Secrets révélés

Sexualiser les enfants, c’est une manière de ne pas développer l’intelligence

par Karine Baillieu, psychologue

Retour sur le propos de Karine Bailleu, psychologue clinicienne, spécialisée en psychopathologie psychanalytique et psychotraumatisme, lors du colloque du 13 mai 2023 à Paris consacré à la dérive totalitaire sur les enfants. Elle est revenue sur les outils qui permettent de transformer la société à marche forcée, et l’utilisation des enfants comme cheval de Troie pour opérer ces changements.

Karine Bailleu qui a ouvert les interventions du colloque organisé par Ariane bilheran, Amandine Lafargue et la Ligne Nationale pour la Liberté des Vaccinations, a commencé par préciser ce qu’on entend par « totalitaire »:

« dans les traces d’Anna Arendt je retiens l’idée d’un processus dynamique visant la destruction de l’existant et en l’occurrence la dissolution des structures sociales. D’un point de vue psychologique, j’ajouterai comme le dit Ariane Bilheran la dissolution des structures symboliques qui organisent la société, c’est-à-dire l’interdit de l’inceste, l’interdit du meurtre, la différence des générations et la différence des sexes ».

Un système où l’humain n’a plus sa place

Elle ajoute que le régime totalitaire va induire des changements en profondeur de la société et même « de transformation de l’humain » jusqu’à lui retirer « sa liberté d’expression, son libre arbitre, qu’il se fonde dans la masse et embrasse l’idéologie totalitaire« .


Il va y avoir des ingérences des autorités « dans tous les aspects de la vie, jusque dans l’intime y compris la pensée et la sexualité« 

Ce mécanisme d’endoctrinement, qui mène à un « asservissement volontaire » des individus, est mené la « via la propagande, la terreur et la désignation d’un ennemi commun » grâce à une mainmise sur les médias et sur le système éducatif.  On utilise des outils comme la surveillance permanente, le « conflit d’opposition duelle » : les vax / non vax, les citoyens / non citoyens, climatosceptiques, complotistes… qui permettent aussi de diviser.

Karine Baillieu est ensuite revenue sur le contexte idéologique, directement lié au système économique actuel où « l’idéologie néolibérale devient une idéologie totalitaire car l’homme devient un produit de consommation, où tout est marchandable« . Elle a rappelé qu’à la fin du XIXe siècle, les aspects sociaux, éthiques et humains ont été retirés la « science » économique, et cela a influencé l’ensemble de la gestion de la société où le quantitatif seul est pris en compte.

Elle a évoqué Omar Aktouf qui décrit ce processus de déshumanisation et les méthodes utilisées pour maintenir le système en place coûte que coûte par le système éducatif qui n’a pas pour but de rendre les gens intelligents. Ce système forme, en fonction des besoins du système :


  • des « technocrates analysants »qui sont formés à résoudre des problèmes mais pas à les conceptualiser, à les poser. On leur fait croire qu’ils sont intelligents mais ils ne sont pas formés à interroger l’évidence, ne sont pas formés à l’empathie.
  • des « techniciens producteurs » au service des machines de production.
  • les « opérateurs ». Selon Omar Aktouf 45% des employés des multinationales des Etats-Unis étaient illetrés au début des années 2000 malgré un diplôme du primaire ou du secondaire.

Karine Baillieu a expliqué que « l’accent éducatif est mis sur l’employabilité des individus au détriment de la philosophie, de l’empathie, des mathématiques, de tout ce qui créé du sens« . Tout cela participe à un processus de « transformation de l’être humain » dans la veine du « transhumanisme », du transgenre.

Cela entraîne une « confusion des limites » par suppression de l’entre-deux, du nuancé, et cela mène « de la pensée binaire à la pensée unique« . Les individus sont vivement incités, en fait conditionnés à faire ce qu’autrement ils ne feraient pas, c’est-à-dire à s’adapter, à adapter leurs comportements au système, au cadre fixé pour qu’il fonctionne.

La logique voudrait pourtant, en effet, qu’on adapte le système à l’humain et à la réalité plutôt que façonner l’humain et la réalité pour que le système perdure quoi qu’il en coûte.

La propagande prend des formulations souvent « insidieuses » pour modifier notre vision du monde. Elle passe aussi par les enfants, conditionnés à intégrer le monde qu’on a défini pour eux, et auquel leurs parents résistent encore trop. Karine Bailleu prend l’exemple du domaine de la santé où les enfants sont l’objet de campagnes hygiénistes, on a été jusqu’à vanter le lait en poudre industriel contre le lait maternel : « l’enfant est depuis longtemps un levier commercial et économique« .

