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Mêlée de traditions chrétiennes et ésotériques, empruntant à l’hermétisme, à la Kabbale, aux mythes égyptiens ou rosicruciens, la spiritualité franc-maçonne se nourrit de tous les symbolismes.

Lorsque la franc-maçonnerie spéculative apparaît au XVIII siècle en Grande-Bretagne, la religion ambiante est chrétienne.

Les monastères suspectés de papisme ont été dévastés en 1538, et les fraternités religieuses dissoutes en 1547. La Bible devient le pivot de la religiosité officielle. Dans le même temps, l’influence de la Renaissance se fait sentir. Après le grand incendie de Londres, l’architecte Christopher Wren reconstruit Saint-Paul en un style mélangeant le classique et le baroque (1675-1710).

En 1646 a paru la traduction anglaise de l’ouvrage sur la Rose-Croix de l’Allemand Michaël Maier.

La Fama fraternitatis de Valentin Andreae a été publiée en anglais par Thomas Vaughan (1622-1666), mieux connu sous le nom d’Eugenius Philalète.


Une mode philosophico-hermétique se répand alors dans les milieux aristocratiques britanniques.

En ce sens, les premières loges spéculatives anglaises peuvent être considérées comme des clubs philosophiques. Leurs membres triés sur le volet s’adonnaient à un crypto-christianisme encadré par des structures rituelles issues de la tradition opérative.


Au XVII siècle, on ne « fait » plus un maçon selon la vieille expression, on l’« initie ».

À quoi ? À des « mystères », c’est-à-dire à l’ésotérisme chrétien, pétri de notions tirées de la Bible et revêtues d’une emblématique propre à l’architecture.

C’est ainsi que les histoires du patriarche Noé ou du roi Salomon se retrouvèrent harmonieusement mêlées à la symbolique de la pierre brute et de la pierre taillée ainsi que des outils, de l’équerre au compas. Le Dieu tout-puissant ordonnateur du Ciel et de la Terre fut nommé le Grand Architecte de l’Univers (GADLU).

Dans cette perspective, le temple de Jérusalem devint l’exemple de toute construction sacrée et en particulier, de la reconstruction de soi-même afin que, comme le dit le prophète Ézéchiel, Dieu puisse descendre dans une âme prête à le recevoir.

Une éthique de la droiture et de la rigueur naquit de cette perception spirituelle. Grâce à elle, la franc-maçonnerie redonna à l’initiation le sens vécu par les maçons d’antan, quand ils faisaient leur maître du matériau sur lequel ils travaillaient. Elle devint un chantier où oeuvrer sur l’âme et sur l’esprit. Il s’agissait de l’aventure du Grand OEuvre à la recherche de la Parole perdue, le Verbe divin incarné en l’homme.

Ésotérisme judéo-chrétien

L’écho de cette haute leçon retentit rapidement dans tout l’Occident. Elle alliait les mystères de l’Ancien Testament à ceux des Évangile, sous une forme symbolique qui pouvait alerter les consciences grâce à une sorte de Talmud spécifique contenu dans les rituels.

La loge devenait, en fait, un « lieu de mémoire » tel que l’avait défini Raymond Lulle, pas seulement mnémotechnique mais instructif. Ainsi, l’impétrant devait tenter de comprendre le initiale, fût-ce en y apportant des notions alchimiques, kabbalistiques, égyptosophiques, chevaleresques ou rosicruciennes.

Alchimie ?

Il ne s’agissait plus de transformer matériellement le plomb en or, mais de se transformer soi-même dans le laboratoire de la loge.

Kabbale ?

Dans le ternaire « sagesse, force et beauté », on découvrit les qualités inhérentes à la démarche de l’art inscrit dans le triangle séphirotique Binah, Hokmah et Tipheret. Égypte? Prolongeant la pensée de Marsile Fïcin, d’Athanasius Kircher ou de Cagliostro on descendit au coeur des pyramides, croyant y déchiffrer la magie supposée des hiéroglyphes et les secrets d’Hermès.

Chevalerie ?

