme dont la carrière politique est nourrie par l’hostilité envers les Juifs et leur État ? Ou reconnaîtra-t-elle qu’une telle haine, aussi habilement déguisée en « justice sociale », est incompatible avec les valeurs de tolérance, de pluralisme et de vérité ?
Les New-Yorkais doivent faire des choix judicieux. L’enjeu n’est rien de moins que la moralité de leur ville.
La campagne de haine de Mamdani doit échouer. Elle doit être dénoncée haut et fort, clairement et sans équivoque.
Fern Sidman
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