Secrets révélés

Magouilles et corruption des élites 13 – Guerre subversive en Espagne et au Portugal


Suite de notre saga sur les magouilles et la corruption de nos élites, commencée bien avant le délire de la gestion du covid, mais qui permet de mieux comprendre comment nous en sommes arrivés là, de dégager les problématiques et éventuellement les solutions.

Nous verrons comment l’Espagne et le Portugal ont servi de base arrière aux ex Nazis et néo-fascistes d’Europe et d’Amérique Latine, leur collusion avec le terrorisme et la mafia, avec des conséquences graves pour la société en général. Cela, avec la participation active des Etats-Unis, de l’OTAN et des services de renseignement occidentaux.

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Espagne: Une dictature alliée des Etats-Unis et des fascistes internationaux

En Espagne comme ailleurs, quand le scandale Gladio a éclaté en Italie en 1990, aucun politique n’a admis avoir été courant de quoi que ce soit. Une enquête des services de renseignements a même conclu que l’Espagne n’a jamais fait partie du réseau Gladio.

On va voir que c’est loin d’être le cas, et que l’Espagne a même été une plaque tournante de l’internationale fasciste mise en place par les US après la guerre.

Le franquisme, terrain fertile pour les réseaux stay-behind et d’extrême-droite

A la fin de la Deuxième Guerre, l’Espagne a été une terre d’accueil pour de nombreux Nazis allemands, fascistes et autres Collabos européens. Après l’indépendance de l’Algérie, ce sont pas exemples les anciens de l’OAS recherchés en France après l’échec de leurs coups d’Etat qui sont venus se planquer –et poursuivre leurs activités- en Espagne.

Depuis l’arrivée de Franco le pays était déjà très prisé des fascistes et nazis, un mouvement qui s’est amplifié après la guerre, faisant de la péninsule ibérique une des bases principales de ce qu’on peut qualifier d’Internationale fasciste, cette nébuleuse de groupuscules et officines de barbouzes qui a réalisé les basses œuvres de divers services secrets à commencer par la CIA.

En 1936, le Front Populaire espagnol qui regroupait plusieurs partis de gauche a gagné les élections (dans un contexte où les anarchistes étaient relativement puissants) et voulait mener un programme social. Cela ne plaisait pas aux puissants de ce pays, ni à ceux des autres pays d’ailleurs.

Le coup d’Etat n’est pas venu inopinément suite à des troubles, comme l’Histoire officielle écrite par le général Franco et sa clique l’a longtemps dit, mais il a été préparé bien en amont.


C’est au contraire le coup d’Etat[1] qui a entrainé la guerre civile durant trois ans et le massacre des Républicains qui défendaient la démocratie. Il a été mené en collaboration avec l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie, et avec le soutien actif de l’Eglise.

Aujourd’hui, les fans de Franco, les nostalgiques de la dictature, sont encore nombreux, tout comme ceux qui défendent le bilan de Pétain en France. D’ailleurs, comme en France avec la transition très en douceur de Vichy à la « démocratie », la fin du régime franquiste n’a été obtenue qu’à condition qu’il n’y ait pas d’épuration et qu’un maximum des fascistes d’hier restent en place : les magistrats, les policiers, les enseignants, les politiques etc. ont échappé à toute procédure (alors que Franco ne s’était pas gêné en arrivant au pouvoir).

Le régime de Franco n’est tombé qu’après sa mort en 1975 car les US se sont très bien entendus avec lui : Franco, dont l’idéologie à la fois fasciste et capitaliste était tout à fait compatible avec l’impérialisme US, a permis de faire de l’Espagne une terre d’accueil et de transit pour de nombreux nazis à la fin de la guerre.

Les US ont même installé une base stay-behind aux Canaries, où ils ont installé du matériel militaire dès 1953 à la suite d’un accord. En échange, ils ont notamment permis à l’Espagne de devenir membre de l’ONU en 1955. Cette fameuse démocratie à géométrie variable.

En Espagne, comme le disent certains observateurs du régime franquiste,  » le gouvernement était le Gladio« . Et le gouvernement était aussi complètement infiltré par l’Opus Dei, organisation catholique très puissante en Espagne.

D’ailleurs, le relais du Gladio dans l’armée franquiste, l’amiral Luis Carrero Blanco, était aussi un membre éminent de l’Opuis Dei[2] jusqu’à son assassinat en 1973 alors que Franco venait de le nommer chef du gouvernement.

Assassinat survenu quelques jours après une rencontre avec Henry Kissinger pour discuter bombe atomique et attribué à l’ETA, organisation basque d’extrême-gauche mais infiltrée par la CIA, et réalisé avec du C4 fabriqué aux USA qui a fait bondir sa voiture à 35 m de hauteur, passant au-dessus d’un immeuble.

Les US avaient semble-t-il prévu une transition avec Juan Carlos, le Roi d’Espagne, père du roi actuel, déjà nommé comme dauphin de Franco en 1969. Et puis, Carrero Blanco s’opposait à l’entrée de l’Espagne dans l’OTAN ainsi qu’à l’augmentation de la présence militaire US en Espagne, et il voulait avancer sur son histoire de bombe atomique avec la France, ce qui faisait certainement beaucoup pour les US.

Le premier cours de guerre donné par US aux Espagnols remonterait à 1956, sur le modèle des cours de guerre français, et en 1961 deux unités d’opérations spéciales –les Grupo de Operaciones Especiales (GOE)- ont été créées pour mener des actions de contre guérilla (alors que, rappelons-le, l’Espagne était une dictature militaire, les opposants des démocrates ou des royalistes). Mais la construction de la base US de Las Palmas aux Canaries a commencé dès 1948. Rapidement, des troupes du Gladio d’Espagne et d’autres pays sont venus s’y entraîner auprès des militaires US.

Comme par hasard, c’est en 1948 que le barbouze belge André Moyen, membre de la Sûreté belge chargé, a-t-il dit, de mettre en place des cellules stay-behind en Belgique, est arrivé en mission aux Canaries pour la première fois. Pile quand la première base US est devenue opérationnelle, justement à Maspalomas aux Canaries, plus ou moins sous le couvert de l’OTAN[3].

C’est aussi à Maspalomas que les US ont installé une antenne de la NASA dans les années 60, dans laquelle des médecins étaient basés. Les US y ont installé discrètement des systèmes de détection des sous-marins, en disant qu’il s’agissait de recherches géologiques.

Pendant ce temps, « Adoptant le comportement typique des oligarques, Franco s’enrichit et s’assura la maîtrise du pouvoir en bâtissant une hiérarchie basée sur les privilèges et la corruption. Il autorisait ses plus proches collaborateurs à tirer d’énormes bénéfices d’affaires douteuses, lesquels en faisaient profiter leurs officiers subordonnés, et ainsi de suite… Toute la structure du pouvoir militaire était cooptée par le Caudillo et dépendait de lui pour sa survie »écrit Daniele Ganser dans « Les armées secrètes de l’OTAN ». Divers trafics, comme ceux de la drogue ou des armes, ont ainsi prospéré.

Bien que l’Espagne ait déclaré n’avoir jamais fait partie des réseaux Gladio et n’a rejoint l’OTAN qu’en 1982, il semble bien qu’au moins une antenne locale ait été opérationnelle, selon Roger Faligot. Celle-ci était gérée par un hollandais, Hermann Laatsman, consul des Pays-Bas en Espagne et ancien responsable d’un réseau de résistance.


