A l’approche des élections israéliennes et alors que les défenseurs de la souveraineté pressent le gouvernement d’agir, un nouveau sondage publié par le Mouvement pour la souveraineté livre des chiffres que ses partisans qualifient de mandat politique.
Menée par Direct Polls sous la direction de la sondeuse Tzuriel Sharon, cette enquête auprès de 489 Israéliens juifs révèle que 59 % d’entre eux sont favorables à l’application d’une forme ou une autre de souveraineté israélienne sur la Judée-Samarie, tandis que 71 % s’opposent à la création d’un État palestinien sous quelque forme que ce soit.
Le Mouvement pour la souveraineté affirme que ces résultats créent non seulement une opportunité, mais aussi une obligation pour le gouvernement actuel de faire progresser ce dossier avant les prochaines élections.
L’analyse des coalitions révèle des chiffres frappants.
- Parmi les électeurs du Shas, 90 % soutiennent la souveraineté, dont 85 % sont favorables à une souveraineté totale.
- Les électeurs du sionisme religieux et d’Otzma Yehudit affichent un taux de soutien de 87 %, avec 76 % d’entre eux soutenant la souveraineté totale.
- Les électeurs du Likoud présentent le même résultat : 87 %.
- Le sondage a également interrogé des sympathisants des deux partis : 49 % des électeurs d’Yisrael Beiteinu et 46 % de ceux de Bleu et Blanc se sont déclarés favorables à une souveraineté totale ou progressive.
- Parmi les Israéliens juifs pratiquants ( masorti ), 82 % soutiennent la souveraineté en général, dont 67 % sont favorables à une souveraineté totale.
Interrogés sur les options politiques spécifiques, 25 % des répondants se sont prononcés en faveur de l’application de la souveraineté sur l’ensemble du pays, tout en encourageant l’émigration arabe. 20 % ont privilégié la souveraineté sur la vallée du Jourdain et les territoires palestiniens de Judée-Samarie, tandis que 10 % étaient favorables à une souveraineté limitée à la zone C. La marge d’erreur de l’enquête est de plus ou moins 4,4 points de pourcentage, avec un niveau de confiance de 95 %.
Le Mouvement pour la souveraineté a clairement indiqué qu’un soutien de cette ampleur parmi les électeurs de la coalition crée une obligation politique et morale — et non pas simplement un point de programme — pour le gouvernement, qui doit agir avant que la campagne électorale ne batte son plein.
Le socle politique de la solution à deux États — longtemps défendu par les gouvernements occidentaux, les instances internationales et les dirigeants de l’opposition israélienne — s’effondre. Ce nouveau sondage n’est pas une anomalie. Il marque l’aboutissement d’une décennie de déclin qui s’est accélérée de façon exponentielle le 7 octobre.
Les sondages antérieurs au 7 octobre témoignent de l’évolution des chiffres bruts.
En 2012, Gallup constatait qu’une majorité d’Israéliens (61 %) soutenaient une solution à deux États.
Dix ans plus tard, avant les massacres, ce soutien s’érodait déjà. Dans les enquêtes menées de juin à août 2025, seuls 27 % des Israéliens étaient favorables à une solution à deux États, tandis que 63 % y étaient opposés – des chiffres stables depuis 2023, mais en net contraste avec les niveaux de 2012.
Le sondage israélo-palestinien conjoint de juillet 2024, réalisé par le Centre palestinien de recherche sur les politiques et les enquêtes d’opinion, a révélé un effondrement encore plus marqué : deux fois plus d’Israéliens juifs étaient favorables à l’application de la souveraineté sur la Judée-Samarie sans accorder aux Palestiniens l’égalité des droits (42 %) que ceux qui soutenaient une solution à deux États (21 %) – le niveau le plus bas enregistré depuis que des questions similaires ont été posées au début des années 1990.
Le sondage du Mouvement pour la souveraineté de juin 2026, réalisé par Direct Polls sous la direction de l’institut Tzuriel Sharon, confirme ces observations.
Le Mouvement pour la souveraineté affirme clairement que ces chiffres créent une obligation — et pas seulement une opportunité politique — pour le gouvernement actuel de faire progresser la question avant les prochaines élections.
La solution à deux États créerait un État arabe militarisé sans précédent à l’intérieur des frontières d’Israël, vidé de ses Juifs, avec pour capitale une Jérusalem exclusivement musulmane.
Cela impliquerait un retour aux lignes de cessez-le-feu établies après la guerre défensive des Six Jours de 1967, lignes jugées indéfendables face à une menace arabe. La résolution de l’ONU viole les accords d’Oslo, qui exigent que toute résolution concernant la Judée-Samarie soit le fruit de négociations bilatérales entre Israël et les Palestiniens. La solution à deux États repose sur le processus désastreux d’échange de terres contre la paix, qui conduit inévitablement à la guerre.
L’argument de la solution à deux États a toujours reposé sur l’hypothèse que les Palestiniens souhaitaient un État aux côtés d’Israël, et non à sa place.