Inspiré par la Stricte Observance templière, le Lyonnais Jean-Baptiste Willermoz créa l’Ordre des Chevaliers bienfaisants de la Cité sainte, en référence à la Jérusalem céleste de l’Apocalypse de Jean.

La Rose-Croix elle-même fut ritualisée, exaltant le don de soi et l’amour universel dont le Christ est l’emblème.

Cet ésotérisme judéo-chrétien trouva dans des loges supérieures un accomplissement particulier dû à l’influence du chevalier de Ramsay chez qui les mythes templiers et égyptiens se mêlaient à la destruction du temple de Jérusalem et à sa réédification dans le coeur du maçon averti.

Plus profond fut l’apport de Martinès de Pasqually (1710-1774), pour qui les rituels maçonniques doivent ouvrir sur une théurgie.

 

Grâce à l’influence active du Christ, les cérémonies opèrent dans l’invisible et réparent le monde déchu.


Il écrit son célèbre Traité de la réintégration avec l’aide de Louis-Claude de Saint-Martin (1743-1803).

Ce dernier, le « philosophe inconnu » comme il se définit lui-même, déduit de la théosophie de Jakob Bôhme une mystique dans laquelle l’«homme de désir » doit réanimer en lui sa part de divin, tout en transfigurant le monde. Joseph de Maistre, catholique fervent, écrivit à ce sujet un mémoire au duc de Brunswick où il témoigne de son activité en loge au plus haut niveau et de sa foi en la rénovation universelle par ce qu’il appelle le « christianisme transcendant ».

Il s’agit là de l’extrême pointe de la spiritualité maçonnique d’obédience chrétienne, même si de nombreuses loges se défieront de cet aspect mystico-théosophique et de ses dérives.

Telle fut d’ailleurs la position de René Guénon qui, dans La Crise du monde moderne (1946), dressa un bilan catastrophique de l’Occident matérialiste, et qui, dans L’Erreur spirite (1923), condamna les errances du théosophisme et de l’occultisme.

Pour lui, seules deux institutions occidentales demeurent reliées à ce qu’il nomme la « tradition primordiale » dont toutes les traditions spirituelles seraient issues: le catholicisme pour l’exotérisme, et la franc-maçonnerie pour l’ésotérisme. Néanmoins, il estima que la spiritualité de cette dernière devait revenir à la Maçonnerie judéo-chrétienne et opérative, débarrassée des scories alchimiques et mystiques.

Ses études sur la Science sacrée, en particulier sur l’islam, le taoïsme et l’Avantâ, influencent toujours la spiritualité maçonnique contemporaine.

Comment un système à degrés successifs, de type initiatique, fondé sur des rituels et des symboles, peut-il se dissocier de la transcendance? Cette question fondamentale devait diviser la franc maçonnerie moderne entre théistes (croyants en Dieu et en sa volonté révélée), déistes (croyants en un Dieu philosophique, rejetant toute révélation religieuse), et agnostiques ou athées.

À la suite de la Grande Loge unie d’Angleterre, la plupart des loges dans le monde optèrent pour la tradition théiste. Des tentatives de rapprochement entre l’Église catholique et cette Maçonnerie eurent lieu en France sous l’égide d’un jésuite réputé, le R.P. Riquet.

En 1972, la Congrégation pour la doctrine de la foi admit que les excommunications papales de jadis (1738) étaient tombées en désuétude, mais en 1983 la même affirmait que les catholiques ne peuvent, sous peine de péché grave, devenir francs maçons.

Cette interdiction n’eut pas un grand écho : en effet, la Maçonnerie spiritualiste ne se veut pas liée formellement à une religion déterminée.

Par Frederick Tristan dans le revue bimestrielle « Le Point Hors-Série- Le Franc-Maçonnerie », France, n.24, septembre-octobre 2009. Dactylographiée, édité et adapté pour être posté par Leopoldo Costa.

Kabbale Chrétienne

Henry More (1614-1687) se voulut, lui aussi, explicitement kabbaliste chrétien. Ne fut-il pas d’ailleurs l’un des correspondants du baron Christian Knorr von Rosenroth, cet érudit ami de Leibnitz ?

