Secrets révélés

La Jordanie est effectivement ce que nous appelons aujourd’hui, Palestine

Le drapeau jordanien en photo en est la preuve ...

En effet, à l’origine, le territoire actuel de la Jordanie faisait partie du mandat britannique sur la Palestine officialisé par la Société des Nations. En 1921 cependant, le Royaume-Uni décida de retirer les territoires à l’est du Jourdain, représentant 76% de la Palestine mandataire, et de les donner au dirigeant Hashemite Abdallah en compensation de son échec à prendre le contrôle de la Syrie. Ce nouveau royaume fut appelé « Transjordanie », puis « Jordanie » en 1949.

En Israël et ailleurs, s’est constituée une part substantielle de l’opinion soutenant la thèse selon laquelle la Jordanie est la Palestine.

Dans les années 1920, Vladimir Jabotinsky affirmait que la Palestine est un territoire dont la « caractéristique géographique principale » est que « le Jourdain ne délimite pas ses frontières mais le traverse en son centre ».


En 1982, le Premier ministre Yitzhak Shamir écrivait que, « réduit à ses véritables proportions, le problème n’est clairement pas l’absence d’une patrie pour les Arabes palestiniens. Cette patrie est la Transjordanie ou Palestine orientale. … Un deuxième État palestinien à l’ouest du fleuve serait une porte ouverte à l’anarchie. »

En 1987, un accord conclu clandestinement entre le parti du Likoud et Fayçal al-Husseini, l’activiste palestinien, aurait reconnu la souveraineté palestinienne à l’est du Jourdain.

Ces idées ont pris une forme plus concrète en juillet 1988, lorsque Shamir a évoqué la possibilité d’un État palestinien en Jordanie au cours de ses discussions avec les résidents arabes de Judée Samarie (appelée Cisjordanie depuis son annexion par la Jordanie suite à l’attaque du nouvel état naissant d’israël).

Mordechai Nisan, un universitaire, explique que « personne n’a jamais considéré les deux rives du Jourdain autrement que comme faisant partie intégrante d’une seule terre appelée Palestine par les Romains suite à la destruction du deuxième temple en l’an 70, mais qui était en réalité la province de Judée.


De nombreux américains acceptent la thèse selon laquelle « la Jordanie est la Palestine ». Joan Peters fonde son étude From Time Immemorial sur cette notion. Elle qualifie régulièrement Israël de « coin de Palestine » et de « Palestine occidentale », et utilise l’expression « Palestine orientale » pour désigner la Jordanie. George F. Will déclare que « la Jordanie est la Palestine, historiquement, géographiquement, ethniquement. »

Autrement dit, le slogan « la Jordanie est la Palestine » affirme que la Palestine comprend le territoire de l’autre côté du Jourdain et que la Jordanie est donc l’État dit palestinien – même si cet État n’a pas de dirigeant palestinien, mais que sa population est à 90 % palestinienne.

Au lieu de deux peuples se battant pour une seule terre, les Juifs et les Arabes palestiniens sont décrits comme contrôlant des territoires différents – aux Juifs la partie occidentale de la Palestine, aujourd’hui appelée Israël, et aux Arabes la partie orientale de la Palestine, aujourd’hui appelée Jordanie.

Ce changement de terminologie n’a pas pour but de saper toute revendication arabe de souveraineté sur le territoire désormais détenu par Israël, mais de rétablir dans sa globalité le foyer national juif ultérieurement consenti par la Charte des Nations Unies.

Aucune partie de la Palestine occidentale concernée par le mandat britannique n’a été donnée pour la création d’un Etat arabe, car les droits des Arabes à l’autodétermination leur ont été accordés ailleurs, en Palestine orientale : la Jordanie. Plus précisément, c’est la résolution 80 de la Charte de l’ONU, le document qui a créé l’ONU en 1948, qui lui interdit d’approuver n’importe quelle demande émanant d’une institution arabe, quelle qu’elle soit, à la constitution d’un état arabe en Palestine occidentale.

