Pendant des décennies, les touristes se rendant au belvédère de Shiloh ou empruntant l’ancienne route vers Beth El ont rencontré le même problème : aucun hébergement pour la nuit.
Le gouvernement israélien a décidé dimanche de remédier à cette situation en approuvant un plan de 27 millions de shekels (environ 9 millions de dollars) visant à lever les obstacles à l’aménagement du territoire et à financer la construction d’hôtels en Judée-Samarie, a annoncé le ministère du Tourisme.
Le programme, piloté par le ministre du Tourisme, Haim Katz, alloue 7 millions de shekels (environ 2,3 millions de dollars) à l’avancement de la planification réglementaire des projets hôteliers entre 2026 et 2030, ainsi que 20 millions de shekels (environ 6,7 millions de dollars) sous forme de subventions directes aux entrepreneurs construisant, agrandissant ou transformant des établissements hôteliers. Ces subventions peuvent atteindre 28 % de l’investissement approuvé d’un projet, combinant une subvention de base de 20 % et une prime pouvant aller jusqu’à 8 % dans le cadre de l’obtention du permis de construire. Un comité nommé par le directeur général du ministère du Tourisme supervisera la distribution de ces fonds selon des modalités qui seront publiées ultérieurement.
Katz a présenté cette initiative comme une correction attendue depuis longtemps.
« Pour la première fois, nous allons mener une action globale qui combine planification, développement des infrastructures, création de zones hôtelières et un dispositif dédié pour encourager la construction », a déclaré le ministre dans un communiqué.
« Cela permettra de lever les obstacles, d’offrir une visibilité aux promoteurs et de jeter les bases d’une augmentation de l’offre de chambres d’hôtel, d’attirer les touristes et de dynamiser l’économie locale. »

Le ministère du Tourisme a identifié la pénurie de terrains constructibles pour les hôtels comme le principal obstacle à la croissance du tourisme dans la région. Dans le cadre de ce nouveau plan, le ministère élaborera des plans d’aménagement réglementaires pour les projets hôteliers et recensera les sites propices au développement ou à la commercialisation.
Les chiffres qui sous-tendent cette annonce révèlent l’ampleur du déficit que le gouvernement s’efforce de combler : seulement 115 millions de shekels environ (soit environ 38 millions de dollars) ont été investis dans les infrastructures touristiques de Judée-Samarie au cours de la dernière décennie, contre plus de 2 milliards de shekels (soit environ 666 millions de dollars) investis ailleurs dans le pays durant la même période.
La décision prise dimanche s’inscrit dans la continuité d’un programme approuvé en mai, qui a alloué 50 millions de shekels (environ 16,7 millions de dollars) aux infrastructures touristiques publiques, notamment aux sentiers de randonnée et aux sites historiques, dans la même région. Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a mené ce que les autorités qualifient d’expansion sans précédent de la présence israélienne en Judée-Samarie, approuvant la construction de dizaines de milliers de logements et la création de plusieurs dizaines de nouvelles localités au cours des trois dernières années et demie.
Pour les visiteurs qui ont traversé Hébron ou Shiloh en voiture lors d’une excursion d’une journée, sans pouvoir s’attarder suffisamment longtemps pour apprécier ce qu’ils voyaient, la pénurie de chambres d’hôtel a signifié avant tout une chose : plus de temps à passer sur place.
Près de quatre mille ans après que Dieu a donné la terre d’Israël à Abraham et à ses descendants, la décision du gouvernement de financer des hôtels à travers la Judée et la Samarie poursuit le même objectif : permettre aux gens de visiter le pays d’un bout à l’autre, plutôt que de simplement le traverser.
La Judée et la Samarie abritent certains des sites bibliques les plus importants, et le manque d’hébergement a longtemps contraint les visiteurs à les traverser rapidement.
Hébron, première capitale du roi David et lieu de sépulture des patriarches et matriarches, abrite la grotte de Machpelah, achetée par Abraham pour y enterrer Sarah (Genèse 23). Non loin de là, Tel Rumeida conserve les vestiges de l’ancienne Hébron.
Le Gush Etzion propose le Chemin des Patriarches, d’anciennes voies rituelles et des points de vue sur Jérusalem, ainsi que le spectacle son et lumière de Kfar Etzion qui retrace leur histoire.
Sur la route de Bethléem se trouve le tombeau de la matriarche Rachel, morte en donnant naissance à Benjamin et enterrée « sur le chemin d’Éphrata » (Genèse 35,19).
Plus au nord, trois ensembles de structures de pierre antiques en forme d’empreintes de pas, à Argaman, Yafit et Rimmonim, marquent, selon la tradition, le chemin emprunté par les Israélites après avoir traversé le Jourdain depuis la rive orientale.
Le mont Kabir offre une vue sur Sichem et le tombeau de Joseph, tandis que le mont Garizim et le mont Ebal, respectivement mont de la Bénédiction et mont des Malédictions, signalent l’emplacement de l’autel de Josué et préservent le souvenir de la communauté samaritaine, dont le musée se trouve au sommet du mont Garizim.
La route vers le nord longe également les Tombeaux des Fils d’Israël et le col de Mikmas, mentionnés dans le Livre de Samuel, pour se poursuivre jusqu’à Béthel, où Jacob rêva d’une échelle atteignant le ciel (Genèse 28:12), et jusqu’à l’antique Silo, qui abrita le Tabernacle pendant 369 ans avant la construction du Temple de Jérusalem.
Chacun de ces sites a attendu des générations que les infrastructures soient à la hauteur de son importance.
La décision du gouvernement de financer la construction d’hôtels en Judée-Samarie n’est pas qu’une simple mesure économique. Elle vise à lever une barrière artificielle entre les visiteurs et la terre que Dieu a ordonné à Abram de parcourir en long et en large.
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