Signés en 1993 et étendus en 1995, les accords d’Oslo ont divisé la Judée-Samarie – le cœur biblique que beaucoup en Occident appellent encore la « Cisjordanie » suite à l’annexion illégale de la Jordanie en 1948.
Les accords d’Oslo ont divisé ce territoire en trois zones administratives.
La zone A, représentant environ 18 % du territoire, a été placée entièrement sous le contrôle de l’Autorité palestinienne et englobe d’importants centres urbains arabes comme Ramallah, Jéricho et Jénine.
La zone B, soit environ 22 %, a confié le contrôle militaire à Israël, tandis que l’Autorité palestinienne gérait les affaires civiles.
La zone C, soit les 60 % restants, est restée sous administration israélienne à part entière et, en vertu des accords, Israël a conservé le droit d’y construire librement.
Les Accords ont été présentés comme un cadre transitoire. Un accord sur le statut final était censé être conclu dans les cinq ans. Il ne l’a jamais été.
Il ne restait plus que l’Autorité palestinienne – pas un État, mais en voie de le devenir.
« L’Autorité palestinienne est déjà un État observateur auprès de l’ONU et l’ONU devrait bientôt examiner la possibilité de lui confier la présidence de l’Assemblée générale. La situation est en constante évolution. »
Un partenaire qui n’a jamais été partenaire
Les gouvernements occidentaux et les médias reconnaissent rarement la vérité : l’Autorité palestinienne n’est pas un organe de gouvernement confronté par hasard à un problème de terrorisme. C’est une institution bâtie sur le terrorisme et qui n’a aucune intention de changer.
Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a été élu en 2005 pour un mandat de quatre ans. Il est aujourd’hui au pouvoir depuis vingt ans. Aucune élection n’a eu lieu. Ses fils, Tarek et Yasser, ont bâti des empires commerciaux valant plusieurs millions de dollars, tandis que les Palestiniens ordinaires restent plongés dans la pauvreté, leurs fonds d’aide internationale étant détournés par des responsables de l’OLP qui ont fait construire des villas de luxe à Ramallah.
Les critiques qui osent s’exprimer sont sévèrement punies. En 2021, les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne ont battu à mort le dissident Nizar Banat alors qu’il était en détention. Personne n’a été tenu responsable.
Mais la politique la plus révélatrice de l’Autorité palestinienne est celle que les gouvernements occidentaux financent discrètement depuis des années : le programme « Pay for Slay ».
Dans le cadre de ce programme officiel, l’Autorité palestinienne verse des salaires mensuels aux Palestiniens emprisonnés pour le meurtre d’Israéliens, ainsi qu’aux familles des victimes tuées lors d’attaques. Plus le nombre d’Israéliens tués est élevé, plus le salaire est important.
Il ne s’agit pas d’un phénomène marginal ni d’une dépense isolée. C’est une ligne budgétaire inscrite dans la planification financière officielle de l’Autorité palestinienne et financée en partie par des donateurs internationaux.
Il y a quelques mois, Mahmoud Abbas adressait une lettre au Président de la République.
Il y promettait des réformes profondes, la fin des dérives passées, et l’abandon du programme Pay-for-Slay — ce système par lequel l’Autorité palestinienne verse chaque mois des salaires aux prisonniers condamnés pour terrorisme et aux familles de “martyrs”.
C’est sur la base de ces engagements qu’Emmanuel Macron a décidé de reconnaître un État palestinien. Mais plusieurs mois plus tard, les faits contredisent ces promesses, les paiements n’ont jamais cessé. Les fonds européen continuent d’être versés à l’Autorité palestinienne.
Cette affaire pose une question simple :
Si la reconnaissance d’un État palestinien devait reposer sur une réforme, alors où est la réforme ?
Et comment garantir que l’aide européenne ne finance pas, même involontairement, une politique qui récompense la violence ?
C’est cette entité que le monde exige d’Israël comme partenaire de paix.
Tente-trois ans après la signature des accords d’Oslo, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, adresse un message au monde entier : c’est terminé. Le cadre d’accords est mort. Et Israël dispose d’environ deux ans pour que cela devienne définitif.
