Nouveau paradigme

Israël, poste avancé de notre destin (suite)

par Christian Vanneste

Depuis le 7 octobre et le sanglant pogrom que l’organisation terroriste qui règne sur la Bande de Gaza a déchaîné sur la zone frontalière israélienne, se déroule le pire scénario et le Hamas en est le maître d’oeuvre.

L’opération était machiavélique puisque, en raison des horreurs commises, Israël ne pouvait réagir qu’avec force en écrasant et en pourchassant jusqu’au dernier, selon son habitude, ceux qui avaient massacré, violé, incendié martyrisé.

Mais, avec 250 otages détenus, le Hamas pouvait opérer un chantage sur le gouvernement israélien et les pays auxquels de nombreuses personnes enlevées étaient liées par le biais d’une double nationalité, semble-t-il assez fréquente en Israël. Netanyahu, à la tête d’un cabinet de guerre, est dans un piège à ressorts multiples.


Lire la première partie de l’article de Christian Vanneste :

Israël, poste avancé de notre destin

En premier lieu, fragilisé avant les évènements par sa mise en cause pour corruption, fraude, abus de confiance et par les protestations de masse que soulève la volonté de sa coalition très à droite de retirer une partie du pouvoir de la cour suprême, il est accusé par l’opposition de n’avoir pas assuré une protection suffisante à Israël, malgré des avertissements qu’il aurait négligés, privilégiant la Cisjordanie, la Judée-Samarie qui est considérée comme le berceau des Juifs et où son gouvernement favoriserait les colons.

En second lieu, dans cette situation personnelle délicate, le premier ministre se trouve confronté à un choix cornélien entre deux priorités : d’abord, punir le Hamas, l’éradiquer de Gaza, le détruire, dans la tradition d’Israël qui est de poursuivre jusqu’au bout les ennemis qui ont montré lâcheté et cruauté à l’encontre des Juifs comme Eichmann ou les responsables de l’attentat de Munich contre les athlètes israéliens en 1972 exterminés l’un après l’autre durant vingt ans ; ensuite, sauver les otages israéliens qui ont survécu, également un axe de la politique israélienne qui avait échangé plus de mille prisonniers palestiniens contre un seul otage, Gilad Shalit, franco-israélien.

Ces deux objectifs sont évidemment contradictoires contrairement à ce qu’affirme Netanyahu.


Les bombardements de Gaza, l’intervention de Tsahal jusque dans des hôpitaux, et son appel à ce que les habitants quittent la zone des combats fournissent les arguments pour que le Hamas et ses alliés, mais aussi, dans les démocraties alliées, les mouvements qui défendent sa cause, crient au génocide, au nettoyage ethnique, dans une impressionnante inversion des rôles et des arguments puisque l’organisation terroriste veut comme les nazis libérer son espace vital de la présence des Juifs.

La pression des familles, celle des Etats dont des ressortissants sont otages, émeuvent les opinions publiques et forcent Israël à accepter un échange au compte-gouttes effectué avec un sadisme raffiné à l’encontre des proches des victimes, incertaines de leur sort.

Si Israël adoptait la méthode russe du Théâtre de Moscou, 128 otages tués en 2002, ou de Beslan, 330 morts en 2004, ou encore lors la défaite de la Tchétchénie, au moins 100 000 morts au tournant du siècle, il en finirait certes avec le Hamas, mais aussi avec beaucoup de Palestiniens, et sans doute ne verrait-il aucun otage revenir à la maison.

Mais la culture russe et la culture israélienne, l’habitude de l’autorité implacable d’un côté, la psychologie démocratique d’un pays ouvert sur le monde de l’autre font la différence.

Pour Israël, la priorité n°1, ce sont les otages même lorsqu’en échange on libère des terroristes, des assassins. C’était déjà le cas en 2011 : pour le soldat Shalit, on avait libéré 180 terroristes avec du sang sur les mains et plusieurs ont depuis récidivé.

Pendant le temps de la négociation, Tsahal est bloquée, le Hamas peut se réorganiser, se réarmer, s’enterrer davantage, et double peine, pendant ce temps le Hamas peut célébrer sa “victoire” tandis que l’image d’Israël est ternie parce la misère des habitants de Gaza a pris la place des victimes du 7 octobre à la première page de l’actualité.

Comment ce pays exceptionnel, par son histoire, par la tragédie qui a légitimé sa naissance, par les qualités de ses citoyens, va-t-il échapper à ce piège ?

