Saviez-vous qu’Israël et le Liban ont déjà signé un accord de paix en 1983 Alors, qui l’a tué ?
Le 17 mai 1983, Israël et le Liban ont signé un accord négocié par les États-Unis qui mettait officiellement fin à l’état de guerre entre eux, en vigueur depuis 1948. Son préambule proclamait la « cessation de l’état de guerre » entre les deux voisins.
Les termes étaient concrets :
1. Reconnaissance mutuelle de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de chaque pays
2. Un retrait progressif des forces israéliennes, accompagné de la création d’une zone de sécurité dans le sud du Liban
3. Un engagement de chaque partie à ne pas permettre que son territoire soit utilisé comme base pour des « activités hostiles ou terroristes » contre l’autre
4. Il prévoyait même de futurs accords sur la circulation des biens, des produits et des personnes sur une base non discriminatoire
Il a été signé par l’Israélien David Kimche et l’Antoine Fattal du Liban, sous médiation américaine, et ratifié par le parlement libanais.
Alors, que s’est-il passé ?
La Syrie.
Le 1er novembre 1983, la Syrie a exigé que le Liban annule son accord du 17 mai avec Israël et reconnaisse des intérêts de sécurité spéciaux de Damas.
Hafez al-Assad avait des troupes sur le terrain et n’avait aucune intention de partir. Le régime syrien a correctement calculé que, en fomentant un chaos interne, il pourrait forcer le Liban à choisir entre le traité de paix et la survie intérieure. Après le retrait des forces américaines, l’abrogation formelle a eu lieu le 5 mars 1984, lorsque le cabinet libanais a officiellement annulé le traité sous le diktat direct de la Syrie.
Un accord de paix approuvé par le propre parlement du Liban a été détruit non pas par le peuple libanais, mais par un occupant extérieur disposant d’un veto sur la souveraineté libanaise.
En 1983, c’était la Syrie qui tenait le fusil. Aujourd’hui, c’est le Hezbollah et son maître, l’Iran.
L’occupant a changé d’uniforme, mais le manuel est identique : une milice soutenue par un État étranger, qui répond à Téhéran, retient le Liban en otage et lui refuse le droit de faire la paix. Le Hezbollah a construit une base avancée iranienne sur le sol libanais, l’activité « hostile » exacte que l’accord de 1983 était censé interdire. Chaque gouvernement libanais depuis a dû faire face au même choix impossible que Damas avait autrefois imposé : la paix, ou la survie sous les fusils de la milice.
Le Liban a déjà choisi la paix une fois. Son parlement l’a ratifiée. La seule chose qui s’opposait alors, comme aujourd’hui, était une puissance étrangère occupant le Liban contre ses propres intérêts.
Malheureusement, il semble que le gouvernement libanais manque de courage politique pour combattre directement et se débarrasser de l’occupation iranienne (Hezbollah). Israël ne peut pas faire tout le travail à la place du Liban, le Liban doit aussi commencer à s’aider lui-même.
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