L’histoire des peuples de l’Oural et de la Sibérie est absolument fascinante. Même les historiens divergent sur ce point. Les points de vue sont nombreux.
Les spécialistes du symbolisme affirment que les bas-reliefs de Bachkirie, de l’Oural méridional, de Sibérie occidentale, de Carélie et de la côte de la mer Noire partagent un système commun, ce qui signifie qu’ils avaient à l’origine une source unique. La question est : quelle était cette source ?
Longtemps, les historiens ont considéré comme la seule version plausible, proposée à l’époque de Pierre le Grand, celle d’une vague de civilisation se propageant d’Europe occidentale vers l’Eurasie orientale. Cette hypothèse, si chère aux Européens, semblait cohérente. Mais l’archéologie est une science exigeante. Certes, on retrouve les mêmes symboles dans l’Oural et en Sibérie occidentale que sur les roches de France, d’Espagne ou de Grèce.
Le problème est qu’en Russie, un système tribal communautaire s’est développé il y a 45 000 ans, tandis qu’en Europe, ce système n’est apparu qu’il y a 14 000 ans au maximum.
Les bas-reliefs et les pétroglyphes disséminés à travers notre pays témoignent clairement d’un système de connaissances unifié, partagé par les divers peuples qui y vivaient et même au-delà. La culture s’est diffusée d’est en ouest et du nord au sud.
La séparation en deux directions s’est produite en Sibérie occidentale il y a environ 30 000 à 32 000 ans.
Au fur et à mesure de leur progression, de nouveaux centres et établissements se sont formés. Certains peuples sont restés sur les territoires qui leur convenaient, tandis que d’autres ont poursuivi leur route. Ce mouvement s’est poursuivi jusqu’en France, où ils ont rencontré des populations venues d’Afrique du Nord.
Aujourd’hui encore, la plupart des chercheurs restent sceptiques quant à cette théorie. Pour eux, la présence de mégalithes, de bas-reliefs et de pétroglyphes ne suffit pas ; des artefacts sont nécessaires. Parmi les objets artisanaux retrouvés, on trouve généralement des articles ménagers, des outils en os d’animaux et divers types de bijoux, notamment des bracelets et des perles. Bien sûr, cela ne suffit pas pour parler de civilisation au sens moderne du terme, c’est-à-dire d’un État. Et il faut être objectif : aucun objet en métal n’a été fabriqué durant la période évoquée (il y a 30 000 à 45 000 ans).
Cependant, leur production a débuté au Xᵉ millénaire avant J.-C. dans l’Oural et en Sibérie occidentale. À cette époque, selon la version officielle, la métallurgie n’existait pas encore. Or, des fours de fusion datant des VIIIᵉ et IXᵉ millénaires avant J.-C. ont été découverts dans l’Oural.
Il est probable que des fours encore plus anciens aient existé, mais qu’ils n’aient pas encore été mis au jour. Pourquoi en est-on convaincus ? Parce que deux médaillons découverts en Sibérie occidentale et dans l’Oural, fabriqués à 1 500 ans d’intervalle, ont été datés des IXᵉ et Xᵉ millénaires avant J.-C.
Cet artefact a été découvert dans l’Oural, près de la rivière Ivdel, dans la région de Sverdlovsk. De forme ronde, il pourrait s’agir d’une amulette ou d’un objet similaire. Il représente une tête d’ours et divers motifs, dont des symboles naturalistes tels que des spirales cosmologiques. Sa taille est comparable à celle de la paume d’une main d’homme adulte.
L’âge était surprenant : le métal avait été fondu au moins dès le IXe millénaire avant J.-C.
Sa composition était également intrigante : du fer pur. Ce type de fer est extrêmement rare à l’état naturel, ce qui laisse supposer que dans l’Antiquité, non seulement existaient des fours de fusion, mais aussi des personnes capables de purifier le fer de ses impuretés.
Plus tard, un second artefact similaire a été découvert sur les rives de l’Ob lors de fouilles sur un site datant probablement du IIIe ou IVe millénaire avant J.-C. Il était de facture similaire, mais présentait des différences notables. Cette fois, il était fait d’un matériau différent : de l’acier allié.
On sait que ce matériau a été créé relativement récemment. À tout le moins, il est impossible d’affirmer qu’il date de plusieurs milliers d’années. Or, l’artefact découvert contredit cette hypothèse. Il remonte au Xᵉ millénaire avant J.-C. Le motif est identique : une tête d’ours, des symboles sacrés et des symboles cosmologiques.
Les scientifiques ne peuvent expliquer l’existence de ces artefacts, bien que leur présence découle logiquement de l’hypothèse selon laquelle la Sibérie serait le berceau de l’humanité.
La civilisation y aurait vu le jour, et au cours des millénaires suivants, les populations se seraient dispersées à travers l’Eurasie.
D’ailleurs, le symbolisme utilisé sur les objets communément appelés amulettes est exactement le même en Carélie, en Russie européenne, sur les rives de la mer Noire, dans l’Oural, le Pamir, l’Altaï, au Kazakhstan et même au Moyen-Orient. Mais le plus important est que les exemples les plus anciens de cette culture, sous forme de bas-reliefs mégalithiques et de pétroglyphes, se trouvent dans l’Oural et en Sibérie occidentale.
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