Conscience

Différence entre langage, pensée et conscience

La pensée a-t-elle son propre langage ?

Le langage suppose un contexte non exprimé et lié à celui qui parle ou écrit. Ce contexte est lié à ses intentions, à son expérience de vie, à sa nature humaine ou autre, à la raison pour laquelle il s’exprime, etc. Or ces éléments sont absents dans le langage ou se manifestent, par exemple durant une conversation, pour en modifier le contexte qui va orienter la suite du contenu de la communication.

La pensée suppose une conscience qui contient de manière sous-jacente, c’est-à-dire généralement inconsciente, tous les éléments pouvant modeler le contexte. Cette conscience peut impliquer l’expérience d’une vie entière, voire de multiples vies qui font acquérir une expérience susceptible de faire émerger des connaissances ou talents qui orientent le contexte.

Or nous avons été éduqués dans un paradigme rationaliste qui nous a fait croire que l’utilisation du langage pouvait refléter exactement le contenu de notre pensée, en oubliant le contexte.

C’est la raison pour laquelle nous sommes fascinés par une intelligence artificielle qui est capable de remplacer cet indispensable contexte par la somme de tout ce qu’elle a pu digérer du web, pour le dire simplement. Car vu notre oubli de notre propre contexte, elle ne peut que donner l’impression de nous dépasser.

Mais qui, à part des fact-checkers soumis dans le meilleur des cas au consensus global et dans le pire des cas à une manipulation humaine, aimerait penser que son intelligence devrait se soumettre à ce consensus ou à ces fact-checkers ?

Si vous en êtes, c’est que vous avez confondu par votre éducation le rationalisme du langage mathématique des sciences dures, qui n’a pas besoin de contexte puisqu’il repose sur un cadre bien établi, avec la rationalité de la pensée humaine s’exprimant au travers du langage. Et que vous avez en plus gobé le cadre établi, qui ne repose pourtant que sur des dogmes qui sont par dessus le marché tous faux.

Alors allez-y, continuez de faire confiance aux IA pour mener votre vie, car nous sommes très nombreux à avoir envie de vous voir faire votre expérience depuis nos gradins

Philippe Guillemant

Comment nos idées, nos perceptions et nos affects s’articulent-ils pour produire une pensée ? Pour répondre à cette question, chercheurs et philosophes étudient l’hypothèse d’un langage de la pensée. Explications avec Isabelle Dautriche, psycholinguiste.

Question : Vous êtes intervenue au workshop consacré à « l’hypothèse du langage de la pensée », organisé à Nantes du 11 au 13 juillet 2023. Pouvez-vous nous préciser en quoi consiste cette hypothèse ?

Cette théorie est née dans le sillage de recherches plus fondamentales sur la pensée : quel est le format de notre pensée ? Comment nos idées s’articulent-elles les unes aux autres et produisent-elles du sens ? Il est d’autant plus difficile de répondre à ces questions que notre pensée semble spontanément évanescente et insaisissable. Pour l’étudier et faire des expériences, on gagne à avoir une meilleure idée de sa forme et de sa nature.

Des chercheurs en philosophie de l’esprit et en sciences cognitives ont donc postulé qu’elle aurait une structure analogue à celle du langage : de même que ce dernier utilise des mots et des phrases pour exprimer le sens, ce serait un système combinatoire basé sur des symboles et des règles pour représenter et manipuler du contenu mental.


Voilà ce qu’on appelle l’hypothèse du « langage de la pensée » (« language of thought » en anglais). L’enjeu est de vérifier quelles sont les forces et les limites de cette hypothèse, et si elle nous aide à mieux comprendre le fonctionnement de l’esprit humain.

Question : Pourriez-vous donner un exemple de fonctionnement qui serait commun au langage et à la pensée ?

Prenez une phrase simple, par exemple « un chat noir et poilu ». Dans cette proposition, je mobilise des notions élémentaires (« noir », « poilu ») et je les ordonne en respectant certaines règles linguistiques pour vous communiquer l’idée d’un « chat » en particulier.

Je peux répéter cette opération à l’infini et transmettre des informations de plus en plus complexes : « un chat noir et poilu qui dormait dans un panier… ». Je peux aussi utiliser les mêmes éléments dans d’autres phrases, et ainsi leur donner différents sens : « un panier noir recouvert de poils de chat ». C’est un peu comme un jeu de Lego.

En linguistique, c’est ce qu’on appelle la compositionalité : le sens d’une expression est formé à partir du sens des mots individuels qui la composent et de leur ordre.


