Jan Amos Comenius: Le père spirituel du Mondialisme


Komesky inspirateur du Nouvel Ordre Mondial moderne

Jan Amos Comenius (1592-1670), né Jan Amos Komesky, héritier spirituel de Johann Valentin Andreae et porte-parole des Rose-Croix, se chargera de jeter les bases du mondialisme entendu dans son sens moderne, en projetant un dessein de société élargie à tous les peuples, un véritable plan d’œcuménisme politique à même de s’approprier toute valeur politico-religieuse à travers une réforme universelle de la société humaine.


Le professeur de psychologie de la Sorbonne, Jean Piaget, directeur du Bureau International d’Education de la plus grande assemblée culturelle mondiale, l’U.N.E.S.C.O., dans sa préface à un livre sur Comenius édité à l’occasion de la célébration en 1957 du tricentenaire de la publication à Amsterdam de « l’Opéra Didactica Omnia », porte à notre connaissance les fins que Comenius entendait poursuivre à travers son programme :

  • 1-Unification du savoir et sa propagation grâce à un système scolaire perfectionné placé sous la direction d’une sorte d’académie internationale.
  • 2-Coordination politique par une direction d’institutions internationales ayant pour but le maintien de la paix entre les peuples.
  • 3-Réconciliation des Eglises sous le signe d’un christianisme tolérant.

L’importance particulière de ce plan est à rechercher dans le fait que, sauf les ajustements de forme dans les siècles suivants, en particulier au XIXe et au XXe siècle, il a été transféré sans changement à notre époque.

Il est bon de rappeler que l’U.N.E.S.C.O. définit en Comenius un « Apôtre de la compréhension mondiale » reconnaissant en lui « un grand ancêtre spirituel », « un des premiers propagateurs des idées dont s’est inspirée l’U.N.E.S.C.O. depuis sa fondation ».

« Comenius doit donc être considéré comme un grand précurseur des tentatives actuelles de collaboration internationale dans le domaine de l’éducation, de la science et de la culture : ce n’est pas en passant ou par hasard qu’il a conçu de telles idées, qui dans ce cas concordaient de manière fortuite avec l’une ou l’autre réalisation actuelle, mais en vertu de sa conception systématique générale, qui fonde en un seul tout la nature, le travail humain et le processus éducatif. Et pour cela l’U.N.E.S.C.O. et le Bureau International d’Education lui doivent le respect et la reconnaissance que mérite un grand ancêtre spirituel ».

Comenius naquit à Niwnitz en Moravie en 1592 de parents appartenant à la secte des Frères Bohèmes, secte qui en 1575 prit le nom de Frères Moraves suite à leur fusion avec les églises hérétiques luthérienne et hussite.

A l’éclatement de la guerre de Trente ans, après l’échec d’une tentative d’insurrection en 1620 contre les Habsbourg, les Frères Moraves furent dispersés et persécutés ; en 1628, sous la conduite de Comenius, devenu entretemps leur évêque, ils furent accueillis à Lenz en Poméranie par les Leszcynski, partisans ardents de la Réforme.

Là, Comenius écrivit une partie de ses ouvrages remarquables de pédagogie, d’éthique et de religion, qui lui acquirent une grande notoriété auprès des élites de l’époque, à tel point que les princes lui demandaient souvent son avis pour réformer leurs propres institutions.

C’est dans cette période que Comenius fut coopté par la Fraternité des Rose-Croix et que commencent ses pérégrinations à travers l’Europe. Il alla à Heidelberg, où « il fut influencé par les millénaristes protestants qui croyaient que les hommes pouvaient atteindre le salut sur la terre ».

De là il alla à Londres (1641-1642), appelé par le rose-croix allemand Samuel Hartlieb. Là, il se prit d’amitié avec Francis Bacon, dont il admirait l’œuvre, et avec Robert Fludd, médecin anglais, initié à la Kabbale, vraisemblablement Grand Maître de la branche britannique de la Rose-Croix, connu sous le nom ésotérique de « Summum Bonum ».

