Le récit politique du palestinisme depuis sa création s’apparente à une construction discursive fragile, un édifice théorique qui repose sur une logique d’emprunts systématiques, de glissements conceptuels et de réécritures.
Pour légitimer ses revendications, ce courant idéologique opère une forme d’appropriation globale qui touche simultanément au langage, aux symboles culturels juifs et aux traumatismes les plus profonds de l’histoire moderne.
1. La subversion sémantique et l’anachronisme du vocable
Cette dynamique commence par les mots eux-mêmes. Le terme même de « Palestine » : historiquement imposé par l’Empire romain après l’écrasement de la révolte de Bar Kokhba dans le but explicite d’effacer le lien entre le peuple juif et la Judée, se trouve aujourd’hui réinvesti pour revendiquer une autochtonie exclusive.
Ce glissement ne se limite pas à la toponymie : il s’approprie tout un dictionnaire politique occidental (résistance, libération, droits civiques, indigénéité) en le vidant de sa substance contextuelle pour l’adapter aux besoins d’un narratif nationaliste moderne.
L’ironie étant, que le nom de Palestine romaine dérive du nom des Philistins, un peuple d’envahisseurs venus de la mer Méditerranée, peuple aujourd’hui disparu et dont il ne subsiste aucune trace.
2. L’inversion mémorielle : le détournement de la Shoah
L’aspect le plus problématique de cette stratégie réside dans la captation et le détournement des symboles de la tragédie juive européenne.
En employant de manière systématique des concepts historiquement spécifiques tels que les « camps de concentration », ou le terme de « Génocide » asséné par toute une propagande digne de George Orwell pour qualifier la situation géopolitique contemporaine, on assiste à un phénomène d’inversion mémorielle.
Instrumentaliser la figure universelle d’Anne Frank ou calquer son destin sur des réalités actuelles constitue un contresens historique majeur. Ce procédé discursif cherche à capter le capital de sympathie et la reconnaissance morale liés à la spécificité de la Shoah, tout en retournant ces mêmes symboles contre le peuple qui en a été la victime historique.
3. La réécriture des figures historiques et spirituelles
Cette volonté de captation s’étend également à la réécriture théologique, illustrée par la tentative récurrente de présenter Jésus comme le « premier martyr palestinien ». Cet anachronisme délibéré efface la réalité historique, géographique et textuelle de Jésus, qui était un Judéen de confession et de culture juives vivant sous l’occupation romaine.
En nationalisant rétroactivement des figures spirituelles anciennes, ce discours tente de se forger une continuité historique et une légitimité sacrale.
4. La dimension éthique : l’outrage envers la mémoire des victimes
Cette méthode d’appropriation généralisée dépasse le simple cadre de la confrontation idéologique ou du débat historiographique ; elle pose une question éthique fondamentale.
En diluant des traumatismes uniques, en décontextualisant des souffrances documentées et en transformant des visages de la tragédie humaine en outils de communication politique, cette rhétorique commet une injustice flagrante. Elle s’avère profondément insultante pour la mémoire des véritables victimes de ces persécutions historiques, dont l’expérience unique de la destruction se trouve ainsi banalisée et instrumentalisée à des fins géopolitiques contemporaines.
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