Il s’était inlassablement plongé dans la forêt des traités des kabbalistes pour espérer y découvrir le moyen de convertir les juifs au christianisme, en leur prouvant que leur propre tradition, si l’on sait l’interpréter en profondeur, finirait par leur prouver la vérité du christianisme.

À l’inverse de Fludd qui, s’il connaissait le latin et le grec, ne pouvait lire l’hébreu, Henry More avait une connaissance très poussée des œuvres des plus fameux rabbins kabbalistes. On peut noter chez lui l’influence toute spéciale d’Isaac Luria (1534-1572). C’est à ce dernier que More empruntera le contenu des seize axiomes kabbalistiques, en lesquels se trouveraient énoncés les principes fondamentaux de la Kabbale, tant juive que chrétienne.

Nous allons en donner la traduction française :

  • 1. Rien ne peut être créé à partir de rien.
  • 2. Et comme la matière ne peut être créée.
  • 3. Ni exister par soi en raison de la bassesse de sa nature. Où l’on tire la déduction qui est plutôt un fondement que nulle chose vile ne peut exister par soi.
  • 4. Il n’existe donc aucune matière dans la nature des choses.
  • 5. Tout ce qui est vraiment est Esprit.
  • 6. Mais cet esprit est incréé et éternel, intelligent, sensible, vital, se mouvant par soi, infini dans l’étendue et existant nécessairement par soi.
  • 7. Et par conséquent, cet esprit est l’essence divine.
  • 8. Et aucune essence autre que divine ne peut exister par soi.
  • 9. Comme, à la vérité, il n’existe aucune essence en dehors de celle-ci dans l’univers en vertu des axiomes 1, 2, 3, 8 et qu’il est clair qu’une chose (provient) de cette essence unique, par une action de division – il est évident que l’essence divine peut se diviser.
  • 10. Puisque l’essence divine existe vraiment, il existe d’innombrables particules individuelles, et qui peuvent s’étendre et s’étaler en des cercles de puissance et d’étendue infinies.
  • 11. Et puisque les grains de sable particuliers, les petits grains des pavés et les particules de l’air, de l’éther, etc., sont des parties de cette essence divine, il est tout aussi évident que ces dernières peuvent se réunir et se resserrer en particules extrêmement ténues.
  • 12. De l’assemblage de ces particules est formé le monde qu’on appelle matériel bien qu’il soit en réalité spirituel, formé assurément d’esprits en particules divisées de l’essence divine, contractées et ramassées en monades ou points physiques.
  • 13. Cette contraction est l’état de sommeil ou d’engourdissement pour ces particules divines – leur expansion, l’état de réveil.
  • 14. Il y a différents degrés de réveil, à savoir : dans la vie végétative, sensitive, rationnelle… ; bien plus enfin se font le réveil et l’expansion, dans un cercle d’amplitude et de puissance infinies, jusqu’à ce que cette parcelle divine en cet esprit particulier puisse se construire un Monde formé de terre, d’eau, d’air, de ciel et des autres parties.
  • 15. Et, par conséquent, cet Esprit particulier peut – à partir de l’exemple de la fine poussière de marbre – devenir la plante, à partir de la plante l’animal, de l’animal l’homme, de l’homme l’ange, enfin le Dieu créateur d’une nouvelle Terre et d’un nouveau Ciel.
  • 16. Et on peut dire de même à propos des particules individuelles de l’essence divine, qu’il est nécessaire qu’elles soient ou bien toutes séparables sans doute, ou encore qu’elles puissent être des Dieux créateurs des terres et des cieux, ce qui est cela même qu’un enfant, par une nuit blanche dans les écoles, interrogé par moi sur le point de savoir s’il croyait à un Dieu unique, me répondit en souriant qu’il croyait à l’existence d’un grand nombre de Dieux, distincts les uns des autres.

On voit la manière dont Henry More, résumant ainsi les principes essentiels de la Kabbale d’Isaac Luria, aboutit à une métaphysique immatérialiste et monadiste.

Le plus curieux de ces axiomes kabbalistiques est assurément le dernier qui, par la différence instaurée entre l’Absolu et les Créateurs de chacun des innombrables systèmes planétaires, s’écarte singulièrement de l’orthodoxie chrétienne.