Imposer de nouvelles normes, transformer l’humain et la société

Aujourd’hui on assiste à « une sursexualisation de l’enfant au nom de ses droits« , en instrumentalisant au passage le domaine juridique. Karine Bailleu a rappelé des épisodes récents dans lesquels on a utilisé les enfants comme la déportation d’enfants antillais et de la Réunion dans les années 60 avec les services sociaux.

L’objectif, selon Karine Bailleu, est de faire en sorte que les familles entières restent dans le cadre du système. Si les enfants sont des cibles privilégiées, explique Karine Baillieu, c’est parce que leur développement psychique permet de les formater :

« Dans la construction de son identité, l’enfant passe par une première phase pré-œdipienne nommé ‘moi idéal’ comprenant un sentiment de toute-puissance narcissique (…) puis avec l’accession à l’ordre symbolique se construit l’idéal du moi qui correspond à la manière dont on doit se comporter pour répondre à l’autorité, à côté du surmoi qui correspond à l’autorité dans sa fonction moralisatrice (…) et Freud explique comment une idéologie peut prendre la place de cet idéal. C’est le principe qu’on trouve dans les sectes. En parallèle se développe un sentiment de loyauté à l’autorité qui apporte l’affection. Puis en grandissant l’enfant opère un déplacement son obéissance à l’autorité parentale vers l’autorité du maître, l’autorité du médecin, du prêtre, du gouvernant« .

La psychologue a ajouté qu’un « système totalitaire qui vise la transformation de l’humain » a « tout intérêt à s’appuyer sur ces figures d’autorité » pour faire passer ses concepts, son cadre de pensée, de nouvelles normes. Elle a rappelé que sans la confrontation à la différence, un enfant croit que ce qu’il vit est normal, et « on voit que toute la société s’organise autour du rapport à la norme« . L’opposition bien / mal a évolué vers « la dialectique du normal et de l’anormal » prégnante en matière de « santé ».

Ces normes s’ajoutent les unes aux autres et cela « resserre encore un peu plus l’étau normatif dans lequel grandit l’individu« . On explique « c’est pour ton bien », en niant la perception de l’autre. Dans ce cas l’enfant ressent un décalage entre ce qu’on lui dit de faire et ce qu’il perçoit, et il va avoir tendance à « renoncer à son propre ressenti« , à s’adapter à la norme qu’on lui impose plutôt que d’entrer en rébellion contre l’autorité. A l’adolescence, on va miser sur le divertissement (les séries télé type Netflix, les clips et la musique, les influenceurs…) qui vont banaliser le phénomène de sexualisation par exemple.

Karine Baillieu ajoute qu’une pensée unique, une « normalisation des opinions » se développe ainsi:

« L’enfant est le vecteur de la transformation d’une société parce que son esprit en développement en fait quelqu’un de particulièrement malléable ».

Elle a évoqué le concept US d’empowerment sur sa capacité à prendre sa place dans l’économie de marché, devenu la référence dans le cadre de référence psycho-social, en se disant que via les enfants on allait influer sur les parents, comme on l’a fait pour les gestes environnementaux:

« Cela induit une inversion du rapport à l’autorité, on met l’enfant en position d’avoir raison sur ses parents« .

Une des conséquences qu’elle a observées est « une sorte de passivité intellectuelle » chez les adolescents, une difficulté à se projeter dans un avenir proche. Depuis le covid, elle observe qu’il est plus difficile de réenclencher une pensée et de les mettre en mouvement, et s’interroge sur le rapport avec cette nécessité qu’a le système à concevoir une masse d’exécutants car « quand on ne pense pas, on ne pose pas de questions et on ne se révolte pas »

Karine Bailleu craint que « le vide de la pensée peut devenir le lit de troubles identificatoires » et a conclu en expliquant les moyens par lesquels on entretient ce vide psychique:

  • « En encourageant la passivité intellectuelle devant les écrans. Il faut que l’enfant puisse s’ennuyer pour développer son pouvoir créatif », a-t-elle insisté.
  • « En supprimant les outils de l’accession au champ du savoir » par l’appauvrissement lexical qui réduit la capacité à penser et empêche l’accès à certaines connaissances, en hyperspécialisant les individus…
  • « En sexualisant les enfants » car c’est en apprenant à ne pas satisfaire toutes nos pulsions, en apprenant à les maîtriser « que va se développer l’intellect, que les neurones vont pouvoir se développer parce qu’on va devoir trouver des solutions secondaires, avant d’entrer dans la sublimation qui est utiliser cette énergie pour faire autre chose. Sexualiser les enfants, c’est une manière de ne pas développer l’intelligence ».

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