C’est le 50e anniversaire du massacre de Damour, au cours duquel des Palestiniens armés ont massacré des centaines de femmes, d’enfants et de personnes âgées chrétiennes libanaises. Les Palestiniens ont attendu que les hommes chrétiens quittent le village avant de massacrer, d’égorger et de violer les femmes, forçant les enfants à assister à la mort de leurs mères et les mères à assister au massacre de leurs enfants. Pas étonnant que les Libanais détestent les Palestiniens… les Arabes les plus lâches de l’histoire moderne.
Il est légitime de s’interroger sur les conséquences désastreuses qu’a pu avoir la chute de cette ville syriaque maronite pour le Liban tout entier.
Après la destruction totale de cette ville libanaise au sud de Beyrouth en janvier 1976, plus rien n’est comme avant. C’est comme si toute la côte sud avait pris un nouveau tournant, arborant un visage différent.
Damour était le pivot de cette région côtière s’étendant de Beyrouth à Saïda. Ville de 25 000 habitants à une époque où le Liban n’en comptait que trois millions, elle possédait pas moins de sept hôpitaux, plusieurs écoles publiques et privées, et jusqu’à huit églises.
Damour était à ce littoral ce que Jezzine était aux montagnes du sud, et Zahlé à la Bekaa. Mais surtout, elle constituait l’artère principale entre la capitale, Beyrouth, et le sud du pays, traversée par une grande autoroute. Voilà la véritable raison pour laquelle Damour devait être détruite. La prise du quartier de la Quarantina par les milices chrétiennes n’était qu’un prétexte pour mener l’attaque.
Bien avant la prise de Quarantina, des attaques et des escarmouches contre des sites chrétiens eurent lieu pendant plusieurs mois dans la région. Mais le centre de Damour devait être entièrement anéanti, car cela permettrait de contrôler toute la moitié sud du pays.
À partir du 9 janvier 1976, les Palestiniens, notamment ceux affiliés au régime syrien, coupèrent l’eau et l’électricité de la ville, tout en entravant l’accès à la Croix-Rouge.
Entre le 13 et le 16 janvier, le ministre de la Défense de l’époque, Camille Chamoun, lui-même emprisonné dans la région et victime de bombardements, ordonna l’intervention de l’aviation. C’était la dernière chance de sauver Damour et, par là même, l’avenir du Liban en tant que nation souveraine. Cependant, l’ordre ministériel fut bloqué le 16 janvier par le Premier ministre Rachid Karamé.
Le 20 janvier 1976, cinq mille Palestiniens du Fatah de Yasser Arafat et de la faction baasiste palestinienne As-Sa’iqa, une milice créée et contrôlée par la Syrie, ont lancé une attaque contre Damour sous le commandement de Damas.
On estime à cinq à six cents le nombre de civils tués lors des bombardements et des massacres, dont de nombreux enfants.
Des corps ont été mutilés, démembrés et décapités. Églises et cimetières profanés. La ville a été rasée. Des familles entières ont été anéanties. Les familles Canaan, Merhi, Eid, Abdalla, Makne et d’autres ont été décimées. Des hélicoptères de l’armée libanaise ont tenté d’évacuer les familles qui avaient réussi à quitter la ville. La plupart des survivants ont atteint la voie ferrée, puis la côte. Ils ont pu fuir en bateaux et en sloops vers le nord de Beyrouth.

La « côte maronite »
Après les événements, la région connue sous le nom de « côte maronite », qui s’étendait de Saïda à Haret-Hreik, avait complètement disparu.
Jiyyé, Saadiyat, Damour, Neemeh, Khaldé et tant d’autres villages et hameaux furent soit vidés de leurs habitants, soit décimés, soit engloutis par une mégalopole linéaire qui transforma radicalement le paysage et l’identité de cette partie sud du pays.
La chute de Damour entraîna la disparition de la « côte maronite » de la géographie et de l’histoire. Une ère nouvelle s’annonçait, celle des milices contrôlées par des pouvoirs totalitaires qui, après avoir exterminé la population, supplantèrent le pays des Cèdres.
Le slogan sinistre « La route de Jérusalem passe par Jounieh » annonçait le même sort pour la côte nord. Le massacre de Damour n’était que le prélude à un processus mené selon une stratégie claire à l’échelle de tout le territoire libanais, visant à anéantir les bastions maronites, les villages et les positions clés des centres urbains.
Ce plan sinistre des puissances totalitaires exigeait une transformation radicale du paysage et de la composition socio-géographique, visant à instaurer une nouvelle réalité géopolitique.
Pour y parvenir, tout et tous étaient mobilisés : Palestiniens, Brigades rouges japonaises et italiennes, mercenaires et fanatiques venus de pays aussi lointains que la Libye, la Somalie, l’Iran, le Pakistan et l’Afghanistan. Tous ont afflué le long de cette paisible côte méditerranéenne, traversant sa principale ville, Damour.
Une fois l’agglomération soumise, les hameaux et villages environnants s’effondrèrent avec elle. Il en résulta une nouvelle région d’urbanisation linéaire servant de voie d’approvisionnement aux milices totalitaires, présentes et futures. La mission de l’occupant syrien était d’empêcher le retour de la population locale.
Cette situation perdura pendant trente longues années, de 1976 à 2005. Cela offrit au régime syrien le temps et l’espace nécessaires pour bâtir une nouvelle société, à une échelle bien plus vaste.

Un pas vers Beyrouth
Le nouveau pouvoir totalitaire qui a supplanté les Palestiniens s’est implanté au Sud-Liban, entre Saïda et la frontière internationale.
Il ne pouvait s’emparer de Beyrouth qu’en s’étendant sur la côte nord de Saïda et en y instaurant une nouvelle réalité socio-géographique. Cette ville linéaire s’étend de la capitale vers le sud et constitue désormais une artère vitale pour le bastion iranien qui occupe Haret-Hreik et le reste de la banlieue sud de Beyrouth. Elle a fourni à la milice le bastion nécessaire pour poursuivre son avancée progressive, d’abord à Beyrouth-Ouest, puis dans les secteurs est et nord. Si la route de Jérusalem passait théoriquement par Jounieh, celle de Jounieh passait incontestablement par Damour.
C’est une grave erreur de croire que cette succession d’événements n’était due qu’au hasard, au chaos, aux aléas de la guerre ou aux déplacements de réfugiés.
À l’époque, les milices proto-Hezbollah recevaient leurs armes et leur entraînement militaire dans des camps palestiniens. Si leurs origines et leurs idéologies les séparaient, leur stratégie commune face à un ennemi commun – le Liban et ce qu’il représente – les unissait.
Le Liban, ouvert sur le monde, l’Occident et ses voisins…
Ce Liban qui, malgré ses imperfections, incarne dans cette partie du monde les valeurs de diversité, de culture, de droits de l’homme, d’humanisme et d’universalisme, a représenté et représente encore un obstacle à éliminer selon les idéologies des régimes totalitaires.
Qu’il s’agisse des idéologies arabo-nassériennes, marxistes de gauche ou islamistes iraniennes, toutes sont passées par Damour pour atteindre Beyrouth et prendre le contrôle de tout le Liban.
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