Dans l’hypothèse, on envisage que la pensée a un fonctionnement analogue, dit « combinatoire ». Le cerveau utiliserait des représentations mentales simples, comme les briques de notre jeu de Lego, pour composer une infinité d’idées complexes. De ce point de vue, étudier les règles de composition du langage – qui a le mérite d’être plus immédiatement accessible que la pensée – permettrait de comprendre comment fait notre esprit.

Question : Quelles représentations mentales notre pensée mobilise-t-elle, si ce ne sont pas de mots ?

Cela reste un mystère. On peut supposer qu’il s’agisse de concepts, d’intuitions, d’images, d’autres types de représentations sensorielles (sons, sensations…). On soupçonne toutefois que la pensée utilise nécessairement certaines formes de catégorisation. Si je songe à « une maison » par exemple, le concept inclut généralement les propriétés de « toit », de « portes », de « fenêtres »… Et à l’inverse, la notion « d’habitation » peut contenir celle de « maison », mais aussi d’« appartement », de « location » ou de « bien de propriété », etc.

Il semble que notre pensée articule ainsi des ensembles et sous-ensembles, différents niveaux de généralité et de spécificité, afin de définir les concepts qu’elle emploie. Ce versant est le plus facile à comprendre, car il correspond à notre usage du langage.

Néanmoins, certaines activités du cerveau semblent mobiliser des représentations mentales d’un autre type, qu’on dira « non symboliques ». C’est le cas de tout ce qui a trait à l’orientation dans l’espace par exemple : situer le haut, le bas, évaluer une distance… On s’interroge aussi sur certaines sensations ou émotions : lorsque vous regardez un tableau, écoutez un air musique… Vous ressentez quelque chose de plus qu’une simple perception, ce que les philosophes de l’esprit appellent un « qualia ». Mieux comprendre la nature et le rôle de ces représentations mentales fait partie des points à éclaircir.

Question : Quelles sont les forces de cette théorie ?

Le principal avantage est de pouvoir expliquer simplement comment la pensée humaine parvient à générer une infinité d’idées, pouvant être d’une immense complexité. Dans le langage, on constate qu’un ensemble fini de symboles et de règles permet de communiquer des informations de toute sorte sur n’importe quel sujet. De la même façon, penser consisterait à construire des représentations mentales à partir de règles génératives, de sorte qu’on puisse produire une gamme illimitée de pensées et d’idées.

L’existence de règles expliquerait aussi que la pensée paraisse se conformer à une certaine systématicité – notre capacité à concevoir certaines pensées est intrinsèquement liée à notre capacité d’en comprendre d’autres. Par exemple, il est impossible de concevoir que « Anna aime Lisa » sans être aussi capable de concevoir que « Lisa aime Anna ».

Le langage de la pensée offre également un moyen de comprendre la rationalité humaine et les capacités de raisonnement. En postulant un système symbolique structuré, il suggère que la pensée rationnelle implique la manipulation des représentations mentales selon des règles logiques. Enfin, l’hypothèse LoT permettrait de mieux comprendre le développement des facultés cognitives chez les enfants. En particulier, l’acquisition du langage et d’autres systèmes symboliques prendrait appui sur un système plus fondamental de représentations mentales. Cela expliquerait notamment que certaines façons de parler et de penser semblent acquises de façon connexe.

Question : Comporte-t-elle aussi des limites ou des angles morts ?

Il existe des théories alternatives, tout simplement. Les modèles connexionnistes par exemple partent du principe que toute notre activité mentale résulte d’interactions entre des réseaux de neurones. Ses partisans n’ont pas besoin de faire appel à un système symbolique pour expliquer nos facultés cognitives. Ces explications alternatives trouvent leur force dans l’absence de définition et de preuves empiriques du langage de la pensée. Comment le décrire ?

De quoi serait-il fait exactement ? J’ai parlé d’un système symbolique combinatoire, mais c’est une expression volontairement vague, un concept général qui doit encore faire l’objet de recherches pour être mieux défini.

Sous-régions fonctionnelles du lobe frontal du cerveau. Le lobe frontal construit et contrôle nos comportements les plus complexes tels que la prise de décision, la créativité et le raisonnement par analogie, la génération des comportements volontaires et l’organisation du langage.

