Secrets révélés

Blanchiment de propagande par l’organe du Quatrième Reich

Comment les acteurs de l'ONU ont manipulé l'information pendant la guerre de Gaza (2023-2025).

Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, les Nations Unies (ONU) sont la principale source d’information qui façonne les perceptions sur la scène internationale quant à la conduite de la guerre et à la situation humanitaire dans la bande de Gaza.

Des milliers de rapports, bulletins, notes d’information et publications en ligne émanant d’agences et de responsables des Nations Unies ont généré un flux continu de statistiques, de déclarations et de titres viraux qui ont trouvé un écho mondial.

Ces informations ont été utilisées pour promouvoir des mesures politiques et juridiques sans précédent contre Israël et les Israéliens, et il est probable qu’elles continueront d’être utilisées à cette fin à l’avenir.


Une analyse de ces documents révèle que les principales agences et les principaux responsables de l’ONU ont fait preuve d’une défaillance systémique des normes professionnelles fondamentales et des principes de neutralité et d’impartialité dans leurs déclarations publiques et leurs reportages sur la guerre à Gaza, ce qui a entraîné d’importantes distorsions factuelles et un parti pris constant contre Israël et en faveur du Hamas.

Ce phénomène a pris plusieurs formes récurrentes et se renforçant mutuellement :

  • Blanchiment de données : la diffusion massive d’informations non vérifiées provenant d’autorités contrôlées par le Hamas, présentées comme des données officielles de l’ONU ;
  • Publication de statistiques trompeuses : présentation délibérée d’informations partielles comme si elles étaient complètes, créant ainsi une image fortement déformée des réalités humanitaires ;
  • Mépris total du rôle du Hamas : présentation des résultats humanitaires sans le contexte opérationnel et militaire pertinent nécessaire à la compréhension de leurs causes ;
  • Sensationalisme sans fondement : affirmations hyperboliques non étayées par des preuves.

En répétant ces pratiques à de nombreuses reprises, les rapports et les déclarations de l’ONU ont transformé les réalités véritablement complexes et tragiques de la guerre en un récit diffamatoire et partial dépeignant une prétendue atrocité israélienne.

Leurs distorsions et omissions ont complètement dénaturé la réalité : le Hamas, qui a lancé une attaque génocidaire le 7 octobre et qui, depuis lors, a délibérément cherché à maximiser les dommages causés aux civils des deux camps, a été exempté de tout examen, tandis qu’Israël, qui respecte les lois de la guerre et a pris des mesures sans précédent pour minimiser les dommages causés aux civils, a été dépeint comme un agresseur cruel.


L’attaque barbare du Hamas et sa tactique consistant à utiliser des civils comme boucliers humains ont bel et bien causé des souffrances, des déplacements de population et des difficultés à la population de Gaza, malgré les efforts sans précédent d’Israël pour réduire les dommages causés aux civils.

Pour le Hamas, ces résultats s’inscrivaient dans une stratégie visant à susciter l’indignation internationale contre Israël. Les principaux acteurs de l’ONU et d’autres organisations humanitaires n’ont pas dénoncé cette tactique cynique et, sciemment ou non, ont encouragé sa perpétuation.

La défaillance des normes de compte rendu au sein de l’ONU a eu une autre conséquence critique.

Des récits juridiques et humanitaires déformés, diffusés sous l’égide de l’ONU, ont contribué à légitimer et à intensifier l’hostilité, le harcèlement et la violence dirigés contre les communautés juives dans de nombreux pays.

Pris dans leur ensemble, les éléments de preuve présentés ici ne pointent pas vers des erreurs ou des inexactitudes de bonne foi résultant de contraintes opérationnelles, mais vers une défaillance institutionnelle systématique au sein de l’écosystème d’information humanitaire des Nations Unies.

Pour remédier à cette réalité inacceptable, l’ONU doit prendre les mesures suivantes :

  • Rétablir la vérité : publier les corrections et les mises en garde appropriées concernant les lacunes des rapports et déclarations de l’ONU depuis le 7 octobre afin d’éviter qu’ils ne continuent à induire en erreur le public, les milieux universitaires, politiques et juridiques dans les débats sur la guerre pendant des années à venir.
  • À l’avenir, il convient de veiller à ce que les rapports des Nations Unies soient précis, objectifs, neutres et impartiaux : cela implique d’établir des lignes directrices claires et transparentes en matière de rapports ainsi que des mécanismes efficaces de contrôle et de responsabilisation.

L’analyse ci-dessous est basée exclusivement sur des sources ouvertes ; ses conclusions peuvent donc être vérifiées indépendamment grâce aux liens figurant dans les notes de bas de page.

Ce document n’a pas pour but de discréditer l’ONU et toutes ses agences opérant à Gaza. Parmi eux, on compte de nombreux humanitaires compétents et véritablement dévoués à fournir une aide conforme aux principes humanitaires obligatoires. Toutefois, leur capacité à travailler et à se coordonner efficacement avec les autorités israéliennes a été de plus en plus compromise par un nombre relativement restreint d’agences des Nations Unies et de hauts fonctionnaires qui se sont systématiquement écartés de ces principes dans leurs rapports et communications publics.

Ces responsables, en rupture totale avec les normes de l’ONU et les meilleures pratiques en vigueur ailleurs, ont transformé le plaidoyer humanitaire en une campagne politique unilatérale de diffamation et de mensonges contre Israël.

1. Quand les faits n’ont plus d’importance et que leur poursuite est « obscène »

Les rapports humanitaires de l’ONU occupent une place particulièrement importante dans le discours mondial.

