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« Little Palestine »

Camp de Yarmouk : le documentaire "Little Palestine" raconte la tragédie palestinienne

Dans l’histoire du mouvement national palestinien, le quartier de Yarmouk, au sud de Damas, que les forces gouvernementales ont repris à l’organisation Etat islamique (EI) lundi 21 mai, a joué un rôle à part.

On le présentait comme un camp de réfugiés, le plus grand du Proche-Orient, mais il était davantage que cela. Foyer d’incubation identitaire, espace de militantisme et de camaraderie, lieu de brassage économique et culturel : pendant six décennies, ce triangle de 2 km2, parfaitement intégré au tissu urbain damascène, a servi de capitale non déclarée à la diaspora palestinienne.

Cette ère est définitivement révolue. Yarmouk n’est plus.


L’évacuation des derniers combattants de l’EI, qui contrôlaient le camp depuis trois ans, a dévoilé un paysage d’apocalypse.

Du quartier où ont vécu les chanteurs de « Firqat Al-Ashiqin » (« le Groupe des amoureux »), dont les rengaines ont galvanisé des générations d’exilés, il ne reste plus qu’un mille-feuille informe de ferraille, de béton et de tôle.

Environ 150 000 Palestiniens y résidaient en 2011, le tiers de leur nombre total en Syrie. Entre 100 et 200 y subsistent aujourd’hui.

Bachar El Assad ne supporte pas les palestiniens

En trente années de dictature, Assad ne rate pas une occasion de frapper les Palestiniens.


En 1976, son armée envahit le Liban pour y écraser l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) d’Arafat, alliée de la gauche locale.

Au moins un millier de civils palestiniens périssent dans le massacre du camp de Tall Zaatar.

En 1983, Arafat échappe à un attentat au sortir d’une audience avec le chef de l’Etat syrien. Il est traqué et encerclé avec des milliers de partisans dans le port libanais de Tripoli. L’artillerie syrienne les pilonne.

Bachar, digne héritier de son père, envoie des dizaines de civils palestiniens à une mort certaine sur le Golan, le 5 juin 2011.

Tout est bon pour détourner l’attention de la révolution syrienne, alors pourquoi ne pas sacrifier ces réfugiés palestiniens et raviver le front israélien, sans pour autant exposer les forces gouvernementales ?

Mais les résidents du camp de Yarmouk refusent une telle manœuvre et ils se vengent, le lendemain, contre les supplétifs du régime.

C’est le début du basculement progressif de Yarmouk dans une rébellion de plus en plus ouverte. Depuis l’été 2012, toute cette partie méridionale de la capitale voit la progression des forces révolutionnaires. Le camp de réfugiés est frappé en représailles par un tir de mortiers, le 2 août dernier, qui fait au moins 21 victimes.

Les accrochages se multiplient, ainsi que les enlèvements et les disparitions. Jusqu’au bombardement aérien du 16 décembre. Bachar tuera jusqu’au bout, même s’il a déjà perdu.

Bachar massacrera tant qu’il le pourra, parce qu’il se pense condamné. 

Dix ans plus tard, après une guerre civile cataclysmique, Bachar Al-Assad est toujours en place.

Fin avril 2014, Bachar el-Assad remporte le scrutin avec 88,7 % des voix d’après le président du Parlement syrien. Cette élection, verrouillée, est qualifiée de mascarade.

Bachar el-Assad est candidat à l’élection présidentielle de 2021 pour un quatrième mandat consécutif. Il emporte le scrutin avec 95,1 % des voix d’après le président du Parlement syrien.

Le mois de mai 2023 a été celui de la réintégration du régime de Bachar al-Assad au sein de la Ligue arabe après une décennie d’exclusion. Il avait effectivement été écarté de la scène internationale du fait de la répression des contestations politiques sur son territoire, soit la mort de centaines de milliers de civils syriens.

Par ailleurs, il y a évidemment la question du retour des 6,6 millions de réfugiés dont une grande partie se trouve encore en Turquie, des réfugiés que le régime de Damas ne souhaite pas vraiment le retour.

C’est la raison pour laquelle le régime syrien avait promulgué le 2 avril 2018 le fameux décret n°10 facilitant l’expropriation de pans entiers du territoire syrien, en particulier dans les zones périurbaines, aujourd’hui en ruines. Cette législation vise à priver des centaines de milliers de réfugiés proches de l’insurrection de toute perspective de retour et à permettre l’installation de nouveaux résidents moins suspects, notamment des chiites des milices pro-iraniennes..


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