Smotrich a exposé ses arguments en faveur du démantèlement pur et simple de l’Autorité palestinienne et de son remplacement par une entité qui ne pourra jamais devenir un État.
« Le lendemain de l’arrivée de Trump, prévint Smotrich, qui sait ce qui se passera aux États-Unis ? Israël bénéficiera-t-il d’un soutien pour son droit à la Judée-Samarie ? Ou non ? Et quel gouvernement sera en place ? Je ne connais pas beaucoup de personnes comme Netanyahu capables de résister à une telle pression internationale sans céder. »
Pourquoi Israël doit agir maintenant
Smotrich a posé une question simple : si les Palestiniens n’ont pas respecté l’accord d’Oslo – en construisant des dizaines de milliers de structures illégales dans toute la zone C, en s’armant au-delà des limites autorisées par les accords, et en menant ce qu’il a qualifié d’« entraînement commando » contre les communautés israéliennes – pourquoi Israël devrait-il rester lié par cet accord ?
En 2022, on recensait plus de 81 000 constructions arabes illégales dans la seule zone C, couvrant une superficie deux fois supérieure à celle de toutes les communautés juives de Judée-Samarie réunies. Pour les Palestiniens, Oslo n’a été qu’une voie à sens unique.
Son alternative est un système d’administrations municipales locales.
Les Palestiniens d’Hébron, de Naplouse, de Ramallah et de Jénine éliraient des maires et des conseils municipaux, géreraient leur vie quotidienne et posséderaient des documents d’identité locaux. Ils n’auraient ni armée, ni entité politique souveraine, ni aucune voie institutionnelle vers la création d’un État palestinien.
« Ils n’auront aucune force militaire ou de sécurité pour nous menacer, aucune arme, aucune entité politique capable de défier Israël sur la scène internationale », a-t-il déclaré, « et surtout, la porte vers un État palestinien – pour eux comme pour tout gouvernement étranger qui le soutient – sera définitivement fermée. »
Smotrich ne nie pas l’existence des questions difficiles.
Qu’adviendra-t-il du million de Palestiniens vivant en Judée-Samarie ? Il reconnaît ouvertement la difficulté. Mais il soutient que préserver l’Autorité palestinienne – un organe de gouvernement doté de ses propres forces de sécurité, de ses propres armes et de ses propres ambitions politiques – est bien plus dangereux que de la démanteler.
Israël a déjà tenté cette expérience à Gaza.
« La dernière fois que nous avons laissé un territoire à une entité non étatique, nous avons subi les conséquences désastreuses du 7 octobre. »
Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement israélien actuel il y a trois ans, le parti de Smotrich, le sionisme religieux, a impulsé une expansion sans précédent des colonies juives en Judée-Samarie : des centaines de nouvelles fermes et communautés ont été établies au cœur même de la terre biblique.
Cette expansion, affirme Smotrich, a déjà modifié la situation sur le terrain de manière irréversible.
Les nouvelles communautés ont relié les corridors territoriaux juifs tout en fragmentant le territoire palestinien contigu, indispensable à la viabilité d’un État.
« Ce que j’ai fait sur le terrain cette année a, de fait, anéanti l’État palestinien », a-t-il déclaré . « Il n’existe plus de voie réaliste pour le créer, car nos communautés et nos fermes ont relié nos corridors et coupé les leurs. »
Mais la réalité du terrain ne suffit pas. Il faut aussi un moment politique concret, et pour cela, Smotrich se tourne directement vers Netanyahu et Trump.
« Netanyahu a prouvé qu’il savait comment convaincre le président Trump de ce qu’il considère comme juste et vital pour l’État d’Israël. De même qu’il a réussi à amener Trump à affronter l’Iran et à éliminer la menace existentielle, il peut et doit lui faire comprendre la menace existentielle que représente un État palestinien, et la nécessité de se libérer définitivement de cette emprise. »
Le temps presse …
La Knesset a déjà enterré la solution à deux états. Les députés du Parlement israélien ont confirmé leur opposition à une solution à deux États. Seuls les élus communistes et arabes ont voté contre cette résolution.
La proposition n’est pas venue de l’extrême droite mais de la droite israélienne.