À cet égard, le colloque 2023 s’est avéré particulièrement intéressant : trois philosophes – Jake Quilty-Dunn, Nicolas Porot et Eric Mandelbaum – ont présenté les conclusions d’un travail sur les propriétés que devrait nécessairement posséder un tel langage de la pensée. Il devrait par exemple comprendre des constituants discrets (dans « c’est un objet rose », le prédicat « rose » peut être supprimé sans qu’aucun autre constituant ne soit supprimé), des opérateurs logiques (« si », « alors », « ou »…), ou encore une indépendance des rôles (dans « John aime Marie et Marie aime John », il y a un agent qui ne dépend pas de Marie ni de John). Cette réflexion stimulante a suscité de nombreuses discussions tout au long du colloque.

Question : Le mystère est-il donc levé ?

Pas tout à fait malheureusement. Une difficulté importante tient par exemple au fait que certaines opérations et représentations mentales ne semblent exister que lorsque le langage est en place. Le chercheur en sciences cognitives Jean-Remy Hochmann a notamment montré que les bébés n’ont pas un concept abstrait(link is external) pour « différent » et « identique ».

Autant ils arrivent à percevoir que deux objets, comme une banane et un biberon, sont différents (ou identiques dans le cas de deux bananes), autant ils ne perçoivent pas qu’ils sont différents au même titre qu’une pomme et un chat. Il semble nécessaire qu’ils aient acquis des mots leur permettant d’exprimer cette différence, comme « pareil » ou « différent ». Ce constat est une limitation forte à l’existence d’un système de pensée qui serait à l’origine du langage, puisque son développement semble dépendre du langage en l’occurrence.

Question : En tant que spécialiste d’acquisition du langage, quels aspects de l’hypothèse LoT vous intéressent particulièrement ?

Dans mes travaux, j’étudie comment certaines propriétés du langage découlent de notre cognition. Je réalise des expériences avec des bébés et des primates non humains, pour comprendre quelles représentations mentales existent en l’absence de langage.

J’étudie par exemple des babouins de Guinée, à qui on fait apprendre un symbole visuel similaire à la négation, pour vérifier s’il leur est possible de maîtriser cette notion en l’absence d’un langage similaire au nôtre. Grâce à cette étude et à son homologue chez les bébés humains, on a pu mettre en évidence que les babouins peuvent apprendre un symbole de négation et le lier à un autre symbole (« bleu ») pour former un symbole plus complexe (« pas bleu »).

C’est un résultat important car il montre que non seulement les babouins aurait des concepts pour certains opérateurs logiques (« ou », « et », « si, alors »…), mais aussi qu’ils peuvent les combiner. Autrement dit, ils ont un système mental compositionnel. Il reste encore beaucoup de travail pour mieux comprendre les similarités et les différences du langage de la pensée chez différentes espèces et à différents stades de développement.

CNRS

Mon expérience de canal, m’a fait comprendre qu’il existe tout simplement des notions extrêmement complexes que nous pouvons recevoir en conscience, sans pouvoir les matérialiser en pensée.

Nous ne sommes pas capables, pour l’instant, de penser ces notions étrangères à notre réalité, ce qui implique que nous oublions 90% de l’expérience de canalisation, pour n’en délivrer que 10%. Et c’est une grand chance pour nous, de pouvoir oublier, car même si nous oublions, nous en gardons un souvenir diffus et prêt à resurgir au moindre signe.

Ceci pour expliquer que dans la pratique, qui défie toutes les lois exprimées par les philosophes et les scientifiques, il y a une grande différence entre la conscience et la pensée.

Ainsi ce n’est pas la pensée qui possède son propre langage, c’est la conscience… Et la pensée ne comprend pas toujours,  le langage de la conscience.

Croire que nous pouvons penser tout ce que notre conscience peut capter est une grosse erreur. Nous sommes limités en pensée à ce que nous connaissons, mais nous ne sommes pas limités en conscience.

Dans la tradition hébraïque, on dit que la prophétie vient du Roua’h Hakodesh (Esprit de Sainteté, inspiration divine), et il y a plusieurs niveaux de mise à l’œuvre et de dévoilement de cette inspiration divine qui peut apparaître sous différentes formes, marquant la progression vers le niveau le plus élevé qui est la prophétie.

La prophétie nécessite un développement de l’imaginaire : Imaginez l’inimaginable nous disent les Hathor…

Le rôle de l’imaginaire est de faire des analogies entre le monde abstrait et le monde concret, il est l’intermédiaire entre le monde matériel et l’univers de la sensibilité, et fonctionne dans les deux sens : on pense à un concept abstrait et on le traduit en images, ou bien on voit un objet et on en crée une représentation abstraite. Quand l’imaginaire est suffisamment purifié, il constitue une base prête à recevoir la prophétie.

Milena@Or


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