Cas de conscience

L’Europe face à une guerre civile – L’heure du choix

par Drieu Godefridi

À VienneLondresParisBerlinBruxelles et dans des dizaines d’autres villes européennes, des manifestations « de soutien à la Palestine » ont été organisées, avant même que les Israéliens n’émergent du choc causé le 7 octobre, par le pogrom djihadiste du Hamas, une milice terroriste soutenue par l’Iran.

Les Européens vont devoir faire l’impensable : appliquer réellement leurs lois. Si quelqu’un – musulman ou non– veut célébrer les pogroms djihadistes contre les juifs, eh bien, qu’il aille se réjouir en Iran ou au Qatar. Pas en Europe. Photo : manifestants anti-israéliens à Bruxelles, Belgique, le 15 octobre 2023. (Photo de Nicolas Maeterlinck/Belga Mag/AFP via Getty Images)

Ce soutien s’est manifesté alors que les cadavres de plus de 1 400 victimes israéliennes – torturées, violées, assassinées, mutilées, sans parler des bébés décapités ou brûlés vifs – étaient encore chauds. Selon le Jewish News Syndicate (JNS) :

« [L]’armée israélienne a publié lundi [23 octobre] deux extraits de l’interrogatoire des terroristes du Hamas qui ont participé au massacre.

« Le but de leur entrée sur le territoire israélien… était d’enlever des civils ; ils veulent avoir autant d’otages que possible, a révélé l’un des terroristes. Il a ajouté : ‘Ils [le Hamas] nous ont promis un appartement et 10 000 $ en échange de toute personne kidnappée’. »

Au cours de chacune de ces manifestations en Europe, des slogans haineux ont été proférés contre Israël et les Juifs.


À Bruxelles, des manifestants ont crié leur haine ; la volonté d’en découdre et la soif de sang étaient palpable. Je me suis retrouvé au milieu de 2 000 manifestants haineux, et près de moi un groupe d’une douzaine de jeunes Arabes a crié « Mort aux Juifs » et « Mort à Israël ». Ils échangeaient sourires complices et plaisanteries. L’un d’eux m’a ordonné d’arrêter de filmer. Ce que j’ai fait.

L’ancien secrétaire d’État américain Henry Kissinger a récemment expliqué que l’Europe avait commis une grave erreur en encourageant une immigration massive de populations qui rejettent en bloc ses normes, ses valeurs et sa « base constitutionnelle ». Il peinait à croire qu’à Berlin, en 2023, moins de 80 ans après l’Holocauste, des gens hurlent « Mort aux Juifs » en toute impunité dans les rues.

Dans les heures qui ont suivi la révélation de la boucherie commise par le Hamas, une vague de violences et d’attentats racistes a éclaté en Europe, notamment en France.

Contre les Arabes ou les Musulmans ? Pas du tout. Contre les Juifs, bien sûr.


En Europe, la haine et la violence persécutent toujours les Juifs. C’est ainsi que les Européens pro-Hamas ont célébré le pogrom djihadiste du 7 octobre.

Depuis 30 ans, les médias nous alertent sur les dangers encourus par les musulmans, en actes et en chiffres ; mais ce sont nos compatriotes juifs qui arrivent en tête des statistiques de violences et d’abus, loin devant les musulmans d’Europe. Déjà en 2015, dans The Atlantic, Jeffrey Goldberg s’inquiétait qu’« en 2014, les Juifs d’Europe soient assassinés, violés, battus, traqués, pourchassés, harcelés, couverts de crachats et pourchassés parce qu’ils sont juifs. »

Je ressens une certaine lassitude face à ceux qui renvoient les Israéliens et les Arabes dos à dos. Pas seulement la gauche européenne, qui ne cache même plus son antisémitisme. Mais la droite aussi qui, par lâcheté ou par ignorance, nous dit qu’Israël l’a bien cherché.

Examinons les faits : en 2005, face à l’impasse du processus de paix, Israël a expulsé de force 8 500 Juifs de la bande de Gaza et a détruit au bulldozer leurs maisons et communautés. Depuis, Gaza ne compte plus un seul israélien et ce territoire peut être considéré comme « libéré ».

Débarrassés de leurs juifs, les Arabes de Gaza avaient toute liberté de transformer cette belle terre de la côte méditerranéenne en « Singapour du Moyen-Orient ». Un groupe d’Américains a même rassemblé 14 millions de dollars pour le rachat des 3 000 serres appartenant aux Juifs expulsés et en a fait don à l’Autorité palestinienne (AP) pour que les habitants de Gaza puissent maintenir cette activité. En quelques jours, les serres ont été entièrement pillées et détruites.

En 2006, des élections ont eu lieu à Gaza ; la majorité des Gazaouis a voté pour une organisation terroriste totalitaire, le Hamas, dont l’objectif affiché était – et demeure – la destruction d’Israël et l’éradication des Juifs (articles 7, 32).