Dès lors, si les dits-Palestiniens (qui sont les arabes de Palestine) doivent laisser Israël tranquille, ils doivent pouvoir être libres d’apporter des changements au Royaume hachémite, en Jordanie. De plus, si la Jordanie constitue le véritable patrimoine palestinien, les Israéliens peuvent être en droit d’y transférer les Arabes.

La thèse « Jordanie = Palestine » repose sur quatre propositions principales.

  1. Premièrement, sur le plan historique, la Palestine comprenait la Jordanie.
  2. Deuxièmement, le Mandat britannique sur la Palestine incluait l’ensemble du territoire constitué aujourd’hui par Israël et la Jordanie.
  3. Troisièmement, les deux régions ne se distinguent pas sur le plan géographique.
  4. Quatrièmement, les dirigeants palestiniens et jordaniens eux-mêmes croient que la Jordanie et la Palestine sont identiques.

La Palestine fut administrée dans des cadres territoriaux multiples sous les Babyloniens, les Perses, les Ptolémées, les Séleucides et les Romains, englobant les deux rives à certains moments et pas à d’autres. Si on prend l’exemple de l’époque romaine, le Jourdain formait initialement une frontière mais ce n’était plus le cas après l’an 66 de notre ère. Inversement, la première révolte juive s’étendit au-delà du Jourdain alors que la seconde s’y arrêta.

Les Romains introduisirent le mot Palestine pour effacer de la carte le nom de la Judée – en punition de la rébellion de Bar Kochba réprimée en 135 de notre ère.

Ils donnèrent à la région le nom Palaestina d’après les Philistins qui habitaient le long de la côte. Mais ce nouveau nom ne mit pas un frein aux redécoupages constants. En 284, la partie méridionale de la province romaine d’Arabie fut rattachée à la Palestine. En 358, des territoires situés à l’est et au sud de la mer Morte furent séparés et appelés Palaestina Salutaris. Peu de temps après, la Palaestina Primera (capitale : Césarée) et la Palaestina Secunda (capitale : Scythopolis, l’actuelle Beit Shean) furent créées. La Palaestina Salutaris fut renommée Palaestina Tertia (capitale : Petra). Le Jourdain ne divisait pas ces régions.

Lorsqu’en 634, les Arabes firent la conquête de la région, ils reprirent et conservèrent les divisions romaines pendant plus de trois siècles, de sorte que leurs provinces chevauchaient également le fleuve.

Pendant les Croisades, le Jourdain sépara en grande partie la Palestine du territoire musulman. À l’époque mamelouke (1250-1516), les limites administratives du pays changèrent à nouveau. La rivière servit alors de frontière au nord mais pas au sud. Les Ottomans (1516-1918) laissèrent d’abord les divisions mameloukes en place mais opérèrent ensuite une série de changements qui donnèrent au fleuve un rôle accru en tant que frontière.

Non seulement la frontière ne cessa de fluctuer au cours des dominations romaine et musulmane mais la Palestine ne constitua jamais une unité politique à part entière entre la chute du Second Temple juif en 68 de notre ère et 1917 – à la seule exception des Croisades.

Par conséquent, il est absurde de parler de Palestine « historique » comme s’il s’agissait d’une entité politique ancienne. La Palestine vivait dans le cœur de ceux qui l’aimaient et c’était dans un royaume sans frontières.

Dans l’Europe médiévale, par exemple, « Palestine » faisait référence à cette zone occupée par les Hébreux avant la diaspora mais comme cette zone avait changé de taille plusieurs fois, la définition n’impliquait aucune frontière précise sur une carte.

À l’époque moderne aussi, les chrétiens et les juifs pieux continuèrent à considérer la Palestine à la lumière du texte et de l’histoire bibliques. Accordant peu d’attention aux divisions réelles sur le terrain, ils dessinèrent leurs cartes en vue de montrer la Palestine telle qu’elle était lorsqu’elle fut concédée aux tribus d’Israël.

Les bibliothèques regorgent de récits de voyage portant des titres comme Heth et Moab ou Le pays de Galaad. Bien entendu, par Palestine ils entendaient les deux rives du Jourdain mais surtout la Terre Promise.