Henry More met par prudence – on l’aura remarqué – dans la bouche d’un de ses étudiants à Cambridge l’exposé de cette théorie qui pourrait bien friser l’hérésie…

Serge Hutin – extrait de l’article « Note sur la création chez trois kabbalistes chrétiens » publié dans Kabbalistes chrétiens, cahiers de l’hermétisme, éditions Albin Michel, Paris, 1979.

Axiomes alchimiques

1. – Tout ce qu’on peut accomplir par une méthode simple ne doit pas être essayé par une méthode compliquée.
Il n’y a qu’une seule Vérité dont l’existence n’a pas besoin de preuve, parce qu’elle est elle-même sa propre preuve pour ceux qui sont à même de la percevoir. Pourquoi se servir de la complexité pour chercher ce qui est simple ? Les sages disent : “Ignis et Azoth tibi sufficiunt”. Le corps est déjà en votre possession. Tout ce qu’il vous faut, c’est le Feu et l’Air.

2. – Nulle substance ne peut être rendue parfaite sans une longue souffrance.
Grande est l’erreur de ceux qui s’imaginent que la pierre des philosophes peut être durcie sans avoir été préalablement dissoute ; leur temps et leur travail sont perdus.

3. – La nature doit être aidée par l’art toutes les fois qu’elle manque de force.
L’art peut servir la nature, mais non la supplanter. L’art sans la nature est toujours anti-naturel. La nature sans l’art n’est pas toujours parfaite.


4. – La nature ne peut être améliorée qu’en elle-même.
La nature d’un arbre ne peut pas être changée par l’arrangement des branches, ni par l’addition d’ornements ; il ne peut être amélioré qu’en perfectionnant le sol sur lequel il croît, ou par la greffe.

5. – La nature use de la nature, la comprend et la vainc.
Il n’y a point d’autre connaissance que la connaissance de soi-même. Tout être ne peut réaliser vraiment que sa propre existence, mais non celle d’un élément qui lui est totalement étranger.

6. – Celui qui ne connaît pas le mouvement ne connaît pas la nature.
La nature est le produit du mouvement. Au moment où le mouvement éternel cesserait, la nature entière cesserait d’exister. Celui qui ne connaît pas les mouvements qui se produisent dans son corps est un étranger dans sa propre maison.

7. – Tout ce qui produit un effet pareil à celui produit par un élément composé est également un composé.
L’Un est plus grand que tous les autres nombres, car il a produit l’infinie variété des grandeurs mathématiques ; mais nul changement n’est possible sans la présence de l’Un qui pénètre toutes choses, et dont les facultés sont présentes dans ses manifestations.

8. – Rien ne peut passer d’un extrême à l’autre sauf à l’aide d’un moyen.
Un animal ne peut pas arriver au céleste avant d’avoir passé par l’homme. Ce qui est antinaturel doit devenir naturel avant que sa nature puisse devenir spirituelle.

9. – Les métaux ne peuvent pas se changer en d’autres métaux avant d’avoir été réduits à la prima materia.
La volonté propre, opposée à la volonté divine, doit cesser d’être pour que la volonté divine puisse envahir le cœur. Nous devons nous dépouiller de toute sophistication, devenir semblables à des enfants, pour que la parole de sagesse puisse retentir dans notre esprit.

10. – Ce qui n’est pas mûr doit être aidé par ce qui est parvenu à maturité.
Ainsi commencera la fermentation. La loi de l’induction régit toutes les régions de la nature.

11. – Dans la calcination, le corps ne se réduit pas, mais il augmente de quantité.
Le véritable ascétisme consiste à abandonner ce dont on n’a pas besoin, lorsqu’on a reçu quelque chose de meilleur.


12. – Dans l’alchimie, rien ne porte de fruit sans avoir été préalablement mortifié.
La lumière ne peut pas luire à travers la matière, si la matière n’est pas devenue assez subtile pour laisser passer les rayons.
13. – Ce qui tue produit la vie ; ce qui cause la mort amène la résurrection ; ce qui détruit crée.
Rien ne sort de rien. La création d’une forme nouvelle à pour condition la transformation de l’ancienne.