Dans cette période, il devient « maçon accepté », donne des conseils politiques au Parlement, travaille au rapprochement des églises protestantes et, surtout, il préconise la fondation à Londres d’un « Temple de la Sagesse » et d’un « Collegium lucis » en vue de fonder une « Académie céleste » dont la « Fraternité de la Rose-Croix » a marqué le point de départ depuis déjà un demi-siècle ».


Expulsé d’Angleterre en 1642, il fut appelé en Suède où il séjourna chez le Hollandais Louis van Geer, un Rose-Croix qui deviendra son mécène et son protecteur. Rentré en Pologne, il fut à nouveau contraint de s’expatrier vers les Pays-Bas après l’incendie de Lenz dans lequel il perdit ses biens et ses manuscrits. A Amsterdam, il fut accueilli avec de grands honneurs et le Sénat lui assura, outre une pension de 500 florins par an, la publication complète de ses œuvres (1657). Il mourut dans cette ville en 1670, non sans avoir pu se réjouir de la naissance, à Londres, de la Royal Society pour le développement des sciences, d’inspiration rosicrucienne, saluée par lui comme le modèle d’une future « institution universelle ».

L’œuvre de Comenius

Le fil d’Ariane, qui permet de suivre la pensée et l’action de Comenius, est la pensée rosicrucienne. Le mouvement de la Rose-Croix, inspiré de la Cabale et de la Gnose, reposait en fait sur le concept de l’unité du monde, des correspondances existant entre microcosme et macrocosme, et avait pour objectif le progrès des sciences et l’institution d’une monarchie sacrée universelle.

S’inspirant de l’Apocalypse et de diverses traditions, il attendait le retour à un Age d’Or, défini comme l’authentique Royaume du Christ, la conversion de tous les peuples à une seule nation et une seule Eglise.

Comme les gnostiques, Comenius part d’une constatation négative : la réalité du monde est incohérente pour qui s’en tient à l’apparence des choses ; toutefois, malgré un désordre apparent, le monde forme une unité fondamentale harmonieuse si l’on se réfère à son origine et à ses fins fondamentales. Il faut donc découvrir et approfondir le réel à travers la science et travailler, en tant que chrétiens, au renouvellement total de l’Eglise, de la culture et de la société.

D’où, aussi, la présence de la racine grecque Pan (tout) qui domine les sept titres de la Consultatio (1644) : Panergésie, Panaugie, Pansophie, Pampédie, Panglottie, Panorthossie, Panuthésie, ces mots définissant respectivement « le Réveil, la Croissance, la Sagesse universelle, l’Education, la Langue, la Rectification, l’Avertissement ».

« A la base de son concept d’éducation se trouve l’idéal de la « pansophie », c’est-à-dire d’une science universelle et valable pour tous les hommes, science qui les rend frères par une intelligence commune et un amour commun au-delà de toute distinction religieuse et nationale ». (Enciclopedia Treccant, vol. VI, Rome, 1957, p 587).

L’œuvre pédagogique de Comenius, contenu essentiellement dans la « Didactica magna » (1633-1638) est inséparable du reste de son système, essentiellement gnostique. Lui-même le reconnaît quand il affirme : « ce que j’ai écrit sur le thème de la jeunesse, je ne l’ai pas écrit comme pédagogue, mais comme théologien » (Opera didactica omnia, IV, 27).

En réalité Comenius avait très bien compris que des modifications sociales, dans le sens qu’il voulait, pourraient s’imposer seulement grâce à un endoctrinement contrôlé de tous les citoyens depuis l’enfance ; et on ne peut pas affirmer que son héritage spirituel, transmis, adapté et amplifié par des pédagogues de renommée comme Johann Heinrich Pestalozzi (1746-1827) et Maria Montessori (1870-1972), soit aujourd’hui perdu, si l’on considère que l’on retrouve grand nombre de ses caractéristiques dans l’instruction obligatoire moderne.

