Ahmed Fouad Alkhatib est un militant humanitaire et blogueur palestino-américain. Voici ce quil écrit sur X :
« J’ai rencontré aujourd’hui un économiste palestinien de Gaza, qui dirigeait une équipe technique chargée de préparer l’enclave côtière à l’après-désengagement israélien, ou retrait des colonies, en 2005.
Malgré sa position ferme à l’égard d’Israël, il a pris contact avec moi pour me remercier de mon travail et m’encourager à persévérer et à ne pas abandonner Gaza. Le plus surprenant était qu’il ait été mandaté par Mohammed Dahlan, figure politique palestinienne controversée dont le nom est régulièrement évoqué pour la gouvernance de Gaza après la chute du Hamas.
Cet économiste supervisait une équipe importante et interagissait avec des équipes et des personnalités israéliennes, arabes et internationales, notamment de la Banque mondiale, et en particulier avec le président de l’époque, James Wolfensohn, afin de préparer la bande de Gaza à une nouvelle ère.
Dahlan avait prédit avec justesse et clairvoyance à l’économiste que:
« si nous ne redressons pas la situation à Gaza après le retrait israélien [en 2005], ce territoire n’aura aucun avenir et ce sera un désastre complet ».
Animé par le désir de servir son peuple et son pays, l’économiste m’a confié que James Wolfensohn, de la Banque mondiale, avait investi ses propres fonds pour préserver les serres de Gaza et mettre en œuvre des plans ambitieux visant à protéger les infrastructures restantes dans les colonies juives abandonnées.
Il a mentionné avoir rencontré le Hamas pour l’informer de ces plans et intentions, mais le groupe terroriste était finalement déterminé à suivre sa propre voie. Après des années d’attaques violentes durant la Seconde Intifada, le Hamas était résolu à promouvoir le récit de la résistance armée comme la véritable raison du retrait israélien de Gaza.
L’économiste, qui, rappelons-le, n’est pas exactement un partisan d’Israël, a répété à plusieurs reprises lors de nos conversations qu’il avait perçu, lors de ses échanges avec les Israéliens, une réelle volonté de voir Gaza progresser et se développer, et que l’attitude des Israéliens se résumait à :
« Nous ne voulons rien de vous, Palestiniens, si ce n’est votre réussite. »
Il a évoqué des projets pharaoniques prévoyant d’investir des milliards dans la relance de l’économie gazaouie, le raccordement du territoire au reste du monde et à Israël, et d’innombrables possibilités qui auraient « transformé Gaza en quelque chose de véritablement remarquable », comme lui et Dahlan l’ont affirmé et cru.
Le jour même du retrait, il affirma que de nombreuses milices du Hamas avaient été déployées de manière disciplinée, préméditée et militariste dans toutes les colonies israéliennes évacuées.
Pire encore, il déclara que les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne, chargées de protéger les vestiges des colonies israéliennes, avaient participé au pillage et à la destruction massive de ces dernières, anéantissant tout espoir que ces espaces puissent un jour servir de tremplin à la reconstruction et au renouveau de Gaza.
C’est alors qu’il appela Mohammed Dahlan et lui dit :
« C’est fini, Gaza est anéantie. »
L’expérience de désengagement de 2005 fut un abandon lamentable de l’autonomie et des responsabilités palestiniennes, une occasion manquée dont Israël ne peut être seul responsable.
C’est la leçon douloureuse et dérangeante à tirer.
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