Sans surprise, les premiers sionistes et leurs partisans chrétiens supposaient que des parties de la rive orientale seraient incorporées à la Palestine juive. C’est ce qui permet de comprendre pourquoi les soldats juifs se battirent sur cette même rive pour l’arracher aux Turcs ottomans et pourquoi, en 1919, les sionistes proposèrent à la Conférence de paix de Versailles que la frontière de leur futur État s’y avançât profondément.

Cela permet aussi de comprendre la résolution du treizième Congrès sioniste, organisé en août 1923 :

« Reconnaissant que la Palestine orientale et la Palestine occidentale forment en réalité et de facto une unité sur le plan historique, géographique et économique, le Congrès exprime l’espoir que l’avenir de la Transjordanie soit déterminé conformément aux revendications légitimes du peuple juif. »

Enfin, on comprend aussi pourquoi le Fonds national juif posséda des terres sur la rive orientale jusqu’à la fin des années 1940.

Malgré ces revendications, les archives historiques montrent que la Palestine n’a pas toujours inclus la rive orientale et que le Jourdain a souvent servi de division militaire et politique. L’histoire de la région aux époques antique, médiévale et moderne, ne permet pas d’affirmer, comme le font les partisans de la thèse « Jordanie = Palestine », que « la déclaration Balfour de 1917 a été comprise comme la reconnaissance britannique d’un foyer national juif sur toute la Palestine historique » – c’est-à-dire la Jordanie et Israël actuels. Le territoire promis par la Déclaration Balfour peut à juste titre être considéré comme s’arrêtant au Jourdain.

Les effets pervers du mandat britannique

La deuxième proposition de la thèse « Jordanie = Palestine » s’appuie sur le fait que pendant huit mois, entre 1920 et 1921, le gouvernement britannique a placé le territoire jordanien sous la juridiction du Mandat palestinien.

Tout comme le reste du Moyen-Orient, l’histoire politique moderne de la Palestine et de la Jordanie a commencé avec la Première Guerre mondiale. Au cœur de cette transformation se trouvait l’action britannique menée pour bâtir des alliances dans sa guerre contre l’Allemagne. Londres fit de vagues promesses de territoire ottoman au Levant à trois parties différentes.

Dans la correspondance Hussein-McMahon, un ensemble de dix lettres échangées entre juillet 1915 et mars 1916, les Britanniques promirent des portions de la Syrie géographique au gouverneur ottoman de La Mecque, le chérif al-Hussein ibn Ali, sans toutefois en préciser les contours exacts. L’accord secret Sykes-Picot de mai 1916 divisa la même zone (entre autres) entre la Grande-Bretagne et la France. La déclaration Balfour de novembre 1917 approuva « l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif ».

Pendant la guerre, les trois alliances conclues par la Grande-Bretagne servirent assez bien ses objectifs. Au cours d’une campagne de deux années qui prit fin en octobre 1918, les forces britanniques prirent le contrôle d’un territoire qui s’étendait de la Méditerranée à l’Iran. Mais après la guerre, les contradictions évidentes entre les différents accords conclus furent la cause de problèmes considérables.

En octobre 1918, en vue d’équilibrer les engagements pris envers les Arabes, les Français et les sionistes, les Britanniques commencèrent par diviser le Levant en trois zones d’administration militaire.

Londres gérait une zone à peu près équivalente à ce qui devint plus tard Israël et y autorisa l’immigration juive. Les Français assurèrent le contrôle de la région côtière située entre Israël et la Turquie. Quant au fils du chérif, le prince Fayçal, il reçut ce qui devint la Transjordanie ainsi que tout ce qui était éloigné de la Méditerranée dans le Liban et la Syrie d’aujourd’hui et dont Damas était la capitale.

Conformément à l’accord Sykes-Picot, le gouvernement français aspirait toutefois à contrôler Damas et l’intérieur du territoire, raison pour laquelle il expulsa Fayçal de Damas en juillet 1920. En revanche, les Français ne revendiquèrent pas la partie méridionale du territoire de Fayçal, qui relevait désormais de la juridiction britannique.