L’historien maçon et martiniste Pierre Mariel, comme preuve d’une continuité séculaire idéale, revendique pour la Rose-Croix les préceptes didactiques suivants tirés des œuvres de Comenius :

  • « 1-Envoie les enfants aux leçons publiques le moins d’heures possibles, pour leur laisser le temps d’accomplir des études personnelles.
  • 2-Surcharge le moins possible la mémoire. Fait apprendre par cœur seulement ce qui est bien compris.
  • 3-Règle la progression de l’enseignement selon l’âge et les progrès scolaires. Individualise les leçons.
  • 4-Enseigne à écrire en écrivant, à parler en parlant, à raisonner en raisonnant.
  • 5-Et la règle d’or : tout ce qui sera offert à l’intelligence, à la mémoire, à ma main, les élèves devront le chercher seuls, et le découvrir, le discuter, le faire, le répéter, le maître se limitera à guider ».

Or qui ne sait qu’à la base de toute instruction il y a la mémoire ; l’absence de fixation des concepts, de leur enchaînement progressif, exception faite de ceux qui sont acquis par expérience directe, limite gravement l’intelligence et disperses ses potentialités. L’étudiant accumule ainsi des lacunes, acquiert une préparation fragmentaire qui le conduit à se priver de la capacité d’écrire correctement dans sa propre langue, de pouvoir raisonner dans l’abstrait ou simplement de façon logique.

La pensée de Comenius est donc d’une extraordinaire actualité. C’est la clé qui fournit l’explication sur l’origine de la « culture de masse » actuelle, diffusée depuis les classes élémentaires jusqu’à l’université : il suffit de penser seulement à la stupidité des « recherches », que les élèves doivent entreprendre au nom de leur étude personnelle et qui se transforment généralement en simple travail de copie, après avoir jeté aux oubliettes les exercices de calligraphie, l’étude sérieuse de la grammaire et de l’analyse logique et en général des disciplines qui impliquent des procédures serrées et rigoureuses, capables de contraindre l’esprit à l’intérieur de schémas d’ordre et de système.


Ces méthodes sont remplacées, dans le domaine de ces doctrines bizarres, par des structures de « croissance démocratique » comme les conseils de classe voulus comme des modèles de discussion, de découverte, de recherche ; et par des formules comme l’école à plein temps, véritable aliénation des enfants de la famille, par l’éducation sexuelle, instrument institutionnel de désagrégation morale de la jeunesse, et de façon plus générale par des matières futiles, sans importance, qui retranchent un temps précieux aux disciplines fondamentales.

Il est plus facile maintenant de tenter de répondre à qui peut servir une masse endoctrinée et corrompue, d’intelligence médiocre, conformiste dans ses convictions.

Voici ce qu’en pensait N. Murray Butler :

« La place de Comenius dans l’histoire de l’instruction est donc d’une importance majeure. Il introduit et domine tout le mouvement moderne dans le domaine de l’instruction élémentaire et secondaire. Son rapport avec notre présent est semblable à celui obtenu par Copernic et Newton face à la science moderne, Bacon et Descartes vis-à-vis de la philosophie moderne » (« The Place of Comenius in the History of Education », Syracuse, 1892).

N. Murray Butler était alors une étoile brillante et montante dans le firmament mondialiste : maçon de degré élevé, membres des Illuminés de Bavière, président de la Pilgrims Society, du C.F.R. américain, de l’université de Colombie, administrateur de la Fondation Carnegie et collaborateur de grands banquiers internationaux qui financèrent la révolution bolchévique de 1917.

La Panorthossie (1644)

Dans la Panorthossie, sixième partie de la « De rerum humanarum emendatione Consultatio catholica », Comenius conçut une structure cohérente, rationnelle, pragmatique, au souffle planétaire, dans laquelle il allait pouvoir inscrire ses projets de réforme du savoir et de l’éducation.

Il prévoyait la création d’une académie mondiale, le « collegium lucis » – sorte de ministère international de l’éducation pour l’unification du savoir – une langue universelle en remplacement du latin, alors en vigueur, pour en favoriser la réalisation, un consistoire mondial des religions qui tendrait à leur embrassement syncrétiste au nom d’une humanité commune, et enfin un tribunal de la paix, sorte de cour international de justice, qui veillerait au bon fonctionnement des deux premiers organismes en prévenant les guerres et toutes les déviations.