Rien n’apparaît dans sa page Wikipedia sur ce qu’il a fait après la guerre ou en Espagne, mais même un article censé dé-diaboliser les réseaux stay-behind mentionne ledit Johan Hermann Laatsman [4] comme le pivot d’une « infrastructure« , destinée à « assurer une étape sur les voies d’évasion vers le Portugal » (tenu alors par le régime de Salazar), et organisée à l’initiative, nous dit-on, des français et des hollandais. De fait, sous la dictature, des opérations ont été menées avec les français pour des exercices militaires. Laastman était par ailleurs en contact étroit avec André Moyen.

Selon l’ex gladiateur italien Alberto Volo, qui était aussi aux Canaries en 1948, la structure Gladio était toujours active aux Canaries à la fin de l’année 1990. Volo a été entraîné en Espagne dans le cadre du Gladio dans les années 60, et il explique que le Gladio entraînait des mercenaires aux Canaries.

A partir de 1968, l’amiral Carrero Blanco a créé une subdivision à un organe appelé le SIAEM (Sección de Información del Alto Estado Mayor, section d’information du haut état-major), qui menait des opérations contre les étudiants espagnols en colère, comme en France. Cette subdivision a été appelée le SECED (Servicio Central de Documentacion de la Presidencia del Gobierno) et était en contact étroit avec l’armée stay-behind espagnole pour réprimer les grèves ouvrières et autres manifestations.

Il y avait aussi une branche spécialisée dans les écoutes et l’interception des correspondances, destinée à lutter contre l’opposition politique. Le dispositif de répression et de surveillance créé par Carrero Blanco s’appuyait sur les ressources du Gladio et de l’internationale fasciste basée, justement, en Espagne.

Durant les années Franco, l’Espagne était une terre d’accueil pour les divers terroristes d’extrême droite qui avaient participé à diverses opérations à travers l’Europe. L’un d’eux fut Yves Guérin-Sérac, membre de l’OAS exfiltré d’Espagne en 1997 seulement, et jamais retrouvé. Ledit Guérin-Séverac a entraîné la Légion portugaise au temps du dictateur Salazar, et a dirigé le groupe anti guérilla (donc anti insurrection), puis créé avec des types de l’OAS l’agence Aginter Press, une agence de presse qui a servi de vitrine officielle à un service de renseignements et de mise en place de cellules clandestines [5].

Des exercices d’entraînement du stay-behind espagnol ont eu lieu, durant l’époque franquiste, en Espagne et ailleurs, notamment lors d’un entraînement sous commandement US en 1973 en Bavière, ainsi que l’a révélé le général italien Seravalle. Ce dernier appréciait d’ailleurs peu le fait que l’Espagne serve de planque aux terroristes italiens d’extrême-droite.

Après que la révélation du scandale en 1990, le député communiste Antonio Romero a interrogé le gouvernement sur les liens entre les réseaux stay-behind et la répression d’opposants politiques de gauche ou nationalistes comme les catalans et les basques, ainsi que de mouvements de grève.

L’Espagne QG des Nazis à la solde des US

L’un de ceux qui a beaucoup travaillé à partir de l’Espagne où il s’est réfugié dès la fin de la guerre était le nazi et ancien SS Otto Skorzeny, le fondateur de l’organisation Odessa et ex membre du réseau SS Die Spinne qui a continué à exister des années après la guerre. Cet Autrichien est devenu membre du parti nazi autrichien dès 1931 puis a aidé les nazis à envahir l’Autriche en 1938 avant de se hisser aux plus hauts grades de la SS.

En 1944 il a été chargé d’établir des réseaux secrets nazis derrière le rideau de fer. Et dès le 7 mai 1945 il a pris contact avec les US, auxquels il a fourni des quantités de dossiers sur les communistes ainsi que les clés du réseau de renseignement qu’il avait mis en place pendant la guerre. L’armée US lui a même fourni un avocat pour son procès en la personne de Robert Durst, colonel de l’armée.

Skorzeny était aussi intéressant parce qu’il a participé au transferts de fonds nazis vers l’Argentine en passant par l’Espagne. Le même chemin a été suivi par beaucoup de nazis après la guerre comme Hans Ulrich Rudel ou Adolf Eichmann, avec la bénédiction du dictateur local ami des US Juan Peron. L’ambiance était si bonne pour les nazis en Argentine qu’ils ont créé leur propre magazine, en allemand principalement : Der Weg (le chemin).


C’est par ce canal que Skorzeny s’est retrouvé à former la police secrète argentine aux techniques de la Gestapo. Et quand Peron a été éjecté en 1955, Skorzeny s’est arrangé pour le faire venir en Espagne.

Il est arrivé en Espagne en 1951, se lançant dans des activités de ventes d’armes notamment, et officiant comme une sorte de représentant de commerce international pour des firmes allemandes comme Thyssen et Krupp, pas encore fusionnées. Il a aussi réorganisé le réseau d’anciens nazis, mis au service des US dans leur délire anticommuniste et de Franco dans sa lutte contre toute opposition.

Il était en contact étroit avec le jeune Antonio Garrigues Walker, homme de confiance de l’ambassade US en Espagne puis ambassadeur de Franco à Washington, dont il a été proche jusqu’à sa mort. Garrigues Walker est devenu par la suite membre du comité exécutif de la commission Trilatérale, créée en 1973.

De 1954 à 1958, Skorzeny a été contractant pour le compte des US pour la construction des bases militaires US de Torrejón de Ardoz, Saragosse, Rota et Morón.

« Ici en Espagne je me sens enfin libre, je peux enlever le masque. Je n’ai pas de raisons de vivre secrètement », a déclaré Skorzeny à un journaliste espagnol. On estime qu’environ 10.000 nazis se sont installés en Espagne après la guerre, il y avait donc de la main d’œuvre disponible. De plus, la présence allemande en Espagne était déjà importante dès 1937, avec l’installation de nombreuses entreprises allemandes qui se sont enrichies avec l’économie de guerre et le franquisme.

Une partie de ce réseau a permis aux nazis de fuir après la guerre avec la participation très active d’Alois Hudal, évêque autrichien à Rome. Ce réseau était notamment financé par le banquier d’Hitler Hjalmar Schacht, libéré par les US après la guerre.

En 1970 Skorzeny a mis en place un groupe de mercenaires appelé le groupe Paladin, qui sous le couvert d’une banale société de sécurité entraînait des barbouzes aux opérations spéciales et était impliqué dans de nombreux attentats et meurtres notamment contre l’ETA[6] mais aussi en France ou en Italie.

Le groupe Paladin collaborait avec divers groupes néo nazis ou fascistes et recrutait dans toutes les bandes de barbouzes du secteur : ex OAS, membres du SAC, d’Ordine Nuovo en Italie… Le réseau des anciens SS passait aussi par des associations d’entraide aux ex SS, disséminées partout dans le monde et chapeautées par la Hilfsgemeinschaft auf Gegenseitigkeit der Ehemaligen Soldaten der Waffen-SS ou HIAG, dont les réunions étaient plus ou moins secrètes.

Cette gentille association avait d’ailleurs des antennes un peu partout en Europe de l’ouest, depuis Genève jusqu’à Bruxelles et Londres. Le Paladin group était piloté par le Dr. Gerhard Hartmut von Schubert, qui collaborait pendant la guerre avec Goebbels, ministre de la propagande, puis a travaillé pour la dictature en Argentine.

