De l’intérieur, tout semble anodin : des enfants en colonie de vacances, des familles à la mosquée, des voisins partageant un repas.
Mais en grandissant en Cisjordanie, je n’ai vu que ce que peu ont vu : mon père, le cheikh Hassan Yousef, n’était pas qu’un simple leader communautaire. Il était l’un des architectes du projet des Frères musulmans dans les territoires – un projet qui allait donner naissance au Hamas.
J’étais là, dans notre salon, lorsque le cheikh Ahmad Yassin est venu de Gaza pour élaborer un plan avec lui. Pas de bombes. Pas encore. Juste des écoles, des œuvres caritatives, des mosquées, des instituts de recherche. Instaurer la confiance. Endoctriner une génération. Attendre.
Ils imitaient délibérément la stratégie de Mahomet : quinze années de calme à La Mecque, sans confrontation. Puis Médine, la guerre. Même schéma ici.
Gaza était le foyer de tensions – réfugiés, pauvreté, désespoir – et la branche la plus extrémiste s’y est développée le plus rapidement. La Cisjordanie, plus lente à se développer – villages, quelques chrétiens, une économie plus florissante – est restée « pragmatique ».
Et en Israël même ? La ruse la plus efficace : des citoyens arabes avec des cartes d’identité bleues, des passeports, de l’argent, une liberté totale. Ils n’ont jamais jeté de pierre. Leur tâche était plus simple : acheminer de l’argent aux familles des prisonniers, aux « martyrs », à la machine à Gaza et en Cisjordanie. Des dons discrets des mosquées israéliennes ; plus tard, des sommes considérables livrées aux opérations du Hamas à Gaza et en Cisjordanie.
Israël observait. Mais ces tactiques insaisissables laissaient Israël perplexe. Les dirigeants des Frères musulmans échappaient largement au contrôle des services de sécurité israéliens, principalement en tirant parti de leur citoyenneté et de leurs droits civiques. Trente-six ans plus tard, le 7 octobre, un demi-siècle de préparation patiente explosa en une matinée.
Ce n’est pas de l’histoire ancienne. C’est le plan directeur — et ce même plan directeur est déjà mis en œuvre sur le sol américain.
Regardez vos campus. « Étudiants pour la justice en Palestine », ça sonne bien, n’est-ce pas ?
Même groupe, masque différent. Ils n’ont pas besoin de faire exploser des bus ici. Ils font du lobbying, manifestent, culpabilisent, déforment la réalité : transformer « Palestine libre » en « Les sionistes sont maléfiques », et du jour au lendemain, faire des Juifs des ennemis.
Ils sabotent un accord de défense aérospatiale de plusieurs billions de dollars avec Israël. Ils font croire aux Américains qu’Israël est un fardeau plutôt qu’un atout majeur pour les États-Unis.
Le Qatar verse des milliards aux universités et mosquées américaines, nomme des imams qui prêchent le dialogue interreligieux jusqu’à ce qu’on leur donne la parole – et là, c’est la guerre totale contre Israël.
Toujours le même double visage : des œuvres caritatives de façade, des accolades devant les caméras, tandis qu’en réalité, ils financent la haine à l’étranger et sèment la discorde chez eux.
Ils n’ont pas besoin de chars. Ils ont besoin d’urnes.
Prenez l’exemple de Zohran Mamdani : à peine assez religieux pour être considéré comme un véritable Frère musulman, et pourtant ils l’ont soutenu. Pourquoi ? Pour affirmer leur pouvoir. Pour prouver qu’une infime minorité disciplinée peut faire basculer une ville américaine.
Prochaine étape : le Congrès. Le Sénat. Les résidences des gouverneurs. Les projets de loi anti-israéliens se multiplient. Les contribuables sont quotidiennement accusés de « financer un génocide ». L’alliance américano-israélienne est mise à rude épreuve.
Les chrétiens marchent à leurs côtés maintenant. Les communistes aussi. L’idéologie n’a plus d’importance, seule compte la liste des priorités. Et la priorité numéro un, en ce moment, ce sont les Juifs.
Sept millions de Juifs américains – dont la réussite et l’influence sont disproportionnées – sont présentés comme la source de tous les maux. On les culpabilise. On les isole. On observe l’économie vaciller lorsque ses citoyens les plus productifs sont assiégés. La panique morale se propage. Vous êtes trop occupés à vous invectiver pour remarquer qui tire les ficelles.
Il ne s’agit pas d’une invasion, mais d’une érosion progressive.
Ils attendent les failles – émeutes, récessions, scandales – pour ensuite intensifier leurs attaques.
Leur seul objectif : une Amérique affaiblie et divisée, déchirée par les conflits internes. Un effondrement sans effusion de sang, simplement le silence de ceux qui auraient dû s’exprimer plus tôt.
On a laissé passer l’occasion chez nous. Ne commettez pas la même erreur ici.
La prochaine fois que vous verrez un camp d’été, un rassemblement pour les « droits de l’homme », un événement « interreligieux », posez-vous deux questions :
- Qui paie réellement ?
- Qui est réellement aux commandes ?
Car une fois que le salon devient un champ de bataille, il est déjà trop tard.
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