Dans son dernier webjournal : Noel annulé: la stratégie du choc, Alexis Cossette de Radio Québec nous parle une fois de plus du livre de Naomi Klein. Pour lui, l’annulation de noël par les autorités du Québec, relève d’une stratégie du choc et d’une guerre psychologique des gouvernements contre les populations.

L’augmentation de la détresse psychologique des Québecois est une démarche voulue par le gouvernement au même titre que la fraude sur le taux de létalité du Covid. La mise en place de constats d’infraction… Ils détruisent la vie des gens pour produire un électro-choc. Ils provoquent des cataclysmes pour violer la sphère sociale.



Alexis explique :

Si vous avez conscience de la stratégie du choc, vous devenez immunisé contre la propagande gouvernementale ! Ils veulent provoquer un syndrome de Stockholm. Les gens sont tenus en otages avec de faux prétextes et finissent par vénérer leurs geôliers, ils se soumettent… Le bouc émissaire mis en place pour focaliser la frustration se nomme “conspirationniste” ou “complotiste”. C’est une guerre psychologique très élaborée.

Ce que nous devons faire c’est “ne pas se soumettre” et “continuer à informer”… La seule voie possible est de convaincre les personnes autour de nous. Le but est de les battre sur leur propre terrain.

Cette stratégie du choc qui émane de l’OMS concerne tous les pays. Le monde entier est concerné. Leur but est de réécrire l’homme pour réécrire la société.

La montée d’un capitalisme du désastre

La thèse exposée par Naomi Klein dans son ouvrage La stratégie du choc est celle d’un processus volontaire de « privatisation radicale des guerres et des catastrophes » depuis les années 1970.

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Un état de choc ce n’est pas seulement ce qui nous arrive après un drame, c’est ce qui nous arrive quand on perd nos repères, quand on perd notre histoire, quand on est déboussolé. Ce qui nous permet de garder le cap, de rester vigilant, c’est notre histoire.

Naomi Klein cherche à faire œuvre de doctrine pour le courant altermondialiste.

Le libéralisme est dénoncé dans cet ouvrage, avec une mise en parallèle des procédés de torture et des discours de libéralisation économique. Les peuples seraient rééduqués par la force aux vertus du marché : le cas du coup d’état du Chili en 1973 aurait été le ballon d’essai d’une campagne générale orchestrée depuis la célèbre université de Chicago.

« Expliquer la Nouvelle Orléans, dit Naomi Klein (p. 31), par l’incompétence et le système de copinage propre à W. » est insuffisant. « En réalité, les exploits de Bush ne sont que le paroxysme monstrueusement violent et créatif d’une campagne vieille de 50 ans en faveur de la liberté totale des grandes sociétés ».

L’ouvrage est composé de 7 parties. Elles suivent une progression historique depuis la formation du programme idéologique et des méthodes de lavage de cerveau dans les années 1950, jusqu’à aujourd’hui.

Les étapes retenues sont le coup d’état au Chili (Partie 2), le thatchérisme (Partie 3), Tienanmen (Partie 4), la transformation de la sécurité aux Etats-Unis (Partie 5), la deuxième guerre d’Irak (Partie 6). L’argumentation est essentiellement historique : une clef de déchiffrement de l’histoire récente du monde est proposée à travers l’association des moyens d’isolement sensoriel et de la mise en place d’une économie de marché.

L’entreprise de Naomi Klein n’est pas académique. Il s’agit d’une entreprise militante qui ne distingue pas une revendication d’un moindre interventionnisme public, un abaissement d’une taxe douanière ou une privatisation : crise ou catastrophe seraient une occasion pour avancer les éléments d’un programme « libéral », terminologie vague qui regroupe aussi bien des questions portant sur les échanges internationaux que sur la protection sociale. Cette thèse de Naomi Klein soulève plusieurs questions. La première, factuelle : les conséquences institutionnelles et idéologiques des crises et des catastrophes sont-elles « libérales » ? La deuxième question est celle de l’histoire de la privatisation des guerres et des catastrophes.

La thèse de Naomi Klein nous prédit un renforcement idéologique « libéral » lors des chocs issus d’une crise ou d’une catastrophe.