Or, cette hypothèse ne s’est jamais avérée fiable. Selon une analyse des sondages menés sur plusieurs années par le Centre palestinien de recherche sur les politiques et les enquêtes d’opinion , 53 % des Palestiniens en moyenne ont rejeté la solution à deux États sur l’ensemble de la période étudiée, ce taux de rejet atteignant un pic de 71 % en mars 2023, avant le 7 octobre.
Lors d’un sondage réalisé en septembre 2025 auprès de Palestiniens de Cisjordanie, 28 % d’entre eux se sont prononcés en faveur d’un État palestinien unique s’étendant du Jourdain à la Méditerranée, à l’exclusion des Juifs.
Un autre sondage de l’INSS, mené en mars 2025, a révélé que 24 % de l’opinion publique israélienne soutenait une solution à deux États, tandis que 24 % étaient favorables à l’annexion totale des territoires sans reconnaissance des droits civiques des résidents palestiniens.
Les partisans occidentaux de la solution à deux États ont longtemps soutenu que le refus palestinien était dû à l’occupation israélienne et qu’une offre généreuse permettrait de conclure un accord. Les données ne corroborent pas cet argument. Elles ne l’ont jamais fait.
Sur la scène politique israélienne, les partis défendant la souveraineté sont les partis de la coalition au pouvoir : le Likoud de Netanyahou, Otzma Yehudit d’Itamar Ben-Gvir, le Sionisme religieux de Bezalel Smotrich et le Shas d’Arye Deri. Lors du vote de la Knesset en juillet 2025 sur une motion non contraignante appelant à l’application de la souveraineté israélienne à la Judée, à la Samarie et à la vallée du Jourdain, la résolution a été adoptée par 71 voix contre 13, dont six voix du parti d’opposition Yisrael Beiteinu. Yesh Atid et Bleu et Blanc se sont quant à eux abstenus.
Le président de la Knesset, Amir Ohana, a déclaré après le vote : « Ceci est notre terre. Ceci est notre foyer. La Terre d’Israël appartient au peuple d’Israël. »
L’opposition se rassemble désormais autour d’un nouveau parti commun, Beyachad (« Ensemble »), fondé le 26 avril 2026 par les anciens Premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid.
Bennett s’oppose catégoriquement à la création d’un État palestinien, tandis que Lapid soutient en théorie une solution à deux États, mais assortie de conditions si restrictives que toute entité palestinienne qui en résulterait serait privée de toute souveraineté véritable et de toute continuité territoriale.
Lors de leur conférence de presse conjointe à Herzliya, Bennett a déclaré que son gouvernement « protégerait les terres de notre pays et ne céderait pas un seul centimètre à l’ennemi ».
Il s’agit d’un virage à droite significatif pour Lapid, qui a longtemps incarné la position de centre-gauche israélienne sur les négociations de paix.
Du côté israélien, l’homme politique le plus emblématique sur la scène internationale de la solution à deux États était historiquement l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, qui avait proposé les concessions territoriales les plus ambitieuses lors des négociations de 2008 – propositions qui furent rejetées.
Le Premier ministre Ehud Barak avait fait une offre similaire à Camp David en 2000. Toutes deux furent refusées.
Aux États-Unis, l’architecture à deux États a été défendue par toutes les administrations, de Clinton à Biden, atteignant son apogée institutionnel avec la résolution 2735 du Conseil de sécurité, adoptée par l’administration Biden en juin 2024, qui a inscrit le principe de la solution à deux États dans le droit international.
Donald Trump a pris une direction opposée, traitant Gaza et la Judée-Samarie comme des entités territoriales distinctes et laissant entendre qu’il opposerait son veto aux futures résolutions du Conseil de sécurité appelant à la création d’un État palestinien.
Les prochaines élections israéliennes sont prévues pour le 27 octobre 2026 – les premières élections nationales depuis le massacre du 7 octobre. De nombreux analystes estiment qu’il est fort probable que des élections anticipées soient organisées, en raison des tensions au sein de la coalition concernant le budget de l’État et d’autres pressions qui pourraient entraîner sa dissolution d’ici l’été.
La question de la souveraineté s’impose déjà comme un enjeu majeur, le Mouvement pour la souveraineté faisant valoir que les sondages imposent à la coalition actuelle une obligation politique et morale d’agir avant le début de la campagne électorale.
La souveraineté sur la Judée-Samarie : une nécessité historique pour Israël, une nécessité stratégique pour l’Arabie saoudite
par Me Nili Naouri, Présidente Israël Is Forever
La question de la souveraineté sur la Judée-Samarie dépasse de loin une simple discussion territoriale. Elle incarne à la fois le droit historique du peuple juif sur sa terre ancestrale et un impératif stratégique pour la stabilité régionale et mondiale.
Alors que le Moyen-Orient est en pleine reconfiguration, notamment avec le renversement des équilibres en Syrie, la lutte d’influence entre l’Arabie saoudite et l’Iran et les changements géopolitiques impulsés par Washington, la souveraineté israélienne en Judée-Samarie apparaît plus essentielle que jamais.