En Suisse, une agence Paladin était basée à Zurich, et recrutait des mercenaires pour diverses opérations clandestines et actions anticommunistes. L’agence Paladin de Zurich était en lien avec le siège en Espagne et louait ses mercenaires à qui les payait suffisamment pour organiser une armée ou une opération commando n’importe où dans le monde.

D’autres antennes ont été ouvertes par von Schubert à Paris, Bruxelles, Rome et Londres. L’agence Paladin était protégée par le gouvernement espagnol qui pouvait aussi solliciter ses services contre l’ETA et l’opposition politique. De grandes entreprises de différents pays pouvaient aussi faire appel à l’agence, tout comme les services secrets de certains pays comme la Grèce.

Parmi les membres fondateurs du groupe Paladin, il y avait aussi l’Allemand Johann von Leers ou le colonel James Sanders spécialiste des opérations spéciales à la CIA qui a transmis un savoir technique important à l’organisation.

Mais la branche « Paladin » a été en partie mise en sommeil au milieu des années 70 suite à des enquêtes journalistiques sur ses activités, et ses membres sont allés rejoindre d’autres bandes armées.

Au passage, Skorzeny a aussi travaillé pour le Mossad (tout en ayant aidé Mengele à s’installer au Paraguay), pour l’OAS et pour les services secrets de Franco. On le retrouve aussi en Irlande en 1957, reçu en grande pompe avant d’y acheter une grande propriété qui apparemment servait d’étape dans la fuite de nazis outre-Atlantique[7]. Par contre il n’a officiellement jamais pu mettre un pied en Angleterre.

En Espagne, il a participé à la répression sanglante de tout ce qui ressemblait à une opposition à la dictature franquiste. En parallèle, il organisait aussi du trafic d’armes à destination de l’Egypte[8]. Cela avec l’aide précieuse d’autres fascistes impliqués dans les réseaux stay-behind, comme l’Italien Stefano Delle Chiaie (impliqué dans moult attentats durant les « années de plomb » et membre de la loge P2).

Il faisait aussi dans le trafic de drogue, et dès 1952 Hjalmar Schacht s’est mis à financer ses business également.

Skorzeny était au cœur de cette Internationale Fasciste, en lien avec la CIA, jusqu’à sa mort en 1975. Grâce à sa boite d’import-export basée à Madrid et à une fausse identité (Otto Steinbauer), il a organisé des filières vers l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Amérique latine et créé le groupe Paladin en Espagne 1970, qui était une structure paramilitaire dédiée à la « lutte anti communiste » mais qui pouvait aussi traquer et assassiner des leaders de l’ETA si besoin.

Pour organiser ce réseau, des entreprises servant de vitrines légales ont été utilisées, parfois créées. Comme la World Commerce Corporation dirigée par deux anciens agents de l’OSS ou le conglomérat Sofindus qui appartenait à un businessman nazi et franquiste, Johannes Bernhardt. Celui-ci était intermédiaire dans divers échanges tels que le trafic de tungstène extrait en Galice, entre le Reich et l’Espagne de Franco, dont il était très proche.

Skorzeny / Steinbauer a accueilli en Espagne un tas de Nazis, comme l’ex ambassadeur nazi au Vatican Eugen Dollmann, qui a échappé aux problèmes grâce aux US, notamment à Allen Dulles et James Angleton. Après un passage par la Suisse et l’Italie, Skorzeny a installé Dollmann sur la côte du Pays Basque pour y organiser un trafic d’armes et la répression de l’ETA[9], avant d’en faire son envoyé spécial en Italie en 1952.

Dollmann, réputé dans le chantage et la manipulation, a aussi espionné ses anciens copains nazis pour le compte de la CIA, et entretenu des contacts avec des groupes nationalistes en Egypte et ailleurs en Afrique du Nord. C’est là qu’il a été arrêté en 1952 après avoir été repéré par des militants communistes dans un cinéma, mais les US l’ont encore sorti de là[10]. Dollmann a aussi travaillé à l’occasion pour la CIA et les renseignements militaires US[11]. Puis on n’a plus d’archives déclassifiées à son sujet, et il est mort à Muniche en 1985.


Skorzeny a également été un vendeur d’armes pour Salazar au Portugal et travaillait comme représentant dans la péninsule ibérique pour Interarmo, une multinationale basée en Virginie qui fabriquait des armes et était liée à la CIA.

Dans les années 60, Skorzeny était à la manœuvre pour négocier l’installation de bases de la Bundeswehr, l’armée allemande, en Espagne. « Ses entreprises de sécurité avaient des contrats de consultant avec beaucoup de gouvernements d’extrême droite en Amérique latine et au Moyen-Orient », écrivait Stuart Christie, un anarchiste qui a tenté de plastiquer Franco.

Un groupe appelé la Guerilla del Cristo Rey (guérilla du Christ Roi ou GCR) a opéré sous la dictature et même pendant la période de transition, pour lutter contre les opposants et l’ETA et assassiner un maximum d’activistes y compris sur le sol français[12]. Créé en 1968, le GCR était en contact avec ce que certains ont appelé « l’internationale fasciste » : on y trouvait des fascistes Italiens, espagnols, français… Il avait aussi des antennes à l’étranger, notamment en France ou au Mexique avec l’organisation Tecos, ou « Legion du Christ Roi ».

La police espagnole a retrouvé dans les locaux du GCR des lingots d’or volés par Albert Spaggiari, qui a dit être responsable du « casse du siècle » de 46 à 50 millions de Francs (31 millions d’euros actuels) à la Société Générale à Nice en juillet 1976. Spaggiari a été arrêté à l’aéroport de Nice au retour d’un voyage au Japon avec Jacques Médecin mais s’est très vite évadé et n’a jamais été repris[13].

Il se serait en fait d’abord rendu aux Etats-Unis : « Quelques jours après le casse, « en voyage » à Miami, il a pris contact avec la CIA pour offrir ses services à l’agence du renseignement des Etats-Unis. Se présentant (déjà) comme le cerveau du casse de Nice, il se propose entre autres pour dévaliser des ambassades ou pour faire sauter le siège du Parti communiste français, place du Colonel-Fabien, à Paris », explique un article de Paris Match en 2018.

Stratégie de la tension

En effet, à l’époque, la droite craignait une victoire de la gauche aux élections de 1978, et selon le ministre de l’intérieur Michel Ponitoawski un coup d’Etat plus ou moins légal était envisagé avec Giscar censé dissoudre l’Assemblée et lancer des élections dans un climat de tension.

6 millions de lires italiennes et une importante cache d’armes (quatre pistolets automatiques, un fusil-mitrailleur, des munitions, des grenades et onze pains d’explosif) ont été retrouvés chez lui. C’est en Italie qu’il est mort en 1989. Spaggiari était un ancien de la guerre d’Algérie et de l’OAS, inséré dans les milieux néo-nazis aussi bien que dans les partis de la droite traditionnelle.

Le fasciste italien Stefano Delle Chiaie et Yves Guérin Sérac d’Aginter Press, la cellule fasciste Portugaise, étaient en lien avec le GCR, qui avait aussi une antenne en France dirigée par le colonel de Château-Jobert et le Dr Lefevre. Après la révolution contre Salazar en 1974 au Portugal, un tas de fascistes sont arrivés en Espagne depuis le Portugal[14].

La même année, les services secrets du régime de Pinochet, la DINA, a installé sa base européenne à Madrid où de nombreux opposants s’étaient réfugiés. L’intérêt était aussi de collaborer avec les réseaux fascistes présents sur place pour traquer et faire taire l’opposition.