14. – Tout ce qui renferme une semence peut être augmenté, mais point sans l’aide de la nature.
Ce n’est qu’au moyen de la graine que le fruit portant des graines plus nombreuses vient à la vie.

15. Toute chose se multiplie et s’augmente au moyen d’un principe masculin et d’un principe féminin.
La matière ne produit rien si elle n’est pénétrée par la force. La nature ne crée rien si elle n’est imprégnée par l’esprit. La pensée reste improductive si elle n’est rendue active par la volonté.

16. – La faculté de tout germe est de s’unir à tout ce qui fait partie de son royaume.
Tout être dans la nature est attiré par sa propre nature représentée dans d’autres êtres. Les couleurs et les sons de nature semblable forment des accords harmonieux ; les substances qui ont des rapports les unes avec les autres peuvent se combiner ; les animaux de la même espèce s’associent entre eux, et les puissances spirituelles s’unissent aux germes avec lesquels elles ont de l’affinité.

17. – Une matrice pure donne naissance à un fruit pur.
Ce n’est que dans le sanctuaire le plus intime de l’âme que se révèlera le mystère de l’esprit.

18. – Le feu et la chaleur ne peuvent être produits que par le mouvement.
La stagnation, c’est la mort. La pierre jetée dans l’eau forme des cercles excentriques progressifs, qui sont produits par le mouvement. L’âme qui ne s’émeut pas ne peut point s’élever et se pétrifie.

19. – Toute la méthode commence et finit par une seule méthode : la cuisson.
Voici le grand arcane : c’est un esprit céleste descendant du soleil, de la lune et des étoiles, et qui est rendu parfait dans l’objet saturnien par une cuisson continuelle, jusqu’à ce qu’il ait atteint l’état de sublimation et la puissance nécessaires pour transformer les métaux vils en or. Cette opération s’accomplit par le Feu Hermétique. La séparation du subtil d’avec l’épais doit se faire avec soin, en ajoutant continuellement de l’eau ; car plus les matériaux sont terrestres, plus ils doivent être dilués et rendus mobiles. Continue cette méthode jusqu’à ce que l’âme séparée soit réunie au corps.

20. – L’œuvre entière s’accomplit en employant uniquement de l’eau.
C’est la même eau que celle sur laquelle se mouvait l’Esprit de Dieu dans le principe, lorsque les ténèbres étaient sur la face de l’abîme.

21. – Toute chose doit retourner à ce qui l’a produite.
Ce qui est terrestre vient de la terre ; ce qui appartient aux astres provient des astres ; ce qui est spirituel procède de l’Esprit et retourne à Dieu.

22. – Où les vrais principes manquent, les résultats sont imparfaits.
Les imitations ne sauraient donner des résultats purs. L’amour purement imaginaire, la sagesse comme la force purement imaginaires ne peuvent avoir d’effet que dans le royaume des illusions.

23. – L’art commence où la nature cesse d’agir.
L’art accomplit au moyen de la nature ce que la nature est incapable d’accomplir sans l’aide de l’art.

24. – L’art hermétique ne s’atteint pas par une grande variété de méthodes. La Pierre est une.
II n’y a qu’une seule vérité éternelle, immuable. Elle peut apparaître sous maints différents aspects : mais, dans ce cas, ce n’est pas la vérité qui change, c’est nous qui changeons notre mode de conception.

25. – La substance qui sert à préparer l’Arcanum doit être pure, indestructible et incombustible.
Elle doit être pure d’éléments matériels grossiers, inattaquable au doute et à l’épreuve du feu des passions.

26. – Ne cherche pas le germe de la pierre des philosophes dans les éléments.
C’est seulement au centre du fruit qu’on peut trouver le germe.

27. – La substance de la pierre des philosophes est Mercurielle.
Le sage la cherche dans le Mercure ; le fou cherche à la créer dans la vacuité de son propre cerveau.

28. – Le germe des métaux se trouve dans les métaux, et les métaux naissent d’eux-mêmes.
La croissance des métaux est très lente ; mais on peut la hâter en y ajoutant la Patience.