Les déclarations publiées par les organes humanitaires des Nations Unies sont systématiquement considérées comme des faits faisant autorité dans les médias internationaux, les débats politiques, les notes d’information gouvernementales, les mémoires présentés devant les tribunaux internationaux, ainsi que dans la recherche universitaire et politique.

Parallèlement, elles sont très rarement soumises à un examen sérieux ou à une vérification indépendante des faits.

Cette autorité exceptionnelle s’accompagne d’une responsabilité correspondante : celle de respecter les normes les plus élevées en matière d’exactitude, de vérification et d’objectivité.

Lorsque des erreurs surviennent au sein d’un tel système, elles ne restent pas locales ou temporaires ; elles se propagent, s’enracinent et acquièrent des conséquences juridiques et politiques.

La guerre de Gaza illustre clairement ce qui se produit lorsque cette responsabilité n’est pas assumée.

Peu après le massacre du 7 octobre, lorsqu’Israël a lancé une opération militaire pour libérer les 251 otages détenus par le Hamas et éliminer la menace de futures attaques depuis Gaza, les principales agences de l’ONU et de hauts responsables ont adopté un discours radical présentant la situation à Gaza comme la pire catastrophe humanitaire jamais enregistrée dans un conflit. Pour donner une apparence de crédibilité à leurs déclarations apocalyptiques, ils les ont appuyées sur des statistiques, pour la plupart des chiffres non vérifiés provenant de sources du Hamas.

Par exemple, le 22 novembre 2023, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Martin Griffiths, qui a dirigé le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations Unies jusqu’en juin 2024, a déclaré sur CNN que la situation humanitaire à Gaza était « la pire jamais vue » par rapport à tous les autres conflits (faisant notamment référence aux « champs de la mort » du Cambodge des années 1970 où l’on estime que jusqu’à deux millions de personnes ont été assassinées).

Griffiths et d’autres hauts responsables de l’ONU ont affirmé à plusieurs reprises, durant les premiers mois de la guerre, que le nombre de morts palestiniens dans des catégories clés, notamment les enfants, les journalistes et le personnel médical, était plus élevé que dans tous les conflits précédents.

Ils n’ont jamais fait référence à des chiffres vérifiés ni à des statistiques comparatives pour étayer ces affirmations.

La tendance à exagérer les statistiques pour un plus grand impact public n’est pas propre au cas de Gaza.

L’un des prédécesseurs de Griffith, John Holmes, l’a décrit comme « un péché récurrent des organisations humanitaires ».

Bien que Holmes, qui a dirigé l’OCHA de 2007 à 2010, ait écrit que de telles pratiques sont souvent « engagées avec les meilleures intentions », il s’y opposait en raison du préjudice qu’elles causent au fil du temps à la crédibilité des acteurs humanitaires, ce qui, selon lui, est essentiel à leur efficacité.

À Gaza, ce phénomène a pris une ampleur et un impact sans précédent en raison du volume disproportionné des rapports de l’ONU sur ce conflit et de l’attention internationale qui lui a été accordée par rapport à d’autres guerres et conflits contemporains.

Pour Israël, les distorsions et les exagérations de la guerre par d’éminents acteurs de l’ONU ne constituent pas simplement un « défi de communication » ou un problème de « mauvaise image ».

Les rapports et déclarations de l’ONU ont constitué la principale, voire l’unique, source d’information pour toute une série d’initiatives civiles, politiques et juridiques visant à isoler Israël et à entraver sa capacité à se défendre.

Le récit de l’ONU sur la guerre et les statistiques qui l’accompagnent ont eu un impact considérable sur la perception du public concernant la conduite d’Israël dans la guerre à Gaza, et par conséquent, ont influencé les positions et les politiques des gouvernements et des organismes intergouvernementaux comme l’UE.

Cependant, lorsque Israël et d’autres ont soulevé des questions concernant l’exactitude, les sources et la méthodologie des rapports humanitaires de l’ONU, ils se sont souvent heurtés à des tentatives de délégitimer toute critique des méthodes de l’ONU.

Un exemple particulièrement révélateur est le commentaire suivant fait par la directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell, lors d’une interview sur l’émission Face the Nation de CBS le 24 août 2025, en réponse à des questions sur la qualité des données et la méthodologie :

« Je trouve presque obscène que nous ayons ces conversations à débattre de l’efficacité ou non de la méthodologie. Nous savons que des enfants meurent, n’est-ce pas ? J’en ai assez de discuter de la question de savoir si nous donnons les bonnes informations ou non. »

Cette déclaration tente explicitement de requalifier la recherche légitime, voire nécessaire, de l’exactitude des faits en une distraction face à la souffrance, voire en quelque chose d’« obscène ».

En présentant l’examen professionnel de base comme inhumain ou obstructif, cette posture vise à faire passer tout examen critique du journalisme humanitaire pour un exercice illégitime. Il est essentiel de reconnaître ce cadre erroné pour comprendre comment les pratiques journalistiques défaillantes examinées dans les sections suivantes ont pu s’enraciner et perdurer.

Les exemples qui suivent ne constituent pas un catalogue exhaustif de tous ces échecs, mais plutôt des études de cas illustratives démontrant l’ampleur, la persistance et la nature systémique du problème.

Les organes de l’ONU déjà reconnus internationalement et largement critiqués comme étant intrinsèquement biaisés et politisés contre Israël – comme la Commission d’enquête de l’ONU (COI) et la Rapporteuse spéciale Francesca Albanese – ont été intentionnellement exclus de cette analyse pour montrer que la rupture de la neutralité et des normes de rapportage est également généralisée au sein des agences de l’ONU largement considérées comme fiables.