Au moment de la guerre d’Algérie déjà, de nombreux membres de l’OAS sont venus se planquer en Espagne. Et à partir des années 70, l’Espagne était devenue le carrefour des réseaux d’extrême droite internationaux : le prince Borghese et Stefano Delle Chiaie, lui-même impliqué jusqu’au cou dans le Gladio Italien, sont arrivés à Madrid à partir de 1970 après l’échec d’un coup d’Etat, accompagnés d’une centaine de leurs hommes puis d’autres fascistes italiens qui émigraient au fur-et-à-mesure que les procédures judiciaires sur leurs différents attentats commis en Italie avançaient.

Ils ne restaient pas inactifs : le fasciste italien repenti Aldo Tisei a raconté comment, avec ses copains fascistes Italiens, il avait traqué et assassiné des militants antifascistes à la demande des services de renseignements franquistes. Un autre a expliqué que Delle Chiaie était grassement rémunéré par la police et les renseignements espagnols pour les services réalisés en Espagne. Après la mort de Franco il s’est directement enfui au Chili.

D’autres boîtes d’import-export espagnoles ont servi au trafic d’armes, comme les entreprises d’un certain Luis Garcia Rodriguez, qui fut secrétaire provincial de l’Action phalangiste et agent du contre-espionnage.

Ces sociétés servaient aussi à financer discrètement divers mouvements de rébellion ou guérilla, le plus souvent d’extrême-droite évidemment. En 74 un juge italien a lancé un mandat d’arrêt contre Garcia Rodriguez pour « conspiration politique, association subversive et trafic d’armes », pour avoir fourni des armes à un groupe de néo fascistes locaux projetant de faire un énième coup d’Etat, qui était aussi en lien avec Aginter Press [15].

La World Anticommunist League (WACL, devenue Ligue mondiale pour la liberté et la démocratie, ça fait mieux) a été créée à Taïwan en 1967 et avait des filiales un peu partout dans le monde. Elle a progressivement été prise en main en Europe et en Amérique Latine par les fascistes, et intégrée à cette nébuleuse fasciste internationale[16]. Elle était très active en Espagne, où elle était en lien avec les Guérilleros du Christ Roi notamment.

Ou alors c’était carrément la DINA, la police secrète de Pinochet, qui chargeait des fascistes italiens basés en Espagne autour de Delle Chiaie d’assassiner un opposant politique en exil, Bernardo Leighton. Criblé de balles avec sa femme à son domicile de Rome en octobre 75, ils en ont réchappé[17]. Selon Aldo Tisei, ce sont même les services secrets franquistes qui ont joué les intermédiaires entre la DINA et Delle Chiaie.

Après l’installation d’Aginter Press à Madrid en 1974, Delle Chiaie a infiltré l’organisation basque ETA pour le compte du régime franquiste en tant qu’agent provocateur, pour pousser l’organisation basque à mener des actions qui allaient la décrédibiliser. Son groupe intervenait aussi pour réprimer des manifestations, évitant ainsi à la police de se salir les mains.

En 75, Anginter Press, avec des fascistes français, italiens et espagnols et l’américain Salby, a organisé des attentats destinés à décrédibiliser les Soldats de l’Opposition Algérienne (SOA), un groupe d’opposition, en plaçant des bombes au C4 –explosif seulement utilisé par l’armée US à l’époque – dans les ambassades algériennes en France, Allemagne, Angleterre et Italie et en revendiquant ces attentats au nom du SOA.

C’est aussi durant les années Franco que la Costa del Sol est devenue un paradis pour les trafiquants de drogue européens.

A la mort de Franco, des groupes paramilitaires d’extrême-droite ont assassiné des démocrates et commis des attentats pour maintenir la pression et tenter de faire revenir les militaires.

En janvier 1977 par exemple, un groupe de 24 fascistes a attaqué avec des armes automatiques et des bombes un cabinet d’avocats qui avaient défendu des sympathisants de gauche à cette époque où le parti communiste était carrément interdit.

Cette tuerie appelée le « massacre d’Atocha » a entraîné 6 morts et de nombreux blessés et devait enclencher des violences urbaines, prétexte pour un coup d’Etat. Mais les gens ont su déjouer le piège, il n’y a pas eu de violence.

Certains des tireurs étaient des anciens de la division Azur qui a lutté pour les Nazis en URSS pendant la 2e guerre [18]. Pendant deux jours, des attaques ont eu lieu contre différentes cibles de gauche[19]. Suite à cela, un certain nombre de barbouzes d’extrême-droite, espagnols, mais aussi Italiens ou d’Amérique latine, ont été arrêtés. Par contre Delle Chiaie et Guérin-Sérac s’étaient évaporés.

Même après la fin du franquisme, les services espagnols dirigés de 1981 à 1995 par le colonel Emilio Alonso Manglano, sont longtemps restés hors de contrôle du politique, de la justice et donc des citoyens. « En août 1983, on apprit que des agents du CESID écoutaient secrètement les conversations des ministres socialistes depuis les sous-sols du siège du gouvernement », écrit Daniele Ganser.


L’affaire de ces écoutes organisées par les renseignements, qui se seraient étendues sur une dizaine d’années, s’est d’abord conclue par un non-lieu général en 1996. Mais comme le tribunal n’était pas impartial, la procédure a été recommencée [20].

Il a aussi été condamné en 2002 pour sa participation à une « bande armée », en l’occurrence les Groupes Antiterroristes de Libération (GAL) qui ont commis une quarantaine d’attentats et 27 assassinats de militants de gauche jusqu’au milieu des années 80.

Quant au Gladio, il est loin d’avoir été débunké en Espagne même aujourd’hui, et l’histoire officielle minimise beaucoup l’ampleur de la collaboration entre l’Espagne franquiste et l’OTAN.


Le lien entre les attentats commis par les groupes d’extrême-droite, menés par des types qui étaient au centre du Gladio Italien, et la stratégie de la tension classique de l’OTAN à travers l’organisation du stay-behind en Europe, n’a pas été fait officiellement.

Si le massacre d’Atocha de même que certaines des tentatives de coups d’Etat organisées à la même époque sont reconnus par tous comme étant le fruit des actions du Gladio, les renseignements et l’Etat n’ont pas vraiment été mouillés et nous sommes loin d’avoir le fin mot de l’histoire.

A gauche et ailleurs, beaucoup sont moins pudiques et soulignent l’implication du marigot « renseignements franquistes » – « internationale fasciste » – OTAN dans la vague de terreur qui s’est étalée des années 60 aux années 80.

D’ailleurs, on ne sait pas du tout si ces réseaux ont été désactivés, en tout cas rien ne l’indique.


Portugal : Entente cordiale entre le général Salazar et Washington

Le cas du Portugal, membre fondateur de l’OTAN, est très intéressant car il a été une véritable plaque tournante pour les magouilles anticommunistes des Etats-Unis et des fascistes de toute l’Europe. Un coup d’état militaire a instauré la dictature en 1926, et en 1932 le général Salazar prenait le au pouvoir pour créer son « Estado nuevo » sur le mode extrême-droite fasciste. Malade, il n’a quitté le pouvoir qu’en 1968, et son dauphin a été viré par la « Révolution » des Œillets en 1974 [21].

La dictature, havre de paix pour la barbouzerie internationale

Sous Salazar, la police politique appelée la Policia Internacional e de Defensa de Estado (PIDE) était le bras armé de la dictature, chargé de la surveillance et de la destruction de l’opposition[22].