Depuis des années, l’Iran mène une guerre d’influence dans tout le Moyen-Orient, exploitant chaque zone d’instabilité pour y implanter ses proxies et menacer ses adversaires.
Le renversement des équilibres en Syrie, qui a affaibli l’axe chiite reliant Téhéran à Damas et Beyrouth, n’a pas mis fin aux ambitions iraniennes. Au contraire, l’Iran cherche à étendre son influence à de nouveaux territoires, elle l’a déjà fait notamment en Judée-Samarie et à Gaza.
L’Arabie saoudite, engagée dans une lutte existentielle contre l’Iran, n’a aucun intérêt à voir émerger un État arabe « palestinien » qui deviendrait une base avancée du régime iranien, comme Gaza l’a été après le retrait israélien de 2005.
L’idée d’un État arabe « palestinien » est souvent présentée par ceux qui ne comprennent rien au conflit comme une solution à la paix régionale.
Pourtant, les réalités géopolitiques montrent qu’une telle entité serait un facteur d’instabilité supplémentaire.
Les faits parlent d’eux-mêmes : Gaza est devenu un bastion du Hamas financé et armé par l’Iran, qui utilise la région comme une plateforme pour ses attaques contre Israël.
Le Liban est sous la coupe du Hezbollah qui agit comme une extension directe de la politique iranienne, contrôlant de facto l’État et menaçant la stabilité régionale.
Le Yémen, quant à lui, est ravagé par la guerre menée par les Houthis, une milice pro-iranienne qui représente une menace directe pour Israel, l’Arabie saoudite et l’ensemble du Golfe.
Face à cette menace, Israël et l’Arabie saoudite devraient partager un intérêt stratégique commun : empêcher la création d’une nouvelle enclave terroriste en Judée-Samarie.
Un État « palestinien » serait rapidement infiltré par l’Iran et ses relais, mettant non seulement Israël, mais aussi la Jordanie et l’Arabie saoudite sous une nouvelle menace directe.
De plus, l’Autorité « palestinienne » est gangrenée par la corruption, les divisions et une gouvernance inefficace en plus de soutenir le terrorisme de facto. Dans ces conditions, tout État indépendant sombrerait rapidement dans le chaos, ouvrant la porte aux Frères Musulmans et à l’influence iranienne. Pour rappel, gaza transmise à l’Autorité après l’expulsion des juifs du Goush Katif est tombée aux mains du Hamas en un an.
Un État arabe « palestinien » ne serait pas seulement un tremplin pour l’Iran, mais aussi un bastion des Frères Musulmans, un mouvement considéré comme une menace existentielle par Riyad.
Mohammed ben Salmane (MBS), qui lutte déjà contre ces forces à l’intérieur de son propre royaume, ne peut pas se permettre de voir un nouvel acteur radical apparaître au cœur du Moyen-Orient.
Quant à Israël, la souveraineté sur la Judée-Samarie est un droit inaliénable. Ce territoire est le cœur historique du peuple juif, avec des villes bibliques comme Hevron, Jericho, Shkhem qui sont les fondements mêmes de l’histoire d’Israël.
En plus de cet aspect historique qui doit s’inscrire comme notre argument le plus important, la souveraineté israélienne en Judée-Samarie est un impératif stratégique.
Car elle empêchera l’émergence d’un État terroriste aux portes de Jérusalem et de Tel-Aviv; elle garantira un contrôle militaire israélien sur un territoire clé pour la sécurité du pays; elle servira les intérêts des États arabes modérés, qui veulent contenir l’expansion iranienne et islamiste.
Israël doit donc affirmer pleinement sa souveraineté. Israël ne peut pas accepter l’idée que la souveraineté sur sa terre historique soit négociable. La normalisation de nos relations avec l’Arabie Saoudite ne peut se faire en contrepartie de la renonciation à l’application de notre souveraineté. Au contraire ! Cette normalisation doit se faire en toute logique après que nous ayons appliqué notre souveraineté.
La Mecque restera la Mecque si et seulement si, la Judée samarie reste la la Judée samarie – juive ! L’application de notre souveraineté est un intérêt vital d’Israël mais sert également les intérêts de l’Arabie saoudite et du monde libre en stoppant l’expansion du Dar al-Islam (régions islamiques ou ayant été islamiques dans l’Histoire et devant le redevenir d’après l’Islam) et en empêchant la création de nouvelles enclaves extrémistes au cœur du Moyen-Orient.
Ce n’est pas l’abandon de territoires stratégiques et surtout de territoires qui sont la source de notre droit sur toute la terre, qui apportera la paix, mais une position ferme et assumée.
Face aux défis du Moyen-Orient, Israël doit consolider sa présence en Judée-Samarie pour assurer sa sécurité, son avenir et celui de ses alliés.
Un mot d’ordre : la souveraineté ! Maintenant et avant tout !
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