2. Blanchiment de données : la transformation massive de la propagande du Hamas en « faits de l’ONU »

Au cœur des défaillances de signalement documentées dans cette analyse se trouve une pratique institutionnelle que l’on pourrait qualifier de blanchiment de données : un processus simple par lequel les affirmations des autorités contrôlées par le Hamas sont transformées en faits faisant autorité attribués à l’ONU.

Ce processus se déroule généralement en trois étapes :

  • Étape 1 – attribution initiale : Une agence de l’ONU, le plus souvent OCHA, communique certaines informations en les attribuant à une entité dirigée par le Hamas, comme le ministère de la Santé de Gaza (MoH), le Bureau des médias du gouvernement (GMO), la Protection civile ou le ministère des Travaux publics et du Logement, sans révéler que ces organismes sont entièrement contrôlés par le Hamas, une partie au conflit.
  • Deuxième étape – blanchiment institutionnel : L’information est ensuite citée dans d’autres rapports, notes d’information, tableaux de bord ou communications publiques des Nations Unies, cette fois-ci en mentionnant l’agence onusienne qui l’a initialement citée (par exemple, « selon OCHA »). Dès lors, toute trace de la source originale contrôlée par le Hamas disparaît.
  • Troisième étape – le changement d’image autoritaire : les acteurs non onusiens – médias, gouvernements, diplomates, etc. – font référence à l’ONU comme source de l’information (par exemple « selon l’ONU »), créant ainsi la fausse impression que celle-ci provient d’un organe neutre de l’ONU ou a été vérifiée par celui-ci.

Cette section examine des exemples notables de la manière dont ce processus de blanchiment de données a fonctionné dans deux domaines clés : les chiffres de mortalité et les évaluations des destructions matérielles.

2.1 Chiffres de mortalité : des totaux non vérifiés aux points de repère narratifs mondiaux

Dès les premiers jours de la guerre, les agences de l’ONU et les hauts responsables ont diffusé à maintes reprises les chiffres des victimes fournis par le ministère de la Santé de Gaza. Ces chiffres ont été présentés sous forme de totaux cumulés sans vérification indépendante et sans aucune distinction entre civils et combattants.

Cette pratique est exceptionnelle. Dans d’autres conflits, les agences des Nations Unies s’abstiennent de republier les bilans cumulatifs des victimes, et encore moins ceux qui proviennent d’une partie au conflit et dont il n’a pas été vérifié qu’ils incluent uniquement des civils non impliqués.

En revanche, les chiffres du ministère de la Santé de Gaza concernant les victimes – tant pour des incidents spécifiques que pour le total cumulé – ont été cités à maintes reprises dans les points de presse, les rapports de situation et les discours comme s’il s’agissait de décomptes neutres et vérifiés.

De plus, ce mode unique de déclaration des victimes a été mis en œuvre dans un manque total de transparence. Aucun avertissement n’a jamais été donné concernant l’affiliation de la source au Hamas, le fait que ces chiffres n’avaient pas été vérifiés de manière indépendante ou qu’ils contenaient très probablement un nombre inconnu, mais potentiellement important, de combattants.

L’ONU a continué de faire aveuglément confiance au ministère de la Santé de Gaza même lorsque des études et des rapports indépendants ont mis en évidence de nombreux problèmes méthodologiques, des incohérences et des erreurs dans les données.

De plus, dans plusieurs cas où les chiffres ont été corrigés à la baisse de manière significative, les agences de l’ONU n’ont pas corrigé leurs rapports précédents en conséquence ni ajouté les avertissements appropriés, permettant ainsi à ces derniers de rester disponibles en ligne dans le cadre des archives de l’ONU sur la guerre.

Par conséquent, par exemple, les rapports publics d’OCHA dressent un tableau impossible d’une réalité selon laquelle davantage de femmes ont été tuées à Gaza en avril 2024 qu’en avril 2025, après une année de guerre supplémentaire.

De même, le nombre de décès d’enfants signalés par OCHA en mars 2024 était le même en mars 2025.

Les chiffres exagérés du nombre de morts diffusés au cours des premiers mois de la guerre par les organes de propagande du Hamas ont été utilisés par les dirigeants de l’ONU pour présenter le conflit en termes hyperboliques, comme celui de « guerre contre les enfants ».

Les corrections et ajustements ultérieurs des statistiques se sont faits discrètement, sans annonce préalable et sont passés presque inaperçus.

2.2 L’explosion de l’hôpital Al-Ahli : comment une allégation réfutée est devenue une donnée « confirmée » de l’ONU

L’explosion survenue dans l’enceinte de l’hôpital Al-Ahli à Gaza le 17 octobre 2023 constitue l’un des exemples les plus clairs et les plus lourds de conséquences du blanchiment de données en action.

Peu après l’incident, les « autorités de Gaza » ont affirmé qu’une frappe aérienne israélienne avait touché l’hôpital, déclarant initialement qu’« au moins 500 personnes avaient été tuées ».

Le chiffre a rapidement été révisé à 471, et l’attribution ainsi que le bilan des victimes ont été rapidement diffusés par les agences de l’ONU et cités par de hauts responsables de l’ONU.

Elle a fait la une des journaux du monde entier, déclenché des manifestations de masse dans de nombreux pays et a été immédiatement intégrée aux déclarations diplomatiques et aux notes d’information de l’ONU.

En quelques jours, plusieurs enquêtes indépendantes ont abouti à des conclusions sensiblement différentes. Les évaluations des agences de renseignement américaines et européennes, et même de Human Rights Watch (HRW), une organisation dont les rapports sont depuis longtemps accusés de partialité envers Israël, n’ont trouvé aucune preuve corroborant l’hypothèse d’un largage de munitions aériennes de grande envergure.

