Secrets révélés

La guerre des convois humanitaires

Un mouvement terroriste, un mouvement de résistance, ou tout simplement une mafia ?

Dans la structure sociale du monde arabe, les clans sont des groupes de familles forgeant des alliances qui se fondent sur des lignées communes présumées. Dans la bande de Gaza, les clans les plus importants – comme les Dughmush, les Sinwar, les Hilles, les Radwan, et les al-Masri, pour n’en nommer que quelques-uns – peuvent réunir 15 000 à 20 000 membres.

Jusqu’à la fin des années 1980, les clans avaient joué un rôle central dans les territoires palestiniens. A Gaza, ils étaient organisés au sein d’un conseil des mukhtars – des chefs. Le conseil avait assuré la liaison avec l’administration civile israélienne entre 1967 et le début de la Première Intifada, en 1987.

Certains de ces clans coopéraient alors de manière active avec Israël, comme le clan Hilles qui devait ultérieurement s’affilier au Fatah, en opposition au Hamas et comme la famille Shawwa, « issue de l’aristocratie ». Israël avait d’ailleurs nommé l’un de ses membres maire de Gaza City en 1971.


Réalisant que ces clans pouvaient potentiellement alléger le fardeau de la gestion des affaires civiles, Israël avait même tenté de créer des structures politiques basées sur ces familles à la fin des années 1970 et au début des années 1980, en Cisjordanie. Cela avait été les « associations de village », considérées comme une alternative modérée à l’OLP, ancêtre de l’Autorité palestinienne. Une expérience qui n’avait duré que quelques années, un grand nombre des responsables de ces associations ayant été accusés de trahison par les autres Palestiniens.

A Gaza, chaque clan contrôle habituellement un secteur économique spécifique, que ce soit dans l’agriculture, dans la fabrication ou dans le commerce, mais ils ont perdu de leur puissance, depuis 2008. Certains clans avaient commencé à coopérer étroitement avec le Hamas et d’autres avaient gardé leurs distances, mais même ces derniers avaient été dans l’obligation de « couvrir leurs arrières », envoyant certains membres travailler au sein des institutions placées sous la responsabilité du Hamas pour établir un semblant de collaboration avec le groupe terroriste.

Dernièrement, l’establishment israélien de la sécurité a mis en place une solution provisoire, où les familles locales auraient la mission de distribuer l’aide humanitaire – une tentative visant à éviter une reproduction de la catastrophe qui était survenue le 29 février. Ce jour-là, des dizaines de personnes qui avaient pris d’assaut, désespérés, des camions transportant de l’assistance humanitaire avaient trouvé la mort.

Mais cet arrangement n’a pas plu au Hamas qui a exécuté mercredi le chef du puissant clan Doghmush dans la ville de Gaza, pour des allégations selon lesquelles il était en contact et coopérait avec Israël, selon les médias arabes.


« Les milices du Hamas ont exécuté le mukhtar [chef] de la famille Doghmush à l’intérieur de l’enceinte familiale », a déclaré le militant des droits humains Hassan al-Sharafi.

Plus tard jeudi, un média affilié au Hamas a confirmé que le Hamas avait exécuté Doghmush, ainsi que le chef de clan de la famille Kafarna.

Le Hamas soupçonne les deux clans de coopérer avec Israël pour assurer la sécurité des convois humanitaires entrant dans la bande de Gaza.

Cette semaine encore, un site Internet affilié au Hamas avait averti les Palestiniens de ne fournir aucune aide à Israël dans ce dossier, alors que la situation humanitaire dans la bande de Gaza continue de se détériorer.

De nombreux convois humanitaires entrant dans la bande de Gaza sont repris par le Hamas , qui utilise l’aide pour approvisionner ses forces et vend ensuite le surplus sur le marché noir .

Après l’assassinat, plusieurs autres grands clans de la bande de Gaza ont publié une déclaration promettant un soutien continu au Hamas.

Le Hamas a salué la déclaration des clans, qui, selon lui, « ont fermement refusé de répondre aux plans malveillants de l’occupation sioniste, qui visent à créer des organes de coordination sans présence nationale palestinienne ».

Les Doghmush sont l’un des clans les plus importants et les plus puissants du nord de la bande de Gaza, où la distribution de l’aide a été particulièrement difficile car la plupart des convois humanitaires entrent à Gaza par la frontière sud avec l’Égypte et n’atteignent pas la partie nord de la bande.

Le clan maintient une milice bien armée et entraînée dans la ville de Gaza. Beaucoup de ses membres ont une expérience militaire acquise au sein des forces de l’Autorité palestinienne ou du Hamas et assurent la sécurité des fonctionnaires, des hommes d’affaires et des hommes politiques locaux du Hamas.

Un membre d’un autre clan a admis que sa famille était en contact avec Israël mais a déclaré qu’il craignait des représailles du Hamas en cas d’accord de cessez-le-feu.

« Certaines familles craignent qu’un cessez-le-feu donne au Hamas l’occasion de se venger d’elles », a-t-il déclaré à Ynet.


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