Il y a peu d’infos sur la collaboration du régime avec l’OTAN ou le stay-behind car il n’y a jamais vraiment eu d’enquête sur le sujet, mais les liens avec les services secrets et les groupes fascistes de plusieurs pays sont malgré tout avérés grâce à des investigations menées à l’étranger.

L’un des dirigeants de la PIDE de 45 à 56, le colonel Agostinho Lourenço, a présidé le comité exécutif d’Interpol, basé à Lyon, de 1956 à 1960. Des indicateurs de la PIDE étaient disséminés dans la population, comme dans tout bon régime totalitaire et donc paranoïaque, les opposants étaient traqués jusqu’à l’étranger. La PIDE collaborait donc avec les autorités locales, par exemple en France elle était en lien avec le SDECE, la DCRG et la DST depuis un accord bilatéral signé en 1950.

La PIDE a assassiné l’opposant politique Humberto Delgado en Espagne en 1965[23]. Ce général autrefois parmi les plus extrémistes du camp de Salazar, qui a même été nommé chef de la mission militaire à Washington puis représentant à l’OTAN a été vaincu à l’élection présidentielle de 1958 suite à une fraude massive.

Elle a aussi organisé l’assassinat du leader Eduardo Mondlane qui militait pour l’indépendance du Mozambique[24], en 1969, ou encore de l’opposant guinéen Amílcar Cabral en janvier 1973, avec l’aide des services français.

Quelques mois avant, le général Spinola a organisé l’opération avec des représentants du SDECE, qui comprenait notamment une campagne de désinformation que le SDECE devait organiser au sein du mouvement de Cabral afin de le discréditer et de retourner une partie des militants contre lui. Il a été abattu par le SDECE, et une rumeur a permis de diffuser l’idée que Cabral a été abattu par un autre militant mécontent. Cependant, la collaboration de la PIDE et d’Aginter s’est étiolée après 1969.

On sait également que des fascistes de toute l’Europe sont venus s’entraîner au Portugal par le biais d’Aginter Press, mais les formations dispensées par Guérin-Sérac et ses copains, avaient lieu carrément sur des sites de la PIDE ou de la Légion. Un de ces centres était situé dans l’Algrave, devenu un paradis pour les pédos européens depuis les années 70 au moins, un autre était en Afrique du sud.

Au moment de la « révolution des Œillets », les services de renseignements français (le SDECE, alors dirigé par Alexandre de Marenches) ont monté « une opération pour récupérer des archives sensibles pour les Français. S’y trouvent les preuves de la coopération depuis 1962, à l’instigation du général Jacquier, entre le SDECE et la PIDE (comme d’ailleurs entre la DST française et le SCOE espagnol, à l’instigation de Jean Gaspard et d’Henri Julien du poste de Madrid). S’y trouvent aussi des doubles des rapports établis par les chefs de poste successifs à Lisbonne, dont les colonels Isidore Banon et Raymond Gillier, concernant l’opposition portugaise et les mouvements africains qui sont également surveillés à Paris », expliquent Roger Faligot, Jean Guisnel et Rémi Kauffer dans « Histoire politique des services secrets français: de la Seconde Guerre mondiale à nos jours ».

Le SDECE a donc envoyé des types qui se sont mélangés aux manifestants pour récupérer le maximum d’archives possible, qui auraient été transférées à l’étranger lors de l’arrivée des socialistes au pouvoir en 1981. Mais des journalistes aussi étaient sur place et ont trouvé certains documents compromettants.

Certaines archives ont été récupérées par les portugais et ont permis de comprendre le rôle joué par une officine de barbouzes français, Aginter Press, qui agissait sous couvert d’une agence de presse et collaborait pleinement avec la dictature. Aginter Press était semble-t-il l’antenne locale du Gladio et collaborait avec la PIDE tout comme avec la CIA[25], active jusqu’en 1969.

Aginter Press a été créée par le fasciste italien impliqué notamment dans l’attentat de la gare de Bologne Stefano Delle Chiaie et par un Français co-fondateur de l’OAS et du mouvement « Ordre et Tradition » Yves Guérin-Sérac.

Elle a rendu beaucoup de services du genre meurtres et enlèvements d’opposants au gouvernement Portugais[26]. Guérin-Serac, Yves Guillon de son vrai nom, avait déjà été récompensé de plusieurs médailles militaires par les US pour ses services notamment lors de la guerre de Corée dans le bataillon français de l’ONU.

Il a appartenu au 11e Choc, le régiment de parachutistes préféré du stay-behind en France et branche armée du SDECE, puis a participé à la création en Espagne de l’OAS après la guerre d’Algérie.

Aginter Press pouvait aussi compter sur l’aide active de Jacques Ploncard d’Assac, pétainiste réfugié au Portugal et devenu conseiller de Salazar qui était pour lui « un sage » (il est revenu en France après la révolution des Œillets en 1974). Ploncard d’Assac a aussi trouvé un job de formateur des unités de contre-guérilla pour Guérin-Sérac. Ces unités appelées la Legiao Portuguesa avaient des camps d’entraînement ouverts aux mercenaires de tous les pays ou presque.

Les portugais leur avaient concocté « un programme de trois semaines de formation aux opérations secrètes comprenant notamment les techniques d’attentat à la bombe, d’assassinat silencieux, les méthodes de subversion, de communication clandestine, d’infiltration et de guerre coloniale », explique Daniele Ganser.

L’agence bénéficiait d’ailleurs d’un financement des ministères de la Défense et des Affaires étrangères Portugais, en plus de son autofinancement par des opérations de barbouzeries partout dans le monde et les entraînements qu’il assurait pour les groupes de fascistes et de barbouzes d’un peu partout. Il faut rappeler que la torture des opposants politiques était banale sous Salazar et les arrestations massives.

Ce savoir-faire s’exportait bien évidemment à l’étranger, par exemple au Guatemala où les US soutenaient la dictature et les groupes terroristes, que l’ambassadeur US Nathaniel Davis manœuvrait à l’envi depuis son arrivée en 1968. Plusieurs barbouzes d’Aginter, anciens de l’OAS, sont allés soutenir ces efforts au Nicaragua dès 1968, puis au Chili à partir de 1971 quand Davis y a été muté.

Aginter a aussi mené des opérations au Venezuela, en Bolivie, au Nicaragua, au Brésil, au Pérou, en Colombie, en Argentine… Et en Europe.

Autant de pays où les méthodes françaises de terrorisme et de contre-guérilla inaugurées en Algérie ont été réutilisées par les autorités comme par les groupes terroristes.

A côté de cela, il y avait le volet « renseignements » avec les correspondants d’Aginter Press qui voyageaient partout dans le monde dotés d’une carte de presse. Aginter était en relation avec des « agences de presse » similaires totalement liées à l’extrême-droite, comme les agences italiennes FIEL et Oltremare. Par exemple avec Oltremare, Aginter avait un accord d’échange de « renseignements », d’aide mutuelle, de participation commune à un centre de coordination internationale, une action commune en termes de guerre psychologique et de de propagande [27]…

Il y avait aussi une activité « faux papiers », de tous types, pour tous les pays, imprimés directement par Aginter Press.

