Les Grecs avaient un mot pour ça. Proséléné. Avant la Lune. Ce terme apparaît dans de nombreuses sources classiques pour désigner les Arcadiens et les Pélasges, peuples pré-helléniques de Grèce, qui perpétuaient la tradition selon laquelle leurs ancêtres avaient habité leurs territoires avant même l’apparition de la Lune.
Apollonios de Rhodes, écrivant au IIIe siècle avant notre ère, décrit les Arcadiens comme ayant vécu avant la Lune, se nourrissant de glands sur les montagnes avant la naissance de Séléné. Étienne de Byzance, dans ses Ethnica , conserve cette même tradition, identifiant les Pélasges comme des Proséléniens, peuple de l’époque pré-lunaire.
Ce ne sont pas les seules références classiques. Aristote, dans ses Météorologiques, évoque des traditions astronomiques qui font état d’une période antérieure à l’apparition de la Lune. Plutarque, dans les Moralia, aborde explicitement la tradition de Proselène, la considérant comme un fait historique plutôt que mythologique. Démocrite et Anaxagore, dans leurs écrits cosmologiques, traitent de l’origine de la Lune en la concevant comme un événement distinct et non comme un élément primordial du ciel.
Cinq philosophes et historiens classiques, s’appuyant sur des sources indépendantes et couvrant plusieurs siècles, font tous référence à une tradition selon laquelle la Lune serait apparue à un moment historique précis, ancré dans la mémoire humaine. Cette tradition est suffisamment cohérente d’une source à l’autre pour avoir donné naissance à un vocabulaire grec spécifique désignant les peuples ayant vécu avant son arrivée.
Cette tradition n’est pas exclusivement grecque. On la retrouve, indépendamment l’une de l’autre, sur quatre autres continents.
La tradition des hauts plateaux de Bogota
Les peuples indigènes de la région montagneuse autour de Bogota en Colombie perpétuent une tradition orale qui décrit le monde avant l’arrivée de la Lune en des termes dont le contenu spécifique est cohérent avec la tradition grecque de Proselene, malgré l’absence de tout contact documenté entre les deux traditions.
La tradition colombienne décrit un monde pré-lunaire où toute vie était plus grande qu’aujourd’hui : arbres, animaux, oiseaux et humains atteignaient des dimensions que le monde lunaire actuel ne permet plus.
Cette tradition attribue la réduction de l’échelle biologique à l’arrivée de la Lune, qui a modifié l’atmosphère au point de rendre impossible le maintien des échelles de croissance antérieures.
La période indiquée par la tradition, il y a environ neuf à dix mille ans, correspond à la transition du Dryas récent au début de l’Holocène, période de la transition post-glaciaire la plus importante documentée dans les archives géologiques. Le Dryas récent, daté d’environ 12 900 à 11 700 ans avant notre ère, fut une période de brusque inversion climatique, un retour à des conditions quasi glaciaires lors du réchauffement post-glaciaire, qui engendra des changements majeurs dans la flore, la faune et les populations humaines à travers le monde. On ignore si la tradition colombienne situe cet événement précis ou s’il s’agit d’une autre période, mais l’époque générale concorde avec une transition planétaire majeure.
L’affirmation selon laquelle la Lune serait apparue du jour au lendemain plutôt que progressivement est l’élément le plus extraordinaire de la tradition colombienne.
C’est aussi l’explication la plus cohérente avec l’hypothèse physique de la Lune creuse, présentée dans l’article qui lui est consacré dans cette bibliothèque : une structure artificielle placée en orbite, et non un corps s’étant formé sur des échelles de temps géologiques, serait apparue soudainement plutôt que progressivement.
La tradition colombienne ne décrit pas l’arrivée de la Lune comme un phénomène naturel. Elle la décrit comme un événement qui a bouleversé le monde, le transformant d’une manière vécue comme catastrophique par ses habitants.
Le calendrier de Tiwanaku
Les ruines de Tiwanaku en Bolivie, l’un des sites archéologiques précolombiens les plus importants d’Amérique du Sud et un site dont les origines et la datation restent contestées au sein de la communauté archéologique andine, contiennent des alignements astronomiques dont les implications se rattachent à la tradition prélunaire.