Le New Hope-United Right Faction (Nouvel espoir-Faction de la droite unie), une scission du Likoud de Benyamin Netanyahou, a présenté une résolution, le 18 juillet 2024 au matin, devant la Knesset (le Parlement israélien) dans laquelle il est mentionné que « l’établissement d’un État palestinien au cœur de la terre d’Israël constituerait une menace existentielle pour l’État d’Israël et ses citoyens, perpétuerait le conflit israélo-palestinien et déstabiliserait la région ».
La solution à deux Etats, c’est le principe des accords d’Oslo signés en 1993 entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat. Tout cela est mort et enterré depuis le 7 octobre, n’en déplaise à ceux qui voudraient gouverner Israël à la place des israéliens.
En juillet 2025, cinq grandes familles arabes d’Hébron ont proposé de se détacher de l’Autorité palestinienne pour créer un émirat autonome et signer la paix avec Israël. Cette initiative qui bouscule trente ans de processus d’Oslo pourrait redessiner la carte politique de la Judée-samarie et créer un véritable « Vivre Ensemble ».

Dans une lettre envoyée le 5 juillet au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et au ministre de l’Économie Nir Barkat, ces cinq familles proposent de faire sécession de l’Autorité palestinienne, de créer un « Émirat d’Hébron » autonome et de rejoindre les accords d’Abraham. L’objectif : rétablir la sécurité, relancer les échanges et redonner du travail à leurs administrés.
Le document, rédigé par le cheikh Wadi al-Jaabari et quatre homologues, affirme reconnaître Israël comme « État-nation du peuple juif » et promet une tolérance zéro envers le terrorisme. En retour, les signataires demandent un accord de libre circulation du travail : 1 000 ouvriers hébronites seraient admis en Israël pendant trois mois, puis 5 000, avant de viser 50 000 permis à terme.
L’initiative inclut aussi la création d’une zone industrielle de 400 hectares adossée à la barrière de sécurité.
Les cheikhs jugent que les accords d’Oslo, conclus en 1993, n’ont apporté que « mort, désastre économique et destruction ». Leur proposition enterre la solution à deux États telle qu’elle est négociée depuis trente ans : Hébron prendrait son destin local en main et s’intégrerait, comme Dubaï ou Manama, dans l’architecture régionale amorcée par les accords d’Abraham de 2020.
L’idée s’inscrit dans la « solution des émirs » défendue depuis 2012 par le chercheur israélien Mordechai Kedar : chaque grande ville palestinienne deviendrait un micro-État tributaire, calqué sur la sociologie clanique plutôt que sur un nationalisme centralisé. Les clans, explique-t-il, « sont l’autorité naturelle » et peuvent négocier leur propre modus vivendi avec Israël.
Dans les rues d’Hébron, la lassitude domine : aux checkpoints fermés depuis l’attaque du 7 octobre 2023, beaucoup disent vouloir « travailler, pas militer ». D’autres redoutent qu’un micro-État tributaire dépende à vie de la bonne volonté israélienne. Le volet industriel pourrait rapidement changer la donne.
Avant la guerre, Hébron envoyait 25 000 ouvriers en Israël ; le blocage a précipité la ville dans le chômage. Une zone franche, adossée au port d’Ashdod, couplée à l’export de marbre ou de chaussures, séduirait sans doute des investisseurs du Golfe, surtout si Washington bénit l’opération — Sheikh Jaabari a publiquement sollicité Donald Trump, architecte des accords d’Abraham.
Vers une mosaïque de mini-États qui vivent en paix et selon leur culture
D’autres villes pourraient imiter Hébron : Naplouse ou Jenine possèdent, elles aussi, des clans puissants. Un tel scénario redessinerait la carte ; il mettrait aussi à l’épreuve la diplomatie israélienne, sommée de négocier plusieurs traités locaux plutôt qu’un accord national unique.
En une semaine, ces cinq cheikhs auront fait presque plus de bruit qu’une décennie de pourparlers gelés.
Leur pari repose sur trois idées simples : la paix est locale, l’économie précède la politique, et les clans parlent plus fort que les partis.
Hébron pourrait devenir un laboratoire régional qui prouverait qu’un Moyen-Orient post-guerres pourrait se construire par cercles concentriques et à l’échelle humaine.
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