Selon l’historien Alessandro Pagani, Aginter Press était « une agence de presse internationale qui avait pour objectif de de diriger ce « pacte criminel » entre les organisations néo-fascistes européennes, les mafias, les ex-dignitaires nazis réfugiés en Amérique du Sud, et les services secrets des pays membres de l’OTAN ». Elle s’occupait notamment des actions de guerre psychologique contre les mouvements populaires, au Portugal et à l’étranger jusqu’en Amérique Latine. C’est ainsi qu’on trouvait un peu partout des « journalistes » d’Aginter Press impliqués dans diverses opérations clandestines.

En France, Aginter Press avait de bons contacts avec des groupuscules comme Occident à la fin des années 60, un mouvement violent d’extrême-droite dans lequel militaient Alain Madelin, Gérard Longuet, Alain Robert, Patrick Devedjian et d’autres membres de la droite parlementaire[28].

Aginter avait aussi des relations discrètes avec le Mouvement Jeune Révolution (MJR) où il recrutait des correspondants. Le MJR a été créé par d’anciens membres de l’OAS et a fini par être interdit tout en continuant d’exister à travers d’autres groupes. Dans le cadre de la collaboration avec Aginter, certains de ses membres sont allés à Lisbonne, notamment pour suivre des stages de formation sur place. Il y avait aussi des contacts resserrés avec les organisations catholiques intégristes du moment.

On soupçonne cette agence de barbouzes d’être derrière le meurtre de Pierre Goldman en 1979, commis par un commando comprenant un agent des RG, un de la DST et un ancien de l’OAS, tous proches du SAC. Ce braqueur militant politique de gauche a été tué par l’extrême droite et les renseignements, mais les auteurs n’ont jamais été officiellement identifiés.

Et en mai 1968, les barbouzes d’Aginter sont évidemment venus en renfort du pouvoir, à la demande des services secrets. Ils ont notamment recruté des agents provocateurs qu’ils ont envoyés dans les manifs étudiantes du quartier latin., mais aussi dans les usines, pour renseigner et pousser à faire n’importe quoi à l’aide de syndicats « jaunes » c’est-à-dire à la solde du patronat. Les patrons, eux, recrutaient des milices composées de fascistes, pour briser les grèves dans la violence.

Robert Leroy, ancien de l’Action française, de la Cagoule, puis des Phalanges fascistes en Espagne en 1936, avant de rejoindre les renseignements et la presse collabo en France sous l’Occupation. Leroy a été aidé par ses contacts à l’extrême-droite après la guerre et c’est ainsi qu’il s’est retrouvé en Suisse comme « correspondant » d’un journal en Italien, Il Reporter.

De 1958 à 1966 il a travaillé pour l’OTAN et pour les renseignements allemands de Reinhard Gehlen entre 62 et 68. Il a été mêlé à des attentats à Milan.

Ce type de relations avec les groupes de fachos existait aussi avec l’Allemagne, l’Espagne, la Suisse, Israël, même les Etats-Unis où Aginter collaborait avec la National Review de William Buckley membre des Skull & Bones et de l’Ordre de Malte, qui a fait rentrer les idées d’extrême-droite chez les conservateurs US tout en collaborant avec la CIA dès la fin de ses études[29]. Buckley a aussi œuvré à la création de la World Anti-Communist League en 1966.

Certains observateurs considèrent que la National Review, revue phare des conservateurs US, était une création de la CIA dans le cadre de ses opérations psychologiques. Elle a par exemple pris clairement position en faveur de Pinochet et a nié le meurtre du président Allende.

En Italie, la justice a trouvé un document de police, la note 509/62 du 23 juillet 1966, qui est intitulée « Guerre psychologique et de faible intensité en Italie par le biais d’Aginter Press (AP) ». Des opérations plus violentes encore ont été organisées par Aginter Press en Angola (ancienne colonie portugaise) par exemple.

La justice italienne est encore tombée sur Aginter Press en enquêtant sur un trafic d’armes mené via une société d’import-export de Modène, en parallèle d’une tentative de coup d’Etat (le « complot de la Toussaint »), et un chèque signé par Yves Guérin-Sérac a été encaissé par un leader du mouvement d’extrême-droite italien Avanguardia Nazionale.

Derrière ce trafic, le juge italien découvrait un projet de vente d’armes à des pays africains et des groupes d’extrême-droite pour un montant d’un milliard et demi de dollars[30]. L’enquête a finalement été classée sans suite.

A partir de 1964 au moins, Guérin-Sérac était en contact avec un pilier du stay-behind Italien, Guido Giannettini. Aginter avait mis au point tout un plan d’action pour instaurer la panique en Italie, en commettant des attentats attribués aux communistes et désorganisant l’Etat. Ce programme passait notamment par l’infiltration des mouvements de gauche au moyen d’agents provocateurs d’extrême-droite.

Ensuite la voie de l’extrême-droite devait apparaître à tous, l’opinion comme les politiques, comme la seule possible.

Guido Giannettini était très ancré dans les milieux fascistes européens, et officiait comme journaliste dans un journal lié au mouvement -fasciste évidemment – MSI. Il était ainsi en contact avec l’OAS dont il était un des principaux agents de liaison en Italie, et aussi avec la CIA. Frédéric Laurent rapporte dans « L’Orchestre Noir » que « En novembre 1961, à l’invitation du général Delvalle, commandant de l’école centrale des marines d’Annapolis, aux Etats-Unis, il tient un séminaire de trois jours sur « les techniques et les possibilités de coup d’Etat en Europe », auquel participent des représentants du Pentagone et de la CIA ».

Tout en étant « journaliste » et en contact permanent avec Aginter Press, il a travaillé à partir de 1966 pour les renseignements italiens pour espionner les mouvements de gauche et d’extrême-gauche, recrutant pour cela des taupes dans les milieux fascistes.

Quand des juges ont commencé à s’intéresser à lui en 1974, Giannettini est venu vivre en France, sans se planquer et avec son identité réelle. Certains ont affirmé que les autorités françaises le protégeaient. Il a fini par être condamné pour l’organisation d’attentats en décembre 1969 et a expliqué devant les juges que ces opérations avaient été organisées en collaboration avec les renseignements italiens, le SID[31].

Aginter Press s’occupait également de former les barbouzes aux nouvelles méthodes de combat, aux méthodes subversives, au renseignement, à la propagande sous toutes ses formes, et cherchait à étendre la lutte anticommuniste partout dans le monde.

On a retrouvé ses équipes dans la contre-guérilla au Guatemala ou dans le coup d’Etat de Pinochet au Chili, et l’une des activités des « correspondants » était de s’infiltrer dans les mouvements de libération en Afrique ou dans les mouvements de gauche.

En fait, d’après le témoignage d’un ancien barbouze de l’agence, les membres dont on avait déjà vérifié le CV anticommuniste et les compétences sur le terrain étaient d’abord envoyés à l’étranger pour collecter des renseignements sur les gauchistes du coin et leurs activités, puis s’ils étaient efficaces, ils travaillaient pour la PIDE : « On leur demandait par exemple d’espionner des citoyens portugais résidant en France, et en particulier les opposants au régime. Aginter, comma la PIDE, avait à cet effet des rapports avec le pseudo syndicat C.F.T, afin d’aider à l’encadrement des ouvriers portugais très nombreux dans la région parisienne« , expliquait à Frédéric Laurent un de ces types.

En 1974 quand la révolution des Oeillets a éclaté et que la police du nouveau gouvernement militaire est arrivée dans les locaux d’Aginter Press à Lisbonne, presque tout avait été vidé et il n’y avait plus personne dans le secteur. La PIDE a quant à elle été démantelée et une commission d’enquête a été mise en place.

