Secrets révélés

La convergence fatale

De la haine coranique des Juifs à l’influence nazie dans le monde arabe.

Depuis la naissance de l’islam au VIIe siècle, la relation entre les musulmans et les Juifs a été marquée par une ambivalence fluctuante, oscillant entre périodes de tolérance conditionnelle et épisodes de persécution violente.

Dans la région appelée plus tard « Palestine » sous mandat britannique — alors une simple province sans existence politique propre, rattachée à l’Empire ottoman — les Juifs, bien qu’autochtones pour beaucoup d’entre eux, étaient soumis au statut de dhimmis, c’est-à-dire de citoyens de seconde zone, protégés en échange de leur soumission.

Dès le XIXe siècle, les pogroms antisémites s’y multiplient, révélant une hostilité latente.


En 1834, des révoltes arabes en Palestine provoquent des massacres et pillages de quartiers juifs à Safed.

En 1838, des violences similaires éclatent à Hébron.

À Jérusalem, les Juifs sont régulièrement victimes d’extorsions, d’humiliations et de violences de la part des autorités locales ou des populations musulmanes.

Ces persécutions, largement ignorées par les puissances occidentales, nourrissent dès cette époque les premières aspirations sionistes à revenir sur la terre d’Israël pour y bâtir un foyer sûr et souverain.


L’antijudaïsme dans le Coran : une origine théologique ancienne

Dans les textes fondateurs de l’islam, les Juifs sont mentionnés à de nombreuses reprises, souvent de manière ambivalente. Le Coran reconnaît initialement les fils d’Israël comme un peuple élu (Sourate 2:47), détenteur d’un message divin. Mais après que plusieurs tribus juives de Médine refusèrent de reconnaître la prophétie de Mahomet, le ton se durcit considérablement.

Plusieurs versets (notamment les sourates 5:60, 5:82, 2:61, 7:166) dépeignent les Juifs comme des traîtres, des pervers ou des ennemis d’Allah.

Historiquement, Mahomet fit exterminer les hommes de la tribu juive des Banu Qurayza (environ 600 à 900 personnes, selon les sources), accusés de trahison. Cet épisode reste une pierre angulaire dans la perception islamique de l’altérité juive : trahison, rejet du Prophète, et punition divine.

Si cette hostilité initiale n’a pas toujours conduit à des violences physiques, elle a durablement ancré dans l’imaginaire islamique une méfiance profonde envers les Juifs, régulièrement dépeints comme conspirateurs, manipulateurs, ou ennemis du divin.

Le nazisme et l’islamisme : une alliance idéologique inattendue

Dans les années 1930-1940, les intérêts de l’Allemagne nazie et de certains dirigeants arabes convergent autour de leur haine commune du peuple juif.

Le plus emblématique de ces rapprochements fut celui entre Adolf Hitler et le grand mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini. Exilé à Berlin pendant la Seconde Guerre mondiale, Husseini devient un proche des dirigeants nazis, rencontre Hitler en personne (le 28 novembre 1941) et soutient activement la cause de l’Axe. Il œuvre à la propagande antisémite dans le monde arabe, recrute des volontaires musulmans pour la Waffen-SS (notamment en Bosnie et en Albanie), et s’oppose fermement aux projets d’accueil de réfugiés juifs en Palestine.

Son discours était clair : le judaïsme est un mal à éradiquer, et les Juifs ne doivent en aucun cas trouver refuge dans les terres arabes. À la radio de Berlin, il diffuse des messages en arabe appelant à l’extermination des Juifs, justifiant leur massacre comme un devoir islamique.

Après-guerre : les criminels nazis trouvent refuge dans les régimes arabes

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux anciens officiers SS et collaborateurs du régime nazi fuient l’Europe. Une partie non négligeable d’entre eux trouve asile dans le monde arabe, notamment en Égypte, en Syrie et en Irak, où ils sont accueillis avec bienveillance par des régimes nationalistes arabes en quête d’expertise militaire et de propagande.

L’exemple le plus connu est celui de l’Égypte de Gamal Abdel Nasser, qui employa plusieurs anciens nazis comme conseillers militaires et propagandistes, dont l’ancien général SS Otto Skorzeny, ainsi que d’autres criminels de guerre tels que Alois Brunner (adjoint d’Eichmann, responsable de la déportation de dizaines de milliers de Juifs).

Le Baas syrien et irakien fit également appel à ces « experts » pour structurer leurs services de sécurité et alimenter leur rhétorique anti-israélienne.

Ce recyclage des idéologues nazis dans le monde arabe a contribué à la diffusion d’un antisémitisme racial, pseudo-scientifique et conspirationniste, très différent de l’antijudaïsme religieux traditionnel.

Le Protocole des Sages de Sion, faux document antisémite forgé au début du XXe siècle par la police tsariste, devient un best-seller dans le monde arabe, et est encore largement diffusé aujourd’hui.

Le mythe palestinien comme outil de propagande

Cette convergence entre antisémitisme islamique et idéologie nazie a jeté les bases de la délégitimation systématique d’Israël, dès sa création en 1948. Le refus arabe de reconnaître le droit des Juifs à l’autodétermination sur leur terre historique ne s’est pas seulement exprimé par la guerre militaire, mais aussi par la guerre narrative.

Dès 1964, l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine), fondée avec le soutien de Nasser, de la Syrie et de l’Union Soviétique, commence à diffuser l’idée que les Arabes vivant en Palestine sont un peuple « palestinien » millénaire spolié par des colons juifs.

Pourtant, avant 1948, l’identité palestinienne n’existait pas en tant que telle : la région n’était qu’une province ottomane, puis un mandat britannique. Les Arabes qui y résidaient s’identifiaient d’abord comme Syriens, panarabes ou musulmans, mais jamais comme un peuple distinct.

La construction du « peuple palestinien » n’est donc pas une affirmation identitaire authentique, mais un projet politique visant à s’opposer à l’existence d’Israël. Comme le déclarait Zahir Muhsein, membre du comité exécutif de l’OLP, dans une interview au journal néerlandais Trouw (1977) :

« Il n’existe pas de peuple palestinien. […] Le jour où nous aurons récupéré nos droits sur toute la Palestine, nous n’aurons plus besoin de cette fiction. »

Une haine recyclée et instrumentalisée

Aujourd’hui encore, les sermons de certaines mosquées, les manuels scolaires dans les territoires sous contrôle du Hamas ou de l’Autorité palestinienne, les médias arabes et même certains leaders politiques continuent de propager des messages antisémites enracinés à la fois dans les textes religieux et dans les fantasmes hérités de la propagande nazie.

La négation de la Shoah, les accusations de crimes rituels, les caricatures antisémites dignes des années 1930 font partie du paysage idéologique courant.

Cette haine hybride, religieuse et politique, historique et contemporaine, alimente le rejet d’Israël et justifie aux yeux de certains la violence à son encontre.

Mais elle révèle surtout une vérité dérangeante : ce n’est pas l’existence d’Israël qui est la cause du conflit, mais la persistance d’une idéologie antisémite multiséculaire, amplifiée au XXe siècle par les pires ennemis des Juifs.


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