Pierre Mariel est l’auteur de la thèse de la non-originalité de la Panorthossie, qu’il faut ramener, selon lui, à un simple manifeste de la Rose-Croix, auquel Comenius aurait prêté seulement nom et connaissances, en tant que porte-parole et rapporteur d’une commission de Sages dont les membres sont restés volontairement dans l’ombre.

Dans la Panorthossie – du grec pan = tout, universel et orthos = droit, juste – Comenius expose fidèlement la pensée rosicrucienne, reprenant des concepts et des idées de la « République » de Platon, du socialisme utopique de la « Civitas solis poetica » de Thomas Campanella (1568-1639), s’inspirant de la « République Cosmopolitaine » de J. V. Andreae, et même de « New Atlantis » de Francis Bacon (1561-1626), œuvres dans lesquelles étaient décrits des Etats idéaux fondés sur le communisme le plus intransigeant, mais qui n’étaient pas fermés pour cela à toutes religions ou hérésies, réunies au contraire dans la synthèse supérieure d’une vision panthéiste de la nature, révélant par la même une conception gnostique de l’homme.


Un rapide examen de quelques citations permettra au lecteur de saisir, dans tout son concept, l’articulation du plan de subversion de l’ancien ordre catholique, à remplacer par le schéma archétype suivant, exposé lucide des idées synarchiques pour partir à la conquête du monde :

  • 1-Un conseil culturel international, qui fixe la doctrine des nouveaux dogmes dans le domaine de la culture.
  • 2-Une église universelle qui, englobant celle de Pierre, transmet fidèlement la doctrine élaborée dans le domaine de la religion.
  • 3-Un tribunal de la paix qui impose le respect de la doctrine transmise dans le domaine de la politique.

« Quand la condition humaine sera améliorée au point que tout – la philosophie, la religion et la politique – nous sera vraiment familier, les lettres pourront recueillir et classifier la vérité et l’insuffler dans l’esprit humain ; les prêtres pourront diriger les âmes vers Dieu ; les hommes politiques pourront instaurer la paix et la tranquillité. Une ardeur sacrée animera tout le monde dans l’effort de contribuer chacun du mieux qu’il pourra dans son domaine respectif au progrès du bien-être du genre humain ».

Il faut préciser que la Panorthossie divise la société en trois classes : les lettrés, les prêtres, les hommes politiques.

Aux lettrés, dépôt de la vérité, est réservée l’Autorité, la domination sur les prêtres qui doivent veiller à la diffusion des principes des lettrés, tandis que le Pouvoir sera exercé par les hommes politiques qui devront préparer les structures nécessaires à l’œuvre des prêtres : ainsi dans le système mondialiste et synarchique de la Panorthossie les gouvernements sont libres seulement d’obéir à une politique imposée par des cercles supérieurs, dogmatiques et inaccessibles.

On peut se demander quel rôle est réservé à ceux qui n’appartiennent pas aux classes des initiés.

La réponse est facile, ils devront seulement obéir, à la manière des artisans et des paysans de la « République » de Platon, mais de façon encore plus impersonnelle et féroce. Ce sont en effet des « négligeables » selon la définition qu’en a donnée un haut initié d’une société secrète du siècle dernier, la « Golden Dawn » qui écrémait de l’humanité seulement les saints et les mages, c’est-à-dire ceux qui avaient une vision claire de la nature réelle fondamentale des affaires humaines.

Mais, poursuit Comenius, afin que tout soit vraiment mis en commun, on devra constituer :

« Des gardiens permanents de l’ordre que nous aurons créé. On veillera sans relâche à ce que les écoles éclairent les esprits, les églises réchauffent les cœurs, les gouvernements maintiennent la paix ; et on ne permettra pas d’infractions à l’ordre institué ».

On a bien là une vision d’un futur projet de Gouvernement Mondial Planétaire orchestré par un aréopage occulte ou un organe secret du Pouvoir détenu par un groupe d’initiés, la sévérité de l’exercice du pouvoir démontre que c’est bien d’une dictature qu’il s’agit.

En conséquence :

« Dans chacune des trois sphères de la vie humaine, l’école, l’Eglise et l’Etat, nous instituerons donc des collèges de dirigeants. Leur chef suprême sera cet Hermès Trismégiste (l’interprète trois fois grand de la volonté de Dieu, prophète suprême, suprême prêtre et suprême roi) qu’est le Christ, guide unique, puissant, universel ».