Les derniers documents d’Aginter qu’elle avait récupérés et qui portaient sur ses connexions à l’étranger ont été volés avec celles de la PIDE avant d’être archivés, et détruits par l’armée portugaise selon certaines sources.

Le nouveau siège d’Aginter a été déplacé à Madrid, Franco leur ayant offert l’asile politique en échange de quelques services, mais cela n’a pas duré puisque le régime de Franco est tombé lui aussi en novembre 75. Delle Chiaie, Guérin-Serac et leurs amis sont ensuite allés se réfugier au chili, où Pinochet est resté en place jusqu’en 1998.

Après Salazar, la transition dans la douceur

Rapidement après la prise de pouvoir de militaires opposés à Salazar mais tout de même proches des US, alignés derrière António de Spínola qui a préparé son putsch depuis la France, la gauche modérée les a vite remplacés.

Spinola est arrivé en France en 1975 sous la protection du SDECE quelques semaines après avoir été ejecté du gouvernement, et a été planqué dans un hôtel discret de la région parisienne [32]. Spinola a ainsi rencontré à Paris des responsables de l’OTAN, de la CIA et du BND (les renseignements allemands), notamment dans le but de lui fournir des armes. Finalement, le SDECE aurait décidé de miser sur un autre cheval pour faire barrage aux communistes.

Les US n’étaient pas contents de cette révolution, et avaient fait venir de la dictature brésilienne le responsable de la police politique Celso Telles pour tenter de bloquer l’avancée de la gauche. Ils étaient prêts à mener un nouveau coup d’Etat d’extrême droite.

Dès 1974, des militaires portugais, liés aux groupes d’extrême-droite internationaux et réfugiés en Espagne, ont préparé des coups d’Etat pour reprendre le pouvoir.

Ils avaient aussi prévu de créer auparavant un climat d’insécurité et de peur dans le pays : « Sabotage de l’économie, création artificielle de conflits du travail, exécution de personnalités de gauche, d’enlèvement d’officiers du Mouvement des forces armées [putschiste], d’ambassadeurs… et même le parasitage, avec des images de la Vierge de Fatima, des discours télévisés de 1er ministre Vasco Gonçalves et du président de la République Costa Gomes« , relate Frédéric Laurent dans « L’Orchestre Noir ».

Ces militaires putschistes ont aussi mis en place en 1974 une Armée de Libération du Portugal (ELP), organisation paramilitaire à laquelle appartenait Guérin-Sérac et qui a commis plusieurs centaines d’attentats. Elle était soutenue financièrement par une série d’entreprises appartenant à des fascistes sympathisants.

L’ELP était structurée en 5 sections : politique, renseignement, sécurité, action psychologique (à laquelle appartenait Guérin-Sérac) et logistique. Elle était composée de cellules cloisonnées de 7 hommes maximum, sur le mode bien connu du stay-behind et avait parmi ses principaux objectifs d’infiltrer l’armée portugaise et les partis d’opposition pour les contrôler. Ils visaient notamment le parti maoïste dont José Manuel Barroso, futur président de la commission européenne reconverti chez Goldman Sachs, était l’un des leaders.

Un autre objectif était donc d’organiser des coups d’Etat en lien avec certains partis de droite, prévus dès le mois de décembre 1974 dont un en Angola qui a raté. Au Portugal, ils comptaient profiter des manifestations de la « majorité silencieuse » c’est-à-dire la petite bourgeoisie de droite, pour lancer l’action militaire[33].

Les entraînements étaient assurés notamment par le barbouze Belge Jean Schramme, ex colon au Congo et longtemps proche de Bob Denard, réfugié à l’époque au Portugal puis plus tard au Brésil. Et l’ELP a fait appel au groupe Paladin de Skorzeny, pour bénéficier de son savoir-faire en coups tordus. Des camps avaient été installés dans de grandes propriétés en Espagne, proches de la frontière et d’où ils émettaient des programmes radio pirates à destination du Portugal.

En janvier 1975 les commandos de l’ELP ont commencé leurs manœuvres, visant d’abord à recruter –contre une rémunération très intéressante- dans les organisations fascistes, les réseaux d’Aginter, les anciens colons d’Angola et l’ex PIDE.

En parallèle, la CIA s’est remise en branle-bas de combat en 1974, lorsque le colonel Vasco Goncalves, proche des communistes, a été nommé 1er ministre après la révolution. En effet, même ce gouvernement militaire au départ favorable aux US tendait de plus en plus vers la gauche communiste et avait ouvert des discussions avec l’URSS.

« Au mois d’octobre, le général Otelo de Carvalho accusait ouvertement les Américains de comploter contre le régime et d’avoir envoyé au Portugal plus d’une centaine d’agents. L’ambassadeur américain, Stuart Nash Scott, jugé trop mou par Kissinger, était limogé et remplacé à la mi-janvier par Frank Charles Carlucci« , explique Frédéric Laurent dans « L’Orchestre Noir ».

C’est donc le nouvel ambassadeur Carlucci qui a été chargé de la déstabilisation de l’Etat portugais, pour faire barrage à la gauche. Pour cela il a recruté des fascistes brésiliens déjà rôdés aux coups d’Etat, qui ont fait venir des agents des services de la dictature brésilienne et des Cubains anticastristes de Miami sont aussi arrivés en renfort. Carlucci a aussi rencontré le leader de l’ELP, le général putschiste Spinola, sur la base militaire US de Tojeron en Espagne, suite à quoi Spinola a commencé une tournée diplomatique en Europe qui lui a entre autres permis de rencontrer des politiques et de trouver des fonds.

« J’ai réussi à empêcher le gouvernement américain de faire des choses qui causeraient du tort« c’est-à-dire « que le Portugal s’éloigne de l’OTAN« , dira-t-il dans une interview en 2014.

Par ailleurs, le gouvernement portugais voulait renégocier le bail de la base militaire US de Lages aux Açores, qui était indispensable pour le ravitaillement des avions militaires US qui se rendaient au Moyen-Orient. Les US ont donc mis en place avec l’aide d’Aginter Press un « Front de Libération des Açores » (qui existe toujours).

A sa tête on trouvait un dénommé Jean-Paul Blétière, qui se disait le représentant officieux de l’OTAN sur place et était en lien avec Aginter Press. Il comptait placer José Almeida l’ancien conseiller de Salazar à la tête des Açores, avec la bénédiction –et le financement – des US qui voulaient un interlocuteur plus raisonnable que le gouvernement portugais pour gérer tranquillement sa base militaire.


Finalement un coup d’Etat en novembre 1975 a permis de mettre au Portugal un gouvernement très favorable aux intérêts US et rien ne permet de dire que le gladio local a cessé ses activités. En 2020, par exemple, un groupe de néonazis Portugais, les Portugal Hammerskins, a été sous le feu des projecteurs pour avoir organisé un trafic d’armes au niveau international.

Dans ce groupe, il y avait le petit-neveu du cardinal Cerejeira, fidèle soutien de Salazar, impliqué avec un autre leader du groupe dans le meurtre d’un immigré cap-verdien en 1995 avec quatre autres nazis.

Les Portugal Hammerskins sont connus depuis plusieurs années comme étant parmi les plus violents des fachos locaux, et sont en contact avec des groupes du même acabit au niveau international. Ils sont affiliés à la Hammerskins Nation créée en 1988 au Texas.