Arthur Posnansky, archéologue et ingénieur bolivien-allemand qui a passé des décennies à étudier le site de Tiwanaku au début du XXe siècle, a publié une analyse en quatre volumes des alignements astronomiques du site entre 1945 et 1958. Sa méthodologie spécifique consistait à calculer l’époque astronomique à laquelle correspondait l’alignement principal du site, en utilisant le taux de variation connu de l’obliquité de la Terre pour remonter de l’alignement actuel à la date d’étalonnage d’origine.
Sa conclusion précise était que l’alignement astronomique principal du site était calibré à une époque située entre 15 000 et 17 000 ans avant notre ère, soit bien plus ancienne que la datation conventionnelle de Tiwanaku, qui s’étend d’environ 1500 avant notre ère à 700 de notre ère. Le calcul de Posnansky a été contesté par des archéoastronomes ultérieurs, qui soutiennent que sa méthodologie comporte des erreurs spécifiques et qu’un calcul corrigé aboutit à une datation plus récente et plus cohérente avec la datation archéologique conventionnelle.
Que la date précise de Posnansky soit exacte ou non, la tradition liée à la fonction astronomique du site inclut l’affirmation documentée dans la source : le calendrier astronomique de Tiwanaku aurait enregistré une période où l’année durait 290 jours.
Une année de 290 jours est incompatible avec la période orbitale actuelle de la Terre, mais pourrait refléter une configuration astronomique différente du système Terre-Lune, dans laquelle l’influence gravitationnelle de la Lune sur la rotation et la dynamique axiale de la Terre était différente de la configuration actuelle.
La présence de la Lune influence considérablement la dynamique de rotation et la stabilité axiale de la Terre. L’inclinaison de l’axe terrestre est stabilisée par l’influence gravitationnelle de la Lune. Sans la Lune, cette inclinaison serait beaucoup plus variable à l’échelle des temps géologiques, engendrant une variabilité climatique bien plus importante que celle produite par le système actuel stabilisé par la Lune. La question de savoir si la vitesse de rotation de la Terre serait différente en l’absence de la Lune dépend du moment cinétique spécifique du système Terre-Lune pré-lunaire, une donnée qui ne peut être calculée à partir des seules théories traditionnelles.
L’hypothèse d’une année de 290 jours est cohérente avec une vitesse de rotation terrestre plus élevée durant la période pré-lunaire, vitesse progressivement ralentie par les interactions de marée avec la Lune. La vitesse de rotation de la Terre a diminué tout au long des archives géologiques, comme en témoignent les bandes de croissance journalières des coraux anciens, et la vitesse actuelle reflète des milliards d’années de freinage par les marées lunaires. Une vitesse de rotation nettement plus rapide durant une hypothétique période pré-lunaire est physiquement plausible, mais le calcul de la durée de l’année (290 jours) à cette époque nécessite des hypothèses spécifiques concernant le moment cinétique pré-lunaire.
Les traditions indiennes et chinoises
La tradition indienne d’une Lune artificielle, créée par une intervention divine et placée en orbite dans un but précis, est documentée dans de nombreux textes sanskrits de la tradition puranique.
L’ouvrage sur la Lune creuse, présenté dans cette bibliothèque, aborde les aspects physiques de cette tradition. Son lien avec les traditions terrestres prélunaires y ajoute une dimension temporelle : la tradition n’affirme pas que la Lune est ancienne et a toujours existé sous sa forme artificielle. Elle affirme plutôt que la Lune a été construite et placée délibérément à un moment précis de l’histoire de la relation entre le divin et l’humain.
L’objectif précis énoncé dans la tradition indienne, à savoir que la Lune fut placée de manière à fermer les portails par lesquels des entités malveillantes accédaient au monde terrestre, s’inscrit dans le cadre plus large des récits relatifs aux Veilleurs et aux Néphilim présents dans cette bibliothèque. La question de savoir si les portails fermés correspondent aux points de reconnexion magnétique décrits dans le récit de la NASA, aux points de vortex géographiques spécifiques documentés dans la géométrie icosaédrique de Sanderson, ou à quelque chose de totalement différent que le cadre actuel ne permet pas de caractériser pleinement, demeure sans réponse de la part des traditions.
La tradition chinoise, transmise par le moine Yu Bao Zi au IVe millénaire avant notre ère à partir de sources qu’il décrit comme bien plus anciennes que lui, associe l’arrivée de la Lune à des changements dans la productivité agricole et à la perturbation du système calendaire existant. L’affirmation concernant la productivité agricole concorde avec la description, par la tradition colombienne, d’une réduction de l’échelle biologique. Quant à la perturbation du calendrier, elle concorde avec la description, par la tradition de Tiwanaku, d’une année prélunaire de durée différente.
