par Elie Venat


Par un grand mouvement actuel du Rouach Hakodech, nous assistons depuis quelques années à un phénomène unique en son genre qui est de voir un grand nombre de chrétiens, de par le monde, toutes dénominations confondues, ressentir l’impérieuse nécessité de revenir aux sources de la Torah et, pour certains de comprendre depuis quelques temps déjà la nécessité de pratiquer les fêtes de l’Eternel : Chabbat, Pessah, Shavouot, Fêtes de Tichri et Hanoukha au lieu des fêtes de remplacement que sont le dimanche, les Pâques, Pentecôte et Noël.

Il aura donc fallu près de 2000 ans d’histoire plus que tragique pour le peuple juif dans son ensemble, pour que la scission entre le judaïsme et le christianisme issu de la communauté originelle de Yeshoua appelée La Voie, retrouve un désir réciproque de réconciliation, au moins pour certains courants, sur des bases saines qui sont celles de la Torah

Consécutivement à la destruction du Temple, c’est à Yavné, comme on le sait, que le judaïsme pharisien s’est imposé aux autres sectes juives internes : Sadducéens, Esséniens, Zélotes, mettant ainsi fin aux conflits entre elles en les a absorbant afin de sauver, non pas le Temple puisqu’il n’existait plus mais la Torah.

La nécessité de redéfinir une autre approche que celle qui existait du temps du Temple, se traduisit par la mise en place de trois prières quotidiennes principales destinées par « le sacrifice des lèvres » à remplacer les sacrifices d’animaux, ainsi qu’un certain nombre de codifications destinées à encadrer le peuple juif.

Mais, pour faire face à l’emprise grandissante de la secte judéo-chrétienne issue des enseignements de Yeshoua, laquelle fut suivie par la mise en place de la secte gréco-romaine ou pagano-chrétienne dont les débordements vont aller jusqu’à affirmer, aux cours des siècles, qu’elle est le nouvel Israël, soit « verus Israël », la structuration du judaïsme naissant n’a pas eu d’autre choix que d’exercer un repli sur soi. Ce judaïsme va alors être redéfini par les 70 Sages de la Grande Assemblée réunie à Yavné, et s’appuyer non seulement sur la loi écrite mais aussi sur la loi orale dont l’objectif est de mieux faire comprendre la Torah écrite.

C’est au Mont Sinaï que Moshé a transmis aux Hébreux les deux Torot : Loi Ecrite et Loi Orale et qu’il lui a été ordonné de ne pas les dissocier. Les 613 Mitsvot (ou commandements) de la Torah Ecrite sont une expression concise de la volonté divine. La Loi Orale doit en expliquer le champ d’application dans les moindres détails.

Cette Loi Orale comprend elle-même deux approches distinctes : « les Houkim », lois auxquelles il faut obéir sans comprendre, conformément à l’engagement pris par les Hébreux au pied du Sinaï : « nous ferons et nous comprendrons » (Exode 24 : 7) et les Michpatim qui sont des lois dites rationnelles ayant pour but de donner un cadre à tous les actes de la vie quotidienne. Et c’est bien sur la prise en compte de la totalité de ces deux types de loi qu’Hachem a affirmé dans Exode 34 : 27 qu’il faisait alliance avec tout Israël.

Au fil du temps, la Loi Orale a été fixée dans ses moindres détails par les Tanaïm ou Sages et c’est à la 7ème génération que Yehouda Hanassi, président du Sanhédrin, prit la décision de coucher la Torale Orale par écrit pour juguler la perte de mémoire collective auxquels les Juifs étaient confrontés en raison de leur dispersion. C’est ainsi que la Michna vit le jour il y a 1800 ans.

Celle-ci comprend six classifications ou Sédarim selon la nature des thèmes abordés : Zra’im, Mo’èd, Nachim, Nézikin, Kodachim, Taharot, lesquels traitent successivement des questions liées à l’agriculture et la terre, des lois des différentes fêtes du calendrier juif, de celles relatives au couple, des lois juridiques et pénales, des lois concernant les différents sacrifices liés au Beth Hamikdach et enfin les lois de pureté et d’impureté.