En revanche, la grande majorité des analyses indépendantes publiées sur l’explosion ont conclu qu’elle avait été causée par une roquette palestinienne mal tirée depuis Gaza, qui a touché le parking de l’hôpital, laissant ses bâtiments en grande partie intacts.

Ces enquêtes jettent également un sérieux doute sur les chiffres de victimes rapportés.

HRW a conclu que les chiffres initialement rapportés « semblaient disproportionnés par rapport aux dégâts visibles sur place ».

Une source du renseignement européen citée dans les médias a également estimé que le nombre de morts était probablement inférieur à 50 — un chiffre qui, bien qu’incontestablement tragique, est un ordre de grandeur inférieur aux 471 décès initialement annoncés.

Malgré ces conclusions, l’affirmation initiale n’a jamais été officiellement corrigée ni retirée dans les rapports de l’ONU.

Au lieu de cela, la figure discréditée du Hamas a continué de circuler dans les publications et les déclarations de l’ONU.

Il est à noter que la base de données de l’OMS sur la surveillance des attaques contre les soins de santé (SSA) continue de répertorier l’incident d’Al-Ahli avec un bilan de 471 morts, avec la mention « confirmé » placée de manière trompeuse au-dessus, malgré la convergence ultérieure de preuves montrant que ce chiffre du Hamas est faux.

Le lendemain de l’incident d’al-Ahli, les mises à jour de l’OMS sur la situation d’urgence à Gaza ont commencé à signaler un nombre continu de personnes tuées à Gaza par des « attaques sanitaires » dans lequel le chiffre de 471 d’al-Ahli était et est toujours comptabilisé, représentant près de la moitié des décès signalés dans cette catégorie au cours des deux années de guerre.

Lorsque des responsables de l’OMS ont cité cette statistique lors de réunions d’information, notamment devant le Conseil de sécurité de l’ONU, laissant entendre une responsabilité israélienne, ils ont dissimulé le fait que la moitié, voire plus, de ce chiffre provenait d’une revendication non vérifiée et largement réfutée du Hamas concernant des morts lors d’un seul événement qui, selon la plupart des enquêtes, a été causé par une roquette mal tirée depuis Gaza.

Le problème crucial ici n’est pas seulement que les organes de l’ONU ont initialement relayé des affirmations non vérifiées dans le contexte d’une crise qui évoluait rapidement.

L’incertitude initiale est inhérente au reportage sur les conflits. Le plus grand échec réside dans ce qui a suivi : le refus de corriger les informations une fois que des preuves fiables sont devenues disponibles.

De plus, cet incident n’a entraîné aucune réévaluation de la crédibilité du ministère de la Santé de Gaza en tant que source d’information, et ses affirmations concernant les décès lors d’incidents spécifiques ont continué d’être relayées par l’ONU sans vérification régulière.

2.3 Exagération des dégâts : comment les dommages aux logements ont été mal représentés

Une dynamique similaire de blanchiment de données était visible dans les rapports de l’ONU sur la destruction de logements.

Début novembre 2023, soit un mois seulement après le début de la guerre, les médias du monde entier ont largement rapporté — citant des sources de l’ONU — que la moitié du parc immobilier de Gaza avait déjà été détruite par Israël.

En effet, cette formulation était alors reprise par de hauts responsables de l’ONU, notamment lors d’un discours à l’Assemblée générale des Nations Unies.

Elle est apparue pour la première fois dans un aperçu de la situation d’OCHA du 27 octobre 2023, qui rapportait qu’« au moins 45 % des unités de logement de Gaza auraient été détruites ou endommagées » (un total de 177 781 unités de logement) attribuant ces statistiques au ministère des Travaux publics et du Logement contrôlé par le Hamas à Gaza.

Une semaine plus tard, le 5 novembre, OCHA a répété le chiffre d’« au moins 45 % », mais cette fois avec un total de plus de 260 000 logements « endommagés ou détruits ».

Aucune explication n’a été fournie pour cette anomalie mathématique.

Lorsque ce chiffre agrégé a été repris dans les déclarations et rapports ultérieurs de l’ONU, il a perdu non seulement la référence à sa source Hamas (il a été attribué à OCHA à la place), mais aussi le qualificatif essentiel « ou endommagé ».

Dans les rapports d’OCHA des 28 octobre et 5 novembre, la part des logements « détruits » dans la catégorie totale des logements « endommagés ou détruits » était respectivement de 9 et 15 %, ce qui rend l’affirmation selon laquelle « la moitié des logements ont été détruits » très trompeuse.

Plus tard en novembre, OCHA a rapporté, citant le même ministère du Hamas, que la part des unités endommagées ou détruites était passée à « plus de 60 % ».

Rapports d’OCHA sur les logements endommagés à Gaza (oct.-nov. 2023)

Durant toute cette période, la méthodologie utilisée par le ministère du Hamas pour parvenir à ces évaluations des dégâts, notamment dans les zones de combats actifs, est restée floue.

Pourtant, OCHA a choisi de mettre en avant les chiffres du Hamas dans ses rapports plutôt qu’une évaluation des dégâts de l’ONU basée sur l’imagerie satellite de Gaza, réalisée par UNOSAT au même moment (7 novembre 2023) et qui concluait que 3 % des structures de Gaza étaient détruites et que 9 % supplémentaires avaient subi des dommages graves ou modérés, reflétant une ampleur de destruction bien inférieure aux chiffres du ministère du Hamas.

