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La spiritualité n’est pas l’occultisme.

Pourtant, s’intéresser à la vie intérieure, c’est aujourd’hui s’intéresser à l’occultisme, de sorte que l’on confond occultisme et mystique. Comme si l’un ne pouvait aller sans l’autre.

L’expérience mystique confère une plénitude, non une certitude.

Dans l’expérience mystique, je fais l’expérience d’un silence qui m’envahit, me parle et me transforme. Mais cela ne m’oblige pas à croire à l’aura, aux chakras, aux cristaux, aux vies antérieures ou à l’énergie. Ni même à Dieu.

En effet, cette expérience de plénitude, comme une source qui jailli du cœur, me révèle l’origine de l’idée de Dieu.

« Dieu » n’est pas seulement un produit de la psyché ou du groupe, mais aussi l’expression d’une expérience, l’expérience mystique, celle-là même que, pour le dire comme Bergson, l’on ne peut ni dire adéquatement à autrui, ni garder pour soi. Mais justement, cette intimité avec la source des religions théistes autorise une prise de distance, voire une divergence.


Cette plénitude, je peux l’interpréter comme le Dieu d’Isaac et d’Abraham, mais ce n’est pas une nécessité. Car je peux aussi bien – voire mieux – la penser comme conscience, comme corps ou bien même suspendre mon jugement. Idem pour les manifestations « paranormales » avec lesquelles on confond l’expérience mystique.

Je puis donc être à la fois mystique et sceptique.

Ou rationaliste – confiant en le sens commun.

L’occultisme est la « métaphysique des imbéciles », même si l’on peut se demander ensuite si la métaphysique ne serait pas une forme d’occultisme savant…

Renoncer à croire, n’est-ce pas se priver des plaisirs de la vie, de l’imagination, de l’enfance innocente, de l’empathie ?

N’est-ce pas s’engager dans une existence sèche, aride, toute faite d’abstractions froides et mortifères, isolées de la vraie vie avec ses mystères ?

De fait, nous connaissons tous des gens qui croient sans croire, qui croient pour jouir des bénéfices de croire – ne dit-on pas que la foi fait vivre plus longtemps ?

D’autres croient comme l’on paie un prix d’entrée dans un club convoité, ceci est tout spécialement vrai en notre époque de solitudes, tant il est vrai que la religion relie les hommes entre eux en les reliant à un être qui les dépasse – et peu importe si cet être n’est qu’une fiction.

« Peu importe la croyance, pourvu qu’on ait l’ivresse »

Un peu de foi contre un peu de chaleur humaine, en somme.

Mais pour autant, il est parfaitement erroné de penser que savoir raison garder est incompatible avec ces joies de la foi.

En effet, je puis jouir de la chaleur d’un groupe sans partager ses croyances.

En quoi l’empathie serait-elle diminuée par une certaine distance ?

Depuis notre plus jeune âge, n’avons-nous pas joué à être le gendarme puis le voleur ?

De fait, je peux tout à fait jouer à croire. Sans hypocrisie. Je peux jouer sans réserve, comme le font les enfants. Quoi de plus banal ?

Considérez l’exemple des histoires fictives, des mises en scènes dont on jouit en connaissance de cause. Au cinéma, au théâtre ou dans les romans. Quand je lis, je sais que rien n’existe là-dedans. Quand je lis Le Seigneur des anneaux, je sais bien que la Terre du Milieu n’existe pas objectivement. Je n’ai nul besoin d’un discours scientifique pour cela. Et, pourtant, est-ce cela m’empêche de savourer l’histoire ?


Est-ce que cette conscience gâche mon plaisir ? Absolument pas ! Je dirais même : au contraire. Débarrassé de la croyance naïve et donc doué d’un certain recul, je jouis des émotions qui surviennent d’une manière nouvelle et différente de celle de la vie quotidienne. Ce qui, si cela m’arrivait réellement, me traumatiserait – une bataille, des monstres ou une histoire d’amour tragique -me délecte quand je sais que ce n’est qu’une fiction. C’est le propre de l’expérience esthétique.


Du reste, n’y a-t-il pas convergence entre le recul conféré par une conscience critique et la distance entre la conscience et ses objets qui s’instaure dans l’expérience mystique ?

Donc, croyance et scepticisme, vie intérieure et lucidité critique, ne sont pas incompatibles.

La conscience que cela n’existe pas n’efface pas le rêve, le rêve ne paralyse pas la conscience critique. De même que, dans le dharma du Bouddha, la vacuité n’efface pas les phénomènes, et les phénomènes ne cachent pas la vacuité.

Mais le sens ? Que devient-il ?

Eh bien, a fortiori, il ressort avec d’autant plus de force qu’il est délivré de l’attachement à la lettre, à une une croyance naïve. « La lettre tue, l’esprit vivifie ».

Ai-je besoin de croire que les corbeaux et les renards parlent pour apprécier la fable du corbeau et du renard, pour en entendre la leçon ? Non, bien au contraire ! Pour comprendre le sens, je n’ai pas besoin de croire à l’existence.

Il en va de même pour la spiritualité, la science et l’occultisme.

Ne confondons plus mystique et occultisme.

La mystique est l’expérience immédiate du silence vivant.

L’occultisme est une construction imaginaire.

Jusqu’au XVIIe, en effet, mystique désigne exclusivement l’expérience intérieure de l’union avec Dieu. Tous les textes mystiques (il y en a des centaines) mettent en garde contre les phénomènes « paranormaux », soit que ce sont des fantaisies de l’imagination, soit que ce sont des pièges du Démon.

Puis, un changement survient au XVIIIe : après une vague de persécution sans précédent, il ne reste plus que le surnaturel au sens de « paranormal » : lévitation, inédie, bilocation, apparitions, etc.

Faites une recherche « mystique, XVIIIe siècle » sur Google Books : vous trouverez alors seulement « mystique » au sens d’occultisme. La fusion sera parfaite au XIXe. Depuis, plus personne, ou presque, ne fait la distinction, pourtant vitale dans la tradition mystique authentique.


La découverte du centre divin au centre de soi n’est pas comme les autres expériences. Il est vrai qu’elle peut sembler s’affaiblir, quitter le champs de la conscience ou être emportée par les circonstances adverses. Mais, en vérité, une fois touché, il n’y a plus de retour possible.


David Dubois nous invite à faire des expériences qui ouvrent des portes vers une nouvelle vie : la vie intérieure. A côté de la vie ordinaire axée sur la quête de la réussite, il existe une autre manière de vivre, nourrie plutôt par un sentiment d’unité avec toutes choses. Le but de ces expériences est de découvrir ce sentiment d’unité, ou de le ranimer

Ces expériences ouvrent aux deux dimensions de la vie intérieure : la paix et la plénitude. Elles ne modifient pas seulement notre sensibilité. Elles ne se contentent pas d’ajouter un souvenir à notre mémoire, venant grossir les rangs de notre cabinet de curiosités. Elles portent en elles la possibilité d’une conversion. A quoi ? A l’absolu, au divin, quel que soit le nom qu’on lui donne. Elles suggèrent une révolution, un bouleversement, un retournement vers ce qui seul a du sens, de la valeur, vers l’unique réalité capable de nous combler, vers cela qui fait que la vie vaut la peine, malgré tout, d’être vécue, vers l’Unique Nécessaire.


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