Les djeddars sont des tombeaux funéraires datant d’avant l’Islam. Ils sont au nombre de treize et sont localisés non loin de Frenda, au sud-ouest de Tiaret, sur le djebel Lakhdar. Par leur aspect, pyramides à gradins, ils sont similaires au medracen de Batna et au tombeau royal de la Maurétanie à Tipaza.

Le Tombeau Imedghassen, monument funéraire, se trouve dans la Wilaya de Batna (Commune de Boumia, à environ 40 km au nord-est de la ville de Batna). C’est un Mausolée numide de marque berbère avec des influences puniques et grecques. Il appartenait aux rois Massyles prédécesseurs de Massinissa et remonte au III° siècle avant J.C. A proximité se trouve une nécropole sur une distance de 2 km et une dizaine de tumulus.


Il est inscrit sur la Liste indicative du Patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2002, en tant que partie de l’ensemble « les mausolées royaux de Numidie, de la Maurétanie et les monuments funéraires préislamiques ».

Les djeddars de Frenda

Seuls trois des 13 tombeaux existant jadis résistent toujours au temps, tandis que les autres ne sont qu’amas de pierres et murs tombant en ruine, ce qui leur a valu l’appellation d’ »Ajdar », signifiant en berbère « les murs ».

Les monuments ont été fouillés dans les années 1970 par l’archéologue Fatima Kadra, décédée à l’âge de 73 ans, qui a été d’un grand apport pour les faire connaître.

Le plus ancien document se rapportant aux Djeddars est un récit d’Ibn Rakik, historien arabe de la fin du Xème siècle qui vécut sous la dynastie Ziride son témoignage précieux est rapporté par Abderrahmane Ibn Khaldoun : « Ibn-er-Rakik rapporte qu’El-Mansour rencontra dans une expédition des monuments anciens, auprès des châteaux qui s’élèvent sur les Trois Montagnes (les Djeddars).

Ces monuments étaient en pierre de taille, et vus de loin, ils présentaient l’aspect de tombeaux en dos d’âne. Sur une pierre de ces ruines, il découvrit une inscription dont on lui fournit l’interprétation suivante : Je suis Soleiman le Serdéghos. Les habitants de cette ville s’étant révoltés, le roi m’envoya contre eux; et Dieu m’ayant permis de les vaincre, j’ai fait élever ce monument pour éterniser mon souvenir ». Serdéghos est une altération du mot grec Stratégos. »

Les quelques gravures qui ornent les façades internes et externes des tombeaux représentent souvent des animaux, outre des formes géométriques au dessus des entrées, qui racontent l’histoire des premiers occupants de cette région et de leurs rois, enterrés dans ces tombeaux sacrés.

Une forte odeur d’ambre, parfum très prisé par les habitants de la région, embaume les lieux, réveillant les sens des visiteurs, attirés par l’étrangeté du site, avec ses passages exigus et ses chambres funéraires qui laissent l’imagination errer sur les rites mortuaires d’antan.

Pyramides d’Algérie de Mohamed Balhi

Après Tibhirine L’enlèvement des moines (2002), Zaatcha 1849 : l’insurrection des Ziban (2015), Les Phares d’Algérie (2016), Mohamed Balhi, journaliste, auteur et grand passionné d’histoire, nous invite à découvrir son nouvel ouvrage Les Pyramides d’Algérie paru aux éditions Anep.

Ce beau livre réalisé avec le photographe Nacer Ouadahi a été présenté dans l’après midi de mardi dernier à la librairie Chaib Dzair de l’Anep à Alger. Devant un public recueilli et attentif, Mohamed Balhi a d’emblée expliqué que ce qui l’a poussé à réaliser cet ouvrage, c’est de dire aux Algériens et au monde que l’Algérie est riche en histoire et en vestiges. D’où, l’utilité de ce beau livre qui propose à un large public, une vue d’ensemble, par la photo et le texte, sur les monuments funéraires numides, situés dans un vaste territoire de l’Algérie et qui restituent ainsi une dimension un peu inconnue de notre patrimoine architectural et culturel algérien.


En revenant sur l’histoire de ces pyramides qui remontent pour les plus anciennes, au III siècle avant JC, le conférencier s’est étalé sur la dimension historique et l’influence civilisationnelle qui ont engendré la construction de ces pyramides.


«À côté des gravures rupestres du Tassili N’Ajjer au sud de l’Algérie, qui ont plus de cinq mille ans d’histoire et plus de profondeur que les pyramides d’Egypte qui ont quatre mille ans d’histoire, des chercheurs ont trouvé des tombeaux à enclos, sorte de petit cercle monté de pierres. On est alors ici dans les pratiques funéraires les plus anciennes car ces petits tombeaux à enclos sont un peu les ancêtres des mausolées. Et lorsqu’on avance dans l’histoire, on découvre alors d’autres pratiques funéraires propres aux pyramides d’Égypte…» indique Mohamed Balhi.

L’orateur dira aussi qu’il y’a eu quelques chercheurs, archéologues et historiens qui se sont penchés sur l’histoire des pyramides d’Algérie mais qui ont pour certaines, dont Gabriel Camps, refusé de donner le nom de pyramides à ces monuments funéraires à cause entre autres des appellations locales de ces monuments et de leur architecture.


« Les pyramides des Djedars en nombre de 13 (à Frenda à Tiaret), sont appelé Bazinas… Le tombeau royal maurétanien (à Tipaza) est aussi appelé à tord, selon l’appellation autochtone, Tombeau de la chrétienne. Ici, ce titre est faux car à l’époque, on disait «Qber Erroumia» pour dire le tombeau de la romaine et non de la chrétienne…», dira Mohamed Balhi.

Et de renchérir cela dit, les plus grandes difficultés éprouvées par les archéologues et les historiens depuis les premières fouilles effectuées en Algérie, étaient de cerner les noms des monarques et dynasties pour lesquels ces monuments funéraires ont été érigés.

Malgré toutes les expertises, théories et approximation, des zones d’ombre subsistent…Massinissa a-t-il bien été enterré au Khroub (Constantine) dans le mausolée qui porte son nom ? Par qui et pour qui a été construit le mausolée royal de Maurétanie ?

Que représentent les Djedars?

La certitude est que ces monuments funéraires numides, d’époque tardive, de par leur architecture, ont une touche locale et ils en imposent, ils sont le bien de tous et font partie du patrimoine de l’humanité classé par l’Unesco a t-il souligné.

Énigmes historiques…

Par ailleurs, Mohamed Balhi dira que ce qui est aussi bouleversant, c’est que tous ces monuments funéraires, sont entourés de mythes fondateurs.

«À l’instar du mausolée de la reine berbère Tin Hinan à Tamanrasset. Alors qu’aujourd’hui, des scientifiques se posent réellement des interrogations sur le squelette trouvé à l’intérieur du mausolée… Dans ce cas là, allez dire à un targui que ce n’est pas le mausolée de Tin Hinan ! Celui du roi berbère Syphax à Sig dans l’ouest algérien est aussi à confirmer. Et, bien qu’il appartienne à la grande histoire, ce personnage reste inconnu en Algérie…» s’est -il interrogé.

En outre, l’auteur dira aussi que les numides n’étaient pas des barbares mais qu’ils avaient leur propre culture au contact des civilisations punique et grecque. Seulement, le but de la construction des mausolées funéraires est resté une énigme (pour qui? et par qui).

Tipasa, Algérie : la tombe de l’ancienne pyramide chrétienne.

Pyramide de Lejdar

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