Quatre milices locales à Gaza, armées et appuyées logistiquement par Israël, travaillent déjà à bâtir ce qu’elles appellent “New Gaza”, un projet destiné à remplacer le Hamas et à stabiliser la bande sous un contrôle indirect.
Alors que les négociateurs débattent de la question de savoir qui dirigera Gaza après la fin de la guerre, Israël façonne déjà une nouvelle réalité sur le terrain.
Ces dernières semaines, plusieurs milices tribales ont déclaré allégeance à Yasser Abu Shabab, le chef de clan qui se positionne comme le futur gouvernement de Gaza.
Ces groupes, dirigés par Hussam al-Astal, Rami Hallas et Ashraf al-Mansi, opèrent dans les zones encore sous supervision de Tsahal, au-delà de la ligne de retrait dite “jaune”.
Ils bénéficieraient d’un canal d’approvisionnement via Kerem Shalom, autorisé ou du moins toléré par les autorités israéliennes, pour recevoir armes légères, munitions et véhicules.
Dans un quartier du sud de Gaza, des installations médicales, une école et même une mosquée ont été construites ces derniers mois. Sur les réseaux sociaux, les habitants exhibent des liasses de billets, des smartphones flambant neufs et des motos tout-terrain importées.
Ce quartier est le quartier général des Forces populaires de Yasser Abou Shabab qui espère désormais, avec le soutien d’Israël, reprendre le contrôle de la bande de Gaza au Hamas.
Hassan Abu Shabab, un parent et ami d’enfance de Yasser, affirme que le recrutement de nouvelles milices au cours des dernières semaines a fait grossir les forces du groupe à travers Gaza jusqu’à environ 3 000 hommes.
Al-Astal, ancien membre d’une unité pro-Autorité palestinienne et fugitif du Hamas, explique ouvertement que son mouvement est coordonné “par un intermédiaire” avec les forces israéliennes, dans ce qu’il appelle une “zone verte”, autrement dit un secteur de non-agression mutuelle.
Sky News souligne aussi des liens possibles avec les Émirats arabes unis, certains véhicules et logos de la milice d’Abu Shabab étant identiques à ceux d’unités soutenues par Abou Dhabi au Yémen.
Enfin, un détail troublant : deux jours après la diffusion des entretiens, Jared Kushner a employé la même expression, “New Gaza”, pour décrire un futur plan de reconstruction concentré sur les zones pacifiées, en excluant toute aide aux zones contrôlées par le Hamas.
En résumé :
- – 4 milices locales anti-Hamas actives sur le terrain.
- – Indices de financement émirati.
- – Objectif : créer une “Nouvelle Gaza” démilitarisée et administrée localement sous parapluie israélien.
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