En 2007, Israël et l’Égypte – en accord avec l’Autorité palestinienne – ont instauré un blocus autour de Gaza pour parer à la contrebande d’armes que le Hamas organise pour mener à bien sa mission génocidaire. Cette même année, le Hamas a persuadé les représentants de l’Autorité palestinienne de quitter Gaza en les tuant par centaines et en en jetant certains du toit des immeubles les plus élevés.

Israël n’a aucune responsabilité dans le pogrom du 7 octobre. La responsabilité de ce pogrom incombe entièrement aux psychopathes du Hamas mais aussi autant à la République islamique d’Iran, marionnettiste en chef, qui aspire à l’hégémonie régionale.

Mais revenons à l’Europe. Dans la plupart des pays d’Europe de l’ouest, le soutien au terrorisme et l’incitation à la haine et à la violence contre les non-musulmans ne sont plus considérés comme des délits mais comme une manifestation de la diversité et du « multiculturalisme ». 99% de ceux qui commettent ces délits ne sont jamais poursuivis et encore moins condamnés. Dire « Mort aux Juifs » et « Gazez les Juifs » est redevenu acceptable en Occident.

Thucydide affirme que toute personne sensée craint la pire des guerres, la guerre civile. Pour cette raison, l’Europe doit prendre conscience du dommage qu’elle s’est infligée à elle-même. Sans doute l’Europe avait-elle l’intention de « faire le bien », mais elle a été submergée au plan démographique par des gens qui ne fuyaient pas la tyrannie comme les Européens ont tenté de se le faire croire, mais qui en réalité ont apporté la tyrannie avec eux.

Trois mesures semblent mériter d’être envisagées.

La première est un moratoire sur l’immigration. Les Européens auront les plus grandes difficultés à intégrer les populations déjà présentes dans leurs pays. Ils n’en seront sans doute même pas capables. Beaucoup ne semblent pas vouloir s’intégrer à la culture européenne ; et certains réclament que les Européens s’intègrent à la leur. L’ajout de millions de nouveaux arrivants chaque année n’a aucune chance de résoudre le problème.

Conséquence logique, il faudra dénoncer la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). La jurisprudence « sans frontières » extrémiste de la Cour de Strasbourg empêche toute politique d’asile rationnelle. En 2012, la CEDH a rendu l’« arrêt Hirsi », du nom de l’affaire Hirsi Jamaa et autres contre Italie qui stipule que les États européens ont l’obligation de secourir les migrants ou qu’ils se situent en mer Méditerranée – fut-ce à 200 mètres des côtes libyennes — et de les acheminer vers un port européen ou ils pourront postuler au statut de réfugié.

Lorsque la marine italienne a intercepté des migrants illégaux en mer Méditerranée et les a renvoyés à leur point de départ, en Libye, la CEDH a condamné l’Italie pour cette violation « évidente » des droits de l’homme ; en outre, l’Etat italien a dû indemnise chacun de ces migrants illégaux à hauteur de 15 000 euros (17 000 $ à l’époque) en raison du « préjudice moral » qui leur avait été infligé. Cette somme équivaut à plus de 10 ans de revenus dans les pays d’origine de M. Hirsi Jamaa et de ses compagnons : la Somalie et l’Érythrée.

En 2016, le PIB par habitant de la Somalie et de l’Érythrée était estimé à, respectivement, 400 dollars et 1 300 dollars. Bien entendu, le contenu de l’arrêt Hirsi s’est répandu comme une trainée de poudre. En Afrique notamment, tous ont compris qu’une fois en mer Méditerranée, les marines européennes seraient obligées de les transporter directement vers l’Europe.

Avant l’arrêt Hirsi, les migrants qui tentaient d’atteindre les côtes européennes mouraient tragiquement par centaines en mer chaque année. Après Hirsi, l’objectif est désormais d’être intercepté. C’est pourquoi des centaines de milliers de personnes tentent ce voyage, souvent avec l’aide d’organisations non gouvernementales (ONG) comme Médecins Sans Frontières, dont les militants attendent l’arrivée des bateaux en mer, au large des côtes libyennes.

Tertio, les Européens devront faire l’impensable : appliquer leurs lois. Si quelqu’un – musulman ou non musulman – veut célébrer les pogroms djihadistes contre les juifs, eh bien, il devra aller se réjouir en Iran ou au Qatar. Pas en Europe.

Après que des bébés ont été torturés, brûlés vifs et décapités, après que des femmes ont été violées et après que plus de 200 Israéliens aient été emmenés en otages à Gaza le 7 octobre, chaque « Mort aux Juifs » ou « Mort à Israël » prononcé en Europe, peut être considéré comme une insulte aux Juifs, mais aussi à nous, à ce que nous sommes, à nos lois, à nos démocraties et à la volonté du peuple.

Drieu Godefridi est juriste (Université Saint-Louis de Louvain), philosophe (Université Saint-Louis de Louvain) et docteur en théorie du droit (Paris IV-Sorbonne). Il est l’auteur de L’écologisme, nouveau totalitarisme ?

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