Mais, se demande Comenius :

« Ne sera-t-il pas bien de réunir les représentants les plus élevés des collèges en trois tribunaux mondiaux d’arbitrage, auxquels seraient soumises toutes les divergences qui pourraient surgir entre les lettrés, les prêtres et les princes ? Les soins vigilants de ces tribunaux ne réussiraient-ils pas à empêcher, dans chacune des trois sphères d’autorité, les discordes et les litiges ? La paix et la tranquillité seraient maintenues ».

« Il sera utile de distinguer ces tribunaux par des noms divers, en appelant Conseil de la Lumière le tribunal des savants, Consistoire le tribunal ecclésiastique et Tribunal de la paix le tribunal politique. Le Conseil de la Lumière garantira à tous les hommes du monde la possibilité de recevoir une instruction et d’être éclairés par la parole de Dieu. Il offrira, en somme, à chaque personne l’occasion de tourner ses yeux vers cette lumière dans laquelle elle verra la vérité et ne pourra plus mêler des erreurs et des chimères. Le Conseil pourrait être aussi appelé Institut d’éducation du genre humain ».

C’est la philosophie qui est à la base du Siècle des Lumières et, de nos jours, de l’U.N.E.S.C.O. à laquelle est déléguée la tâche d’élaborer officiellement la culture et son enseignement universel afin de les répandre dans tous les coins de la planète à travers les mass-médias, de façon à orienter, dès l’enfance, l’humanité dans le sens voulu par les gouvernants occultes.

Il n’est pas difficile d’entrevoir les traits du Léviathan, du « Dieu mortel » du contemporain de Comenius, l’anglais Thomas Hobbes, capable de plier toute volonté avec une force immense et irrésistible.

C’est le visage de la synarchie technocratique et totalitaire actuelle, qui s’arroge le droit d’établir ce qui est juste et ce qui ne l’est pas pour les peuples, et qui accapare tous les pouvoirs pour asservir l’homme lui-même à ses projets de domination.

Comenius proclame même si c’est dans un langage initiatique, l’idée d’une Eglise universelle, une O.N.U. des religions qui sera l’Autorité naturelle, incontournable et obligatoire pour toutes les âmes de ce monde pilotée par une hiérarchie occulte d’initiés rompus à la connaissance, aux savoirs ésotériques propres à guider avec fermeté et sévérité les « masses ignorantes et incultes » de la société devenue universelle.

Lux in Tenebris

Comenius publia en 1657 à Amsterdam « Lux in Tenebris ». Dans ces prophéties on imaginait la destruction de l’Eglise Romaine et de la Papauté, vue comme l’Antéchrist, à travers une conjuration orchestré par des peuples du Nord, des Tartares et des Turcs.

Dans le programme de Comenius, précurseur du mondialisme moderne, une super-Eglise aurait dû surgir des ténèbres comme source de lumière, super-Eglise qui aurait intégré toutes les religions à travers les Consistoires nationaux, les Eglises nationales, pour arriver, au nom d’un humanisme unitif à caractère philanthropique et tolérant, à proclamer l’égalité et la même dignité de toutes les religions.

Mais un tel projet rencontrait des obstacles formidables, tels que la doctrine catholique, la hiérarchie, le magistère papale et, dans le domaine politique, la maison des Habsbourg : Comenius s’acharnera contre eux, souhaitant la destruction de celle qu’il définissait « La Superbe de l’Antéchrist », l’ « Idolâtre », et la suppression de son représentant, le Pape, qu’il surnomme « l’Idole ».

Voici quelques passages significatifs de la pensée de Comenius, extraits de « Lux in Tenebris » :

« – Le Pape est le grand Antéchrist et la Prostituée de Babylone.