En mars 1921, Winston Churchill, le secrétaire aux colonies, jugea « nécessaire dans l’immédiat d’occuper militairement la Transjordanie ». Pour ce faire, plutôt que de recourir aux troupes britanniques, il décida d’y exercer un contrôle indirect et divisa le mandat palestinien en deux parties le long du Jourdain, créant ainsi l’émirat de Transjordanie sur la rive orientale d’où il exclut l’immigration juive.

Churchill offrit ce territoire au frère aîné de Fayçal, Abdallah, qui accepta après quelques hésitations. La dynastie hachémite formée par Abdallah, son fils Tallal et son petit-fils Hussein dirigea depuis lors la Transjordanie (nommée ensuite Jordanie en 1949).

Ainsi, tout à coup, après mars 1921, la rive orientale de la Palestine ne fut plus la Palestine. Ainsi commençait la guerre des mots… La guerre psychologique qui venait de faire de la Palestine orientale, un pays qui serait vu comme une entité indépendante depuis des générations…

En réalité, la rive orientale était dépourvue de toute autorité. Paris restait à l’écart, Londres ne cherchait pas le contrôle direct et les Hachémites avaient d’autres priorités. « À ce moment-là », rapporta Herbert Samuel, le haut-commissaire britannique de Palestine, « la Transjordanie était politiquement laissée à l’abandon. »

Mais le mal était fait… La sémantique avait posé les jalons d’une future guerre qui allait rapporter gros !

Le Jourdain a toujours constitué une séparation entre la Palestine Orientale et la Palestine occidentale.  Dans l’histoire, le Jourdain a été, à l’instar d’un grand fleuve, une séparation entre les deux rives. En 1908, Henry Van Dyke écrivait que le Jourdain « est un symbole fluide et éternel de division, de séparation ». Par ailleurs, le fleuve s’inscrit dans un cadre géographique beaucoup plus vaste – la vallée du Rift – qui entrave complètement les relations de part et d’autre si bien que les rives occidentale et orientale ont longtemps été séparées.

Déjà aux temps bibliques, le côté oriental constituait un arrière-pays où ceux qui étaient poursuivis pouvaient fuir et disparaître comme le fit David après la révolte d’Absalom.

Les rêves expansionistes arabes défient toute réalité

L’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) a souvent déclaré que la Jordanie faisait partie de la Palestine et l’a parfois revendiquée officiellement.

La huitième conférence du Conseil national palestinien (CNP), réunie en février-mars 1971, a décidé que « ce qui lie la Jordanie à la Palestine est un lien national et une unité nationale formés, depuis des temps immémoriaux, par l’histoire et la culture. L’établissement de deux entités politiques, l’une en Transjordanie et l’autre en Palestine, est illégal. »

Le projet de programme de la dixième conférence du CNP (en avril 1972) était encore plus direct:  « Le besoin de lutter pour le renversement du régime d’agents en Jordanie, qui constitue la ligne de défense majeure pour l’État sioniste ainsi qu’un lien organique avec Israël, est devenu aussi urgent que le besoin de lutter contre l’occupation sioniste. »

Le fait que les Palestiniens représentent 80 % de la population de la rive orientale et y jouent un rôle majeur dans tous les aspects de la vie « implique que les deux peuples soient réunis dans un front de libération nationale jordano-palestinien ».

Des porte-parole ont émis, à titre individuel, des revendications encore plus précises.

Le premier chef de l’OLP, Ahmed Choukairy, a soutenu que l’annexion de la Cisjordanie par la Jordanie en 1950 était en fait une annexion de la rive orientale à la véritable Palestine. Pour lui, la Palestine « s’étendait de la mer Méditerranée à l’ouest jusqu’au désert syro-irakien ».

En 1966, un représentant de l’OLP au Liban a déclaré que la Jordanie « faisait partie intégrante de la Palestine, exactement comme Israël ».

Les Jordaniens aussi mettent en avant le lien entre les deux régions.