Or, les lendemains de catastrophe sont plutôt réglementaires et interventionnistes : la catastrophe industrielle d’AZF a renforcé la réglementation et accru de 150 le nombre des inspecteurs de sites classés, la crise financière des subprimes apporte chaque jour son lot d’interventions publiques.

Naomi Klein avance qu’une plus grande passivité de l’opinion serait la conséquence d’un choc catastrophique : pourtant, les lendemains du tremblement de terre en Chine ont vu des protestations devant la mauvaise qualité des bâtiments scolaires. Les guerres, crises et grandes catastrophes sollicitent les finances publiques, en mettant entre parenthèses les éventuelles convictions libérales des gouvernants en place. Guerre ou catastrophe obligent à penser positivement l’action publique : une pensée de pure soustraction du « moins d’Etat » ne semble pas favorisée par les chocs évènementiels, contrairement à la thèse avancée par Naomi Klein.

Naomi Klein propose une histoire simple de la privatisation des guerres et des catastrophes : celle d’un domaine public démantelé récemment de façon opportuniste par l’influence d’un courant idéologique issu de Milton Friedman sur les gouvernants en place.

La situation des crises internationales contemporaines la plus courante est celle d’une population ayant des problèmes sanitaires et d’exposition à la violence sociale de bandes armées incontrôlées. Ces guerres privées auxquelles font face les interventions publiques internationales ne résultent pas d’une action volontaire de démantèlement d’un Etat-Providence, qui n’a jamais existé dans les régions du monde où ces conflits se déroulent.


La privatisation de l’humanitaire est, quant à elle, originelle : les secours en matière de catastrophe résultent de la première organisation de la société internationale au dix-neuvième siècle qui a confié à une société de droit suisse, la Croix Rouge, le mandat international de secours aux blessés. Etats défaillants, ONGs : la privatisation des conflits et des crises ne résulte pas d’une croisade « libérale » récente.

L’ouvrage de Naomi Klein est organisé comme une fresque apocalyptique.

Le mot « Apocalypse » signifie « révélation » en langue grecque : la divinité souveraine s’est choisi un élu parmi les hommes, qui communique de façon indirecte le plan divin. La relation à l’événement catastrophique emploie des procédés de majoration : la catastrophe présente n’est que l’annonce d’une plus grande encore, elle va s’inscrire dans une liste ou un récit déchiffrable par un initié, elle permet l’entrée de personnages incarnant le Bien, un héros positif, ou le Mal, à travers diverses créatures diaboliques.

Chez Naomi Klein, des évènements très divers, comme la guerre des Malouines, la disparition de l’Apartheid, ou le massacre de la place Tienanmen sont interprétés avec la même clef de lecture, un dessein caché de l’histoire récente, l’ouverture des pages d’un livre de Milton Friedman.

Des accords internationaux récents portent sur la non-rétention d’information par les Etats par exemple en cas de démarrage d’une épidémie dans une région reculée.

Des deux formes de transformation politique de l’information catastrophique, une première forme, celle du Déni, se retrouve écartée par ces accords internationaux. Il reste l’autre forme, celle de l’exagération apocalyptique, qui soulève de vraies difficultés, dont témoigne l’ouvrage de Naomi Klein.

L’auteure relève des conflits d’intérêts, comme ce responsable de la politique américaine propriétaire de la firme qui commercialise un antiviral et qui a promu un grand plan de stockage de ces médicaments.

Ces situations de mensonge fortement rémunérées sont justement au cœur de l’indignation de Naomi Klein. Mais l’auteure fait le choix d’utiliser ces mêmes procédés d’exagération dans une relecture partisane de l’histoire récente. Pourquoi pas ? L’auteure a une démarche militante, et ne s’en cache pas. Mais ces exagérations apocalyptiques réciproques et parallèles laissent en entier la réalité tragique des crises et des désastres.

L’absence de proposition pratique dans La stratégie du choc souligne ainsi une faiblesse intrinsèque de cet ouvrage de Naomi Klein.

Stéphane Callens, « Naomi Klein, 2008, La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre, Toronto : Léméac/Actes Sud, 668 p. », Développement durable et territoires [En ligne], Lectures (2002-2010), Publications de 2008, mis en ligne le 09 janvier 2009, consulté le 04 décembre 2020.

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