Mystères

La destruction terrestre suscite des aspirations extraterrestres

par Avi Loeb

La semaine dernière, j’ai visité en famille la vieille ville de Jérusalem, construite dans l’Antiquité par notre civilisation.

Cette visite s’est avérée une leçon d’histoire opportune, car ces six derniers mois, j’ai consacré mon attention à l’hypothèse que l’objet interstellaire 3I/ATLAS ait pu être construit par une autre civilisation.

Ce qui m’a particulièrement frappé, c’est une image de l’arche de Robinson, vestige de la ville. Celle-ci soutenait un escalier reliant une rue de Jérusalem du Ier siècle au Mont du Temple, près de l’extrémité sud de son mur de soutènement occidental.


Pierres du mur occidental du Second Temple de Jérusalem, projetées sur la rue en contrebas par des béliers romains le 9 Av 70 apr. J.-C. Cette rue du Ier siècle se situe au pied du Mont du Temple, à l’angle où se rejoignaient les murs occidental et sud du Temple.

Découverte en 1838, l’arche porte le nom de son découvreur, le chercheur américain Edward Robinson. Sous l’arche, j’ai aperçu des pierres brisées du Mur occidental, projetées dans la rue par les béliers des soldats romains le 9 Av (juillet-août) de l’an 70 de notre ère. Certaines de ces pierres sont noircies par l’incendie qui ravagea le Second Temple.

Au musée d’Israël, une maquette de la vieille ville de Jérusalem reconstituée présente le Second Temple dans toute sa splendeur après sa rénovation achevée par le roi juif romain Hérode le Grand en 18 après J.-C., à peu près à l’époque où Jésus commença à prêcher en tant que jeune Juif.

Maquette du Mont du Temple dans la maquette de Jérusalem , représentant le Second Temple dans la maquette de la Vieille Ville de Jérusalem. Conçue par l’archéologue Michael Avi-Yonah à partir de données archéologiques et de sources anciennes, cette maquette est conservée au Musée d’Israël à Jérusalem.

Le Temple rénové n’a subsisté que 52 ans. Sans entrer dans le détail des erreurs politiques et stratégiques qui ont conduit à sa destruction, un observateur extérieur ne peut rester insensible à la perte de ces trésors culturels : livres, œuvres d’art et savoir. Leur destruction a transformé à jamais l’histoire du judaïsme et du christianisme.

Mais comme on le voit souvent sur les réseaux sociaux, la destruction des trésors culturels des uns est un motif de réjouissance pour les autres.


Les forces romaines menées par Titus assiégèrent Jérusalem, la capitale juive. Un an après les destructions qu’ils infligèrent, l’empereur romain Vespasien et son fils Titus ont célébré leur victoire avec un événement trimphal à Rome, défilé des butins du temple — y compris le la Menorah— aux côtés de centaines de captifs. Des monuments tels que l’Arc de Titus ont été érigées pour commémorer la victoire militaire.

Si des vestiges archéologiques du Temple reposent sous terre, je suis très curieux de savoir si le Saint des Saints – où la présence divine aurait été ressentie – abritait un émetteur technologique permettant de communiquer avec une entité extraterrestre surhumaine.

Cependant, un tel vestige, s’il a existé, a probablement été détruit par le feu.

L’histoire de l’humanité est jalonnée de cycles alternés de construction et de destruction, laissant des blessures parfois inguérissables.

Il est bien plus facile de détruire que de construire. Ainsi, la destruction des trésors culturels témoigne d’un manque d’intelligence. Si les humains avaient coopéré au lieu de détruire, ils auraient atteint des sommets. Cette lacune est d’autant plus criante que toutes les constructions sur Terre seront un jour englouties et anéanties par l’enveloppe solaire dans 7,6 milliards d’années, telles des châteaux de sable emportés par l’océan.

Si nous souhaitons laisser une trace indélébile dans l’histoire, nous ferions mieux de quitter la Terre plutôt que de nous battre à sa surface avant notre inévitable fin du monde par manque d’intelligence…

Les cicatrices de l’histoire tragique de l’humanité sont marquées par des pierres noircies par les incendies qui ont consumé des livres où était consignée la sagesse des générations passées.

Souvent, les conflits historiques portaient sur le contrôle politique des terres. Mais la réalité que l’humanité a maintes fois ignorée est que la majeure partie de ces terres se trouve sur des 10²⁰ planètes analogues à la Terre, au sein du volume observable de l’Univers.

Certes, nombre d’habitants de ces exoplanètes ont connu, comme nous autres Terriens, des cycles de destruction. Mais ce ne sont pas ceux-là dont on se souviendra dans les livres d’histoire cosmique, qui retraceront les 13,8 milliards d’années écoulées.

Avi Loeb


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