Dans un précédent article nous avons abordé ce sujet dans le cadre du problème palestinien et de l’idéologie nauséabond du droit au retour.
Dans cette deuxième partie, nous abordons le fait que les accusations anti-israéliennes les plus extrêmes sont rarement argumentées.
Elles sont énoncées, répétées et chargées d’émotion, car leur fonction n’est pas d’évaluer les preuves mais d’établir un point de départ moral : les Juifs israéliens doivent être perçus comme des acteurs fondamentalement malveillants.
Une fois ce postulat établi, les accusations de colonialisme, d’apartheid ou de génocide n’ont plus besoin d’être démontrées. Elles semblent aller de soi.
La répétition prime sur les preuves, et toute contradiction est balayée d’un revers de main comme de la propagande, aussi bien étayée soit-elle.
Il existe un cercle vicieux.
Pour croire aux accusations anti-israéliennes telles que « colonialisme de peuplement », « apartheid » ou « génocide », il faut d’abord croire que les Juifs israéliens sont fondamentalement immoraux.
Si on les considère comme des êtres humains normaux, il est facile de trouver d’autres explications aux preuves triées sur le volet qui sont censées « prouver » ces accusations. C’est le cas avec Amnesty International, avec la Turquie, avec SJP et avec Candace Owens.
C’est pourquoi les discours antisionistes s’efforcent tant de manipuler les consciences.
À travers des slogans, des analogies et des représentations romancées, on conditionne les gens à associer les Juifs israéliens aux pires crimes imaginables.
NDLR : Je viens de visionner la dernière vidéo d’Antoine Cuttitta sur les dossiers Epstein, et au moment de parler d’Israël il montre une photo du drapeau et précise : LE DIABLE..
Le but n’est pas de persuader, mais d’habituer – de faire passer la mauvaise foi pour une évidence.
Dans certains domaines, comme les études coloniales, les discours anti-israéliens sont bien plus nombreux que les alternatives . Si les faits ne corroborent pas ces accusations, leur volume, lui, est indéniable.
Ce phénomène est problématique car ces contre-vérités sont érigées en vérités absolues, ce qui influence Wikipédia, les bases de données utilisées pour l’apprentissage automatique et d’innombrables articles de presse.
La plupart des gens n’ont pas le temps d’étudier la définition exacte de l’« apartheid » ni même la validité de la théorie du « colonialisme de peuplement » ; ils se fient aux sources secondaires, elles-mêmes influencées par la répétition plutôt que par la vérité.
Ce conditionnement explique aussi un schéma frappant et par ailleurs déconcertant : toute représentation des Israéliens comme victimes est systématiquement considérée comme suspecte.
Les haineux redoublent d’efforts pour que personne ne voie les Juifs comme des gens normaux, ou comme des victimes du terrorisme, qui tentent simplement de survivre dans un quartier où la plupart des gens souhaitent leur mort.
Les victimes du 7 octobre ne peuvent pas être des victimes ; elles sont forcément des bourreaux. Les victimes de Bondi Beach sont forcément impliquées dans une opération sous faux drapeau.
Le statut de victime juive brise le récit si soigneusement protégé, il doit donc être dénigré.
Reconnaître les Juifs israéliens comme victimes, c’est les reconnaître comme des êtres humains.
Et dès lors qu’on admet leur humanité – leur capacité à éprouver de la peur, de la vulnérabilité et à se défendre légitimement –, toute la structure morale du discours antisioniste s’effondre. Le méchant ne peut être une victime sans que le récit ne soit remis en cause.
De ce fait, la souffrance doit être niée, inversée ou imputée aux Juifs eux-mêmes.
Même les violences de masse sont requalifiées de provocation, de manipulation ou de mise en scène. Ce déni n’est pas fortuit ; il est structurel. Tout ce qui humanise les Juifs menace l’objectif principal de la propagande.
Même l’antisémitisme est imputé aux Juifs : si quelque chose est mal, c’est forcément de leur faute.
Si l’on part du principe que les Juifs israéliens sont des gens ordinaires vivant sous des contraintes extrêmes et souvent tragiques, les accusations habituelles perdent leur cohérence. Les morts civiles restent tragiques. Les politiques peuvent être critiquées, parfois avec virulence. Mais les accusations de génocide ou d’apartheid supposent de présupposer une intention malveillante et unique.
Cette croyance n’est pas une conclusion tirée de preuves. C’est le système de croyances qui rend le récit possible en premier lieu.
L’antisémitisme n’est pas seulement le moteur émotionnel de l’antisionisme. Il constitue l’infrastructure morale qui ne peut tolérer l’humanité juive.
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