Aimé Michel, décédé en 1992, était certainement le chercheur ufologique français le plus marquant et un pionnier dans ce domaine.

Au début des années 1950, il a écrit le deuxième livre français sur le sujet, Lueurs sur les soucoupes volantes (publié plus tard en anglais sous le titre The Truth About Flying Saucers par Criterion Books, NY). Il était le seul à avoir réussi à mettre un peu de rationalité dans l’irrationalité qu’est le phénomène OVNI.


Aimé Michel dans les années 50.

En 1954, il a 35 ans et travaille à la Radiotélévision française. Depuis fin août, la France était littéralement envahie par des « soucoupes volantes ». Chaque jour, ils faisaient les gros titres de la presse quotidienne. Par exemple, le cas classique de Vernon près de Paris le 23 août où l’un des témoins, Bernard Miserey, a observé un énorme objet en forme de cigare rouge-orange libérant plusieurs petits engins lumineux au-dessus de la Seine ; ou le cas bien connu de l’atterrissage d’un OVNI en forme de cloche avec deux petites entités aux allures de cosmonautes vécu par Marius Dewilde le 10 septembre à Quarouble dans le nord de la France, pour n’en citer que deux.

Un jour d’automne 1954 lors d’un dîner, son ami Jean Cocteau (1889-1963), qui avait lu son premier livre La vérité sur les soucoupes volantes, lui donna le conseil suivant :

« Vous devriez chercher si toutes ces soucoupes volantes n’ont pas obéi à un ordre que nos yeux, à première vue, ne pouvaient soupçonner. Il faudrait voir si ces objets se déplacent le long de certaines lignes , s’ils décrivent des dessins, ou quoi que ce soit ? Vous pourriez voir, par exemple, s’il y a des coïncidences entre leurs itinéraires et les lignes magnétiques terrestres , ou d’autres lignes ayant une signification possible.

Le mot était lâché : « lignes… » Et il devait conduire Aimé Michel vers sa principale contribution à l’ufologie, l’« orthoténie ». Michel a commencé à tracer sur de grandes cartes Michelin de France toutes les observations de la vague de 1954. Des figures tout à fait inattendues en forme de toile d’araignée sont apparues. Dans une émission sur les ovnis, diffusée à la télévision française en 1965, il a fait allusion à l’un des « alignements » les plus déroutants qu’il ait découverts.

« Et ce faisant, j’ai trouvé des choses plutôt surprenantes. Par exemple, le 24 septembre 1954 il y avait… neuf observations qui m’avaient été rapportées, que j’avais trouvées dans la presse ou qui m’avaient été envoyées par des correspondants. Ces neuf observations ont été localisées respectivement à Lantefontaine en Lorraine, à Langeac, au Puy dans le Massif Central puis à Vichy, à Gelles, à Ussel, à Tulle, à Lencouacq et à Bayonne. Tout cela dans le quart sud-ouest de la France. Pourtant… on se rend compte que sur neuf il y en a… six qui sont strictement alignés… et quand je dis « aligné », il ne faut pas supposer que c’est un alignement approximatif, pas du tout, c’est quelque chose d’extraordinairement précis.

L’alignement orthoténique Bayonne-Vichy. Extrait de la première édition de 1958 du livre de Michel Mystérieux Objets Célestes publié par la maison d’édition respectée Arthaud. Dessin de Jean Latappy.

Il rapporte toutes ses découvertes dans son deuxième livre sur les ovnis, Mystérieux Objets Célestes (Flying Saucers and the Straight-Line Mystery , Criterion Books, NY), publié en 1958, qui traite exclusivement de la grande vague ovni française de 1954.

Le mot, « orthoténique », inventé par Michel, est dérivé de l’adjectif grec « orthos », qui signifie droit. Suivant la ligne de pensée de Cocteau, il avait en effet mis en lumière la tendance des observations d’OVNI à tomber en plusieurs lignes droites sur une période d’environ 24 heures. Le livre comprenait de belles cartes (certaines dépliables) détaillant les motifs quotidiens d’entrecroisement des lignes. Régulièrement là où ces lignes orthoténiques se croisaient, un gros OVNI vertical en forme de cigare, certains diraient un « vaisseau mère », était observé.

Les ufologues d’aujourd’hui ne peuvent imaginer la révolution que ce fut, non seulement en France mais partout dans le monde. Enfin on commença à trouver un « ordre » hors de ce festival d’absurdité… Les lois de l’orthoténie étaient nées et chaque ufologue aurait sa carte dans sa chambre essayant de trouver de nouveaux « alignements » ou de confirmer ceux déjà découverts comme le fameux 24 Septembre 1954 Ligne Bayonne-Vichy (BAVIC) avec ses 6 observations.

Puis quelques années plus tard sont arrivés les briseurs de rêves. C’est l’informaticien et ufologue Jacques Vallée qui le premier a commencé à saper la théorie de son « ami » Aimé Michel.

À partir d’analyses utilisant des ordinateurs, il a conclu que « parmi les alignements proposés, la grande majorité, sinon la totalité, doit être attribuée au pur hasard ». (Vallee, Challenge to Science , Henry Regnery Co., Chicago, 1966). Puis un autre compatriote, l’ufologue Jean Sider, des années plus tard, dans son livre Le dossier de 1954 et l’imposture rationaliste (éd. Ramuel), a mis le dernier clou sur le cercueil, suggérant que Michel s’était trompé sur certaines de ses dates.