Les deux principaux dirigeants jordaniens, Abdallah (qui a régné de 1921 à 1951) et Hussein (depuis 1953), se sont exprimés sans détour sur cette question. Dès 1926, Abdallah affirmait que « la Palestine constitue une unité. La division entre la Palestine et la Transjordanie est artificielle et dispendieuse », une opinion qu’il a réitérée à plusieurs reprises par la suite.

La fondation d’Israël en 1948 n’a guère affecté les revendications hachémites sur la Palestine.

En août 1959, le Premier ministre jordanien a déclaré : « Nous, ici en Jordanie, sous le commandement de notre grand roi [Hussein], sommes le gouvernement de Palestine, l’armée de Palestine et nous sommes les réfugiés. »

En 1965, le roi lui-même a déclaré que « les deux peuples ont fusionné. La Palestine est devenue la Jordanie et la Jordanie la Palestine. »

Il a également déclaré que « ces organisations qui cherchent à différencier les Palestiniens des Jordaniens sont des traîtres qui aident le sionisme dans son objectif de diviser le camp arabe… Nous n’avons qu’une seule armée, une seule organisation politique et un seul système de recrutement populaire dans ce pays. »

La Jordanie a envahi la Judée Samarie en 1949, mais n’a jamais eu d’autorité légale sur ce territoire.

L’expulsion de tous les Juifs de Jérusalem-Est et de Judée-Samarie par la Jordanie constitue pourtant un fait notoire, dont on parle peu aujourd’hui. Car il faut savoir que la perte de la Judée Samarie occupée sous le nom barbare de Cisjordanie en 1967, lors de la guerre des six jours,  n’a pratiquement rien changé aux revendications jordaniennes.

En 1975, le Premier ministre Zayd ar-Rifa’i a déclaré à un intervieweur :

La Jordanie est la Palestine. Elles n’ont jamais été gouvernées comme deux États distincts, excepté durant le mandat britannique. Avant 1918, les deux rives du Jourdain formaient un seul État. Lorsqu’elles sont redevenues un seul État après 1948, il était question de bâtir sur l’unité antérieure. Leurs familles ne font qu’un, tout comme leur prospérité, leurs attaches et leur culture.

En 1981, le roi Hussein a de nouveau affirmé que « la Jordanie est la Palestine et la Palestine est la Jordanie ».

Après la rupture, en février 1986, des négociations diplomatiques entre la Jordanie et l’OLP, le roi a annoncé qu’il parlait « comme quelqu’un qui se sent palestinien ».

Peu de temps après, ‘Akif al-Fayiz, président du Parlement jordanien, a déclaré que « la Jordanie ne fait pas de distinction parmi son peuple entre les rives orientale et occidentale. Notre peuple est un et notre famille est une. Nous espérons ardemment ce jour où la famille unique reprendra son rôle historique. »

Plus tard en 1986, Anwar al-Khatib, ancien maire jordanien de Jérusalem-Est, s’est fait l’écho de tels sentiments :

« La Palestine, la Jordanie et la Syrie constituaient une seule famille jusqu’en 1918 et l’occupation britannique et française nous divise par des frontières. Nous ne faisons pas de différence entre nos peuples, qu’ils vivent en Jordanie, en Syrie ou en Palestine. »

On pourrait citer à l’infini les exemples d’un tel discours tant ils sont nombreux et banals.

Les Palestiniens jettent parfois un regard avide vers l’arrière-pays, ce qui permet d’expliquer en partie la guerre de 1970 entre la Jordanie et l’OLP. Leurs revendications périodiques sur le royaume de Hussein reflètent également leur intention de renverser les Hachémites vus comme des agents de la conquête de la Palestine.

De leur côté, les Jordaniens jettent fréquemment des regards envieux sur le littoral. Abdallah a passé de longues années à comploter pour établir une présence en ce qu’il appelait Cisjordanie, et son petit-fils Hussein, quoique plus subtil et moins ardent, a également consacré de nombreux efforts à cette fin.