Le recours persistant à des données non vérifiées du Hamas, dépourvues de transparence méthodologique et supérieures aux analyses de l’ONU disponibles à l’époque, ainsi que la déformation flagrante de ces données par de hauts responsables de l’ONU, ont préparé le terrain pour que de fausses allégations de dommages structurels importants et intentionnels causés par Israël, ou « domicide », apparaissent très tôt dans la guerre.

3. Alimenter le discours sur la « famine » par des statistiques trompeuses

Outre le blanchiment de données du Hamas, les agences de l’ONU ont présenté des données qu’elles collectaient de manière très trompeuse afin d’étayer de fausses allégations selon lesquelles Israël n’autorisait pas suffisamment d’aide à entrer à Gaza et à parvenir à ceux qui en avaient besoin.

3.1 Sous-déclaration des acheminements d’aide à Gaza

Tout au long de la guerre, les statistiques de l’ONU sur l’acheminement de l’aide à Gaza étaient largement partielles, mais présentées de manière trompeuse comme exhaustives dans les rapports et déclarations de l’ONU.

Pour observer cette pratique et son impact, on peut prendre comme étude de cas le mois de mai 2024 – un mois critique au cours duquel l’armée israélienne a commencé son opération à Rafah (le 5 mai) et le procureur de la CPI a annoncé sa décision d’émettre des mandats d’arrêt contre le Premier ministre et le ministre de la Défense israéliens pour avoir utilisé « la famine comme méthode de guerre ».

À la fin de ce mois, les médias et leurs gros titres faisaient écho aux inquiétudes exprimées par l’ONU, selon lesquelles les livraisons d’aide à Gaza avaient chuté des deux tiers.

Cette affirmation a été largement citée comme preuve d’un durcissement marqué des restrictions israéliennes et d’une crise de famine qui s’accélère.

Les affirmations de l’ONU reflétaient effectivement les statistiques qu’elle publiait à l’époque concernant les approvisionnements entrant à Gaza.

Le « bilan d’impact » du 31 mai établi par OCHA indique que 2 713 camions sont entrés à Gaza en mai, un chiffre mensuel faible par rapport aux mois précédents.

Toutefois, plus tard en 2024, apparemment en raison de l’intégration de données supplémentaires, le chiffre d’OCHA pour le mois de mai de cette année-là a été considérablement revu à la hausse pour atteindre 4 202 camions, soit une augmentation de 55 %, comme on peut le constater sur le tableau de bord en ligne d’OCHA.

Ce changement rétroactif n’a été ni annoncé ni expliqué par OCHA.

Toutefois, même ce nouveau chiffre ne reflète qu’une partie des camions entrant à Gaza, car l’ONU exclut de son décompte les principaux flux d’approvisionnement.

La seule source publique couvrant tous les flux d’approvisionnement vers Gaza est l’unité israélienne qui coordonne l’entrée de chaque camion entrant – le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires, connu sous le nom de COGAT.

Selon le tableau de bord en ligne du COGAT, 6 297 camions sont entrés à Gaza en mai 2024, ce qui représente une légère baisse d’environ 7 % par rapport à avril, et non des deux tiers.

De plus, mai 2024 restait à ce moment-là le deuxième mois en termes de livraisons de ravitaillement le plus important depuis le début de la guerre, dépassé seulement par avril.

L’affirmation de l’ONU concernant une baisse des deux tiers ne reflétait donc pas un effondrement réel des flux d’approvisionnement, mais était le produit de rapports initiaux incomplets combinés à une omission critique des canaux d’approvisionnement, présentés sans mise en garde adéquate pour provoquer une alarme exagérée.

Le mois de mai 2024 n’était pas un cas isolé. Comme le montre le graphique ci-dessous, les écarts à deux niveaux identifiés précédemment – ​​entre le nombre de camions communiqué en temps réel par l’OCHA, les chiffres communiqués rétroactivement et le chiffre global du COGAT – ont également persisté les mois suivants.

En conséquence, le volume réel d’aide entré à Gaza entre mai et septembre 2024 était supérieur de 135 % au volume que la plupart des pays estimaient avoir reçu pendant cette période, sur la base des rapports en temps réel d’OCHA.

Cette importante divergence n’a jamais été corrigée ni reconnue publiquement par l’ONU.

Les statistiques mensuelles originales, que l’OCHA elle-même a ensuite discrètement révisées dans son tableau de bord peu connu, figurent toujours dans de nombreux « aperçus d’impact » disponibles en ligne et largement cités dans la recherche ou à l’appui de diverses initiatives juridiques ou politiques anti-israéliennes.

4. Ne raconter que la moitié de l’histoire humanitaire

Les rapports humanitaires de l’ONU sur Gaza ont déformé la réalité non seulement par les informations qu’ils contenaient, mais aussi par celles qu’ils omettaient systématiquement.

Si les rapports contiennent une multitude de statistiques (dont une grande partie est exagérée) sur les conséquences humanitaires de la guerre, ils excluent en grande partie toute information sur le rôle du Hamas en tant que facteur déterminant de ces résultats.

Plusieurs catégories d’omissions récurrentes sont particulièrement saillantes :

Intégration d’infrastructures militaires et de combattants au sein de zones civiles. Le Hamas a systématiquement intégré des tunnels, des rampes de lancement de roquettes, des dépôts d’armes, des infrastructures de commandement et des combattants actifs au sein de quartiers résidentiels denses et d’infrastructures civiles, notamment des immeubles d’habitation, des abris, des hôpitaux, des écoles, des mosquées et d’autres sites civils protégés.

Détournement de l’aide humanitaire. De nombreuses sources ont documenté le détournement et l’utilisation abusive de l’aide humanitaire par le Hamas. Ces pratiques ont des répercussions directes sur la disponibilité alimentaire et la distribution de l’aide.

