Secrets révélés

 » La vérité musulmane ne se réconcilie pas avec le mensonge des chrétiens et des juifs « 

Qui parle au nom du Qatar ?

Un religieux officiel s’exprime dans un quotidien qatari deux mois avant le Forum de Doha :

  • « La vérité [l’islam] ne se réconcilie pas avec le mensonge [le christianisme et le judaïsme] »
  • « L’existence de l’une nie l’autre. Par conséquent, la lutte entre la foi [l’islam] et l’incroyance [le christianisme et le judaïsme] a été une lutte existentielle qui ne tolère aucun compromis. »

Croyance qatarie :

L’islam est la vérité, tandis que le judaïsme et le christianisme représentent le mensonge et l’ignorance, avec lesquels il ne peut y avoir de coexistence et contre lesquels se livre une lutte existentielle.


La croyance des Frères musulmans illustrée dans « Le djihad est la voie » :

« La Oumma islamique [nation]… peut recouvrer sa puissance, être libérée et reprendre la place qui lui revient de droit, telle que voulue par Allah, celle de nation la plus élevée parmi les hommes. »

Les musulmans devraient « connaître leur statut, afin de croire fermement qu’ils sont les maîtres du monde ».

« Le djihad et la préparation au djihad ont pour but d’établir un État islamique, de renforcer la religion et de la répandre dans le monde entier. »

Qui parle au nom du Qatar ? Le Forum de Doha ou le quotidien officiel qatari ?

Le Forum de Doha, organisé par le Qatar la semaine dernière, se présente comme un modèle de « diplomatie, de dialogue et de diversité », une plateforme mondiale pour des discussions cruciales sur les enjeux les plus urgents de la planète.

Il prétend réunir des décideurs politiques afin de relever des défis interdépendants et offre un espace d’échange d’idées pour élaborer des solutions concrètes. Cependant, à l’opposé de cette rhétorique ambitieuse se cache une idéologie islamique radicale, exprimée par un religieux officiel dans un quotidien qatari.

Une tribune publiée il y a deux mois dans Al-Sharq , journal contrôlé par la famille royale qatarie, dresse un tableau de l’islam qatari en contradiction flagrante avec les valeurs affichées par le Forum, et ce, dans un pays qui joue un rôle diplomatique clé concernant l’avenir de Gaza .


Cet article, signé par le Dr Ahmad Al-Mahmadi, membre du ministère qatari des Waqfs, nie explicitement toute possibilité de coexistence islamo-juive-chrétienne.

L’article cite d’abord un verset du Coran, présentant les juifs et les chrétiens comme une menace religieuse fondamentale :

« Dans le Livre d’Allah, il y a un verset précis qu’il faut prendre en compte et ne pas laisser mal interprété. Allah, exalté soit-Il, a dit : « Les Juifs ne seront jamais satisfaits de vous, ni les Chrétiens, tant que vous n’aurez pas suivi leur religion » [2:120]. »

[Al-Sharq, 19 octobre 2025]

L’article affirme ensuite que:

« la vérité [l’islam] ne se réconcilie pas avec le mensonge [le christianisme et le judaïsme] » et que « la lutte entre la foi et l’incroyance est une lutte existentielle qui ne tolère aucun compromis ». Il ajoute : « L’islam refuse les demi-solutions et n’accepte pas de mêler vérité et mensonge » et « L’islam est venu détruire l’ignorance, non pour coexister avec elle ».

La croyance qatarie est que l’islam est la vérité, tandis que le judaïsme et le christianisme représentent le mensonge et l’ignorance, incompatibles avec ces deux religions et faisant l’objet d’une lutte existentielle. Il ne s’agit pas simplement d’une position théologique, mais d’une position idéologique qui rejette explicitement le dialogue, la paix et la coexistence entre les différentes confessions et cultures.

Cette idéologie est en réalité celle des Frères musulmans et a été clairement exposée par le chef des Frères musulmans en Égypte de 1996 à 2002 dans son livre, Le djihad est la voie :

« …La Oumma islamique [nation]… peut recouvrer sa puissance, être libérée et assumer la place qui lui revient de droit, telle que voulue par Allah, celle de la nation la plus élevée parmi les hommes, celle des enseignants de l’humanité. »

Les Juifs et les autres doivent être instruits, tandis que les musulmans doivent « connaître leur statut, afin de croire fermement qu’ils sont les maîtres du monde, même si leurs ennemis désirent leur avilissement ».

Concernant cette lutte existentielle :

« Il faut savoir que le djihad et la préparation au djihad ne visent pas seulement à repousser les assauts et les attaques des ennemis d’Allah contre les musulmans, mais aussi à réaliser la grande tâche d’établir un État islamique, de renforcer la religion et de la répandre dans le monde entier… »

Alors que le Qatar s’efforce de se présenter comme un pays modéré à l’échelle internationale, allant jusqu’à signer récemment un accord de défense avec les États-Unis, l’adoption d’une telle idéologie, clairement exprimée dans la tribune d’Al-Sharq, soulève des questions cruciales : qui parle au nom du véritable Qatar ?

Comment le pays peut-il simultanément organiser une prétendue « plateforme de dialogue » comme le Forum de Doha, sous le regard du monde extérieur, tout en promouvant la suprématie islamiste et un conflit existentiel avec les juifs et les chrétiens auprès de sa propre population, via ses médias d’État ?

Le Forum de Doha n’est-il alors qu’une façade destinée à dissimuler des intentions plus sinistres et un instrument au service des ambitions géopolitiques du Qatar ?