Depuis 2019, l’extrême-droite a réapparu dans le paysage politique portugais avec la création du parti Chega, et comme en france on assiste à une radicalisation de la droite parlementaire vers l’extrême-droite ces dernières années.

Notes:

[1] Coup d’Etat survenu après la victoire de la gauche aux élections de février 1936 (mois où les ligues fascistes françaises ont aussi tenté plusieurs coups d’Etat), avant de lancer des réformes sociales. Ce qui ne plaisait pas à la hiérarchie militaire – catholique et bourgeoise, qui voyait déjà le pays tomber dans l’orbite communiste. La guerre a duré 3 ans avant que les Républicains, c’est-à-dire la très grand majorité de la population, ne soient écrasés avec l’aide l’Italie de Mussolini et de l’Allemagne nazie (qui ont envoyé autour de 90.000 soldats armés en Espagne) sans que la France et la Grande-Bretagne ne réagissent.


[2] Cf. « Les armées secrètes de l’OTAN » de Daniele Ganser.

[3] A cette époque l’Espagne était sous pression : ses réserves d’or avaient été bloquées car soupçonnées de provenir des spoliations opérées par les nazis. Cette pression a permis notamment de faire rentrer l’Espagne dans le système monétaire international, conçu par les banquiers US et anglais à travers les accords de Bretton Woods instaurant le FMI et un cadre monétaire international favorable au dollar.

[4] Ledit Laatsman était aussi proche d’André Moyen, a expliqué que le Gladio espagnol avait un rôle essentiel dans le recrutement des hommes. Moyen a déclaré avoir eu des contacts avec le Gladio espagnol dès la fin 1948.

[5] « Cette agence est en mesure de fournir plusieurs types de services : elle défend en premier lieu les intérêts coloniaux portugais, elle est également un service de renseignement international possédant sa propre division politico-militaire par le biais de la structure “ Ordre et Tradition ”. On lui prête des amitiés au sein du Vatican », selon un blog consacré principalement à la mafia. Aginter Press était en lien avec d’autres groupuscules, comme Avanguardia nazionale ou Ordine Nuovo, des mouvements fascistes italiens.

[6] Cf. « Otto Skorzeny: The Devil’s Disciple » de Stuart Smith.

[7] En Irlande, Skorzeny a rejoint d’autres nazis installés dans le coin, comme le belge Albert Folens ancien gestapiste devenu éditeur de livres pédagogiques, ou encore Jupp Hoven et Helmut Clissmann, ex espions nazi. Clissmann s’est reconverti dans l’importation de produits pharmaceutiques et marié à une militante de l’IRA.

[8] Skorzeny a déclaré à la télé US qu’il a été en Egypte pour développer les liens commerciaux avec des entreprises espagnoles, mais pas des fabricants d’armes alors que dans une lettre à Nasser, le président « démocrate » depuis 1954 dont il a été le conseiller militaire, il proposait bien de lui vendre des armes fabriquées en Espagne ou aux USA. Par ailleurs, il a organisé l’entraînement militaire de l’armée égyptienne. Mais, Skorzeny a aussi vendu des armes au Chili de Pinochet, ou à l’Iran des mollahs.

[9] Cf. « Nazi War Crimes, US Intelligence and Selective Prosecution at Nuremberg : Controversies Regarding the Role of the Office of Strategic Studies », de Michael Salter

[10] Cf. « Eagle and Swastika: CIA and Nazi War Criminals and Collaborators » de Kevin Conley Ruffner, rapport de l’équipe d’historiens de la CIA en 2003.

[11] Selon Michael Salter, la CIA disposait d’un dossier sur Dollmann qu’elle trouvait intéressant pour noyauter des groupes d’extrême-droite autrichiens qui se finançaient grâce au trafic de cocaïne.

[12] Cf. « L’Orchestre noir – Enquête sur les réseaux néo-fascistes » de Frédéric Laurent.

[13] Apparemment ce n‘est pas lui mais un des bras droits de Gaëtan Zampa, Jean-Claude Migozzi, qui a organisé le coup. L’argent a été divisé en deux entre les truands et les politiques, selon Spaggiari qui aurait versé sa part à l’organisation fasciste internationale CATENA. Une autre partie de l’argent s’est retrouvée entre les mains de groupes fascistes espagnols. Si Spaggiari a avoué, c’est parce qu’il a passé un deal avec la justice : des aveux pour le casse contre l’impunité pour son trafic d’armes, qui impliquait le cabinet du ministre de l’Intérieur Michel Poniatowski.

[14] Parmi ces réfugiés, le général Spinola qui a préparé des coup d’Etat depuis l’Espagne en 1975 puis en 1976 via son « Mouvement démocratique pour la libération du Portugal », qui venait donc de sortir de la dictature de Salazar quelques mois plus tôt.

[15] Cf. « L’Orchestre noir – Enquête sur les réseaux néo-fascistes » de Frédéric Laurent.

[16] Cf. « L’Orchestre noir – Enquête sur les réseaux néo-fascistes » de Frédéric Laurent.

[17] Toutefois Leighton a dû être opéré à Rome et les suites de l’opération ont fortement amoindri ses capacités cognitives. Il n’a donc jamais pu finir l’unification des opposants à Pinochet en exil.

[18] Les tireurs ont été condamnés à de fortes peines en 1980.

[19] L’enquête a directement mené vers des fascistes qui fabriquaient eux-mêmes une partie de leurs armes, quelques-uns ont été arrêtés et jugés mais pas les leaders Delle Chiaie et Guérin-Sérac.

[20] Manglano a finalement été condamné en 2013.

[21] Une révolution opérée par des militaires dissidents (qui réclamaient la décolonisation) soutenus par les US pour assurer une alternative au pouvoir, et qui était certes démocratique mais très à droite, si bien qu’on devrait plutôt la qualifier de putsch ou de coup d’Etat.

[22] En 1969 la PIDE est devenue la Direção-Geral de Segurança (DGS).

[23] Seul l’assassin, un lampiste de la PIDE, Casimiro Monteiro, a été inquiété par la justice. Aucun membre de la hiérarchie n’a jamais été impliqué officiellement.

[24] Il a été tué par un engin explosif préparé par la PIDE au Mozambique, colonie portugaise jusqu’en 1975.

[25] Cf. « Les armées secrètes de l’OTAN » de Daniele Ganser.

[26] Cf. « L’Orchestre noir – Enquête sur les réseaux néo-fascistes » de Frédéric Laurent.

[27] Cf. « L’Orchestre noir – Enquête sur les réseaux néo-fascistes » de Frédéric Laurent.

[28] Occident a été dissous en 68, puis d’est recréé sous le nom d’Ordre Nouveau avant d’être interdit à nouveau en 1974 suite à ses actions violentes.

[29] On notera également que Buckley est cité par plusieurs victimes américaines d’abus rituels comme étant sataniste, pédocriminel et meurtrier d’enfants.

[30] Cf. « L’Orchestre noir – Enquête sur les réseaux néo-fascistes » de Frédéric Laurent.

[31] L’agent traitant de Giannettini était le capitaine du SID La Bruna, entendu comme son chef le général Maletti par les juges en 1976 pour avoir couvert plusieurs des auteurs de l’attentat de la piazza Fontana en 1969.

[32] Cf. Roger Faligot, Jean Guisnel et Rémi Kauffer dans « Histoire politique des services secrets français: de la Seconde Guerre mondiale à nos jours ».

[33] Cf. « L’Orchestre noir – Enquête sur les réseaux néo-fascistes » de Frédéric Laurent.

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