A partir du VIème siècle, vint un autre groupe de Sages appelés Amoraïm, c’est-à-dire « ceux qui expliquent ». Initiée par les rav Achi et Ravina, cette nouvelle entreprise appelée la Guemara fut rédigée par les Amraïm en Galilée et en Mésopotamie.


La Michna hébraïque et la Gémara araméenne constituent le Talmud dont il existe deux versions : celle de Jérusalem et celle de Babylone. Les parties normatives du Talmud constituent la Halakha (« cheminement » dans les voies de Dieu ») et les parties non normatives, narratives, édifiantes, constituent la Aggada (narration, récit).

A partir du XVème siècle, les versions imprimées du Talmud de Babylone sont commentées, en marges intérieures, par Rachi de Troyes, l’un des plus grands maîtres du Talmud. Si la Michna est la base de toutes les lois de la Torah, le Talmud, quant à lui, a pour but d’expliquer les moindres détails des propos contenus dans la Michna.

C’est donc tout cet ensemble que, jusqu’à nos jours, dans le judaïsme, qu’il soit libéral ou orthodoxe,
on appelle LA LOI.

Alors, comment, à partir de ce monument historique, sociologique, économique, juridique et spirituel, vient s’emboîter l’affirmation de Yeshoua qui, au milieu des siens, a eu l’audace d’avancer :

« Je ne suis pas venu pour abolir la LOI mais pour l’accomplir ? (Matthieu 5 : 17-19).

Qu’a-t-il voulu dire par là ? Car, en somme, loin d’annuler tout l’historique spirituel sur lequel repose sa judaïté, il va même jusqu’à l’englober en sa propre personne au point non seulement de le faire sien mais plus encore de le dépasser. C’était évidemment très osé que de prétendre que sa seule présence sur terre, à un moment T de l’histoire humaine, marquait de manière indéfectible l’aboutissement de tout un gouvernement de pensée dont les fondements mêmes remontent, à l’origine, au don de D.ieu fait à Moshé sur le Mont Sinaï. Il fit scandale, on pouvait s’en douter.

Alors, dans quelle mesure Yeshoua a-t-il eu le droit de s’exprimer ainsi ? Nous allons tenter de l’exposer. Mais, auparavant, il est utile de mentionner l’attitude calamiteuse des chrétiens de tout poil qui se sont saisi non seulement des Paroles de Yeshoua mais aussi de celles de Paul, pour construire une théologie à laquelle ni Yeshoua ni Paul n’ont jamais pensé, et dont le thème récurrent est que, désormais, les croyants en Jésus ne sont plus sous la Loi mais sous la Grâce. Quelle grossière erreur !

C’est oublier que la grâce a toujours été agissante parmi le peuple choisi de D.ieu… Un exemple ? La prière ordonnée par Hachem aux Cohanïm dans Nombres 6 : 24 à 27 en est la flagrante démonstration. Elle est toujours d’actualité.


Certes, dans cette confusion déviationniste érigée dans le monde pagano-chrétien, Paul a tout de même sa part de responsabilité. Dans ses divers écrits ou lettres, il emploie le terme loi –ou nomos en grec- environ 110 fois au moins sans jamais vraiment lui donner la même interprétation. Tantôt, il fait référence à la loi mosaïque tels que dans Galates 4 : 21, Romains 7 : 22-25 ou 1 Co 9 : 9 ; ou bien encore, il utilise ce terme pour désigner tout l’Ancien Testament (1 Co 14 : 21, Romains 3 : 19- 21.

Mais il emploie aussi le mot loi pour qualifier la volonté de D.ieu écrite dans le cœur des Goïm
Romains 2 : 14-15), ou pour faire d’elle un principe pour distinguer les œuvres de la foi (Romains 3 : 27), pour désigner les mauvaises inclinations (Romains 7 : 21) ou même encore la direction de l’Esprit (Romains 8 : 2).