Comment un peuple qui croit à une guerre existentielle et éternelle contre le christianisme et le judaïsme peut-il être lié par un accord de défense avec les États-Unis ? Et comment ce pays a-t-il réussi à tromper la communauté internationale sur ses convictions religieuses ?

Si telle est l’idéologie qui émane de Doha, alors elle n’est pas différente de celle de l’Autorité palestinienne, qui affiche un visage pluraliste et accueillant lorsqu’elle rencontre des diplomates étrangers, mais qui déverse constamment un discours de haine religieuse par le biais de ses chefs religieux sur ses canaux officiels.

Voici un extrait plus long et pertinent de l’article cité :

Dans le Livre d’Allah [le Coran], un verset précis mérite une attention particulière et ne doit pas être mal interprété. Allah le Tout-Puissant dit : « Et ni les Juifs ni les Chrétiens ne vous approuveront tant que vous ne suivrez pas leur religion » [Coran 2:120].

Ce verset établit une règle éternelle concernant la relation entre le vrai et le faux. Il clarifie que la différence entre eux ne réside pas dans des branches ou des détails, mais bien dans leurs racines, leurs principes et leurs finalités. Il proclame sans équivoque que l’approbation des Gens du Livre (c’est-à-dire les Juifs et les Chrétiens) [des musulmans], et plus encore celle de tous ceux qui s’égarent, ne peut être obtenue par le dialogue, des paroles agréables ou l’abandon de certains principes, mais dépend d’une condition intrinsèquement inacceptable : que le croyant abandonne ce qui lui a été révélé par la révélation divine et se soumette aux caprices d’autrui.

La vérité est inconciliable avec le mensonge, et le mensonge ne peut tolérer la persistance de la vérité, car l’existence de l’une et de l’autre nie l’autre. Par conséquent, la lutte entre la foi et l’hérésie est une lutte existentielle qui ne tolère aucun compromis.

Dans ce verset, Allah informe Son Prophète Muhammad que ses efforts pour guider les gens sur le droit chemin ne lui garantissent pas leur approbation, même s’il se conforme aux révélations qui lui ont été faites. En effet, le problème ne réside pas en lui personnellement, mais dans le message qu’il transmet.

Certains sont susceptibles de s’illusionner en pensant que cette hostilité pourrait s’estomper avec le temps ou s’atténuer au fil des siècles. Mais Allah le Tout-Puissant a révélé la vérité à ce sujet dès le départ, et a clairement indiqué qu’elle persiste tant que l’islam poursuit sa da’wa (c’est-à-dire son prosélytisme) et tant que les groupes hérétiques persistent à s’écarter du droit chemin.

Quant aux raisons de cette hostilité, elles sont profondes et imbriquées. Elles mêlent foi et intérêts, histoire et géographie. On peut les résumer en quatre points principaux :

Car l’islam est une religion intransigeante qui refuse toute trêve.

L’islam est une religion qui proclame la foi exclusive en Allah, rejette les demi-mesures et n’accepte pas le mélange du vrai et du faux. Il est venu abolir la Jahiliya (c’est-à-dire l’« âge d’ignorance » préislamique), et non coexister avec elle.

Par conséquent, l’islam est intolérable pour ses ennemis à moins d’être dépouillé de son esprit et de se transformer en rituels formels sans impact sur la réalité – c’est-à-dire lorsqu’il renonce à lui-même.

Car il s’agit d’un projet qui s’oppose aux leurs. L’islam n’est pas une idée spirituelle abstraite, ni un ensemble d’enseignements moraux déconnectés de la réalité, mais bien un projet culturel complet qui définit une voie en matière de culte, de politique, d’économie et de société. C’est un projet qui libère l’homme de l’asservissement à l’argent et au pouvoir et qui rend la justice en se fondant uniquement sur la foi en Allah. Cela en fait un adversaire de tout projet colonial ou matérialiste visant à maintenir l’homme prisonnier de ses désirs et de ses intérêts. Par conséquent, leur hostilité à son égard découlait de la défense de leur existence culturelle, et non d’une simple croyance religieuse.

Car sa terre est au cœur du conflit. La première terre de l’Islam est le berceau des missions divines, le lieu du commencement de la révélation divine et le centre du monothéisme dans le monde. C’est la terre qu’Allah a choisie pour répandre la lumière, et c’est pourquoi elle a été l’objet de toutes les convoitises des forces qui ont voulu contrôler le cours de l’histoire. Qui contrôlait cette terre contrôlait le cœur religieux de l’humanité, et quiconque la perdait perdait son symbole spirituel. C’est pourquoi la bataille pour Jérusalem et la Terre bénie demeure au cœur du conflit entre l’Islam et ses ennemis depuis l’aube de la mission divine jusqu’à nos jours.

Car [la terre d’Islam] est une terre de ressources naturelles et un point stratégique. Depuis l’Antiquité, la terre des musulmans a été un carrefour entre les continents, une source de ressources naturelles et une voie commerciale. Aujourd’hui, elle est le centre énergétique mondial, le centre névralgique des routes maritimes et la porte d’entrée économique du monde. La lutte pour ce territoire n’est donc pas seulement religieuse, mais bien une lutte d’intérêts et de stratégies, où les ambitions économiques se mêlent aux convictions religieuses. Ainsi, pour les ennemis de l’Islam, la religion sert de prétexte à des aspirations de contrôle et d’hégémonie.

[ Site Internet d’ Al-Sharq (Qatar), 19 octobre 2025]


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