Depuis la création par le président Franklin D. Roosevelt, en octobre 1939, du Comité consultatif sur l’uranium dont la mission allait finalement mener à la création de la bombe atomique, les actions d’un président en matière d’énergie n’ont peut-être jamais été aussi cruciales pour l’avenir de l’Amérique.
À la fin du mois de novembre de cette année, le président Donald J. Trump a créé un Bureau de la fusion nucléaire au sein du département de l’Énergie.
Cette initiative marque un tournant décisif dans la stratégie américaine en matière d’indépendance énergétique et d’exploitation des ressources énergétiques illimitées pour garantir un leadership mondial.
En faisant de la fusion nucléaire un domaine de recherche à part entière, auparavant confiné au Bureau des sciences, le président a publiquement reconnu que la technologie énergétique la plus révolutionnaire du XXIe siècle doit être née aux États-Unis.
L’énergie de fusion offre des avantages sans précédent qui protègent les intérêts stratégiques des États-Unis.
Contrairement aux combustibles fossiles, la fusion ne produit aucune émission de carbone . De plus, contrairement aux réacteurs nucléaires à fission actuels, elle ne génère aucun déchet radioactif.
Une seule centrale à fusion pourrait produire d’énormes quantités d’électricité à partir de sources d’énergie abondantes comme l’hydrogène, mettant ainsi fin à la menace de pénuries énergétiques dans un monde dont la demande en énergie ne cesse de croître.
Les critiques ont longtemps cherché à minimiser l’importance de l’avènement de l’énergie de fusion nucléaire, mais les récentes avancées ont rendu son développement inévitable.
Selon les experts, le succès du National Ignition Facility, qui a permis d’obtenir un gain net de production d’énergie, a transformé la fusion, d’une science théorique à un simple défi d’ingénierie. De ce fait, d’importants investissements privés sont réalisés dans cette technologie, et des entreprises promettent des réacteurs à fusion commerciaux viables d’ici cinq ans.
En créant un bureau dédié à la commercialisation plutôt qu’à la recherche fondamentale, le président vise non seulement à accélérer la mise en service des centrales à fusion aux États-Unis, mais aussi à devenir un chef de file mondial dans l’exploitation de cette source cruciale.
Le lecteur pourrait se demander : « Pourquoi cette urgence ? »
Le pays qui commercialisera en premier la technologie de fusion nucléaire bénéficiera d’un avantage stratégique considérable.
C’est pourquoi la Chine se livre à une course effrénée pour remporter cette compétition. Les Chinois sont conscients que la nation qui réussira à exploiter l’énergie de fusion dominera les marchés mondiaux de l’énergie et créera des millions d’emplois.
L’énergie de fusion permettra également de réduire la dépendance aux importations d’énergie étrangères ; le pays qui y parviendra a donc beaucoup à gagner.
La directive de réorganisation du président témoigne de sa pleine conscience des enjeux.
Plutôt que de privilégier les progrès graduels dans ce domaine, il souhaite des innovations de rupture susceptibles d’assurer la suprématie énergétique.
Ce succès exige un engagement constant, et la Maison-Blanche adresse un message clair aux secteurs public et privé : nous entendons remporter cette course ; la deuxième place mettrait en péril l’avenir de l’Amérique.
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