Dans le piège, c’est l’occident tout entier qui est pris.

Quelle que soit l’admiration nourrie pour ce petit pays et son peuple courageux, il faut être lucide : son existence, c’est-à-dire l’incrustation d’un morceau d’Occident développé dans le Moyen-Orient arabe, ne peut être prolongée qu’avec le soutien de l’Occident, et donc des Etats-Unis.

L’affaiblissement de ces derniers après l’hubris de la puissance unique au lendemain de la chute de l’URSS est patent. Après ses échecs militaires, du Viet-Nam à l’Afghanistan, Washington est en train de perdre sa guerre par procuration en Ukraine contre la Russie. Ce qui se passe au Moyen-Orient est à la fois un écran qui cache le désastre ukrainien et ses 500 000 morts inutiles que les accords de Minsk, s’ils avaient été sincèrement respectés auraient évités, mais c’est aussi pour les Etats-Unis la dernière chance de montrer que leur protection n’est pas velléitaire et illusoire, alors que Taïwan est menacé.

Dans le monde, la poussée est grande pour renverser l’unilatéralisme américain. C’est Trump qui avait initié, lors des accords d’Abraham, un rapprochement inattendu entre Israël et certains pays arabes, Bahreïn et les Emirats, suivis du Maroc et du Soudan. On évoquait l’Arabie saoudite pour la suite.

On doit souligner combien sous ses dehors parfois baroques, le “Donald” fut un bien meilleur président que son triste et corrompu successeur.

Or le 7 octobre paraît avoir brisé cet élan positif. Au contraire, la Chine a, elle, facilité un rapprochement entre Ryad et Téhéran, qui reste l’ennemi acharné d’Israël, alors que beaucoup de pays arabes considèrent de façon pragmatique le rôle positif, sur le plan économique, de l’Etat hébreu dans la région.

Derrière la lutte d’Israël contre le Hamas, on sent grandir en effet celle qui oppose à l’Occident ce que certains appellent improprement le Sud Global, tous les pays qui estiment que la domination des anciens colonisateurs doit non seulement s’effacer totalement, mais qu’elle doit donner lieu à des réparations.

Cet antagonisme est bien sûr simpliste, parce que dans les différents pays qui n’ont pas nécessairement les mêmes intérêts et sont parfois rivaux, comme la Chine et l’Inde, il y a souvent un divorce entre la rue et le pouvoir, dans les pays musulmans en particulier.

L’immigration a aussi créé des clivages en Europe entre les sympathies divergentes des populations autochtones ou immigrées, tandis que les gouvernements restent attentifs au poids des pays musulmans dont le sous-sol est riche. On en mesure les effets dans la scandaleuse démarche de Mme Von der Leyen allant quémander du gaz (sans doute russe) à l’Azerbaïdjan après qu’il eut attaqué les Arméniens du Haut-Karabagh, ou encore dans les humiliantes prosternations des Occidentaux devant le Qatar, enfin dans les postures honteuses de Macron à l’égard de l’Algérie.

Pour comble, le wokisme, ce cancer de la pensée occidentale, mine les capacités de résistance de l’Occident en inoculant dans ses élites les arguments de ses ennemis, en favorisant la fragmentation des peuples qui le constituent. Enfin, la stratégie américaine a placé la Russie dans un camp qui n’est pas le sien.

La lutte d’Israël contre le Hamas nous concerne donc au premier chef.

L’antisémitisme qui frappe les Franco-Israéliens à Gaza ou les Juifs en France, est le même. Le terrorisme islamiste qui frappe la France s’attaque aussi à Israël. Le vaste mouvement contre l’homme blanc anime aussi bien les hordes du Hamas qui s’acharnent contre les kibboutz voisins que les bandes qui venus de la ville s’attaquent au bal du village d’à côté.

Dans les deux cas, gouvernements, médias et opinions publiques vacillent : la victime devient le bourreau, et vice-versa.

Les tortionnaires du Hamas jouent les grands seigneurs en échangeant leurs otages contre des prisonniers, tandis qu’on demande à Israël de cesser de martyriser les Palestiniens.

En France, une poignée d’activistes s’est livrée à une démonstration ridicule à Romans-sur Isère après le meurtre de Thomas par des jeunes aux noms exotiques venus d’un quartier de cette ville. On la présente désormais comme le suprême danger pour la République, tandis que la mort de Thomas est oubliée ainsi que la cause récurrente qui tue les Enzo, les Jérémie et les Thomas.

Christian Vanneste


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