29. – N’emploie que des métaux parfaits.
Le Mercure imparfait, tel qu’on le trouve ordinairement dans certaines contrées de l’Europe, est tout à fait inutile pour cette œuvre. La sagesse du monde est folie aux yeux du Seigneur.

30. – Ce qui est grossier et épais doit être rendu subtil et fin par calcination.
Ceci est une opération très pénible et très lente, parce qu’elle est nécessaire pour arracher la racine même du mal ; elle fait saigner le cœur et gémir la nature torturée.

31. – Le fondement de cet art consiste à réduire les Corpora en Argentum Vivum.
C’est la Solutio Sulphuris Sapientium in Mercurio.Une science dépourvue de vie est une science morte ; une intelligence dépourvue de spiritualité n’est qu’une lumière fausse et empruntée.

32. – Dans la Solution, le Dissolvant et la Dissolution doivent rester ensemble.
Le Feu et l’Eau doivent être rendus aptes à se combiner. L’intelligence et l’amour doivent rester à jamais unis.

33. – Si la semence n’est pas traitée par la chaleur et l’humidité, elle devient inutile.
La froidure contracte le cœur et la sécheresse l’endurcit, mais le Feu de l’Amour Divin le dilate, et l’Eau de l’Intelligence dissout le résidu.

34. – La terre ne produit nul fruit sans une humidité continue.
Nulle révélation n’a lieu dans les ténèbres si ce n’est au moyen de la lumière.

35. – L’Humectation a lieu par l’Eau, avec laquelle elle a beaucoup d’affinité.
Le corps lui-même est un produit de la pensée, et a pour cette raison la plus grande affinité avec l’intelligence

36. – Toute chose sèche tend naturellement à attirer l’humidité dont elle a besoin pour devenir complète en sa constitution.
L’Un, de qui sont sorties toutes choses, est parfait ; et c’est pourquoi celles-ci renferment en elles-mêmes la tendance à la perfection et la possibilité d’y atteindre.

37. – Une semence est inutile et impuissante, si elle n’est mise dans une Matrice appropriée.
Une âme ne peut pas se développer et progresser sans un corps approprié, parce que c’est le corps physique qui fournit la matière nécessaire à son développement.

38. – La chaleur active produit la couleur Noire dans ce qui est humide ; dans tout ce qui est sec, la couleur Blanche ; et, dans tout ce qui est blanc, la couleur Jaune.
D’abord vient la Mortification, puis la Calcination, et ensuite l’éclat doré produit par la lumière du Feu Sacré qui illumine l’âme purifiée.

39. – Le Feu doit être modéré, ininterrompu, lent, égal, humide, chaud, blanc, léger, embrassant toutes choses, renfermé, pénétrant, vivant, intarissable, et le seul employé par la nature.
C’est le Feu qui descend des cieux pour bénir toute l’humanité.

40. – Toutes les opérations doivent être faites dans un seul Vaisseau et sans le retirer du Feu.
La substance employée pour la préparation de la Pierre des Philosophes doit être rassemblée en un seul lieu et ne doit pas être dispersée en plusieurs lieux. Quand une fois l’or a perdu son éclat, il est difficile de le lui rendre

41. – Le Vaisseau doit être bien clos, en sorte que l’eau ne s’en échappe pas ; il doit être scellé hermétiquement, parce que, si l’esprit trouvait une fissure pour s’échapper, la force serait perdue : et en outre il doit être bien clos, afin que rien d’étranger et d’impur ne puisse s’introduire et s’y mélanger.
II doit toujours y avoir à la porte du laboratoire une sentinelle armée d’un glaive flamboyant pour examiner tous les visiteurs, et renvoyer ceux qui ne sont pas dignes d’être admis.


42. – N’ouvrez pas le Vaisseau avant que l’Humectation soit achevée.
Si le Vaisseau est ouvert prématurément, la plus grande partie du travail est perdue.


43. – Plus la Pierre est alimentée et nourrie, plus la volonté s’accroîtra.
La sagesse divine est inépuisable ; seule est limitée la faculté de réceptivité de la forme.

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