Dans son livre de 2000, UFOs: The Mechanisms of Disinformation ( Ovni: Les mécanismes d’une désinformation , éd. Albin Michel) un ami de Michel, le grand astronome professionnel et astrophysicien Pierre Guérin (1926-2000), qui prônait une extra- d’origine terrestre pour les ovnis, a écrit ceci :


« Dire qu’Aimé Michel a pris de bon cœur l’échec de l’orthoténie [concept], qui était sa découverte et sur laquelle il s’était pleinement engagé, serait un mensonge. Il ne l’accepta qu’avec réticence et amertume. C’était un sujet dont il n’aimait pas parler. Mais, néanmoins, un hommage mérité doit être rendu à ce penseur pour avoir tenté une approche scientifique impersonnelle du problème des ovnis.

Illustration des observations de 1952 à Oloron et Gaillac, France, dans Lueurs sur les soucoupes volantes de Michel (éd. Mame, 1954). Dessin de Jean Latappy.

Parmi les autres contributions à l’Ufologie, Michel a été le premier à évoquer de nombreux cas désormais « classiques » comme les fameuses observations de « soucoupe volante-cheveux d’ange » d’Oloron et Gaillac en 1952, ou, la même année, l’affaire de l’aéroport de Marignane, le premier cas de débarquement signalé en France.

En ce qui me concerne, je me souviens de lui comme étant la première personne à s’être intéressée et à publier les photos d’OVNI prises près du lac Chauvet, en plein centre de la France.


Cette observation remarquable a été faite par un ingénieur électricien, André Frégnale, le 18 juillet 1952, à 18h10. En regardant vers le sud, il a remarqué dans le ciel un objet en forme de disque venant de l’ouest. La trajectoire était « horizontale et rectiligne », la vitesse linéaire « uniforme » et la régularité du rythme « impressionnante ». L’objet se déplaçait dans un silence absolu. Frégnale saisit l’appareil photo qu’il avait avec lui, un Zeiss Ikon 24 x 36 équipé d’un objectif 45 mm, et prit quatre photos. Lorsque la « mystérieuse machine » fut trop loin pour être photographiée, il prit ses jumelles pour suivre l’objet qui s’éloignait, et le vit disparaître, presque aussitôt, comme s’il avait disparu sur place.

Au total, l’observation n’a pas duré plus d’une minute. En 1954, deux des quatre photos sont publiées pour la première fois dans le livre d’Aimé Michel La vérité sur les soucoupes volantes . Au fil des années, ces quatre photos ont été soigneusement analysées, notamment par Pierre Guérin dans son livre OVNI : Les mécanismes de la désinformation , qui avait définitivement exclu l’hypothèse d’un modèle ou d’un engin d’origine terrestre. Ainsi, à ce jour, l’objet reste non identifié.

Illustration de l’affaire de l’aéroport de Marignane en 1952 dans Lueurs sur les soucoupes volantes de Michel (éd. Mame, 1954). Dessin de Jean Latappy.

Déçu par la réaction de la communauté ufologique et probablement las de plusieurs coups de poignard dans le dos, Aimé Michel se concentrera plus tard moins sur l’énigme ovni. Il a écrit principalement sur la vie animale, la philosophie et la mystique, et je devrais dire la mystique catholique, par exemple dans de nombreux articles pour la revue France Catholique.

On sent dans ces articles l’influence de son ami Jean Cocteau. Chaque article est écrit avec beaucoup de style, se rapprochant un peu du style poétique. Aimé Michel était avant tout un poète écrivant en prose. Je définirais son livre Flying Saucers and the Straight-Line Mystery comme une œuvre de poète utilisant des outils scientifiques – une œuvre d’un homme « rayonnant d’intelligence », comme le disait Jean Cocteau à son sujet dans une lettre, qui « va toujours plus loin que le plus loin et ce sans le moindre flou ». C’est pourquoi ses livres sur les ovnis, et les soucoupes volantes et le mystère de la ligne droite en particulier, ne mourront pas ; on peut le lire pour le style de l’écriture, pour la poésie subtile qui l’imprègne, ainsi que pour la clarté alliée à la profondeur des idées exprimées.


Son troisième et dernier livre traitant des ovnis sort en 1969, Pour ou contre les soucoupes volantes ( Pour ou contre les soucoupes volantes ). Ce livre, publié aux éditions Berger-Levrault, a été co-écrit. Michel a écrit les 77 pages de la partie « Pour », et l’ingénieur aéronautique Georges Lehr, jouant le rôle du sceptique, les 75 pages de la partie « Contre ».

Aimé Michel est décédé à 73 ans dans son petit village de Saint-Vincent-les-Forts au pied des Alpes, où il est né et a vécu la plupart du temps. Amoureux de la nature et de la montagne, son tout premier livre en 1953, Montagnes héroïques , était en fait une histoire de l’alpinisme et de ses héros. Les « soucoupes volantes » n’étaient pas encore entrées dans sa vie.


Cet ouvrage fondamental traite des phénomènes physiques du mysticisme, des plus aberrants : lévitation, stigmates, bilbocations, etc., aux plus simples: effets psychosomatiques dus à des changements d’états de conscience aujourd’hui étudiés et pris en compte par la science. Car, des annales historiques qui nous rapportent que sainte Thérèse d’Avila ou saint Philippe de Méri lévitaient en hurlant devant des cours royales stupéfaites, aux laboratoires qui analysent les ondes alpha, béta, théta… du cerveau lors de la méditation, en passant par les innombrables témoignages sur la vie des mystiques à travers le monde, une seule et même question se pose : comment la quête métaphysique peut-elle créer des phénomènes et des faits qui transcendent, apparemment, les lois connues de la nature?

Ce livre passionnant y répond clairement, preuves à l’appui: il n’y a pas là dépassement mais accomplissement.

Warren P Aston


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