Empêcher l’évacuation des civils. De nombreux documents attestent que le Hamas entrave la circulation des civils, décourage ou empêche l’évacuation des zones de combat et contraint les civils à rester dans des zones à haut risque.

Infiltration et exploitation des organisations internationales. Depuis le début de la guerre, les médias ont révélé des cas d’infiltration et d’abus des Nations Unies et des organisations humanitaires par le Hamas, notamment de l’UNRWA.

Les mauvais traitements infligés aux otages israéliens par le Hamas. Les agences de l’ONU opérant à Gaza ont ignoré, dans leurs rapports et déclarations, les preuves et témoignages de plus en plus nombreux concernant les graves exactions et les actes de torture infligés aux otages israéliens, ainsi que leur détention dans des domiciles et des installations civiles, y compris des hôpitaux.

Toutes ces pratiques du Hamas et d’autres groupes terroristes à Gaza constituent une grave menace pour les civils et compliquent énormément l’acheminement de l’aide humanitaire.

L’exportation vers un bloc de code est interdite sauf indication contraire, la mise en page étant générée directement. Cependant, dans tous les rapports humanitaires de l’ONU sur la guerre, de tels actes ont très rarement été rapportés comme un fait vérifié et n’ont jamais été attribués au Hamas ni à aucun autre groupe.

Dans une zone de guerre active, la vérification indépendante des incidents signalés est difficile et dangereuse. Ce fait n’a toutefois pas empêché les agences et les responsables de l’ONU de répéter de nombreux rapports non vérifiés sur les opérations de Tsahal provenant de sources douteuses, généralement assortis de la vague réserve « selon certaines sources ».

Dans le même temps, une pléthore de reportages, de témoignages, d’images et de vidéos illustrant les violations humanitaires commises par le Hamas pendant la guerre n’ont pas été mentionnées du tout dans le récit de l’ONU, pas même sous la rubrique « selon les informations ».

Lorsque les allégations de mauvaise conduite israélienne sont presque toujours citées et que les affirmations d’Israël, parfois concernant les mêmes incidents, sont presque toujours ignorées, le deux poids deux mesures est flagrant.

5. Abus d’autorité humanitaire par le biais de titres sensationnalistes et d’affirmations racoleuses

Au-delà des chiffres globaux, les déclarations des hauts responsables et porte-parole de l’ONU ont produit un flot constant de titres sensationnalistes pendant la guerre, qui se sont effondrés sous un examen minimal et n’ont pourtant jamais été corrigés.

Voici quelques exemples notables.

Avant d’analyser les manipulations statistiques qui sous-tendent ces déclarations irresponsables, il convient de préciser que la dénonciation de ces exagérations extravagantes, voire cyniques, du bilan humain de la guerre ne doit en aucun cas être perçue comme une tentative de nier les dommages et les souffrances qui ont réellement eu lieu.

Comme la plupart des formes de désinformation, ces distorsions factuelles contenaient parfois un noyau de vérité qui était ensuite exagéré et dépouillé de son contexte opérationnel et juridique.

Les responsables de l’ONU qui ont sciemment publié des chiffres sans fondement ou fortement exagérés, peut-être pour faire les gros titres ou créer le buzz, ont en réalité participé à une campagne continue de manipulation de l’information alimentée par le Hamas et ses partisans.

5.1 L’affirmation selon laquelle 14 000 bébés seraient nés en 48 heures

En mai 2025, le nouveau chef des opérations humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a averti que « 14 000 bébés à Gaza mourront dans les prochaines 48 heures si l’aide ne leur parvient pas ».

Cependant, comme l’a précisé ultérieurement OCHA, ce chiffre était une interprétation déformée d’une projection du Cadre intégré de classification et de prévention (IPC) selon laquelle environ 14 100 cas de malnutrition aiguë sévère devraient survenir chez les enfants âgés de six à 59 mois au cours d’une année entière, entre avril 2025 et mars 2026. Transformer cette projection de l’IPC en un avertissement selon lequel « 14 000 bébés vont mourir dans les prochaines 48 heures » a nécessité de requalifier les cas de malnutrition en décès certains, les enfants de moins de 5 ans en « bébés » et un délai d’analyse de douze mois en une fenêtre d’urgence de 48 heures.

Plusieurs jours après cette déclaration de Fletcher, et seulement après qu’elle ait été largement condamnée comme une « inexactitude grotesque » et une « diffamation criminelle », il est apparu dans une autre interview télévisée et a exprimé ses « regrets ».

De toute évidence, sa timide rétractation n’a pas bénéficié de la même couverture médiatique internationale que sa déclaration initiale. Elle demeure le seul cas de rétractation de l’ONU concernant de fausses informations durant toute la guerre.

5.2 Comment le récit infondé d’enfants amputés s’est intensifié

Le meurtre et la mutilation d’enfants constituent l’une des pires horreurs que puisse connaître la guerre, ce qui suscite naturellement et à juste titre de vives émotions.

Chaque cas de ce genre est une tragédie en soi. Cependant, lorsque les organisations chargées de signaler et de prévenir ce phénomène publient systématiquement des chiffres exagérés et des affirmations non fondées, elles perdent en crédibilité et en neutralité, et compromettent ainsi leur propre mission.

Pendant une grande partie de la guerre, deux affirmations étroitement liées ont circulé comme des faits approuvés par l’ONU malgré l’absence de toute preuve à l’appui : premièrement, que « dix enfants perdent une ou leurs deux jambes chaque jour » à Gaza ; et deuxièmement, que Gaza abrite « le plus grand nombre d’enfants amputés de l’histoire moderne ».