Chaque fois qu’il déclarait que « la Jordanie est la Palestine et la Palestine est la Jordanie », Hussein poursuivait au moins trois objectifs. Premièrement, comme l’observe Asher Susser, il affirmait à sa manière que « la Jordanie mérite de jouer un rôle central et décisif dans la détermination du destin politique des Palestiniens ».

Deuxièmement, les réflexions du roi visaient les Palestiniens sous occupation israélienne, où la bataille hachémite-OLP pour les faveurs palestiniennes est la plus acharnée.

Troisièmement, les déclarations du souverain hachémite doivent être considérées à la lumière des efforts d’intégration et de prise en charge des Palestiniens de la rive orientale. Les nombreux Palestiniens de la rive orientale, qu’on estime entre 80 % de la population totale, ont contraint le roi à manifester son attachement à la question palestinienne. Ces considérations expliquent pourquoi pendant 40 ans, Amman a adopté de façon toute rhétorique les aspirations palestiniennes.

Ensuite, de nombreux Palestiniens vivant sur la rive orientale mènent une existence politique schizophrénique car le nationalisme palestinien l’emporte toujours sur le sentiment national jordanien. Une prise de contrôle par l’OLP, ou n’importe quelle branche de la soit-disant « cause Palestinienne », comme  le Hamas, les galvaniserait pour livrer bataille contre Israël.

Nombre de ceux qui aujourd’hui se contentent du breuvage plutôt doux dont le roi les abreuve seront électrisés par le tonique beaucoup plus fort du Hamas.

De plus, l’expérience montre que le succès encourage les leaders agressifs à exiger toujours plus.

Compte tenu de la longue histoire d’intransigeance et de maximalisme des Palestiniens, il est raisonnable de penser que cette règle s’appliquera rigoureusement à leurs dirigeants.

D’Amin al-Husseini à Ahmed Choukayri en passant par Yasser Arafat et les mystérieux responsables des émeutes en ce qui est appelé Cisjordanie, les dirigeants nationalistes palestiniens ont, à chaque occasion critique, succombé à la tentation extrémiste.

La prise de pouvoir à Amman ne ferait que confirmer l’utilité d’une OLP/HAMAS intransigeante et renforcer ses éléments les plus virulents. Avec le scalp des Hachémites à leur actif, les dirigeants régresseraient vers les politiques expansionistes et entretiendraient à nouveau sérieusement l’espoir qu’ils pourraient vraiment détruire Israël.

Israël et la Jordanie ont d’importants intérêts en commun étant donné que le nationalisme radical des Palestiniens constitue pour l’un et l’autre une menace existentielle. À l’instar d’Israël, les Hachémites tirent profit de tout ce qui peut réduire l’intensité du conflit israélo-arabe.

De plus, un changement de régime à Amman porterait gravement atteinte aux intérêts américains. La Jordanie constitue un avant-poste relativement pro-américain. Une Jordanie dominée par les Palestiniens nuirait à la position américaine au Moyen-Orient en même temps qu’elle renforcerait la position soviétique.

Pourtant, il va bien falloir se rendre à l’évidence. Il est impossible et de toutes façons illégal, d’obliger Israël à créer un état Palestinien sur les terres de Judée Samarie. N’oublions pas que la Résolution 80 de l’ONU l’interdit. Il est également illégal, et nous l’avons vu, de parler de colonisation et de territoire occupé en ce qui concerne cette même Judée Samarie.

De ce fait, cette idée revalorisée aujourd’hui par Geert Wilders, de dire : La Palestine est la Jordanie, sur fond de guerre à Gaza avec le Hamas, nous ouvre une nouvelle opportunité, celle de construire une autonomie arabe sur le territoire de Gaza, administré par les Émirats, l’Égypte et l’Arabie Séoudite, et transférer tous les arabes colons en Judée Samarie au delà des rives du Jourdain.

Ceci serait conforme au Droit International. Pas celui inventé par les nouveaux dirigeants de l’ONU, ceux de l’Union Européenne et leurs journalistes vassaux, mais celui qui tient compte des textes réels tels qu’ils sont rédigés et sur lesquels personne ne peut revenir.


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