La cohérence, entre ces trois traditions indépendantes issues de trois continents différents, dans leurs descriptions précises des changements induits par l’arrivée de la Lune, constitue le schéma que l’argument de la convergence considère comme significatif.
La tradition égyptienne du temps pré-lunaire est la moins développée des sources disponibles, apparaissant dans des contextes que les égyptologues qualifient de mythologiques plutôt que d’historiques. Le lien établi entre la pièce de la Lune Creuse et les dieux égyptiens de la tradition du Premier Temps fournit le contexte pertinent : la tradition égyptienne d’êtres arrivés avec la technologie et une mission civilisationnelle durant la période de Zep Tepi se rattache à une ère prédynastique dont la configuration astronomique était peut-être différente de la nôtre.
Ce que la planétologie nous apprend sur l’origine de la Lune
L’ hypothèse de l’impact géant est l’explication dominante de la formation de la Lune. Elle propose qu’il y a environ 4,5 milliards d’années, un corps de la taille de Mars, nommé Théia, a percuté la proto-Terre selon un angle précis, et que les débris de l’impact se sont agglomérés pour former la Lune sur une période de plusieurs milliers à plusieurs dizaines de milliers d’années.
Cette hypothèse présente plusieurs atouts : elle explique la densité relativement faible de la Lune, compatible avec une composition issue du manteau terrestre plutôt que du noyau riche en fer de la Terre ; elle explique les caractéristiques orbitales de la Lune ; et elle explique la similarité générale entre les matériaux lunaires et terrestres.
Elle présente des problèmes spécifiques documentés que la communauté des sciences planétaires s’efforce activement de résoudre.
Le problème majeur réside dans la similarité de composition isotopique entre les matériaux lunaires et terrestres. Les différents corps du système solaire se sont formés à partir de matériaux présentant des signatures isotopiques légèrement différentes, reflétant le mélange spécifique de matériaux présolaires et de produits de nucléosynthèse stellaire qui se sont condensés dans différentes régions du disque protoplanétaire. La Terre et la Lune présentent un degré de similarité isotopique exceptionnellement élevé, notamment pour l’oxygène, le tungstène, le silicium et d’autres éléments dont les rapports isotopiques sont généralement utilisés pour distinguer les corps provenant de différentes parties du système solaire.
Si Théia provenait d’une autre partie du système solaire, comme le suppose l’hypothèse de l’impact géant, sa signature isotopique aurait dû être différente et se refléter dans la composition de la Lune. Or, la composition de la Lune est presque identique à celle de la Terre. C’est ce paradoxe isotopique que plusieurs équipes de recherche ont tenté de résoudre en proposant des modifications au modèle standard de l’impact géant.
Les modifications proposées incluent des scénarios où Théia se serait formée dans la même zone orbitale que la Terre, ce qui expliquerait sa similarité isotopique. Elles incluent également des scénarios où l’impact aurait été plus énergétique que prévu par le modèle standard, vaporisant et mélangeant complètement la matière des deux corps avant leur recoalescence. Enfin, elles incluent des scénarios où l’impact aurait été nettement plus oblique, produisant une distribution initiale du disque différente.
Aucune de ces modifications n’a permis de résoudre simultanément toutes les anomalies de composition. L’origine de la Lune demeure la question la plus débattue en planétologie, et sa résolution n’est pas considérée comme définitive. Science
C’est dans ce contexte que s’inscrivent les traditions prélunaires et les anomalies physiques de la Lune creuse, au sein de la planétologie dominante. L’origine de la Lune est sujette à controverse. Ses propriétés physiques présentent des anomalies, comme le démontre le document relatif à la Lune creuse. Plusieurs traditions anciennes et indépendantes décrivent son apparition dans la mémoire collective.
Les trois éléments de preuve sont indépendants. Ils convergent vers la même conclusion : l’explication classique de l’origine de la Lune est incomplète.
Le Dryas récent et sa chronologie
Les traditions prélunaires qui fournissent une datation précise situent l’apparition de la Lune il y a environ 9 000 à 10 000 ans. La tradition grecque de Proselene l’associe à la période des Pélasges, peuple préhellénique, que les découvertes archéologiques situent entre le IIIe et le VIIe millénaire avant notre ère. La tradition colombienne la situe également il y a environ 9 000 à 10 000 ans. La tradition de Tiwanaku, quant à elle, ne précise pas de date, mais relie le calendrier prélunaire à une période dont les paramètres astronomiques différaient des paramètres actuels.