La chaîne commence par une affirmation générale faite par le porte-parole de l’UNICEF, James Elder, le 1er décembre 2023, selon laquelle « environ 1 000 enfants avaient subi une amputation d’un membre supérieur ou inférieur au cours des dernières semaines ».

Il n’a pas précisé sa source pour ce chiffre et même le ministère de la Santé du Hamas n’avait fait aucune déclaration de ce genre à cette époque.

Un mois plus tard, l’ONG Save the Children a converti le chiffre total d’Elder en un taux quotidien moyen et l’a limité aux membres inférieurs : « plus de 10 enfants par jour, en moyenne, ont perdu une ou leurs deux jambes » – une statistique suffisamment choquante pour faire les gros titres, par exemple sur CNN.

Près de six mois plus tard, le 25 juin 2024, le chef de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a de nouveau cité dans un discours la statistique de Save the Children faisant état de 10 enfants par jour, la présentant comme si elle reflétait la situation actuelle.

Il s’en est ensuite servi pour faire une projection, affirmant que ce taux quotidien « signifie qu’environ 2 000 enfants [ont été amputés] après plus de 260 jours de cette guerre brutale ».

Ses affirmations, qui ne reposaient sur aucune preuve, ont été reprises par de grands médias comme Le Monde et la BBC, ainsi que sur les réseaux sociaux.

Finalement, le 9 octobre 2024, cette allégation sans fondement est devenue une position officielle de l’ONU lorsqu’elle a été incluse dans une note d’information d’OCHA au Conseil de sécurité de l’ONU.

Comme dans les citations précédentes, le directeur adjoint d’OCHA a évoqué le chiffre de 10 par jour comme étant le taux actuel d’amputations chez les enfants, citant l’UNRWA comme source.

Elle a ajouté cette affirmation selon laquelle Gaza abrite « le plus grand nombre d’enfants amputés de l’histoire moderne », sans citer sa source.

Cette affirmation, qui ne semble pas être étayée par une analyse comparative publique, est une citation exacte du médecin britanno-palestinien Ghassan Abu Sittah, tirée d’une interview publiée par le New Yorker le 21 mars 2024. Il est à noter qu’Abu Sittah a l’habitude de faire des déclarations sensationnelles et mensongères qui ont été par la suite contredites par des enquêtes indépendantes.

Avec le soutien de l’ONU, l’affirmation d’Abu Sittah, dénuée de preuves et contredisant les évaluations précédentes de l’ONU dans d’autres conflits, a acquis le statut de fait crédible et a été citée à de nombreuses reprises, notamment dans des publications universitaires, des débats parlementaires, des campagnes d’ONG et bien plus encore.

Comme indiqué plus haut, il n’existait aucune statistique officielle du ministère de la Santé sur les amputations d’enfants au moment où le porte-parole de l’UNICEF a fait cette déclaration en décembre 2023.

Ce n’est qu’un peu plus d’un an plus tard, en janvier 2025, que des chiffres officiels ont été publiés, lorsque le ministère de la Santé a indiqué qu’environ 800 enfants avaient subi une amputation d’un membre supérieur ou inférieur entre le 7 octobre 2023 et la fin de 2024. Il est alors devenu évident que le collectif d’agences des Nations Unies propageant ce récit avait même surpassé un organe de propagande clé du Hamas en diffusant à plusieurs reprises un taux quotidien plus de six fois supérieur à celui reflété dans les chiffres de janvier 2025 du ministère de la Santé de Gaza.

Pourtant, au moins un haut responsable de l’ONU a continué à répéter des statistiques exagérées sur ce sujet jusqu’au cessez-le-feu d’octobre 2025.

5.3 Fausses informations sur les rapports de l’ONU

L’exemple suivant illustre comment certaines sources de l’ONU étaient prêtes à déformer les rapports d’autres sources de l’ONU uniquement pour faire la une, même si celle-ci était fausse.

Le 13 mai 2025, l’ONU Info a rapporté que « depuis le début du blocus de l’aide le 2 mars [2025], 57 enfants seraient morts des suites de la malnutrition, selon le ministère de la Santé ». Cette information a ensuite été reprise par des médias internationaux, dont The Guardian.

Cependant, ce même chiffre était déjà apparu, sous une forme différente, quelques jours auparavant dans une mise à jour de l’OMS sur la situation d’urgence, qui indiquait que « le ministère de la Santé a signalé 57 décès liés à la malnutrition depuis octobre 2023 ».

Cela contredit directement la reformulation du chiffre par UN News, qui le présente comme ne concernant que les enfants et uniquement les décès survenus après le 2 mars 2025 (soit une période de 72 jours) ; en réalité, il couvrait le nombre cumulé de tous les décès prétendument liés à la malnutrition pendant la guerre jusqu’à cette date (soit une période de 578 jours).

De plus, les données rétrospectives sur la mortalité publiées par le ministère de la Santé de Gaza lui-même en juillet 2025 indiquent que seulement deux des 57 décès liés à la malnutrition cités sont survenus après le 2 mars.

Par conséquent, l’agence de presse de l’ONU a donné l’impression erronée qu’en moyenne, un enfant mourait de malnutrition chaque jour entre le 2 mars et le 7 mai, alors que les chiffres du Hamas reflétaient une moyenne d’environ un décès par mois, tous âges confondus.

Comme dans l’exemple précédent, un organe de l’ONU a même gonflé les sources de propagande du Hamas afin de fabriquer des statistiques suffisamment choquantes pour faire les gros titres et devenir virales.