Ce manque de clarté, voire de cohérence, de la part de Paul se saisit mieux quand on sait que Paul a été confronté à un problème crucial qui risquait de remettre en cause le salut des chrétiens non juifs, celui de la circoncision essentiellement. Il a donc tantôt oscillé d’un côté puis de l’autre… On peut difficilement le blâmer, mais il reste difficile après cela de s’y retrouver pour savoir exactement ce à quoi Yeshoua faisait allusion par son annonce : « Je ne suis pas venu pour abolir la Loi mais pour l’accomplir ».


Il est fort probable et compréhensible que, par cette affirmation, il faisait allusion à tous les versets du Tanach (Pentateuque, Nevi’im et Hagiographes compris) faisant évocation de sa personne puisque pas moins de 365 versets dans le Tanach sont à mettre directement en corrélation avec des versets de la B’rit Hadacha, laquelle a pour objectif de rapporter les faits résultant de la présence et des actions de Yeshoua et, par conséquent, d’envisager la sotériologie qui en découle. 365 versets du Tanach qui font écho à ceux de la B’rit Hadacha (Nouveau Testament) : c’est aussi surprenant que fantastique !

L’annonce qui suit est une étude retransmise par la Communauté Beth Yeshoua, qui s’est faite le relais d’un article extrait de Bible Probe (htpp://www.bibleprobe/365 messianicprophecies.htm).

Parmi tous ces versets du Tanach, on en relève donc :
– 46 dans le Pentateuque : 19 dans la Genèse, 10 dans l’Exode, 6 dans le Lévitique, 5 dans les
Nombres, 6 dans Deutéronome,
– 15 dans les Hagiographes
– 96 dans les Psaumes
– 208 dans les Nevi’im : 132 chez Isaïe, 8 chez Jérémie, 3 chez Ezeckiel, 30 chez Zacharie, 16 chez les Petits Prophètes et 13 chez Daniel , 6 chez Malachie Indiscutablement, tous ces éléments à caractère prophétique mettent l’accent sur la venue d’un personnage qui ne peut être autre que Yeshoua, en raison de tous les recoupements et preuves qu’ils apportent, comparés à ceux de la B’rit Hadacha, et de la synthèse globale qui s’en dégage.

Ces « avertissements » avaient probablement pour finalité de préparer psychologiquement le peuple choisi à recevoir et à reconnaître celui qui, en conformité aux Ecritures, avait été annoncé par Moshé au verset 15 du chapitre 18 du Deutéronome. Alors, pourquoi, n’en a-t-il pas été ainsi ?

En dépit de tous les fleuves de littérature qui ont pu être écrits ou dits à propos du rejet de Yeshoua par les siens, la base de réflexion qui a été alimentée pendant des siècles est le substrat de relents antisémites.

Or, de nos jours, il devient de plus en plus évident que ce constat de fait est imputable à la seule responsabilité de D.ieu, comme faisant partie du déroulement de son plan. En effet, pour que les Goïm puissent entrer dans l’oeuvre du salut, il était nécessaire que celui-ci ne demeure pas «une affaire juive » et, par conséquent, que seule une partie des concitoyens de Yeshoua l’appréhendent en tant qu’être exceptionnel, unique, envoyé de D.ieu et reconnaissent sa messianité, encore que celle-ci n’est pas, au premier chef celle qu’on lui attribue généralement lors de sa première venue, puisqu’il est identifiée comme le Messie ben Yosef, c’est-à-dire le serviteur souffrant d’Isaïe 53.

Placés au bénéfice donc de ce rejet partiel et temporaire d’une partie des concitoyens de Yeshoua, les Goïm sont ainsi entrés dans le plan de salut dans lequel, il faut bien le dire, ils se sont engouffrés.

Cette identification sacrificielle entre Yeshoua et une partie de ses frères, au profit de toute l’humanité, est un aspect induit du plan divin, quoique difficile à saisir tant pour les Juifs que pour les Goïm. Bien qu’il soit clairement écrit dans Romains 11 verset 15 : « Car si le fait qu’ils aient mis Yeshoua à l’écart a été la réconciliation pour le monde, qu’en sera-t-il donc quand ils l’accepteront?