  • – La Bête, que porte la Prostituée, est le Saint Empire Romain : en particulier la Maison d’Autriche.
  • – Dieu ne tolérera plus longtemps cet état de choses : au contraire il détruira enfin le monde des impies dans un déluge de sang.
  • – Pour cela il mettra en tribulation le Ciel et la Terre, c’est-à-dire il dressera tous les Peuples les uns contre les autres afin de provoquer un chaos tel qu’il ne s’en est jamais vu.
  • – Ceci adviendra au moyen des peuples provoqués par leur tyrannie, qui se précipiteront des quatre parties du monde.
  • – Les premiers seront d’ailleurs les peuples du Nord et de l’Orient.
  • – Ils tenteront en vain séparément d’atteindre leur fin, enfin de leur union sortira l’œuvre de Dieu.
  • – Et cela se fera avec une rapidité inouïe en une seule année, en un seul mois, en un seul jour, en une seule heure à la stupeur du monde entier.
  • – Les Turcs et les Tartares interviendront et organiseront cette œuvre.
  • – Grâce à eux, ils rapporteront la lumière de l’Evangile.
  • – Il y aura une Réforme universelle du monde avant la fin des siècles.
  • – Les lois et la forme de cette réforme sont prescrites : afin que meurent les idoles et les idolâtres, et que partout refleurissent le très pur culte de Dieu. »
  • Texte vraiment prophétique et de grande actualité y sont décrites la Première Guerre mondiale qui balayera de l’Histoire la Maison d’Autriche, l’attaque maçonnique contre la Papauté à travers les guerres du siècle passé qui culminent avec la brèche de la Porta Pia en 1870 qui la privait d’indépendance économique et politique, l’infiltration moderniste, les Concordats et le coup de maître de Vatican II.

Il est curieux de constater comment le thème de la destruction de l’Eglise Catholique « en un an, un mois, un jour, une heure » est décrite comme la prostituée de l’Apocalypse.

Le « Dictionnaire Universel de la Franc-maçonnerie » écrit par des maçons affirmera à propos de Comenius :

« Il entrevoyait déjà dans le sillage de Georges de Podèbrady, roi de Bohême (1458-1471), une Europe unie, Comenius, que Michelet appelle « le Galilée de la pédagogie », se démontre là l’un des plus grands internationalistes, pensant même à créer une langue plus souple que le latin. Toutes ces idées nous les retrouverons chez certains maçons et particulièrement au 18e degré du Rite Ecossais, ce qui permet à juste titre à la maçonnerie de considérer cet homme Comenius extraordinairement en avance sur son temps, si non comme un ancêtre direct, tout au moins comme l’un de ses guides spirituels ».

Comenius est le prophète d’une dictature mondiale des initiés, une dictature des élites qui se considèrent éclairées d’en haut, fondée sur une super-religion œcuménique.

A travers l’histoire depuis l’Antiquité, en passant par le Moyen-âge, la Renaissance et le Siècle des Lumières, il y a toujours eu des hommes et parfois aussi des femmes d’exception qui ont marqué, influencé et imprégné l’histoire de leurs savoirs, de leurs sciences et souvent de leurs presciences (dans le bien et parfois malheureusement dans le mal). Ils ont voyagé en Europe, sillonné les routes et les campagnes à dos de mulet ou à cheval, animé par une foi ardente en Dieu, en la transcendance, aux Forces et aux Régents Supérieurs qui dirigent notre monde et le système solaire, fréquenté les princes et les rois, donné des conseils, influencé leurs décisions dans le but de leurs projets synarchiques mondiales, ils se sont initiés aux mystères ésotériques les plus secrets (Alchimie, Kabbale, Hermétisme, Gnose, Magie, Théurgie) dans le but de contacter des Forces Supérieures sur les plans subtils qui dirigent notre planète pour favoriser leurs projets subversifs pour ceux qui travaillent sur l’aspect sombre de l’énergie…

Il existe, bien sûr et fort heureusement leurs pendants positifs la Grande Loge Blanche qui veille à l’équilibre des forces et au maintien de l’ordre cosmique, de la vie et de la conscience pour toutes les formes de vie et qui agissent si nécessaire avec discrétion…


Néanmoins, ils sont de véritables visionnaires en avance de plusieurs siècles sur leurs époques !

Dans la quête de la vérité, la difficulté réside dans l’étude de l’origine des maux qui traversent notre époque moderne…

https://strange-univers.over-blog.com/


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