5.4 Recours à des recherches controversées

L’une des agences qui, pendant la guerre, a systématiquement surpassé la propagande du Hamas dans les statistiques qu’elle a publiées est ONU Femmes.

En mai 2025, elle a affirmé que 28 000 femmes et filles avaient été tuées à Gaza pendant la guerre, soit plus que le nombre total de femmes, d’enfants (des deux sexes) et de personnes âgées (des deux sexes) que le ministère de la Santé du Hamas prétendait avoir été tués à cette date, selon les données d’OCHA.

Ce chiffre exagéré était basé sur un article publié dans The Lancet qui utilisait une méthodologie controversée de capture-recapture pour affirmer que le ministère de la Santé de Gaza avait sous-estimé la mortalité d’environ 41 %.

Cette affirmation a permis à ONU Femmes de transformer les statistiques de mortalité du Hamas depuis le début de la guerre (qui incluent notamment les décès dus aux tirs palestiniens, comme l’illustre l’affaire al-Ahli) en une statistique racoleuse selon laquelle « une femme et une fille en moyenne sont tuées chaque heure lors d’attaques menées par les forces israéliennes ».

Depuis la publication de l’article sur la capture-recapture, il y a maintenant plus d’un an, rien ne prouve que son évaluation de la mortalité non déclarée était correcte.

Cela n’a pas empêché ONU Femmes d’y faire à nouveau référence en avril 2026 pour affirmer que 22 000 femmes avaient été tuées à Gaza d’ici la fin de 2025. Le chiffre équivalent du Hamas au 31 décembre 2025, tel que publié par OCHA, était de 10 983, soit exactement la moitié du chiffre avancé par ONU Femmes.

Un précédent article universitaire, datant de février 2024 et rédigé par le même auteur principal, présentant des projections de mortalité tout aussi alarmistes et qui allaient bientôt être réfutées, a également reçu l’aval de facto de l’ONU.

Elle prévoyait une surmortalité à Gaza de 58 000 à 85 000 personnes dans les six mois suivants si la guerre se poursuivait.

Bien que cet article, comme celui mentionné ci-dessus, n’ait fait l’objet d’aucune évaluation par les pairs ni d’aucune publication dans une revue académique, ses conclusions ont été immédiatement approuvées par un haut responsable de l’OMS qui les a citées devant une commission parlementaire britannique pour appeler à prendre les « mesures politiques appropriées ».

Inutile de préciser que cette projection catastrophique a failli se réaliser.

Conclusion et recommandations

Le compte rendu public de l’ONU sur la guerre à Gaza après le 7 octobre est considérablement déformé, trompeur et partial envers Israël et en faveur du Hamas.

Elle continue cependant d’alimenter le discours public, les débats politiques et les procédures judiciaires liés à cette guerre avec des informations manipulées qui ne répondent pas aux normes les plus élémentaires d’exactitude factuelle et d’objectivité.

Cette défaillance institutionnelle a eu un impact négatif profond sur la crédibilité et l’efficacité de l’ONU sur le terrain.

Cela a permis au Hamas de continuer à utiliser des civils à Gaza comme boucliers humains et à détourner l’aide humanitaire en toute impunité, tout en alimentant la haine et l’antisémitisme envers les Israéliens et les Juifs du monde entier.

En prenant ouvertement parti dans le conflit, les reportages de l’ONU sur la guerre ont probablement contribué à la prolonger.

Pour remédier aux dommages causés par cet échec de l’ONU et empêcher qu’il ne se reproduise, la plus haute direction de l’ONU doit veiller à ce que les mesures suivantes soient prises :

Rétablir la vérité à l’ONU : publier les corrections et les démentis appropriés concernant les lacunes des rapports et des déclarations de l’ONU depuis le 7 octobre.

À l’avenir, il convient de garantir des rapports des Nations Unies précis, objectifs, neutres et impartiaux : en établissant des lignes directrices claires et transparentes en matière de rapports et de communication publique, ainsi que des mécanismes de contrôle et de responsabilisation efficaces.

Pour faciliter l’application de ces mesures, les étapes supplémentaires suivantes sont recommandées :

Les donateurs de l’ONU ont un intérêt et une responsabilité à veiller à ce que l’argent de leurs contribuables ne soit pas utilisé par les agences des Nations Unies pour induire en erreur le public et influencer les processus décisionnels.

Les médias véritablement attachés à une information véridique et précise doivent aborder les sources onusiennes, notamment sur les questions relatives à Israël, avec prudence et vérifier scrupuleusement leurs affirmations. Repérer les erreurs journalistiques telles que celles mises en évidence dans ce document ne nécessite pas que les journalistes risquent leur vie dans une zone de guerre, simplement en utilisant internet.

Les universitaires et les chercheurs ont un rôle important à jouer pour soumettre la sphère hautement politisée de l’information humanitaire à un examen scientifique rigoureux, notamment en ce qui concerne les méthodologies et les pratiques de compte rendu appliquées par les agences des Nations Unies.

Compte tenu du manque évident d’assurance qualité suffisante de l’information au sein de l’ONU, il est conseillé aux entreprises développant et exploitant des moteurs d’IA d’envisager d’abaisser le niveau de fiabilité des sources onusiennes, en particulier en ce qui concerne Israël.

Les gouvernements et les parlements devraient lancer des examens indépendants des rapports de l’ONU sur Gaza et, sur la base de leurs conclusions, réexaminer les politiques mises en œuvre.

Ensemble, ces mesures pourraient atténuer les conséquences néfastes des informations erronées publiées par l’ONU sur Gaza depuis le 7 octobre et créer un environnement informationnel propice à la garantie de l’intégrité de l’information de l’ONU dans de futurs conflits fortement politisés.


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