Ce sera un retour de la mort à la vie ! La fin de ce verset laisse entendre que c’est bien dans les objectifs du Père Eternel de prévoir une réintégration de son peuple mis à part au moyen d’une réconciliation entre Yeshoua et ses frères, laquelle fut initiée et préfigurée par celle de Yosef avec les
siens (Paracha Vayigach).

La Torah a toujours une dimension prophétique. Il nous appartient de la saisir le plus possible dans ses moindres détails. Par conséquent, comme cela est clairement montré ici, puisque c’était la volonté même du Père qu’il en soit ainsi, pourquoi une grande partie du monde chrétien continue-t-elle d’accabler les Juifs par des propos malséants ? Il ne faut pas perdre de vue non plus que le rejet d’une partie des concitoyens de Yeshoua à son égard fut corroboré et grandement influencé par une situation historique ambiante désastreuse où l’occupation haineuse et violente des Romains avait développé chez les Juifs une attente exacerbée d’un Sauveur politique venant les délivrer de ce joug
insupportable.

Beaucoup ont cru voir en Yeshoua cette potentialité d’exercer ce rôle et ont même voulu le forcer à se positionner ainsi.

Mais, c’est là où la méprise fut grande : Sauveur, oui, Yeshoua le fut, mais nullement de manière politique et circonstanciée : sa première venue, en tant que Machiah Ben Yosef, en sa posture de serviteur souffrant selon Isaïe 53, embrassait une toute autre portée et envergure, celle du salut des âmes. Et, en tout premier lieu, les âmes de tous ceux qui avaient été dispersés dans la diaspora suite aux deux exodes, assyrien d’abord en -722 que connurent les 10 tribus du Nord, et babylonien ensuite en – 597 subi par les deux tribus du Sud.

Cette récupération des âmes, appelées étincelles perdues » dans la Kabbale, dispersées de par le monde fut la préoccupation essentielle du ministère de Yeshoua. Face à la femme samaritaine qui le suppliait d’intervenir en sa faveur, Yeshoua s’écria dans un élan de cœur : « Ne savez-vous pas que je suis venu pour les brebis perdues de la Maison d’Israël ? » (Matthieu 15 : 24).

Yeshoua était plus que préoccupé, totalement concerné et investi par le souci de voir se recomposer la Maison d’Israël. Sans doute, parce qu’il savait que, sans l’existence de cette dernière, sa venue finale en qualité de rassembleur du peuple serait un échec. Ce n’est certainement pas un hasard si son environnement géographique de prédilection a été la Galilée, laquelle se trouve au Nord d’Israël, là où se trouvaient les 10 tribus. Même si, après la résurrection, l’efficience de son salut s’élargit à l’humanité toute entière donc aux Goïm, c’est toujours cette même préoccupation pour les siens qui demeure et qu’il relaya à ses apôtres, leur enjoignant le soin de parcourir, la Judée, la Samarie et les extrémités de la terre pour retrouver ces brebis perdues et les ramener à la « Maison » afin que s’accomplisse la vision d’Ezéchiel 37.

Savait-il que cela prendrait plus de 2000 ans ? Pas si sûr. Pas plus que les apôtres après lui qui furent tous persuadés qu’il allait revenir très vite, vraiment très vite.

Les mouvements actuels de foule de croyants, Juifs et non-Juifs, qui sont dans l’attente ardente de la venue de ce Messie Sauveur et Roi, se font de plus en plus prégnants. Cela donne-t-il le droit d’espérer l’accomplissement proche de la Parousie ? Chacun répondra en son âme et conscience.

Toute cette attente tellement exacerbée de la part de ceux qui aspirent à voir s’établir enfin la Délivrance promise par Hachem et dont l’origine remonte au premier verset de la Genèse, est largement développée dans le livre SHMA ISRAEL d’Elie VENAT (éditions du Panthéon) paru en décembre 2020 et disponible à la FNAC et sur Amazon.


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