La période géologique associée à ces dates est la transition du Dryas récent au début de l’Holocène, il y a environ 11 700 ans, et la période ultérieure du début de l’Holocène, marquée par une montée rapide du niveau de la mer et des bouleversements civilisationnels, que les pièces sur les civilisations perdues et l’Atlantide de cette bibliothèque documentent du point de vue de ce qui a été perdu.
Les changements planétaires spécifiques qui résulteraient de la mise en orbite de la Lune à cette période sont calculables de manière générale. Les forces de marée immédiatement après un tel ajout au système Terre-Lune seraient considérablement plus importantes que les forces de marée actuelles, car le processus de stabilisation orbitale prendrait du temps.
Ces importantes forces de marée, dans la période suivant immédiatement la mise en orbite, pourraient être à l’origine des récits de déluge qui apparaissent dans le monde entier après le Dryas récent.
Les récits de déluge spécifiques à cette période – le récit de l’Atlantide d’après Platon, le récit sumérien du déluge, le déluge de Noé et des dizaines de mémoires culturelles indépendantes de cette époque – pourraient refléter les conséquences des marées liées à l’insertion orbitale de la Lune à cette période.
Les preuves physiques concernant la Lune Creuse – la résonance de la cloche, les anomalies des cratères et la distribution des mascons – sont compatibles avec une structure artificielle. La chronologie des traditions prélunaires situe son arrivée à la même époque que les traditions du déluge universel. L’incapacité des sciences planétaires à expliquer pleinement la composition isotopique de la Lune par le modèle standard de l’impact géant laisse la question de son origine sans réponse.
La convergence de ces trois éléments de preuve indépendants – anomalie physique, tradition ancienne et incertitude des sciences planétaires – ne prouve pas que la Lune ait été placée artificiellement en orbite terrestre il y a environ dix mille ans. Elle établit que la question de l’origine de la Lune mérite d’être considérée comme une véritable question de recherche ouverte, et non comme un sujet tranché dont les seuls détails non résolus résideraient dans les subtilités du paradoxe isotopique du modèle de l’impact géant.
Les Présélénites et ce qu’ils savaient
Les Arcadiens, qui se nommaient eux-mêmes Proséléniens, affirmaient un fait historique précis : leur civilisation était antérieure à l’apparition de la Lune. Il ne s’agissait pas d’une affirmation mythologique concernant le temps cosmique, mais d’une revendication relative à la mémoire humaine d’un événement astronomique.
L’événement astronomique précis dont ils affirmaient se souvenir aurait été l’un des plus spectaculaires de l’histoire de la perception humaine : l’apparition d’un objet de la taille de la Lune dans un ciel où aucun objet de cette taille n’avait jamais été observé auparavant. Qu’il soit apparu sur plusieurs jours, quelques heures ou même du jour au lendemain, comme le suggère la tradition colombienne, son apparition aurait été visible par tous les êtres humains de la planète ayant accès à un ciel nocturne dégagé.
Les conséquences des marées, de l’atmosphère et de la gravité de cet événement auraient affecté tous les organismes terrestres. La tradition colombienne, qui décrit un rétrécissement général de l’univers après l’arrivée de la Lune, reflète une relation physique réelle : l’influence gravitationnelle de la Lune sur les forces de marée, la dynamique de rotation et la structure atmosphérique de la Terre aurait modifié les conditions de vie sur Terre.
Les traditions qui décrivent ce changement sont cohérentes dans cinq contextes culturels distincts. Le changement qu’elles décrivent est physiquement plausible, compte tenu de la position de la Lune sur son orbite. Les preuves physiques des propriétés anormales de la Lune suggèrent qu’il pourrait ne pas s’agir du corps formé naturellement par accrétion que décrit le modèle de l’impact géant.
Les Prosélènes se souvenaient d’un ciel sans Lune. Les planétologues n’ont pas expliqué l’origine de la Lune. Les preuves physiques suggèrent qu’elle ne correspond pas au modèle standard.
Trois conclusions indépendantes, issues de trois traditions de preuve indépendantes, convergent vers la même lacune dans la version officielle.
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